25/04/2007

Changeons le Cycle d’orientation genevois

L’Association Réel a déposé une initiative pour rendre le Cycle d’orientation genevois plus sélectif. Certes, le Cycle doit changer profondément. En tant que député, je me suis assez battu contre Martine Brunschwig-Graf pour vouloir réinventer ce corps d’enseignement. Mais, pas à travers cette initiative rétrograde et dangereuse. Par exemple, en sortant de l’école primaire, cette initiative classera les enfants dans 6 filières (je cite intégralement la fameuse initiative) :
-          langues vivantes,
-          littéraire,
-          scientifique,
-          orientation vers les professions commerciales, administratives, de la santé et du social,
-          orientation vers les professions techniques et informatiques,
-          orientation vers les arts et métiers.
-          Comment un enfant de 11 ans va-t-il pouvoir choisir entre l’un ou l’autre de ces axes ? Une telle proposition est totalement déconnectée de la réalité et vide de bon sens. Il suffit de dialoguer 5 minutes avec un enfant de cet âge pour s’en convaincre.

Plus grave, allez voir sur le site de ce groupement (http://initiative-co.reseau-ecole-et-laicite.org/Initiati...) et admirez comment il image la structure du Cycle de demain :

Un tel schéma ressemble davantage à une procédure d’une bureaucratie soviétisante, plutôt qu’à un parcours de formation orientant, valorisant, simple et lisible.

18:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6)

Commentaires

"Initiative rétrograde et dangereuse", "déconnectée de la réalité et vide de bon sens", "schéma" assimilé à "une procédure d'une bureaucratie soviétisante" : bigre ! M. Brunier aime l'invective.

Mais cela ne fait pas une analyse.

M. Brunier connaît-il le schéma actuel du Cycle, que ceux qui le pratiquent appellent "le schéma du métro" et dans lequel aucun parent 'd'élève ne saurait retrouver ses petits ? Et ne parlons pas des échecs faramineux auxquels on aboutit au sortir du Cycle, au dixième degré, là où s'effectue de fait la sélection inévitable...

Notre initiative prévoit six filières, en effet. Où est le crime ? Le Cycle d'André Chavanne, camarade de M. Brunier, et auquel d'ailleurs M. Beer, autre camarade de M. Brunier, souhaiterait revenir, ne comportait pas moins de 7 filières si l'on compte les différentes déclinaisons des "générales". Et cela ne marchait pas si mal. Nous souhaitons rétablir les filières, en permettant aux élèves sortant trop faibles du primaire de se "recharger" dans une classe de transit, puis de tâter le terrain dans une 7ème selon différents rythmes avant d'aller dans la filière la plus appropriée à ses talents, en évitant les ghettos qu'étaient les "générales" et les "pratiques", et surtout en faisant en sorte, enfin, que le Cycle d'orientation... oriente effectivement les élèves, plutôt que de les bercer dans l'illusion que "tout le monde peut tout faire tout le temps".

On souhaiterait lire les critiques de M. Brunier sur l'organisation actuelle du Cycle, et voir le département de l'instruction publique se secouer un peu pour faire en sorte que tout cela s'améliore sans qu'il soit besoin de lancer des initiatives pour se faire entendre.

Nous aussi avons ferraillé contre Mme Brunschwig Graf, libérale (devise : "Laisser faire, laisser aller"), qui porte une responsabilité écrasante quant à l'état actuel de l'école genevoise, mais maintenant c'est contre M. Beer, socialiste et camarade de M. Brunier (devise : "Où je veux, quand je veux, yaka..."), que nous devons ferrailler... Comme quoi les partis...

Mais évidemment, si M. Brunier se contente d'aller interroger des enfants de 11 ans sur leurs désirs variés, au lieu de réfléchir en adulte, que dire ? Sans doute souhaiterait-il que l'on puisse voter dès quatre ans et demi, et probablement trouverait-il là des électeurs adaptés au niveau de ses interventions.

Quant à nous, nous pensons qu'il est temps de sortir de la subordination à l'enfant-roi, et de rendre aux adultes, qui s'en fichent si souvent, le sens des responsabilités quant à l'avenir de leurs enfants.

Écrit par : Yves Scheller | 27/04/2007

J'abonde entièrement dans le sens de M. Scheller !

Mais enfin, quand est-ce-que toutes ces grandes têtes pensantes vont ils ouvrir les yeux sur la réalité de l'école genevoise et non pas s'arrêter sur des pseudo arguments du style " ils suffit de dialoguer avec un enfant de 11 ans pour se rendre compte qu'il ne sait pas trop où s'orienter..." ou encore " orienter, c'est forcément sélectionner de manière négative, les Suisses d'un côté et les étrangers de l'autres ..."
Faux, ceux qui réusissent sont ceux qui travaille et fournissent des efforts ! Simple, mais pourtant beaucoup semble l'oublier.

Cette initiative veut donc donner les moyens d'emmener les enfants là où chacun peut y aller, selon ses capacités propres.
C'est une évidence, peu d'enfant, ni moi, ni même peut être vous, M. Brunier, ne saviez exactement ce que vous vouliez faire en entarnt au cycle.
De ce fait, que reprochez vous donc à cette initiative qui ouvre un maximum de possibilités ?
L'orientation doit se baser sur des critères fondamentaux, dirigés par des adultes responsables, comme les aptitudes de l'enfants, ses capacités scolaires et ses résultats, sa motivations à entreprendre des études. Et non pas uniquement la simple volonté de faire ceci ou cela sans être réellement guidé et en étant trompé sur les réelles possibilités de réussites de l'enfant, sans fausses croyances.

Comme expliquez vous alors que la plupart des élèves sortant de 9ème en regroupement B échouent au post-obligatoire ?
Alors qu'on leur laisse croire, moyennes finales à l'appui, qu'ils ont toutes leurs chances ?
N'est il pas plus cohérent et surtout plus franc pour l'enfant et sa famille de lui dire ouvertement que tel ou tel orientations ne sont pas à sa portées et qu'il serait préférable de suivre telle voie adaptée à ses possibilités ?

Non, nous ne sommes pas tous égaux devant les études, nous n'avons pas tous les mêmes capacités et nous ne seront pas tous médecins, avocats ou même ministres !!!
Pour ma part, je préfère nettement que mes enfants soient correctement orientés et qu'ils fassent un apprentissage si telle est leurs possibilités, mais surtout ne pas les laisser croire que tout est possible à tout moment.
Le réveil de ceux qui échouent à 18-20 ans, bercés d'illusions, est bien plus douloureux.

Il est clair que tous les enfants n'ont pas les mêmes chances et les mêmes capacités scolaires au départ. Et ceci indépendament de leurs origines.
(J'ai parmis mes connaissances, une amie étrangère, dont les parents n'ont jamais pu l'aider au niveau scolaire et qui est maintenant médecin...)

Il me semble capital de dire aux jeunes que ceux qui parviennent à aller loin sont ceux qui se donnent les moyens, qui travaillent, font des efforts.
Et cette dernière notion qu'est l'effort, dans notre société actuelle du "tous, tout de suite, sans lever le petit doigt " est complétement ignorée dans la tête de certain !!!

Écrit par : Karine Liardet | 27/04/2007

Monsieur Brunier devrait lire attentivement le texte de l'initiative pour y découvrir que les élèves ne sont pas sélectionnés à l'entrée en septième!
Au contraire, dans les quatre niveaux de préorientation tout le monde peut progresser, en partant de là où il est.
C'est seulement à la fin de cette septième année que l'orientation dans l'une des six filières se fait.
Et si 13 ans c'est jeune pour se déterminer, les parents et les maîtres sont là pour aider au choix!
Si vraiment on réalise qu'on a fait fausse route, alors on réoriente l'élève; mais ceci ne peut pas être gratuit!
Le mythe des passerelles qui rendraient tout possible le plus long temps possible est juste bon à alimenter les discours pédagogiquement corrects dont nos réformateurs sont les champions.
Changer de filière n'est pas une chose facile si l'on admet que dans chaque filière on fait du bon travail, spécifique, rigoureux et approfondi. On peut changer; mais alors, on y investit du temps et un effort soutenu. On prépare sa réorientation et on est prêt à doubler s'il le faut pour y arriver.
Voilà pourquoi l'initiative mentionne les réorientations en fin de 8ème et en fin de 9ème comme des situations qui demandent réflexion et qui ne sont pas fréquentes. L'exigence de passer un examen est une garantie du sérieux avec lequel l'élève et ses parents considèrent la nouvelle orientation.
Monsieur Brunier oublie en outre que pour ceux qui ont de très grandes difficultés, il y a l'année de mise à niveaux, avant la septième.
L'initiative place au bon moment cette année de rattrapage, contrairement à ce qui se fait actuellement avec les compléments de formation du postobligatoire, qui enterviennent trop tard, une fois que les lacunes sont sclérosées et que le dégout de l'école est bien installé.
La théorie du "déclic" , qui voudrait qu'on laisse du temps au temps sans orienter clairement en attendand un hypothétique réveil de la part de l'élève, est une pure vision utopique en total décalage avec une réalité, qui. elle, ne plaisante pas.
Monsieur Brunier ne semble pas avoir réalisé non plus que l'initiative prévoit que tous les élèves soient admis au cycle d'orientation, qu'ils soient promus ou non du primaire. On prend tout le monde et on se donne les moyens pour mener chacun aussi loin que possible de son point de départ.
Tâche bien plus difficile que de mettre les faibles à côté des forts en espérant que par osmose la classe héthérogène fasse le travail!

Écrit par : rita bichsel | 27/04/2007


Il est vrai que nous n’avons jamais eu une magistrate en charge du DIP genevois aussi mauvaise que Mme Brunschwig Graf. En dix ans, elle a fait plus de tort à l’école genevoise que tout autre. Son regroupement A et B au Cycle est non seulement une sottise libérale mais encore une pompe à médiocrité branchée à plein temps sur le ventre mou du système scolaire genevois : le CO.

Il faut, dans un premier temps et urgemment, revenir à des sections hiérarchisées. En faut-il 4, 6 ou 7 ? La discussion est ouverte, et l’ARLE y participera. Mais, il est piquant de voir un M. Brunier qui recommence pour le CO avec la litanie qu’il avait déjà servie pour le primaire : rétrograde, élitiste, vide de sens. Toute initiative qui demande un retour à une école qui enseigne lui paraît illégitime parce qu’à ses yeux, pas assez sociale. Pas de fatigue chez lui ! Les anciennes formules dans sa bouche vitrifiée de lieux communs semblent ne jamais devoir s’éteindre ! On a vu le résultat dans les urnes ! Faut-il le rappeler à son bon souvenir ? Pour le CO, le peuple est encore plus en colère et ça va être une déculottée à côté de laquelle les résultats sur les notes au primaire ne sont que des morsures de chatons.

Et le fait que M. Brunier se soit battu contre Mme Brunschwig Graf (et en cela il me paraît sympathique… mais en cela seulement) ne signifie aucunement qu’il voit juste. « Totalement déconnecté de la réalité », écrit notre petit camarade ! Pas de lassitude dans le prêt-à-penser socialisant !

Écrit par : Jean Romain | 29/04/2007

J'abonde entièrement dans le sens des commentaires des intervenants ci-dessus. Ceq ui me frappe le plus dans les propos de M.Brunnier, c'est le manque total d'analyse, de connaissances du sujet et de réflexion...ce que je trouve TRES grave pour un politicien mais qui semble être la mode chez les nôtres malheureusement. j'admire la volonté de REEL de proposer de DIRE enfin la vérité à nos jeunes. Rien n'est pire que le mensonge et les fausses illusions pour se construire et progresser. Or notre système est grandement basé sur des idées fausses de ce que la société peut offrir.

Écrit par : isabelle stroun | 01/05/2007

Camarade,

Pour bien contrer un "adversaire", car c'est bien ainsi que vous traitez le REEL, il faut bien s'informer sur sa stratégie. Lorsque vous prétendez que l'initiative "pour un Cycle qui oriente" SELECTONNE les élèves à 11 ans, vous montrez que vous ne lisez même pas comme il le faut les documents que vous publiez sur votre blog: le schéma de l'initiative.
Maintenant sur le fond, il est vrai qu'un choix est difficile, même à 12 ans, mais on ose espérer que le choix sera encadré par les parents d'abord, les enseignants ensuite, éventuellement les orienteurs. Toutefois on ne peut pas repousser le choix jusqu'à 30 ans! Il vaut mieux pour l'élève (futur actif de notre société) être bien formé dans une filière adaptée dans laquelle il pourra s'épanouir en atteignant les objectifs plutôt que de le laisser patauger dans une sauce médiocre où il n'arrive pas à suivre ou dans laquelle il s'ennuye et dérange. Une école publique qui forme des incultes corvéables et taillables à merci, tel était un des credo du "livre Blanc" de feu Monsieur de Pury, ultralibéral s'il en est; pour lui, la seule école qui conserverais un niveau de formation élevée serait la privée, contre espèce trébuchante et sonnant bien-sûr. Camarade, voulez-vous être complice de ce démantèlement scolaire et social ou voulez-vous soutenir un projet d'école publique qui essaye d'amener le plus loin possible les enfants à partir de là où ILS SONT, et non pas disserter sur un "peut-être" insaisissable.
Si même la gauche apporte sa contribution active au néolibéralisme, à qui pourrons nous donner notre bulletin de vote aux prochaines élections?

Écrit par : Allenbach | 01/05/2007

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