08/05/2007

Rapport de minorité sur la pétition P 1601 pour un budget parascolaire qui réponde aux besoins

Je rédige le rapport de minorité du Parlement genevois sur la pétition 1601 « Pour un budget parascolaire qui réponde aux besoins ».
382 collaborateur-trice-s du parascolaire ont signé une pétition, non pas pour défendre leur salaire ou leurs conditions de travail, mais simplement pour pouvoir continuer à offrir à la population des prestations de qualité.
Le parascolaire joue un rôle prépondérant dans la journée de nombreux enfants et représente un attrait tant éducatif que social.
Que demande cette pétition ? Rien de révolutionnaire ou d’inacceptable.
Les signataires demandent simplement au GIAP, au canton de Genève et aux communes membres du GIAP de :

  • répondre aux besoins croissants de la population, sans restriction des inscriptions ni des prises en charges ;
  • de garantir un taux d'encadrement nécessaire à la pratique de véritables activités parascolaires éducatives, en engageant le personnel nécessaire ;
  • d'assurer en toutes circonstances la sécurité des enfants par le remplacement du personnel absent dès le premier jour.
L’accueil au parascolaire des élèves de 4ème, 5ème et 6ème année n’est plus totalement assuré. Prendre le risque de laisser ces enfants sans surveillance, livrés à eux-mêmes entre 16 et 18 heures, à un âge pourtant sensible, est inconséquent.
Lors de la dernière rentrée scolaire, pas tous les enfants n’ont été acceptés. Des listes d’attente ont été dressées. Même si très vite, les demandes ont été honorées, cette attente a créé une inquiétude bien légitime dans de nombreuses familles.
Dès la rentrée prochaine, le Groupement intercommunal pour l’animation parascolaire (GIAP) envisage de refuser les inscriptions occasionnelles. Pour rompre avec cette prestation, on image que certains parents utilisent, par luxe, le parascolaire comme un self-service de garde d’enfants. Facile ! C’est oublié que plusieurs personnes vivent des horaires de travail irréguliers et de plus en plus flexibles.
Alors que la demande de la population est croissante depuis plusieurs années, et, on le sait, pour celles à venir, le GIAP n'y répond plus totalement ! Certes les prestations restent de qualité et bien supérieures à de nombreux cantons. Mais, dans un canton qui connaît des problématiques très citadines, les pétitionnaires s’inquiètent quant à l’atteinte de la mission de service public du parascolaire.
Restreindre les prestations du parascolaire, durcir les exigences d’accueil posent souvent des difficultés supplémentaires pour des familles – dont certaines connaissent déjà bien des soucis. Mais, dans tous les cas, même quand ces restrictions « sanctionnent » des familles plus aisées, les enfants subissent toujours de plein fouet les conséquences de cette baisse de l’offre.
La société, de l’enfant qui zone dans les rues, avec la clé autour du cou, n’est certainement pas le modèle que nous souhaitons développer, que l’on soit de gauche comme de droite.
Ces dernières années, le taux d’encadrement des enfants a passé de 12 à 15 enfants par animateur-trice lors de l’accueil de midi, et de 8 à 12 pour les activités surveillées en fin d’après-midi.
Ces groupes plus conséquents sont assurément un frein à un véritable travail éducatif et poussent la structure à se contenter d’être un lieu de gardiennage, malgré le professionnalisme et la vocation du personnel en place. La sécurité des élèves est aussi moins bien assurée, particulièrement lors des trajets.
Avant qu’ils émettent de grandes théories, j’invite tous les députés qui ont de la peine à comprendre cette argumentation à gérer un groupe de 16 très jeunes élèves – comme ceci a été mentionné en commission – en déplacement au bord d’une route à forte influence ou dans des activités de loisirs où l’encadrement est indispensable. Une telle expérience ramènera certains députés sur terre, proche des réalités que certains élu-e-s ne connaissent pas, vu les milieux dans lesquels ils évoluent.
Le non-remplacement des collaborateur-trice-s du parascolaire le premier jour d’absence, voire sur une plus longue durée, est aussi une dégradation de la qualité des prestations offertes.
Globalement, à midi, le taux de remplacement n'est que de 72 % (pratiquement 30 % d'animateurs non remplacés) et le soir, le taux de remplacement n'est que de 80 %.
Le refus d'accepter les inscriptions occasionnelles et la suppression progressive de la prise en charge des 4ème, 5ème et 6ème pour les activités surveillées sont évidemment d’autres dégradations.
Il faut aussi se rappeler que cette diminution des moyens a lieu alors que plusieurs élèves sont de plus en plus difficilement gérables et que l’exigence des parents, avec l’introduction du paiement partiel de cette prestation, s’est fortement accentuée.
Le SRED (Service de la recherche en éducation) établit clairement une augmentation du nombre d'enfants de 8 à 10 % par an, soit, 500 enfants de plus à midi (entre 12 et 14 heures) et 200 de plus le soir (de 16 à 18 heures). Pourtant, les moyens et effectifs ne se sont pas accrus dans la même proportion, alors même que l'on assiste à une augmentation régulière depuis 10 ans, et que l'on prévoit la même tendance pour les 10 prochaines années.
Dans ce contexte, de plus en plus complexe, les collaboratrices et collaborateurs du parascolaire travaillent à « la limite ». Ils imaginent donc mal comment poursuivre leur métier avec un bon niveau de qualité, si le monde politique ne se mobilise pas davantage pour soutenir le parascolaire.
Afin d’aborder avec sérénité la décennie à venir, le GIAP doit aussi faire preuve de prospective en évaluant les moyens utiles pour conserver le même niveau de qualité. Naturellement, les moyens doivent être adaptés à l’augmentation du nombre d’enfants. On a l’impression, en entendant certains députés, que cette demande est excessive et qu’il est très aisé de faire plus avec beaucoup moins ???
Le comité actuel du GIAP a conscience de la problématique et tente d’y répondre. Pour soutenir ce comité, pour rassurer les professionnel-le-s du parascolaire quant au soutien politique à ces activités, il est important d’envoyer cette pétition au Conseil d’Etat, pour que le gouvernement puisse formaliser sa politique en la matière.
Afin de relayer ces inquiétudes légitimes quant à la qualité des prestations à l’avenir et afin de connaître la politique prospective du Conseil d’Etat et du GIAP en la matière, il est impératif que les député-e-s transmettent cette pétition au Conseil d’Etat.

19:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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