20/06/2007

Halpérin / Bush, même combat contre l’écologie

A peine élu à la Présidence du Parti libéral genevois, Michel Halpérin dérape en déclarant (voir la Tribune de Genève du 7 juin 2007) : « La prochaine occasion de despotisme sera verte. Il y a eu les chemises brunes, noires, rouges. Si les libéraux ne font pas leur travail maintenant, la prochaine tyrannie sera celle-là.»

 

 

Assimiler les personnes engagées pour défendre la planète aux nazis et aux adeptes du totalitarisme soviétique est tout simplement odieux. Lorsqu’un homme politique insulte si gratuitement ses adversaires, il salit bien évidement la démocratie, discrédite le débat politique, mais participe surtout à la banalisation des dictatures sanguinaires qu’ont été le fascisme et le stalinisme. Comment Monsieur Halpérin, si cultivé et si mobilisé contre la Shoah s’est-il laissé embarquer dans une telle haine de l’écologie ?

 

Et le dérapage dans l’ignominie ne s’arrête pas là. Le nouveau Président des libéraux genevois réclame « des appuis scientifiques et des compétences » pour contrer la sensibilité ambiante en matière environnementale. Nous sommes dans le même registre que celui défendu par Bush se demandant régulièrement si le réchauffement climatique est véritablement le résultat du mauvais traitement qu’inflige l’Homme à son environnement.

 

 

Monsieur Halpérin n’est pas à son premier coup d’essai de remise en cause de l’évidence scientifique. Il avait déjà prétendu que la nocivité sur la santé de la fumée passive n’était pas prouvée. Depuis, l’Organisation mondiale de la santé lui a donné bien évidemment tort.

 

 

J’invite le député Halpérin à lire, par exemple, l’étude du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE). Menée par près de 600 éminents scientifiques intergouvernementaux, cette étude globale sur les bouleversements climatiques conclue que les modifications de l’atmosphère, des océans et des glaciers montrent sans équivoque que l’environnement va à la catastrophe et que les activités humaines y contribuent assurément de manière négative.

 

 

Pendant que le dogmatisme ultralibéral aveugle des personnes telles que Michel Halpérin ou George W.Bush, l’environnement se dégrade violemment. Les êtres humains se suicident collectivement. Comme le met en évidence Al Gore dans « Une vérité qui dérange », les savants du monde entier s’accordent à dire qu’il reste à peine une dizaine d’années pour éviter une catastrophe mondiale due au dérèglement du système climatique qui entraîne des perturbations météorologiques extrêmes, des inondations, de longues périodes de sécheresse et des vagues de chaleur meurtrières.

 

 

Même l’Académie des Sciences américaine met en garde contre les attitudes fatalistes face aux menaces résultant des changements climatiques. Deux axes doivent être investigués avec détermination. Nous devons revoir la politique des déplacements pour adopter une mobilité plus douce, ne générant pas ou peu de CO2. L’autre domaine d’action est la politique énergétique. Il faut allier des programmes d’économies d’énergies novateurs et ambitieux avec un développement des énergies renouvelables. Dans tous ces domaines, les avancées technologiques et une volonté politique sans précédent peuvent éviter une catastrophe aux générations futures.

 

 

Vu l’état de la planète, l’action est indispensable. Les politiques doivent se mettre au travail sur cette question et les électrices et électeurs doivent nous juger sur des bilans et des réalisations. Ne pas considérer la défense de l’environnement comme la Priorité politique est une preuve d’irresponsabilité.

 

21:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Les 600 scientifiques qui sont allés baffrer à Paris pour pondre un communiqué sans intérêt se sont déplacés comment ? En avion ! Vive la polution !! Il faut tout de même lire aussi les informations de M. Claude Allègre car son avis est, pour le moin, différent et plausible.

Écrit par : Gédéon Teusmany | 21/06/2007

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