27/04/2007

Réponse au député libéral Renaud Gautier

A propos de mon billet sur les excellents comptes du canton de Genève 2006, le député libéral Renaud Gautier, m’a envoyé, sur mon blog de la Tribune de Genève, le message suivant :
Christian,
Voila quelques jours que j'hésite entre savoir si tu es d'une mauvaise foi carabinée ou d'une insondable naïveté...Tes propos sur les résultats 2006 de notre bonne République me laissent pantois !
Toi qui fut, avec une constance qui t'honore, toujours partisan des dépenses et jamais des économies, toi qui fut un adversaire (parfois légèrement de mauvaise foi...) de toutes mesures de rationalisation et d'efficience, tenir les propos que tu tiens sur le résultat 2006 est ... juste aberrant.
Tu oublies de rapporter ce que David H. lui même a dit, a savoir: Merci la conjoncture et attention aux années prochaines, tu oublies de dire que la dette a augmenté de plusieurs centaines de millions, tu oublies de dire que le service de la dette coûte 1'000'000 de francs par jour, et tu passes, comme par hasard, sous silence que la politique de David suis la politique de MBG, politique, rappelons-le qui fut soutenue par 2 conseillers d'Etat socialistes..
Et dire qu'il va encore falloir que je t'invite dans cette triste buvette du Grand Conseil pour t'expliquer tout ça...
Amitiés
Renaud
Voici mon humble réponse :
Tout d’abord, il faut savoir que j’apprécie bien Renaud parce qu’il est atypique dans un monde politique trop stéréotypé, qu’il est un homme de parole avec lequel il est possible de trouver des compromis, qu’il a assurément une fibre sociale dans un parti (le parti libéral) qui ne l’est pas souvent et qu’il a, de surcroît, de l’humour.
Dire que je suis « un partisan des dépenses et jamais des économies » est de la mauvaise foi ou un début d’Alzheimer. Renaud devrait se rappeler que j’ai été celui qui s’est attaqué aux fameuses cagnottes de Guy-Olivier Segond, que je suis l’un de ceux qui a « forcé » (avec son aide d’ailleurs) l’application de normes comptables à l’Hospice général et que j’ai refusé, au cours de ma vie parlementaire, de nombreuses dépenses que je trouvais inutiles.
A propos de rationalisation et d’efficience, je pense avoir toujours été dans le camp de celles et ceux qui souhaitent une profonde réforme de l’Etat, mais pas à n’importe quel prix et pas avec des méthodes dogmatiques et violentes. La réforme se construit patiemment pour qu’elle agisse en profondeur. La conduite du changement et l’impulsion d’innovation dans une entreprise sont les principaux axes de mon activité professionnelle. Il me semble que l’entreprise dans laquelle j’évolue n’est pas la plus mauvaise dans ce registre.
Renaud m’accuse de nier l’effet de la bonne conjoncture sur les bons résultats de l’Etat. Eh Renaud relit ce passage de mon texte :
« On pourrait dire que seul-e-s les ministres de gauche savent gérer efficacement les finances publiques, puisque les meilleurs résultats ont été obtenus sous les règnes de Micheline Calmy-Rey (socialiste) et David Hiler (les Verts). Un tel réflexe serait un peu trop policard et gommerait les phénomènes bénéfiques des bonnes conjonctures. »
Pour les explications à la buvette, je suis naturellement volontaire, convaincu que les accords politiques se trouvent toujours en dehors des champs de batailles politiques.


Finalement, je préfère Renaud lorsqu’il fait du théâtre :

Photo de la Revue des député-e-s genevois : Marie-Paule Blanchard-Queloz (jouant Micheline Calmy-rey), Renaud Gautier (dans le rôle de Rémy Pagani), Christian Brunier (dans la peau du Chancelier Robert Hensler) et Pierre-Louis Portier en bon gendarme.

 

17:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Les socialistes ont de l'humour, c'est nouveau. Ce matin Beer prétend que Moutinot travail! Si ça ce n'est pas de l'humour, ques-ce que c'est !!

Écrit par : Octave Vairgebel | 28/04/2007

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