15.05.2012

Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République française

Pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui

 

Monsieur le Président, Cher François,

 

J'aimerais tout d'abord te féliciter pour ta magnifique élection et espère que tu redonneras de l'espoir tant à la France qu'à l'Europe. J'ai été très fier de pouvoir participer à la fête célébrant ta victoire, le 6 mai 2012, sur la Place de la Bastille.

 

En 1981, dans les 110 propositions électorales de François Mitterrand figurait  déjà le « droit à l'autodétermination du Sahara occidental ». En 1988, dans « La Lettre aux Français », le même engagement était pris par le leader du PS français. En 1998, j'avais abordé rapidement avec toi cette cause lors d'une session de l'Internationale socialiste, où tu représentais le PS français et moi le PS suisse. En tant qu'humaniste et démocrate, tu étais évidemment partisan de l'expression d'un tel droit.

 

Depuis, la défense des droits des sahraouis a toujours été soutenue par le Parti socialiste français et le mouvement socialiste international.

 

La France, quant à elle, pourtant Terre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, soutient farouchement le régime marocain qui opprime le peuple sahraoui et fournit des armes à ce Royaume pour combattre militairement le Sahara occidental.  On en compte plus les actes de torture perpétrés contre cette population. Ces horreurs sont inacceptables.

 

Il est temps de faire évoluer la situation afin de respecter scrupuleusement le choix des populations, les droits humains et la paix. Le changement, c'est maintenant !

 

Selon le Premier ministre sahraoui Abdelkader Taleb Omar, ton élection pourrait  « opérer un véritable changement dans les positions de l'Etat français. »

 

Je ne peux qu'appuyer cette volonté de soutenir les droits d'un peuple tant bafoué et pourtant si pacifistes et riches culturellement.

 

En te remerciant d'avance de ton engagement pour cette cause humanitaire et juste, conforme à ton élan en faveur des libertés, je t'adresse, Monsieur le Président, Cher François, mes amicales salutations.

 

 

Christian Brunier,

Ancien Président du Parti socialiste genevois et député

Citoyen double-national franco-suisse

13.05.2012

Gauche TGV-caviar ?

« La justice sociale, réalité inquantifiable, fruit d'une perception, est aujourd'hui au plus bas.

Et François Hollande en a fait, à juste titre, depuis trente ans, son ambition majeure. »

Jacques Attali

 

La Tribune de Genève publie dans sa rubrique humoristique « Bob » :

 

Gauche TGV-caviar ! Victoire de François Hollande. France 2 filme la joie populaire à la Bastille. Qui apparaît au premier plan sur l'écran et qui aura sa photo le lendemain dans Libé ? Nos petits Genevois Christian Brunier, ex-député socialiste, et son épouse Ariane ex-député Verte ! Aux dernières nouvelles, le prolétaire Brunier, directeur aux SIG, n'a pas demandé qu'on lui applique le taux de 75% d'impôts promis par Hollande aux gros salaires.

 

Aux dernières nouvelles ? Je soutiens avec conviction cette mesure signée François Hollande, taxant à 75% le surplus de revenu annuel dépassant un million d'euros. Ceci ne me semble pas insupportable pour de telle rémunération.

 

Ma contribution ? Si on soumettait mon revenu à cette mesure fiscale, ma contribution s'élèverait à 0 franc, mon salaire étant évidemment bien au-dessous. Je suis favorable, en outre, aux initiatives plafonnant les hauts salaires. Le rapport entre le plus petit salaire et le plus haut dans une entreprise ne doit pas dépasser, à mes yeux, 1 à 6, voire 1 à 7. On en est bien loin dans cette économie trop financiarisée et trop injuste, où l'argent facile prend le dessus sur les considérations humaines.

 

Prolétaire ? Pas faux. Je proviens d'un milieu ouvrier, tant du côté de ma maman que de celui de mon papa. Mon grand-père maternel était un chemineau syndicaliste. Mon grand-père paternel était un boulanger, bossant comme livreur de bière. Mon père était plombier-ferblantier-appareilleur, tandis que ma maman a été ouvrière horlogère, avant d'assurer le travail de mère de famille. Moi, à 16 ans, j'ai commencé un apprentissage d'employé de commerce. Puis j'ai cheminé, lentement mais sûrement, de mon CFC à mon MBA, de mon job d'arpète à celui de directeur.

 

Caviar ? Je déteste ce plat, comme la gauche caviar d'ailleurs. Suis plutôt jambon-gratin ou fondue au fromage.

 

Ma conclusion ? Il est moins con de bien gagner sa vie et de voter à gauche que d'être pauvre ou de la classe moyenne et de voter à droite !

09.05.2012

Didier Porte revient !

Au lendemain de la victoire de François Hollande, Didier Porte s'inquiète ironiquement. Que va-t-il faire sans « tous ses amis » Sarkozy, Guéant, Besson, Alliot-Marie, Morano, ... ? Il nous fait bien rire. Bientôt de retour sur France Inter, maintenant que la censure sarkozyienne prend la sortie ??? Nous assistons, en prenant un p'tit déj, au témoignage du pitre de la République.
http://www.mediapart.fr/journal/france/070512/mediaporte-...

08.05.2012

Nos bobines dans « Libé » …

Jean-François Mabut m'interviewe, par téléphone, sur la présence de nos bobines dans le journal « Libération ». Quelques minutes après, il publie sur le net :

 

Un ponte du PS genevois fête la victoire de Hollande et se retrouve en photo dans Libé. Deux anciens députés Christian Brunier et sa femme Ariane Blum Brunier s'affichent sur trois colonnes dans le quotidien de gauche.

 

Il y avait foule à la rue Solférino puis sur la place de la Bastille, dimanche soir à Paris: quelques dizaines de milliers de personnes, des militants socialistes pour la plupart, venus des quatre coins de France, et quelques Suisses aussi. Tendus à bout de bras, les appareils photos et les smartphones immortalisent la victoire de François Hollande, saisissent la liesse populaire, twittent, facebookent à tout va un moment historique. Parmi ces millions de clichés, Libé en a choisi une bonne dizaine pour illustrer les 28 pages qu'il consacre à l'événement.

 

Surprise à la page 8, deux visages connus des Genevois occupent un gros quart de l'espace rédactionnel. Christian Brunier, un ponte du Parti socialiste, directeur de la campagne électorale des Municipales l'an dernier, et son épouse Ariane Blum Brunier, ex-députée verte au Grand Conseil, laissent éclater leur joie. La photo est signée Benoît Grimbert. Elle a été prise peu avant 18 heures dans les studios de France 2. Les visages des deux Genevois occupent l'immense écran vidéo qui sert de décor. Quelques minutes plus tard, Catherine Gaillard poste sur Facebook: « On vous a vu avec Christian au journal de France 2. J'ai cru que je m'étais trompée de chaîne ! »

 

« Nous avons reçu des dizaines de SMS à trois heures du matin, raconte Christian Brunier. Les communications étaient totalement saturées à la Bastille. Mais nous n'avons rien vu dans Libération, car les Parisiens ont droit à une autre édition. » L'ancien député socialiste genevois est double national. Il a voté dimanche matin aux Vernets et a sauté dans le TGV. « C'est mon épouse qui m'a fait la surprise. Elle a réservé les billets il y a six mois. » En fin d'après-midi ils sont à la Bastille. « Quelle cohue ! Soudain une caméra amateur nous cible, un micro, celui d'une télé locale, dont je n'ai pas retenu le nom, un journaliste recueille l'avis des militants qui viennent faire la fête en couple. Quelques minutes plus tard, un autre caméraman tente de sortir du mouvement de foule qui le fait tanguer, il se retourne, c'est France 2, nous apparaissons en direct. »

 

Nous sommes rentrés à 4 heures. A 7 heures, nous étions au 138, Faubourg Saint-Antoine où Didier Porte réalise sa revue de presse hebdomadaire, accoudé au comptoir d'un bistrot. Trois minutes qui sont ensuite diffusée par Médiapart. La victoire de Hollande, un plus pour Anne Emery-Torracinta le 17 juin prochain ? L'ancien député socialiste genevois en est convaincu : Les Genevois sont très influencés par la politique française. « Pour le PS, le temps est au beau, ça ne sera sans doute pas aussi facile dans deux ans. »

 

La Tribune de Genève écrit des articles sur pas grand chose. Il me semble avoir accompli des actes plus importants, sans grand support médiatique. Mais bon, c'est tout de même agréable ...

Libé du 7 mai 2012.jpg

Mon 6 mai ...

« Pour être aimé, il faut savoir être aimable. »

François Hollande

 

Notre bébé chatte, Jazzy, fête ses un an !

 

Je me lève à 5h.45. Impossible de dormir. Je suis trop excité par cette journée potentiellement de retour de la gauche en France et par mon court séjour dans la plus belle ville du monde : Paris.

 

Message reçu de Dani Solana : Bonsoir Christian, j'appartiens au gouvernement basque libéré, par nous, les socialistes. Tu peux imaginer ma sensibilité et mon admiration envers Hollande, et ma répulsion envers la droite et les nationalismes. En Espagne, où nous avons un grand espoir en Hollande, nous souffrons des coups de l'extrême-droite du président Rajoy avec ses amis néoconservateurs de l'église catholique. Pour nous la victoire de Hollande est vitale pour récupérer la sinistre Europe et battre l'expansion de la droite raciste, xénophobe, homophobe et réactionnaire. Tous avec Hollande !

 

Second tour de la Présidentielle française : Je donne une petite dose de solidarité et de justice sociale à la France. A 8h. 39, je vote pour François Hollande.

 

A la sortie du bureau de vote, un petit enfant regarde les affiches des deux candidats, montre Hollande et dit à son papa : « Lui, il a une tête plus sympa. Et c'est mieux écrit (ciblant avec son doigt l'écriture du slogan). » Il ira loin ce p'tit.

 

11h.49 Je prends connaissance des premiers résultats. Ils proviennent de Guadeloupe et sont nets : Hollande 71,03% des voix, Sarkozy 28,07%. Ça commence bien ! François Hollande arrive aussi en tête à Saint Pierre et Miquelon (65,31% contre 34,69%), en Martinique (68,46% contre 31,54%), en Guyane (62% contre 38%) et à Saint Martin (51,5% contre 48,5%). Mon beau-fils nous confirme ces chiffres par téléphone.

 

A peine le bulletin glissé dans l'urne, nous partons pour Paris, en TGV, dans l'espoir de fêter ce soir la victoire du socialiste François Hollande. Dans le train, j'écris, notamment un projet de texte sur la « désadministration » des entreprises. Nous logeons en plein du cœur du Quartier Latin, zone estudiantine et animée du beau Paris.

 

Vers 18 h, mon fils m'appelle alors que le métro arrive. Les premières estimations globales sont publiées sur le site Web de la Tribune de Genève. François Hollande a gagné. Nos sourires sont radieux, même si nous en étions persuadés depuis quelques jours. C'est bon, Sarko, malgré ses actes de prostitution sur les terres du Front national, est dehors !

 

A la Bastille, les scènes et stands se mettent en place dans ce lieu symbolique de la Révolution française. Mais aussi haut site de fête, puisque le 14 juillet 1790, les Révolutionnaires avaient planté une tente au milieu des ruines et posé un écriteau mentionnant « Ici on danse ». C'est là que les socialistes fêtèrent déjà leur prise de pouvoir en mai 1981. Nous allons boire un coup et avaler un plat de charcuterie pour fêter cette victoire historique pour la France, le socialisme et espérons-le pour le peuple français.

 

En mai 1981, Jacques Attali raconte que la chanteuse Dalida, en déplacement au Koweït, avait appelé les proches de Mitterrand pour connaître le résultat avant l'annonce officielle. Le camp Mitterrand avait appris la victoire par la SOFRES, célèbre institut de sondages, quelques minutes avant. Dalida, transcendée par l'élection socialiste, avertit ensuite le tout Paris, depuis le Golfe persique.  En apprenant, avant nos ami-e-s parisien-nes, la nouvelle via les médias helvétiques, nous devenons, assez discrètement, les Dalida de 2012.

 

Des milliers de personnes arrivent pour entendre l'annonce des résultats à 20 heures précises. Même si nous connaissons  le score, avec une quasi certitude, nous frémissons en patientant jusqu'à l'affichage sur les écrans géants du portrait du nouveau Président. Il est l'heure, la victoire est annoncée. Le visage de François Hollande s'affiche. Notre joie éclate. Nous sautons de joie comme des cabris. Sur « France 2 » et sur plusieurs chaînes reprenant les images de la plus grande chaîne publique, dont les Télévisions suisses, Ariane et moi apparaissons durant plusieurs secondes les bras levés en direct à la téloche et sur les écrans géants de la Bastille. Nous sommes fous de joies, comme lors du 10 mai 1981, alors que je n'avais même pas 18 berges. Malgré les problèmes de communications, celles-ci étant saturées sur la Place de la Bastille, nous recevons un tas de sms et de messages Facebook d'amis nous ayant vu à la TV.

 

En mai 1981, les socialistes, durant la fête de la victoire de Mitterrand criaient « Mitterrand, du soleil ! », tant la pluie s'abattait sur Paris. Ce soir le ciel est gris, mais la pluie épargne la Bastille, ce qui n'est pas le cas au rassemblement des supporters de Sarko où les parapluies sont ouverts lorsque leur leader arrive pour prononcer un discours exceptionnellement digne et serein. Même la météo est du côté du PS.

 

François Hollande va prononcer son discours depuis sa ville de Tulle, son bastion de Corrèze. La Place de la Bastille passe du brouhaha au silence en quelques secondes. Nous écoutons le nouveau Président socialiste : Mes chers concitoyens, Les Français, en ce 6 mai, viennent de choisir le changement en me portant à la présidence de la République. Je mesure l'honneur qui m'est fait et la tâche qui m'attend. Devant vous, je m'engage à servir mon pays avec le dévouement et l'exemplarité que requiert cette fonction. J'en sais les exigences et, à ce titre, j'adresse un salut républicain à Nicolas Sarkozy qui a dirigé la France pendant cinq ans et qui mérite à ce titre tout notre respect. J'exprime ma profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui ont, par leurs suffrages, rendu cette victoire possible. Beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années, d'autres, plus jeunes, ne l'avaient jamais connu. Certains avaient eu tant de déceptions, les mêmes tant de souvenirs cruels. Je suis fier d'avoir été capable de redonner espoir. J'imagine ce soir leur émotion, je la partage, je la ressens. Et cette émotion doit être celle de la fierté, de la dignité, de la responsabilité. Le changement que je vous propose, il doit être à la hauteur de la France. Il commence maintenant. Aux électeurs, et ils sont nombreux, qui ne m'ont pas accordé leur suffrage, qu'ils sachent bien que je respecte leurs convictions et que je serai le président de tous. Ce soir, il n'y a pas deux France qui se font face. Il n'y a qu'une seule France, une seule nation, réunie dans le même destin. Chacune et chacun en France, dans la République, sera traité à égalité de droit et de devoir. Aucun enfant de la République ne sera laissé de côté, abandonné, relégué, discriminé. Et la promesse de la réussite sera honorée pour l'accomplissement pour chacun, pour sa vie et pour son destin personnel. Trop de fractures, trop de blessures, trop de ruptures, trop de coupures ont pu séparer nos concitoyens. C'en est fini. Le premier devoir du président de la République est de rassembler et d'associer chaque citoyen à l'action commune pour relever les défis qui nous attendent. Et ils sont nombreux, ils sont lourds. Le redressement d'abord de notre production pour sortir notre pays de la crise, la réduction de nos déficits pour maîtriser la dette, la préservation de notre modèle social pour assurer à tous le même accès aux services publics, l'égalité entre nos territoires, je pense aux quartiers de nos villes et aux départements ruraux, la priorité éducative, l'école de la République qui sera mon engagement, l'exigence environnementale, la transition écologique que nous devons accomplir, la réorientation de l'Europe pour l'emploi, pour la croissance, pour l'avenir. Aujourd'hui même où les Français m'ont investi président de la République, je demande à être jugé sur deux engagements majeurs: la justice et la jeunesse. Chacun de mes choix, chacune de mes décisions se fondera sur ces seuls critères: est-ce juste? Est-ce vraiment pour la jeunesse? Et quand, au terme de mon mandat, je regarderai à mon tour ce que j'aurai fait pour mon pays, je ne me poserai que ces seules questions: est-ce que j'ai fait avancer la cause de l'égalité? Est-ce que j'ai permis à la nouvelle génération de prendre toute sa place au sein de la République ? J'ai confiance en la France, je la connais bien. J'ai pu autour de cette France-là, que j'ai visitée, que j'ai rencontrée, mesurer à la fois les souffrances, les difficultés de bien trop nombreux de nos concitoyens et en même temps, j'ai pu relever tous les atouts, toutes les forces, toutes les chances de notre pays. Je nous sais capable, nous peuple de France, de surmonter les épreuves, de nous redresser, nous l'avons toujours fait dans notre histoire, nous avons toujours su surmonter les épreuves, nous y réussirons encore pour les cinq ans qui viennent. Les valeurs de la République, la liberté, l'égalité, la fraternité, la dignité humaine, l'égalité aussi entre les hommes et les femmes, la laïcité. Tout cela, c'est autant de leviers pour nous permettre d'accomplir la mission qui est la mienne. J'ai évoqué tout au long de ces derniers mois le rêve français, il est notre histoire, il est notre avenir, il s'appelle tout simplement le progrès, la longue marche pour qu'à chaque génération, nous vivions mieux. Ce rêve français qui est celui que vous partagez tous de donner à nos enfants une vie meilleure que la nôtre. C'est ce rêve français que je vais m'efforcer d'accomplir pour le mandat qui vient de m'être confié. Mais aujourd'hui même, responsable de l'avenir de notre pays, je mesure aussi que l'Europe nous regarde, et au moment où le résultat a été proclamé, je suis sûr que dans bien des pays européens, cela a été un soulagement, un espoir. L'idée qu'enfin l'austérité ne pouvait plus être une fatalité, et c'est la mission qui désormais est la mienne, c'est-à-dire de donner à la construction européenne une dimension de croissance, d'emploi, de prospérité, bref d'avenir et c'est ce que je dirai le plus tôt possible à nos partenaires européens et d'abord à l'Allemagne, au nom de l'amitié qui nous lie et au nom de la responsabilité qui nous est commune. Mesdames, messieurs, chers concitoyens, nous ne sommes pas n'importe quel pays de la planète, n'importe quelle nation du monde, nous sommes la France. Et, président de la République, il me reviendra de porter les aspirations qui ont toujours été celles du peuple de France, la paix, la liberté, le respect, la capacité de donner au peuple le droit aussi de s'émanciper de dictatures ou d'échapper aux règles illégitimes de la corruption. Eh bien oui, tout ce que je ferai sera aussi au nom des valeurs de la République partout dans le monde. Le 6 mai doit être une grande date pour notre pays, un nouveau départ pour l'Europe, une nouvelle espérance pour le monde. Voilà le mandat que vous m'avez confié. Il est lourd, il est grand, il est beau. J'aime mon pays, j'aime les Français et je veux qu'entre nous, il y ait cette relation, celle qui permet tout et qui s'appelle la confiance. Enfin, avant de vous quitter, mais je reviendrai, je veux saluer tous ceux qui m'ont permis d'être ce que je suis aujourd'hui: ma famille, ma compagne, mes proches, tout ce qui fait finalement la force d'âme d'un homme ou d'une femme au moment où il brigue une grande responsabilité, et là, au moment où je vais l'exercer. Je salue aussi les forces politiques, le mouvement que j'ai dirigé. Je suis socialiste, j'ai toujours voulu le rassemblement de la gauche mais, plus largement, le rassemblement de tous les républicains. Et je salue les humanistes qui ont permis aussi notre victoire ce soir. Enfin, je salue mon département de la Corrèze. Je vous dois tout, vous m'avez toujours apporté vos suffrages, et encore pour cette élection, je pense que nous serons le département qui m'a donné le plus, non pas en nombre, mais en ampleur par rapport à la population. Je salue ma ville de Tulle, la ville que j'ai dirigée, là où nous sommes. Vous m'avez permis par la légitimité du suffrage de pouvoir convaincre aujourd'hui tous les Français. Mais désormais, je suis au service de la France et je suis mobilisé dès à présent pour réussir le changement. Telle est ma mission, tel est mon devoir. Servir, servir la République, servir la France, servir au-delà de nous-mêmes, servir les causes, les valeurs que, dans cette élection, j'ai portées et qui auront à être entendues ici en France, et partout en Europe et dans le monde. Vive la République et vive la France !

 

Explosion de joie ! Le public est transporté. Surtout les jeunes. Je suis heureux de voir l'espoir naître dans leurs yeux. La Présidente des Vert-e-s genevois-es Emilie Flamand nous retrouve dans le public. La foule est gigantesque à la Bastille. Sur la grande scène, proche de nous, des artistes se produisent : Anaïs, Yael Naïm, Yannick Noah, Axel Bauer, ... Plusieurs leaders de la gauche se succèdent pour crier leur joie : Ségolène Royal, Martine Aubry, Cécile Duflot, Eva Joly, Jean-Marc Ayrault, Harlem Désir, Bertrand Delanoë, Arnaud Montebourg, Lionel Jospin, Robert Hue .... Le meilleur est assurément Benoît Hamon.

 

Enfin, après de longues heures d'attente, le héro du jour débarque, avec sa compagne Valérie Trierweiler. La Bastille exulte. Il est minuit 40. Chut, il parle : « Vous êtes une foule immense. Moi, je vous ai entendus, j'ai entendu votre volonté de changement. Je veux vous exprimer ma gratitude. Merci peuple de France. Merci de m'avoir permis d'être votre président de la République. (...) » Ensuite, François Hollande promeut les valeurs de la République. Le Président fait vibrer la foule : « Souvenez-vous de ce jour toute votre vie. Il doit donner envie à d'autres peuples en Europe. Dans toutes les capitales, au-delà des chefs d'Etat, il y a des peuples qui n'en peuvent plus de l'austérité. »

 

Le discours terminé, un tonnerre d'applaudissements et de cris se fait entendre. Nous allons boire une bière, crevant de soif après des heures coincés au milieu des supporters de Hollande. La soirée est magnifique.

04.05.2012

Salut Michel ...

Enterrement de notre ami Michel Chevrolet. Je n'arrive pas à réaliser sa mort, lui qui a tellement incarné la vie active et festive. Que de moments de fiesta passés ensemble ... Boulimique, il avalait les plaisirs, le boulot, le journalisme, la politique, l'amitié, comme un ogre.

La cérémonie en son honneur est pilotée par Claude Pauli. Je n'aime pas trop les curés. Mais, lui, c'est un type merveilleux. J'allais dire un mec d'enfer, ce qui n'est pas génial pour un cureton. J'ai fait sa connaissance durant quelques apéros avec Robert Cramer. Il fait partie des humains qui aiment les gens. Et moi, je suis un peu de la même race ...

Je suis hyper touché par la cérémonie en l'honneur de Michel. Elle lui ressemble. Une overdose d'amour et de chaleur humaine. Le témoignage du Président du PDC suisse Christophe Darbellay est particulièrement touchant, mélange d'anecdotes drôles et de paroles de fraternité. Avec Michel, nous partagions la même devise : « Carpe diem ! » Nous l'avons concrétisée quotidiennement par amour de la vie, par passion de nos congénères. Michel, tu nous as tant donné, malgré nos différences de points de vue politiques.

Au moindre problème, tu étais là pour aider tes ami-e-s. Lorsqu'Ariane et moi-même avons été foudroyés par l'amour, en plein parlement, alors que nous subissions les jugements des mal-pensants, considérés comme des pestiférés, un vulgaire couple adultère, toi, tu nous as accueillis et tu as valorisé notre amour fou. Tu saisissais la puissance des sentiments. Tu as été l'un des premiers à comprendre notre passion exceptionnelle, par ta sensibilité hors du commun.

Merci d'avoir été notre ami. Tu es l'une des rencontres importantes de notre existence. Mais putain, tu nous manques déjà vachement ...

 

03.05.2012

Miscellanées du 3 mai 2012

Il y a quelques jours, des gros cons ont peint des croix gammées sur la synagogue Beth-Yaakov, près de Plainpalais, à Genève. La librairie hébraïque Menorah et la boutique Shilliger ont aussi été visées. Solidaire avec le peuple juif et combattant toute forme de racisme, j'invite à méditer sur la citation de Jacques Chirac : « Ne composez jamais avec l'extrémisme, le racisme, l'antisémitisme ou le rejet de l'autre. Dans notre histoire, l'extrémisme a déjà failli nous conduire à l'abîme. C'est un poison. Il divise. Il pervertit. Il détruit. » 

 

François Hollande, dans le « Nouvel Observateur » : « Je soutiendrai tous les efforts en faveur de la reconnaissance internationale de l'Etat palestinien, qui est une aspiration légitime des Palestiniens, de la manière qui conviendra le mieux aux Palestiniens et à la cause de la paix en général. » Un bon point pour le candidat socialiste.

 

Mickaël Vendetta quittera la France si François Hollande devient Président. Sauvons la France, votons massivement pour Hollande !

 

Le franquisme n'est pas mort ! La droite espagnole, n'arrivant plus à calmer l'opinion publique, désire criminaliser les manifestations. Celles et ceux qui organiseront des manifs via internet pourront être condamnés pour « délit de participation à une organisation criminelle ». La résistance non-violente, par la passivité, pourra être assimilée à un « délit d'attentat contre l'autorité ». Le droit de manifester est une liberté qu'une démocratie doit préserver. Le dénigrer s'apparente à une violation des droits humains.

 

La Suisse est l'un des rares pays à avoir augmenté son aide au développement et à la coopération, l'an dernier. Son montant de soutien s'élève à 2,736 milliards de francs suisses, soit  0,46% de son produit intérieur brut. Cet accroissement d'aide est une bonne chose. Pourtant, ce montant reste bien insuffisant pour l'un des pays les plus riches du monde et bien au-dessous des objectifs fixés par les Nations unies.

 

La nouvelle Présidente des Verts suisses Adèle Thorens se déclare prête à accueillir, dans son parti, des dons financiers d'UBS. Oh secours ! Ueli Leuenberger revient !

 

Je fais du covoiturage avec un ami. J'évoque avec lui différentes innovations que nous sommes en train de mettre en place au sein de mon service. Il conclut : « T'as la frustration de ne pas avoir bossé à Pif gadget. »

 

Mon ami Shishi m'envoie ses conseils de sécurité routière : En France, à partir du 1er juillet 2012, il faudra avoir un éthylotest non périmé, non usagé, à bord de sa voiture. Donc, je suis invité chez des amis pour l'apéro, je veux savoir si je peux prendre le volant. Je souffle dans l'éthylotest. Deux cas de figure se présentent : - C'est positif, je ne peux pas partir car je n'ai pas le droit de rouler avec une telle alcoolémie. - C'est négatif, je ne peux pas partir car je n'ai pas le droit de rouler avec un éthylotest usagé. Conclusion : Je retourne à l'apéro ...

 

01.05.2012

Le Tube des travailleuses et des travailleurs !

« C'est la lutte finale ; Groupons-nous, et demain ; L'Internationale ; Sera le genre humain ! » L'Internationale, l'hymne révolutionnaire, tout le monde le connaît. Quel-le militant-e de gauche n'a pas frémi, le poing levé, en entendant ce chant devenu un véritable patrimoine du monde du travail ? A travers toute la planète, cette partition est chantée. Cette mélodie est l'air de l'espoir, le tube des travailleuses et des travailleurs.

 

Mais au fait, quelle est l'histoire de ces portées musicales célèbres ? Les versions divergent. Certains prétendent que les paroles de cette chanson ont été écrites, le 4 septembre 1870, afin de célébrer la capitulation de Napoléon III à Sedan et la proclamation, dans la foulée, de la République. D'autres pensent que cet écrit date de mai ou juin 1871, au lendemain de la Commune. Une chose est sûre : l'homme qui a rédigé ce texte est Eugène Pottier, dessinateur sur étoffe, chansonnier et fervent communiste. Elu du 2ème arrondissement de Paris, représentant des Communards, le camarade Eugène avait participé activement à l'insurrection populaire contre le pouvoir autocratique. Il écrivit plusieurs poèmes ouvriers, dont les plus connus figurent dans son unique ouvrage, son cahier de chants révolutionnaires édité en 1887 par le poète Gustave Nadaud. Nadaud ne partageait pas les idéaux de gauche de Pottier, mais admirait ses qualités d'homme de plume. Le journaliste et militant républicain Henri Rochefort préfaça ce bouquin. «L'Internationale » occupait une belle place dans ce livre. Il dédia cet air militant à Gustave Lefrançais, instituteur, engagé dans la Commune de Paris et figure de l'anarchisme. Eugène Pottier mourut le 6 novembre 1887, à l'hôpital Lariboisière, sans avoir entendu les foules interpréter son œuvre. Son enterrement, au cimetière du Père-Lachaise, provoqua des affrontements violents entre les milieux syndicaux et les forces de police aux mains d'un pouvoir peu enclin aux revendications populaires.

 

En 1888, dans un bistrot de Lille, l'ouvrier socialiste Pierre Degeyter mit en musique « L'Internationale ». Le 23 juillet de la même année, ce chant de lutte fut interprété, pour la première fois, par la chorale du Parti ouvrier français, au cours d'une sortie du Syndicat des marchands de journaux. En 1904, cette mélodie résonna au Congrès d'Amsterdam de la IIème Internationale. Dès lors, l'Internationale remporta succès sur succès. En 1910, cette musique devint l'hymne international de la Gauche. De 1917 à 1944, elle a même été l'hymne officiel de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. L'U.R.S.S. avait, quant à elle, demandé au poète Arkady Yakovlevitsch Kots de réviser les paroles, pour les adapter aux réalités russes.

 

Aujourd'hui, cette mélodie est un patrimoine de l'humanité, se baladant sur toutes les lèvres des militant-e-s socialistes, sociaux-démocrates, anarchistes, communistes, syndicalistes, indignés, révoltés, ... Même les étudiant-e-s manifestant sur la Place Tian'anmen contre la dictature chinoise, entonnent ce refrain. Cet air unit la grande famille de la gauche, dans la richesse de sa grande diversité. Ses paroles restent, elles aussi, encore d'actualité :  « Debout ! Les damnés de la terre ! Debout ! Les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère ; C'est l'éruption de la fin. Du passé faisons table rase ; Foule esclave, debout !  Debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

1er Mai 2011 photo signée Alain Etienne.jpg

30.04.2012

1er Mai ...

Je relis le discours,  que j'avais prononcé lors de la manif genevoise du 1er Mai 1996. 16 ans plus tard, il reste encore d'actualité ...

 

Chères amies, chers amis,

 

Aujourd'hui, la Fête, la belle Fête du travail, a un goût amer. En effet, comment ignorer la propagation du chômage, le développement de la pauvreté ou la montée du désespoir social ? La Suisse, 2ème pays le plus riche du monde, a pourtant le pouvoir de contrer ces fléaux. Ne rien entreprendre est un fatalisme inacceptable, une non-assistance aux personnes en danger social.

 

De plus en plus, la droite se range aux côtés de l'aile dure du patronat. Le débat concernant la loi sur le travail l'a prouvé une nouvelle fois. Démolissant tout compromis, la majorité bourgeoise a choisi la voie dangereuse de la déréglementation en promouvant le développement du travail de nuit et du dimanche sans véritable compensation.

 

En fait, la droite offre à ses amis patrons une arme contre les droits élémentaires des travailleuses et des travailleurs de ce pays. Dans un tel conflit, les blessures sociales risquent d'être très graves. Ainsi, cette loi odieuse permet par exemple au patronat :

          . d'exiger, sans autorisation, jusqu'à 500 heures supplémentaires par an et par employé-e;

          . de faire travailler le personnel la nuit sans aucun droit de compensation;

          . d'obliger le personnel de la vente à travailler six dimanches par an sans compensation.

 

De plus, le travail de nuit débutera à 23 heures au lieu de 20 heures.

 

Au nom de la mondialisation, du profit, de la performance et de la compétition tout est permis pour les détenteurs de l'économie. Le spectre du nouvel ordre mondial ne respecte que l'argent. L'être humain est réduit à une ressource, à un simple moyen de production que l'on jette sans vergogne pour délocaliser ou réorganiser.

 

Dans trop d'entreprises, les conventions collectives sont cassées, les salaires bloqués ou diminués, les licenciements multipliés et le rythme du travail accéléré. Le stress, l'insécurité et la déprime forment désormais le quotidien de trop de travailleuses et travailleurs. Jusqu'à quand allons-nous accepter l'inacceptable ?

 

Le monde du travail doit cesser de courber l'échine. Il doit prendre conscience de sa force. Les travailleuses et les travailleurs doivent se regrouper au sein des syndicats pour être plus puissants. Comprenons que sans nous, sans notre accord, le patronat ne peut rien entreprendre. Le personnel est la plus grande richesse qu'une entreprise peut avoir. Il est temps de durcir le ton et d'affirmer nos droits.

 

La crise économique ne doit pas permettre n'importe quoi. Si le dialogue entre les partenaires sociaux - que nous avons toujours privilégié - n'est plus possible, nous utiliserons d'autres moyens pour faire entendre notre voix. Si l'arrogance patronale refuse de tenir compte de nos préoccupations, c'est bien dans la rue que nous porterons nos revendications.

 

Evidemment, tous les patrons ne sont pas à mettre dans le même sac. Mes critiques visent ceux qui profitent de la conjoncture pour exploiter leur personnel, ceux qui ont cessé d'entreprendre pour abuser des mécanismes spéculatifs, ceux qui ont élevé la Bourse à l'état de temple. Cette logique financière est destructrice et violente. Elle appauvrit ici la population, affame le Tiers-monde et ruine l'environnement de la planète.

 

Nous, nous voulons un développement économique maîtrisé au profit des êtres humains et des entreprises véritablement citoyennes. Nous voulons un pouvoir politique capable d'être un contre-pouvoir à cette folie spéculative.

 

En Suisse, comme dans le monde, le nombre de fortunés augmente aussi vite que le désespoir social. Ceci n'est pas un hasard. La répartition des richesses est totalement inégalitaire. A Genève, 5 % des contribuables détiennent les 84 % de la fortune imposable.

 

Or, cette société à deux vitesses n'est pas une fatalité. Refusons l'univers impitoyable des actionnaires et des spéculateurs, construisons l'avenir - notre avenir - sur des valeurs d'éthique, de justice et de partage.

 

Pour lutter contre le chômage, la droite reste les bras ballants attendant désespérément le redémarrage de la croissance. Dans notre canton, depuis le début des années 90, plus de 30000 emplois ont disparu. Or le Conseil d'Etat monocolore ose affirmer dans les points soi-disant «positifs» de son bilan que «des entreprises de premier ordre s'installent à Genève et créent des emplois». Crier victoire dans ce domaine est d'une arrogance totalement indécente par rapport aux milliers de femmes et d'hommes qui cherchent désespérément un emploi. Certes il n'existe pas de remède miracle contre le chômage. Mais, ce n'est en tous cas pas l'inaction qui va nous permettre de sortir de la spirale du manque d'emplois.

 

Ce n'est pas non plus la diminution des budgets de l'enseignement et de la formation qui va nous aider. Nous devons développer une politique d'innovation et d'imagination en la matière qui passera obligatoirement par un meilleur partage du travail, du temps libre et des richesses. Dans ce contexte, il y en a sept qui risquent bien de perdre leurs jobs à l'Hôtel-de-Ville.

 

Genève a besoin d'une réelle politique en faveur de l'emploi. Les syndicats et la gauche ont émis plusieurs propositions allant dans ce sens. Cependant, la droite reste bien sourde à ces remèdes. Si seulement, les partis bourgeois et les milieux économiques mettaient autant d'énergie à combattre la crise, qu'ils en ont mis pour défendre les fortunés lors de la campagne sur les initiatives fiscales.

 

Pour la droite, le chant des sirènes de l'ultracapitalisme retentit plus fortement que le bruit des soucis de la population. En cette période de dénigrement de l'être humain, la résistance contre l'ultralibéralisme n'est pas une réticence aux changements mais bien une résistance contre un retour en arrière. Nous ne voulons pas d'une société construite sur l'égoïsme, d'une jungle à la «De Pury ».

 

Et ne nous laissons pas piéger par les tentatives de culpabilisation de nos adversaires. Savoir dire Non, défendre les acquis ne sont pas des combats ringards. S'opposer aux supporters de l'odieux «Livre blanc» - aux hooligans de l'argent - est au contraire une preuve de modernisme.

 

Quand on apprend que le PDG de la société AT&T a empoché 20 millions de francs suisses l'an passé alors qu'il a parallèlement viré 40000 employés, comment ne pas dire : Stop ! Quand on sait que des sociétés distribuent des dividendes records alors qu'elles renvoient leurs employés par charrettes entières, comment ne pas dire : Trop c'est trop !

 

Oui, nous en avons marre du culte de la rentabilité, de la loi de la compression du personnel. La résistance contre ces  drogués de la productivité est d'autant plus urgente que le risque de transformation de cette dictature économique en dictature politique n'est pas improbable. En effet, pour protéger leurs richesses indécentes, leur opulence face à ceux qui n'ont plus grand chose, les privilégiés sont tentés de recourir à l'Etat policier. Aux Etats-Unis, par exemple, les plus riches construisent désormais leurs propres villages, de petites cités presque idéales, qu'ils entourent de cordons sécuritaires.

 

Après le mur de Berlin, c'est maintenant le mur de l'argent qui s'élève entre les différentes classes sociales. Combattre le capitalisme sauvage à présent, c'est défendre la liberté de demain! Mais, au-delà de notre force d'opposition, nous devons valoriser notre puissance de proposition afin de construire les bases d'une nouvelle société.

 

La gauche, les syndicats, les associations, le mouvement social sont des réservoirs fantastiques d'idées novatrices. Imaginer le futur pour qu'il soit meilleur - pour qu'il soit ouvert à tous - est l'un des objectifs des forces de progrès. Changer la vie n'est pas un rêve révolu, une utopie irréaliste. C'est l'essence de notre combat. La sauvagerie du libéralisme économique doit être une parenthèse qui doit se refermer au plus vite. Cadences infernales, dégraissage, restructuration, chômage, exclusion : voici ce que nous offre le libéralisme économique. Ca suffit ! Cette façon de vivre n'est pas celle que nous désirons.

 

Comme alternative, notre volonté est de mettre en place un projet solidaire qui place enfin l'être humain au centre de toute préoccupation. Nous repoussons la pensée unique du libéralisme économique. Nous ne nous laisserons pas enfermer dans un sectarisme idéologique, dans l'uniformisation des consciences bien rabotées dans le moule du capitalisme sauvage. Nous disons un Non ferme à ce prêt-à-penser institué par les nantis. Le progrès passe par la multiplication des idées, par la richesse de la différence et par les couleurs de la diversité.

 

Le lancement d'un référendum contre la nouvelle loi sur le travail va parfaitement dans ce sens. Uni, décidé à défendre ses droits et à construire une économie différente, le monde du travail est maintenant en mouvement pour s'élever contre toutes ces injustices.

 

Non à l'ultralibéralisme, Non au Nouvel Ordre mondial, Oui à la solidarité, Oui à une société plus humaine tels sont les messages que nous devons transmettre en ce jour de 1er Mai !

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28.04.2012

Abolissons définitivement l'esclavage !

Hier, un peu trop discrètement, nous avons fêté le 164ème anniversaire du deuxième décret de l'abolition des l'esclavage en France, signé le 27 avril 1848 par le gouvernement provisoire de la seconde République, sous l'impulsion de Victor Schoelcher.

 

En 1789, la Révolution française avait lancé le grand mouvement de l'abolition de  l'esclavage. Ensuite, durant les 18ème et 19ème siècles, toute une série de pays ont suivi ce mouvement abolitionniste. Cette volonté de rendre égaux les êtres humains a d'ailleurs vu son prolongement dans de nombreux écrits officiels, notamment dans la Convention internationale sur l'esclavage ou la Déclaration universelle des droits de l'homme qui affirme dans son article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. » On se souvient particulièrement du décret sur l'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848 impulsé par le Français Victor Schoelcher et la fin de l'esclavage aux Etats-Unis proclamée, le 1er janvier 1863, par le Président Abraham Lincoln, entraînant l'émancipation de 3 millions d'esclaves noirs, devenant ainsi citoyens américains.


Mais, cette libération a souvent été déclenchée par la révolte des esclaves eux-mêmes. A de multiples reprises, les esclaves se sont soulevés et ont lutté avec un courage exceptionnel.

L'esclavage est l'un des points noirs de l'histoire de l'humanité. Acte de cruauté et de domination humainement inacceptable, l'esclavagisme a humilié, torturé et tué des millions d'enfants, de femmes et d'hommes. Privés de liberté, soumis à la tyrannie, les esclaves ont été utilisés comme de simples objets, achetés et vendus, pour accomplir des travaux forcés et subir des actes de violence ou des abus sexuels.


La forme moderne de l'esclavage


L'esclavage pourrait être un vieux mauvais souvenir de l'histoire. Malheureusement, dans une hypocrisie générale, ce fléau continue, s'adaptant aux désirs les plus pervers de la société moderne. L'UNICEF estime que près de 200 millions d'enfants sont exploités, actuellement, dans le monde. Ce chiffre affligeant s'additionne aux millions d'adultes qui vivent le même sort. Pour survivre, des personnes sont vendues, d'autres sont carrément enlevées pour servir de main-d'œuvre à bon marché ou pour devenir des esclaves sexuels.

De la jeune fille venant des pays de l'Europe de l'Est pour être utilisée comme un objet sexuel à l'enfant prostitué victime de la pédocriminalité, des enfants du sud fabriquant des chaussures de sport dans des conditions inhumaines aux clandestins travaillant 17 heures par jour, 7 jours sur 7, au fond d'une cave, l'esclavage est partout. La prostitution cache, dans bien des situations, des cas d'esclavage. Plus de cinq millions d'êtres humains se prostituent dans le monde, dont plus de deux millions de mineurs. Le travail clandestin et les fournisseurs d'emplois au noir favorisent aussi des cas d'esclavage. Les mafias et les réseaux d'immigration clandestine ont remplacé les vendeurs d'esclaves.


Le germe de l'horreur reste le même. Une petite partie de l'humanité continue à exploiter et à maltraiter d'autres êtres humains pour s'enrichir, se servant de la détresse des plus humbles. Parler aujourd'hui de l'abolition de l'esclavage, c'est surtout ouvrir les yeux sur les humiliations actuelles que vivent des millions de personnes à travers le monde, et parfois tout proche de nous. C'est apprendre de l'histoire pour corriger le présent ! La prise de conscience de l'opinion publique et sa mobilisation contre ce fléau sont garantes d'un changement profond de notre société. Alors utilisons ce pouvoir collectif pour dire NON à l'esclavage sous toutes ses formes.


A titre individuel, nous avons aussi des possibilités d'action. En tant que consommateur ou en tant que citoyen, nous avons une responsabilité et des moyens d'agir. Choisir un produit avec un label social démontrant qu'il a été fabriqué dans un contexte de respect des conditions de travail est, par exemple, une possibilité de s'engager contre une forme d'esclavage. Espérons que le 21ème siècle sera enfin celui de l'abolition véritable et définitive de l'esclavage !