30/05/2007

Deux fondateurs du MCG règlent leurs comptes

Lu dans le Courrier sous la plume de Philippe Bach :
 
GRAND CONSEIL GENEVOIS - Fondateur démissionnaire du Mouvement citoyen genevois, Georges Letellier a tenté de rendre inéligible Eric Stauffer.


Les noms d'oiseaux (et même pire) ont volé. Vendredi, en fin de soirée, le Grand Conseil genevois a été saisi d'un projet de loi du député populiste hors parti Georges Letellier. Ce dernier s'est proposé de rendre inéligibles toutes les personnes qui ont des dettes ou qui ne seraient pas en mesure de fournir un certificat de bonne vie et mœurs.


En clair, c'est l'ex-allié de M. Letellier, Eric Stauffer, qui est visé par cette loi d'exception, quand bien même l'auteur du projet s'est indigné lorsqu'on lui a reproché de vouloir régler des comptes. Même s'il a tout de même brandi les preuves des nombreuses dettes accumulées par M. Stauffer lors de ses faillites successives.
Le ton est rapidement monté, M.Stauffer a rappelé le passé de M. Letellier «qui se vante d'avoir tué des gens en Afrique du Nord». «Je n'ai fait que mon devoir d'homme, de soldat et de Français lors de la guerre d'Algérie», a répliqué le député hors parti, «lorsqu'on est dans ce genre de confrontation, on tire en premier».

M. Letellier –qui est issu du Front national– a d'abord fait partie de l'Union démocratique du centre, avant d'organiser une dissidence de ce parti avec Eric Stauffer. C'est notamment grâce au financement substantiel de M.Letellier et des coups médiatiques montés par Eric Stauffer qu'est né le Mouvement citoyen genevois (MCG). Duquel M. Letellier a rapidement claqué la porte. Aujourd'hui, les deux hommes se font la guerre.


Ce que le socialiste Christian Brunier s'est fait fort de rappeler à M. Letellier. «Vous reprochez ses dettes à M. Stauffer, mais lorsque vous l'avez débauché, vous étiez au courant de ses ennuis financiers.»


Le droit de se redresser

A droite, certains étaient disposés à examiner la loi en commission. Mais le magistrat en charge du Département des institutions, Laurent Moutinot, a relevé le caractère inadmissible et antidémocratique consistant à priver quelqu'un de ses droits parce qu'il aurait fait de la prison ou aurait des dettes. «Vous glissez sournoisement vers un système où certains seraient privés de leurs droits, et cela en dehors de tout contrôle démocratique.»

Pour rappel, M. Moutinot a fait de la prison pour objection de conscience. Tout comme le député des Verts Christian Bavarel. L'écologiste a également ajouté qu'il a fait faillite dans le passé, deux aspects de son itinéraire qui étaient mentionnés dans sa présentation lors de sa candidature. «Vous refusez en quelque sorte le droit aux gens de se redresser.» Ce qui lui a valu les applaudissements de nombreux députés et les félicitations de la radicale Michèle Ducret, active à la Chambre de commerce, d'industrie et des services. A l'arrivée, la loi a été refusée par 66 voix contre 10 et 5 abstentions.

06:43 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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