15/04/2007

NON aux économies sur le dos des plus défavorisés

Signons le référendum contre la loi genevoise sur l’aide sociale
Rappelez-vous ! Durant la dernière session du Grand Conseil genevois, Le PS a dénoncé une réforme qui ressuscite la notion de mérite. Le Contrat d’aide sociale individuelle (CASI) met l’accent sur une assistance sociale liée à l’atteinte, très arbitraire, d’objectifs. Ce régime antisocial permettra à l’Etat d’économiser au moins 24 millions par an sur le dos des plus pauvres. Quel scandale ! Les socialistes ont naturellement défendu les plus défavorisés en demandant de rétablir une série de prestations que la majorité leur a coupées. Il est scandaleux de voir que ceux qui estiment ces prestations trop luxueuses pour les finances cantonales, sont les mêmes qui multiplient les cadeaux fiscaux aux nantis et qui trouvent la traversée de la rade bon marché.
Il est tout à fait odieux d’entendre des députés avocats d’affaires, dirigeants d’entreprise ou fortunés dès la naissance expliquer, avec arrogance, qu’un pauvre ne vit pas si mal à Genève. Nous nous sommes simplement battus pour la dignité humaine. Visiblement, pour la droite, ceci est trop, y compris pour le parti qui affiche partout qu’il est pour la défense de la famille et qui place soi-disant l’humain au centre. Une nouvelle fois, le PDC a, au moment du vote, les bras qui ne sont pas synchronisés avec ses dires. Même l’abonnement gratuit TPG pour les adolescent-e-s des familles les plus défavorisées a été balayé, seuls les socialistes, les Verts et le MCG approuvant cet amendement PS. Au vote final de la loi, la droite et ses amis de l’extrême gagnent avec 46 oui, contre 27 non (PS, MCG et une poignée de Verts) et 12 abstentions.
Depuis, sous l’impulsion d’ « A Gauche Toute ! », plusieurs organisations ont lancé un référendum contre ce projet.
960 francs par mois, ce n’est pas assez pour vivre! Signons le référendum!
L’aide sociale est un droit !
L’aide sociale est un droit reconnu par la Constitution fédérale et les conventions internationales. Il s’agit d’une aide minimale pour ne pas se retrouver à la rue et être réduit à la mendicité pour survivre. Ce n’est donc pas une faveur ! Or, le montant de l’entretien de base est dorénavant fixé par le Conseil d’Etat à 960 francs par mois pour une personne, 1469 francs pour deux, 1786 pour trois personnes. Pour vivre dignement, c’est insuffisant. Les forfaits pour l’abonnement TPG, les vêtements et le téléphone ont été supprimés. Pour obtenir 300 francs de plus, le demandeur doit atteindre des objectifs fixés dans un contrat, le CASI. Alors même que les possibilités de réinsertion offertes diminuent, les objectifs à atteindre risquent fort de se limiter à des critères subjectifs et n’être que des alibis. Le CASI institue de fait une aide sociale «au mérite» en rendant le demandeur entièrement responsable de sa situation sociale. S’il est évident qu’un suivi social est indispensable, le CASI réduit les assistants sociaux au rôle de contrôleur. On n’aide pas en humiliant et en soumettant au chantage. LASI et CASI visent en fait à réaliser des économies sur le dos des plus démunis, entre 20 et 30 millions de francs par an.
Nous sommes tous menacés
Alors que notre canton n’a jamais été aussi riche (Genève compte plus de 10000 millionnaires), nous subissons un taux élevé de chômage. Les profits des entreprises et actionnaires explosent et pourtant des milliers de personnes ne trouvent pas de travail et sont obligées de recourir à l’assistance publique. La presse fait ses choux gras d’une poignée d’abus dans l’aide sociale. Pour ces quelques cas, on jette le discrédit sur l’ensemble des demandeurs. De nécessaires contrôles ne doivent pas entraîner une punition collective des demandeurs honnêtes qui souffrent d’être obligés de s’adresser à l’Hospice général. Les demandeurs ne sont, dans leur grande majorité, ni des abuseurs, ni des fainéants, mais des chômeurs en fin de droit ou en attente de l’AI, des jeunes sans formation, des mères célibataires ou des travailleurs sous-payés qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. Aujourd’hui, plus personne n’est à l’abri. Chaque salarié peut être licencié du jour au lendemain et se retrouver plus rapidement qu’on ne le croit à devoir solliciter l’assistance publique. Le durcissement des conditions d’octroi de l’AI et la suppression programmée des occupations temporaires pour les chômeurs vont encore gonfler le nombre des demandeurs de l’aide sociale.
Signons et faisons signer ce référendum : www.lasi-non.org

15:55 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Les commentaires sont fermés.