06/06/2007

L’initiative antifumée n’est pas encore devant le peuple genevois

Lu dans la Tribune de Genève de ce jour sous la plume de Dominique von Burg :

 

 

 

Le Conseil d’Etat retire son contre-projet, mais la majorité de la commission veut le réintroduire.

 

 

 

Pas contents, les membres socialistes et verts de la commission de la santé du Grand Conseil. Ils pensaient que la séance de vendredi passé ne serait qu’une formalité, puisque le Conseil d’Etat venait d’annoncer qu’il retirait son contre-projet à l’initiative qui demande l’interdiction de la fumée dans les lieux publics fermés.

 

 

 

Droite irresponsable ?

 

 

Mais patatras, la majorité de droite de la commission a rejeté l’initiative et relance l’idée du contre-projet. « Si le Grand Conseil suit, ça risque de nous faire perdre une année de plus », se lamente Laurence Fehlmann-Rielle. « Et en une année, cent personnes meurent à Genève des suites du tabagisme » renchérit Christian Brunier.

 

 

 

Pour les Verts, Ariane Wisard-Blum accuse : « Soit la droite veut un texte plus laxiste, soit sa manœuvre n’est que dilatoire, puisque les détails seront de toute façon réglés dans une loi d’application. » Brigitte Schneider Bidaux, enfin juge la droite irresponsable, affirmant que les jeunes notamment attendent impatiemment le vote de cette initiative. Du côté de la majorité de la commission, le libéral Edouard Cuendet rejette toute accusation de manœuvre dilatoire. « Dire que nous sommes à la solde de l’industrie du tabac est ridicule. » Pour lui toutefois, même agréée par le Tribunal fédéral, l’initiative demeure extrémiste. « Il vaut mieux prévoir un texte raisonnable, qui prévoit des exceptions, dans la Constitution. La majorité de la commission est déçue de la décision du Conseil d’Etat. »

 

 

 

Unger du côté de la gauche

 

 

Alors, pourquoi le Conseil d’Etat a-t-il décidé à l’unanimité de retirer son contre-projet ? « Par souci de clarté, répond Pierre-François Unger. Pour que le peuple ne se prononce que sur un seul texte. En déposant notre contre-projet, nous voulions gagner du temps, car on ne sait jamais dans quel délai le Tribunal fédéral juge. Or il a décidé vite, en indiquant que l’initiative était recevable et constitutionnelle, et que la loi pourrait prévoir les exceptions que nous voulions. »

 

 

 

Pour Unger, il serait inadmissible de tergiverser encore, et il espère qu’en septembre, le Grand Conseil acceptera l’initiative sans contre-projet.

 

05:49 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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