30/04/2007

Elections des Exécutifs des communes genevoises :

Plébiscite de la gauche en Ville de Genève
En Ville de Genève, la gauche fait un triomphe et rafle 4 des 5 sièges du Conseil administratif. Après la fête, il faut, maintenant, que ces quatre individualités pleines de qualités et de compétences forment une équipe solide pour concrétiser au mieux le programme de la gauche qui a motivé la population.
Je pousse l’élu vert Patrice Mugny à confirmer sa bonne idée de créer un Département du Territoire, pour avoir une vision globale du développement de la ville.
A Onex, le PS place ses 2 candidat-e-s à l’Exécutif de cette ville, avec de très beaux scores pour Carole-Anne Kast et René Longet.  C’est génial, car cette victoire couronne un travail exceptionnel réalisé par le PS d’Onex.
Dans ma commune d’origine, Vernier, la majorité de gauche est au rendez-vous, mon pote Thierry Apothéloz ayant réalisé un score de baby-foot. Il est élu avec le candidat vert Yvan Rochat.
A Meyrin, la socialiste Monique Boget sort en tête. Malheureusement, le vert Pierre-Alain Tschudi, que j’ai connu dans les mouvements pacifistes, rate l’élection d’une marche.
A Confignon, la socialiste Françoise Joliat est réélue brillamment. A Plan-les-Ouates, pour la première fois, la gauche remporte un siège avec le vert Thierry Durand.
A Carouge, le PS et les Verts restent sur le carreau. Mais, la candidate d’A Gauche Toute, Jeannine de Haller, passe en tête. La division de la gauche – concept que j’ai combattu – a tué la majorité de l’Alternative. Une sacrée leçon à retenir !
A Satigny, Philippe Poget gagne un siège pour l’Alternative.
A Lancy, le tandem vert-socialiste fonctionne bien et gagne deux sièges avec François Baertschi et Frédéric Renevey.
Globalement, le bilan est très bon. Je suis fort content, mais il faut que la gauche soit à la hauteur des attentes de la population dans cette période de grand bouleversement et donc d’inquiétude. Alors, au boulot !


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Toutes et Tous au Premier Mai

Demain, venez nombreuses et nombreux aux différents événements organisés, à Genève, à l’occasion du 1er Mai !
La Fête du Travail de cette année est placée sous le signe de la votation du 17 juin : nous devons nous battre contre cette scandaleuse révision de l'assurance-invalidité qui stigmatise celles et ceux que le travail a éreinté, traitant les invalides de nuisibles et de profiteurs.
Le Programme
11 heures : toutes et tous au Monument à la mémoire du 9 novembre 1932, Plaine de Plainpalais
Allocutions et apéritif

15 h. : Le Défilé ! Rendez-vous au boulevard James-Fazy.

(Photo de Domique Hausser)


 17 h. : Fiesta aux Bastions

 

 
 

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29/04/2007

Une politique énergétique

L’Espagne planifie sa sortie du nucléaire

Le gouvernement socialiste espagnol tient ses promesses et prépare donc la sortie du nucléaire dans un contexte d’une politique globale énergétique radicalement différente. En 2009, la centrale de Garona, près de Guadalajara, fermera ses portes. Depuis l’automne passé, toutes les nouvelles constructions sont contraintes d’être équipées d’une installation thermique solaire pour produire l’eau chaude sanitaire. Un vaste programme de développement des énergies renouvelables et de promotion des économies d’énergies est lancé.
Transparence de l’information sur les catastrophes nucléaires
Le moment est venu, pour l'OMS, de s'affranchir des contraintes contre nature qui la lient à l'AIEA (Agence Internationale pour l’Energie Atomique), promoteur officiel du nucléaire commercial.
Le 26 avril 2007, les ONG : Enfants de Tchernobyl Belarus, CRII-RAD, Réseau Sortir du nucléaire, ContrAtom Genève (et d’autres encore) ont lancé une pétition demandant que l’abolition de l’amendement de l’Accord signé entre l’OMS et l’AIEA, en 1959, soit mise à l’ordre du Jour de la prochaine Assemblée Mondiale de la Santé, qui aura lieu en mai à Genève.
Il faut que l’information sur les conséquences de catastrophes nucléaires, telles que celle de Tchernobyl, soit enfin libre et transparente.
Je signe et soutiens naturellement cette pétition pour la VERITE :
www.independentwho.info

 

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28/04/2007

La corrida est une boucherie

L’émission de télévision de France 2 « L’arène de France » organise un sondage :
La corrida est-elle une boucherie (oui/non) ? Je réponds OUI, ne supportant pas ce spectacle barbare.
En plus de ma nationalité suisse, je possède aussi la française. Ceci me permet donc de signer la pétition du C.R.A.C. (Comité Radicalement Anti Corrida). Cette pétition est la suivante :
Considérant que l’existence et la recrudescence de la barbarie tauromachique ne sont pas dignes d’un pays dit civilisé et sont en contradiction avec l’essence même de la république et de la démocratie, nous demandons l’abrogation de l’alinéa 3 de l’article 521.1 du Code pénal, qui tolère que des sévices graves et des actes de cruauté soient infligés à des animaux sous couvert de tradition locale. La pratique tauromachique est en contradiction totale avec le principe d’une république une et indivisible, puisque ce qui est réprimé par une amende de 30 000 euros et par deux ans de prison sur l’essentiel du territoire français est permis par la loi sur une petite partie du sud de la France. Comme l’énonce Gérard Charollois, magistrat de l’ordre judiciaire et président de la « Convention vie et nature pour une écologie radicale » : « On ne réglemente pas la torture, on l’abolit ! » Dans l’attente de cette abrogation, nous exigeons l’interdiction immédiate de l’accès des arènes lors des corridas aux mineurs de moins de dix-huit ans. En effet, la contemplation morbide de ces actes d’une cruauté inouïe par des enfants en pleine construction affective est intolérable et extrêmement dangereuse.

Plusieurs personnalités ont signé cette protestation, dont :Cécile Duflot (Secrétaire nationale des Verts), Christiane Taubira (Députée), Fadela Amara (Présidente de « Ni putes, ni soumises »), Gérard Onesta (Vice-président du Parlement européen), Arielle Dombasle, Yannick Noah, Hélène Ségara, Françoise Hardy, Albert Jacquard, Nicolas Hulot, Mylène Demongeot, Hubert Reeves, Robert Hossein, Henri Leconte, Liane Foly ou Michel Drucker.

Faites de même : www.anticorrida.com


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27/04/2007

Réponse au député libéral Renaud Gautier

A propos de mon billet sur les excellents comptes du canton de Genève 2006, le député libéral Renaud Gautier, m’a envoyé, sur mon blog de la Tribune de Genève, le message suivant :
Christian,
Voila quelques jours que j'hésite entre savoir si tu es d'une mauvaise foi carabinée ou d'une insondable naïveté...Tes propos sur les résultats 2006 de notre bonne République me laissent pantois !
Toi qui fut, avec une constance qui t'honore, toujours partisan des dépenses et jamais des économies, toi qui fut un adversaire (parfois légèrement de mauvaise foi...) de toutes mesures de rationalisation et d'efficience, tenir les propos que tu tiens sur le résultat 2006 est ... juste aberrant.
Tu oublies de rapporter ce que David H. lui même a dit, a savoir: Merci la conjoncture et attention aux années prochaines, tu oublies de dire que la dette a augmenté de plusieurs centaines de millions, tu oublies de dire que le service de la dette coûte 1'000'000 de francs par jour, et tu passes, comme par hasard, sous silence que la politique de David suis la politique de MBG, politique, rappelons-le qui fut soutenue par 2 conseillers d'Etat socialistes..
Et dire qu'il va encore falloir que je t'invite dans cette triste buvette du Grand Conseil pour t'expliquer tout ça...
Amitiés
Renaud
Voici mon humble réponse :
Tout d’abord, il faut savoir que j’apprécie bien Renaud parce qu’il est atypique dans un monde politique trop stéréotypé, qu’il est un homme de parole avec lequel il est possible de trouver des compromis, qu’il a assurément une fibre sociale dans un parti (le parti libéral) qui ne l’est pas souvent et qu’il a, de surcroît, de l’humour.
Dire que je suis « un partisan des dépenses et jamais des économies » est de la mauvaise foi ou un début d’Alzheimer. Renaud devrait se rappeler que j’ai été celui qui s’est attaqué aux fameuses cagnottes de Guy-Olivier Segond, que je suis l’un de ceux qui a « forcé » (avec son aide d’ailleurs) l’application de normes comptables à l’Hospice général et que j’ai refusé, au cours de ma vie parlementaire, de nombreuses dépenses que je trouvais inutiles.
A propos de rationalisation et d’efficience, je pense avoir toujours été dans le camp de celles et ceux qui souhaitent une profonde réforme de l’Etat, mais pas à n’importe quel prix et pas avec des méthodes dogmatiques et violentes. La réforme se construit patiemment pour qu’elle agisse en profondeur. La conduite du changement et l’impulsion d’innovation dans une entreprise sont les principaux axes de mon activité professionnelle. Il me semble que l’entreprise dans laquelle j’évolue n’est pas la plus mauvaise dans ce registre.
Renaud m’accuse de nier l’effet de la bonne conjoncture sur les bons résultats de l’Etat. Eh Renaud relit ce passage de mon texte :
« On pourrait dire que seul-e-s les ministres de gauche savent gérer efficacement les finances publiques, puisque les meilleurs résultats ont été obtenus sous les règnes de Micheline Calmy-Rey (socialiste) et David Hiler (les Verts). Un tel réflexe serait un peu trop policard et gommerait les phénomènes bénéfiques des bonnes conjonctures. »
Pour les explications à la buvette, je suis naturellement volontaire, convaincu que les accords politiques se trouvent toujours en dehors des champs de batailles politiques.


Finalement, je préfère Renaud lorsqu’il fait du théâtre :

Photo de la Revue des député-e-s genevois : Marie-Paule Blanchard-Queloz (jouant Micheline Calmy-rey), Renaud Gautier (dans le rôle de Rémy Pagani), Christian Brunier (dans la peau du Chancelier Robert Hensler) et Pierre-Louis Portier en bon gendarme.

 

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Quelques infos du Grand Conseil genevois

Davantage de femmes en politique
Avec les député-e-s socialistes Laurence Fehlmann-Rielle, Anne Emery-Torracinta, Lydia Schneider Hausser et Alain Charbonnier, nous déposons, au Grand Conseil genevois, une motion pour une plus grande participation des femmes en politique, particulièrement à travers des mesures de sensibilisation et d’éducation citoyenne.
Réévaluation de certains statuts universitaires
En collaboration avec des député-e-s provenant du PDC, du Parti radical, des Verts et du PS, nous proposons un projet de loi pour réévaluer le statut des maîtres d’enseignement et de recherche (MER) ainsi que des professeurs titulaires de l’Université de Genève, et redéfinir une procédure d’acquisition du titre de professeur adjoint dans le cadre d’une disposition transitoire exceptionnelle. Ces fonctions sont mal reconnues actuellement. Il est utile de corriger cette situation.
Soutien à Transport-Handicap
Le démocrate-chrétien Mario Cavaleri, le socialiste Alain Charbonnier et moi-même déposons un projet de loi, au Grand Conseil genevois, accordant une aide financière de 1,3 millions pour les années 2008 à 2011 à la Fondation Transport-Handicap, corrigeant ainsi les coupes budgétaires linéaires passées qui mettent en danger les prestations de qualité fournies par cette institution en faveur des personnes souffrant d’un handicap.
Encouragement au deux-roues à assistance électrique
Avec des député-e-s Verts et PS, nous avions présenté une motion pour encourager les deux-roues à assistance électrique. La commission des transports du Grand Conseil genevois a été enchantée de promouvoir les vélos électriques et a décidé de soutenir cette motion par 11 voix (3 socialistes, 2 verts,  1 PDC, 2 radicaux, 2 UDC, 1 MCG) et 2 abstentions libérales.

06:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

25/04/2007

Changeons le Cycle d’orientation genevois

L’Association Réel a déposé une initiative pour rendre le Cycle d’orientation genevois plus sélectif. Certes, le Cycle doit changer profondément. En tant que député, je me suis assez battu contre Martine Brunschwig-Graf pour vouloir réinventer ce corps d’enseignement. Mais, pas à travers cette initiative rétrograde et dangereuse. Par exemple, en sortant de l’école primaire, cette initiative classera les enfants dans 6 filières (je cite intégralement la fameuse initiative) :
-          langues vivantes,
-          littéraire,
-          scientifique,
-          orientation vers les professions commerciales, administratives, de la santé et du social,
-          orientation vers les professions techniques et informatiques,
-          orientation vers les arts et métiers.
-          Comment un enfant de 11 ans va-t-il pouvoir choisir entre l’un ou l’autre de ces axes ? Une telle proposition est totalement déconnectée de la réalité et vide de bon sens. Il suffit de dialoguer 5 minutes avec un enfant de cet âge pour s’en convaincre.

Plus grave, allez voir sur le site de ce groupement (http://initiative-co.reseau-ecole-et-laicite.org/Initiati...) et admirez comment il image la structure du Cycle de demain :

Un tel schéma ressemble davantage à une procédure d’une bureaucratie soviétisante, plutôt qu’à un parcours de formation orientant, valorisant, simple et lisible.

18:34 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (6)

Un p’tit jour de politique : 25 avril 2007

Une belle brochette de …
Silvio Berlusconi, après Bernard Tapie, soutient Nicolas Sarkozy. Affairistes de tous pays, unissez-vous !
Doc Gynéco, Pascal Sevran, Steevy, Jean Tiberi, Bernard Tapie, Johnny Hallyday, Silvio Berlusconi … Rien qu’en voyant la liste de ses soutiens, j’ai déjà une excellente raison de m’opposer à ce candidat de la droite ultralibérale et autoritaire.
Genève : Rien de changera à la rue du Rhône
Parce que :
-          la rue du Rhône a un statut actuellement totalement hybride, ne satisfaisant finalement personne ;
-          le stationnement illicite d’automobiles dans cette rue bloque régulièrement les transports publics, gênant ainsi la mobilité d’un grand groupe de personnes ;
-          le centre-ville doit développer son animation et sa convivialité ;
-          les petits et moyens commerces doivent être soutenus face au développement massif des hypermarchés et de très grands centres commerciaux, principalement dans la périphérie de l’agglomération ;
-          l’hypercentre de la ville doit être fermé à la circulation motorisée individuelle, comme c’est le cas dans presque toutes les métropoles européennes ;
j’avais été la plume du PS, des Verts et de l’Alliance de gauche pour rédiger une motion demandant de/d’ :
-          fermer la rue du Rhône au trafic motorisé individuel, de la place Bel-Air à la place du Rhône, à l’exception des services de livraison et des véhicules d’urgence ;
-          réaliser des aménagements afin de permettre aux piétons et aux commerces de gagner de la place pour renforcer la convivialité de cette rue ;
-          améliorer la circulation des transports publics dans cette artère ;
-          mettre en œuvre un programme de loisirs et de divertissements afin de rendre vivante cette rue et de la transformer en un espace d’animation ;
-          améliorer l’information sur les possibilités de parking dans les alentours (Mont-Blanc, Saint-Antoine, Rive, Uni Dufour, etc.) ;
-          développer les navettes de transports publics entre les parkings et les principaux arrêts TPG des Rues-Basses ;
-          étudier l’opportunité d’étendre une telle mesure à la rue de la Corraterie et à la rue de Coutance, ayant le même statut que la rue du Rhône, et d’abolir en conséquence le statut aberrant de rue marchande.
La droite a, en commission des transports du Grand Conseil genevois, tout rejeté en bloc.
Les député-e-s de ces partis doivent être les seul-e-s à penser que le statu quo est adéquat. Les citoyennes et citoyens apprécieront.

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24/04/2007

Un p’tit jour de politique : 24 avril 2007

L’alcool tue … Pas qu’au volant
Les grossistes en vodka sont désespérés. Boris Eltsine, l’ancien président russe, est mort.
Il s’est érigé comme le rempart contre le communisme, après avoir été, durant plusieurs décennies, un dignitaire communiste. Un beau numéro de retourneur de veste !
Le soleil brille en Allemagne
L’Allemagne construit la plus grande centrale électrique solaire du monde à Brandis. Elle produira 40 millions de kilowatts par an. Sis sur un ancien aéroport militaire désaffecté (équivalent à la surface de 200 terrains de foot) et coûtant 130 millions d’euros, le terme des travaux est fixé à fin 2009. Vive les énergies renouvelables !
Le canton de Genève réalise un bénéfice record depuis 20 ans
L’exercice 2006 de la République de Genève affiche un bénéfice de 205,3 millions de francs. C’est la meilleure perf depuis 20 ans. On pourrait dire que seul-e-s les ministres de gauche savent gérer efficacement les finances publiques, puisque les meilleurs résultats ont été obtenus sous les règnes de Micheline Calmy-Rey (socialiste) et David Hiler (les Verts). Un tel réflexe serait un peu trop policard et gommerait les phénomènes bénéfiques des bonnes conjonctures. Néanmoins, il faut reconnaître que ces deux ministres de l’Alternative ont été les plus tenaces, les plus impliqués et les plus dynamiques pour remplir les caisses de l’Etat et contenir ses dépenses.
Débat radio pour soutenir Ségolène Royal
A la RSR (Radio Suisse Romande), je participe à un débat sur les élections présidentielles françaises. Je défends, avec Catherine Gaillard (A Gauche Toute), la candidature de Ségolène. Le député libéral Olivier Jornod soutient, dixit « en reculant », Nicolas Sarkozy. Tandis que Philippe Glatz, le président du PDC genevois, pleure sur le sort de François Bayrou.

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23/04/2007

Lu dans « Le Temps » d’aujourd’hui : Un portrait de Rémy Pagani …

Un portrait de Rémy Pagani, sous la plume de Sandra Moro, auquel j’ai contribué, en présentant franchement les qualités et les défauts de Rémy et en appelant à votez compact à gauche à l’élection du Conseil administratif de la Ville de Genève
Quand un agitateur brique la magistrature
Rémy Pagani, l'impétueux syndicaliste, figure sur la liste présentée par l'Alternative de gauche. Alors que certains le jugent incapable de trouver sa place au sein du Conseil administratif, d'autres lui reconnaissent un certain potentiel. Portrait d'un candidat controversé et paradoxal.
Rémy Pagani magistrat. Le contre-emploi serait saisissant. Candidat au Conseil administratif de la Ville de Genève, le syndicaliste missionnaire, le tribun d'A gauche toute!, pourfendeur inlassable des politiques gouvernementales, pourrait déambuler bientôt sous les ors du Palais Eynard, promu patron de quelques milliers de fonctionnaires.

Le contraste entre la fonction et le personnage fait ressurgir le spectre des querelles intestines qui ont miné le collège actuel. Car l'ancien député de la feue Alliance de gauche a la réputation d'un homme de combat, rétif au consensus. S'il devait être élu à l'exécutif de la Ville, certains l'imaginent campé dans le rôle de l'éternel contestataire. D'autres estiment en revanche qu'il pourrait prendre part à une dynamique constructive.

C'est dans la salle dévolue aux réunions du Syndicat des services publics, dont il est secrétaire permanent, que Rémy Pagani, 52 ans, concède une heure de sa journée. Difficile de faire plus anonyme. Mais l'hôte est affable, disponible. Cet ancien assistant social, romancier à ses heures, sait instaurer d'emblée un rapport engageant avec ses interlocuteurs. Même ceux qui voient en lui un empoisonneur l'admettent, tel le député libéral Renaud Gautier: «Sur le plan humain, je me suis toujours bien entendu avec lui.»

Le «Neinsager»


Le discours change lorsque l'on évoque l'homme politique. Au cours des huit ans qu'il a passés sur les bancs du Grand Conseil, de 1997 à 2005, Rémy Pagani s'est surtout forgé l'image d'un éternel opposant, intransigeant et procédurier. «C'est un homme intelligent, qui travaille contre les institutions», lâche Renaud Gautier. Sa manière de «jouer le règlement pour bloquer les débats» a souvent exaspéré le socialiste Christian Brunier: «C'était discutable en terme de respect du jeu démocratique.»

«C'est un militant doté d'une énergie considérable», relève son camarade de Solidarités, le conseiller national Pierre Vanek. Né à la Jonction où il habite à nouveau aujourd'hui, Rémy Pagani a développé son sens de l'action collective au sein de diverses associations de quartier. Il a notamment animé le combat contre la transformation des Grottes, au début des années 80.

Lors de ses mandats, Rémy Pagani s'est aussi illustré par ses positions conservatrices, notamment sur les bilatérales «qui favorisent le dumping salarial», et, bien entendu, sur le statut de la fonction publique. Ce qu'il est le plus fier d'avoir accompli durant ses années de députation? «Avoir contribué à préserver des acquis, en matière sociale, scolaire ou de santé.»

Un homme de terrain

Mais depuis que l'Alliance de gauche a été éjectée du Grand Conseil en 2005, Rémy Pagani a surtout employé son ardeur de militant à récolter des signatures. Au cours des derniers mois, la gauche de la gauche, recomposée sous la bannière d'A gauche toute!, a multiplié les référendums. Contre la loi sur l'aide sociale individuelle. Contre les transferts d'actifs. Contre la loi sur le chômage, dès qu'elle sera votée par le Grand Conseil. Le style Pagani fait mouche, mais il en agace plus d'un: lorsqu'il argumente, l'ex-député prend des raccourcis, grossit le trait, et verse parfois dans la démagogie. La critique le braque: «Quel que soit le dossier, je peux vous prouver que j'ai raison.»

Menacer pour exister

On reconnaît au syndicaliste un sens aigu des rapports de force, doublé d'un certain talent de négociateur. «Je menace d'abord. Ensuite, les gens sont disposés à discuter», explique Rémy Pagani. Une tactique apprise lorsqu'il a fait ses premiers pas de secrétaire syndical au sein du SIT. «Au début, les patrons ne me voyaient même pas. J'ai compris que pour exister, il fallait leur marcher sur les pieds.»

Célèbre pour ses coups médiatiques, tels que la révélation de l'existence de caisses noires à l'Office des poursuites et faillites - condamné par la justice dans cette affaire, il a fait recours à Strasbourg -, des heures de jardinage gratuites effectuées par les étudiants du Centre horticole de Lullier ou le blocage d'un dépôt des Transports publics genevois, Rémy Pagani répète à l'envi qu'il n'a jamais alerté la presse qu'en dernier recours, lorsque toutes les tentatives de négociation avaient échoué. Mais sous le vernis du syndicaliste acculé par l'intransigeance du patronat, l'attrait de Rémy Pagani pour les médias est manifeste.

Des projets pour la Ville

Avec un pareil profil de champion de l'opposition, on peine à imaginer Rémy Pagani au sein d'un Conseil administratif. «Accéder à un tel poste fait partie de la stratégie de reconstruction de la gauche de la gauche», explique-t-il.

Le candidat assure qu'il a des projets pour la Ville de Genève: intéressé par l'aménagement et le social, il plaide pour le renforcement de la politique sociale dans tous les secteurs. Et prône le lancement rapide de projets de construction, à Montbrillant et aux Eaux-Vives notamment.

Ses troupes n'ont pourtant pas l'intention de lui faciliter la tâche s'il est élu. Elles annoncent déjà que toute «compromission» fera l'objet d'un rappel à l'ordre. Et lui qui a toujours milité dans des formations marginales et fustigé «les partis aux affaires», aura à faire preuve d'une singulière faculté d'adaptation pour trouver ses marques au sein du collège.

Imprévisible et plus subtil que l'image qu'il cultive, l'homme pourrait cependant réserver des surprises. Certains l'estiment capable d'outrepasser ses positions dogmatiques pour faire preuve de pragmatisme, tel le radical Bernard Lescaze. Pour Christian Brunier, c'est avant tout une question d'ego: «Je l'ai toujours vu durcir le ton quand il se sent ignoré. En revanche, quand on l'écoute, il est ouvert à la discussion et parfaitement capable de faire des compromis. Dans le fauteuil d'un conseiller administratif, il aurait la considération qu'il attend.»

Profil bas

L'ancien conseiller d'Etat Christian Grobet va, lui, jusqu'à décrire Rémy Pagani comme un fédérateur: «Il a beaucoup œuvré pour désamorcer les rivalités au sein des quatre formations qui composent A gauche toute!». Véritable âme tutélaire de la gauche de la gauche, l'ex-magistrat, qui apparaît en arrière-plan sur le flyer de campagne du candidat, jouera-t-il les éminences grises si Rémy Pagani est élu? Certainement pas, affirme ce dernier, mais il concède «qu'au début en tout cas, tous les conseils qu'on pourra me donner seront les bienvenus».

Certains adversaires politiques n'hésitent pas à mettre en doute la volonté de Rémy Pagani d'entrer au Conseil administratif, imaginant que l'espoir de la gauche de la gauche est de rater la marche de l'exécutif de la Ville pour mieux préparer sa rentrée au législatif cantonal en 2009, à une place beaucoup plus confortable pour elle. «Si je n'étais pas motivé, vous croyez vraiment que j'accepterais de faire face aux attaques dont je fais l'objet?» rétorque-t-il.
Des attaques lancées par la féministe Catherine Gaillard, qui, furieuse d'avoir été évincée de la course au Conseil administratif, appelle à biffer Rémy Pagani au motif que sa désignation traduit un réflexe machiste des troupes d'A gauche toute! Un coup bas qu'il ne digère pas: «J'ai prouvé, dans ma vie personnelle notamment, que j'étais un partisan de l'égalité. J'ai toujours travaillé à mi-temps pour pouvoir participer pleinement, avec ma femme, à l'éducation de mes deux filles. Est-ce le matriarcat qu'on veut?»

Mais le candidat se garde bien d'employer le même ton que sa rivale pour lui répondre. Il le sait, être attaqué par son propre camp pourrait lui valoir la sympathie des électeurs. Pour une fois, Rémy Pagani a choisi de faire profil bas. Le début d'une métamorphose?

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