10/06/2007

Pour que l’Etat de Genève progresse vers la mobilité douce

Je dépose au parlement genevois une motion intitulée  « 17 mesures concrètes pour que l’Etat, les entreprises publiques, les institutions subventionnées et les communes deviennent rapidement des modèles de mobilité douce ».  J’invite tous les socialistes et les verts à la signer …
Considérant que/qu’ :
  • le dérèglement climatique est avéré et désastreux pour l’avenir de la planète ;
  • l’urgence est de développer, au-delà des belles promesses, une politique de développement durable par des actions concrètes et déterminées ;
  • la lutte contre les émissions CO2 est impérative ;
  • la politique des déplacements est l’un des deux leviers principaux (avec les économies d’énergies) pour limiter les émissions de CO2;
  • l’Etat, les entreprises publiques, les institutions subventionnées et les communes doivent être des modèles en matière de lutte contre le CO2, et donc dans le domaine de la mobilité douce
invite le Conseil d'Etat à :
Mobilisation pour l’action
1. Mobiliser, motiver, inciter, voire contraindre quant la volonté manque, les services de l’Etat, les entreprises publiques, les institutions subventionnées et les communes à appliquer rapidement le plan d’actions ci-dessous.
2. Elaborer un plan global des déplacements (stratégie de mobilité) pour chaque organisation concernée par cette motion (inventaire des déplacements actuels, diagnostique, plan d’amélioration et d’actions, et planning de mise en œuvre).
Agir sur les équipements
3. Equiper d’un filtre à particules, sans délai, tous les véhicules diesel n’en ayant pas. Un inventaire et un planning précis doivent être dressés dans ce sens pour atteindre cet objectif.
4. N’acheter, désormais, que des véhicules peu ou pas polluants (par exemples : véhicules à gaz, hydrides, électriques, à piles à combustibles).
5. Remplacer les automobiles par des vélos électriques, en encourageant la mobilité piétons et en attribuant des cartes de transports publics pour les déplacements professionnels courts (soit la majorité des cas).
6. Remplacer l’achat de certains véhicules par une participation au réseau « Mobility ».
7. Promouvoir l’utilisation de bio-carburants pour les véhicules existants pouvant être adaptés.
Agir sur les comportements et les nouvelles façons de travailler
8. Former l’ensemble des collaboratrices et des collaborateurs de l’Etat et des organisations concernées par cette motion, utilisant fréquemment des véhicules polluants, à la technique de conduite « écodrive ».
9. Mettre en place, avec les partenaires sociaux, pour les tâches qui le permettent, un concept de télétravail à domicile, diminuant fortement les déplacements. Il est souhaitable que cette mesure ne concerne qu’une partie du temps de travail d’une personne, afin de ne pas trop la déconnecter de l’organisation dans laquelle elle agit.
10. Promouvoir le covoiturage, notamment par la communication sur ce mode de transport et en installant un logiciel gérant ce partenariat.
11. Gérer les parkings professionnels des collaboratrices et collaborateurs pour promouvoi la mobilité douce.
Par exemples en :
- fixant un prix supérieur au prix des transports publics ;
- adoptant des tarifs comparables au prix du marché d’une place de parking afin de ne pas encourager la personne à déplacer son automobile de son quartier à l’entreprise. En effet, il est parfois moins coûteux de déplacer son véhicule dans son parking professionnel que de le laisser proche de son domicile ;
- accordant un prix préférentiel aux automobilistes pratiquant le covoiturage ;
- interdisant l’usage du parking aux personnes habitant à proximité du lieu de travail ;
- limitant le nombre de places lors de construction de nouveaux sites ;
- subventionnant l’achat de vélos électriques contre un engagement à long terme à ne plus utiliser le parking professionnel.
12. Promouvoir l’utilisation des transports publics, notamment en participant financièrement à l’achat des abonnements et en favorisant les déplacements professionnels en transports publics.
13. Privilégier les voyages en train pour les déplacements régionaux, nationaux et internationaux.
14. Limiter les déplacements en avion et exiger une justification lorsqu’un vol est tout de même commandé. A compenser, de plus, ce vol (motion sur ce thème déjà déposée) en participant à des fonds de compensation-carbone.
15. Promouvoir l’usage des nouvelles technologies (messagerie électronique, workflow, outils informatiques communautaires, applicatifs Web) pour limiter les déplacements.
Mesurer la réussite de ces mesures et communiquer régulièrement et largement
16. Etablir un système de mesures (indicateurs environnementaux) pour connaître les effets positifs de ces mesures sur la diminution de la charge CO2 et communiquer largement les résultats.
17. Communiquer régulièrement sur la mise en place de ces mesures et de leurs conséquences afin d’obtenir l’adhésion des collaboratrices et collaborateurs, et de les rendre contagieuses au sein de la population, des entreprises privées et des autres organisations.
EXPOSÉ DES MOTIFS
Tous les partis affirment que la lutte contre le dérèglement climatique est une priorité.
Dans ce contexte alarmant, la limitation des émissions de CO2 est une urgence absolue.
Les belles promesses électorales sont bonnes. Mais, désormais, il faut agir vite et concrètement.
Cette motion est un catalogue d’actions pouvant être mises en application rapidement et ayant des effets positifs assurés.
Pour diminuer les émissions CO2, deux grands registres doivent être explorés. Diminuer sensiblement les déplacements polluants et consommer drastiquement moins d’énergies. Cette motion s’attaque principalement au premier domaine. Elle devra donc être complétée par un second projet tourné plus spécifiquement sur la consommation des énergies.
Evidemment, les organisations concernées par cette motion ont déjà entreprise des actions allant dans ce sens. Mais, souvent de manière éparse et incomplète. Jamais, un vaste plan global et concret n’a été lancé dans l’ensemble de ces organisations sous l’impulsion et le suivi du Conseil d’Etat. L’heure est grave. Dans le respect des générations futures, ce plan d’actions s’impose.
Notre planète n’a pas besoin de grandes déclarations sans effet. Il faut agir.

Le Grand Conseil genevois est donc appelé à voter rapidement et massivement cette motion, afin que le Conseil d’Etat la mette en œuvre avec détermination.


15:41 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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