30/10/2007

Christian Brunier: «Moi, je n'ai jamais été contrôlé»

Dans la journal « Le Matin », sous la plume de Sarah Pernet et Fabiano Citroni


GENÈVE  -  ACCIDENTS

 

 

 

L'enquête avance après le drame de Cologny. Deux des trois passagers du scooter volé ont été identifiés. Ils étaient connus des services de police.

 

 

 

Le député Christian Brunier et plusieurs organisations exigent un renforcement des contrôles. Le chef de la police, Laurent Moutinot, s'explique

 

 

 

Fatalité ou laxisme des autorités? La polémique éclate à Genève après la mort de six jeunes (voir encadré) sur les routes en une semaine: le député socialiste Christian Brunier accuse le gouvernement de ne pas en faire assez pour lutter contre les fous du volant. «Le Parlement a voté en 2004 une motion invitant le Conseil d'Etat à planifier des mesures concrètes pour diminuer le nombre d'accidents. On nous avait promis une réponse rapide. Nous l'attendons depuis trois ans. Genève est une mauvaise élève, faute de volonté politique», affirme-t-il.

 

 

 

Et le socialiste de citer Nicolas Sarkozy en exemple: «Je ne suis pas un accro du flicage, mais à un moment donné il faut en arriver là. Le quai de Cologny, où trois jeunes ont perdu la vie samedi, manque de radars. Il faut aussi augmenter les contrôles de police. A Genève, je n'ai jamais été contrôlé!» Comment l'explique-t-il? «Le dossier de la sécurité routière touche plusieurs départements. Du coup, aucun ne le prend en main. Je ne sens pas de véritable volonté politique. Peut-être qu'avec six morts en une semaine cela va changer.»

 

 

 

Christian Brunier fait-il de la récup' politique? Il s'en défend. En tout cas, plusieurs organisations abondent dans son sens. Président de la section genevoise du TCS, Guy Zwahlen avance ainsi que «vous avez plus de chances de vous faire attraper à Genève si vous dépassez d'une demi-heure votre temps de parking que si vous franchissez une double ligne blanche. La raison est simple: trois corps d'agents contrôlent le stationnement alors que la gendarmerie est seule pour traquer les chauffards. Il faut augmenter le nombre de patrouilles de police la nuit pour que les gens comprennent qu'ils ne peuvent pas faire n'importe quoi sur la route.»

 

 

 

Responsable de la section genevoise de l'ATE (Association transports et environnement), Olivier Norer évoque pour sa part «la culture de l'impunité qui règne à Genève. Les contrôles ne sont pas assez nombreux. Pis, une personne qui commet une infraction et qui est arrêtée par la police ne sera pas forcément sanctionnée. On a trop de sympathie envers les contrevenants. Comment éduquer les conducteurs dans ces conditions?»

 

 

Prévention: Genève n'est pas un exemple

 


Pour Michaël Cordier, coordinateur pour la Suisse romande de Road Cross (la fondation active dans le soutien aux victimes de la route), l'éducation passe surtout par la prévention. Et Genève ne serait pas un exemple sur ce terrain-là. «Ce canton nous sollicite très peu pour faire de la prévention routière. Mon prédécesseur avait même reçu une fin de non-recevoir l'année dernière de la part d'une politicienne.»

 

 

 

Les chauffards sont-ils donc rois à Genève? «Pas du tout, répond le conseiller d'Etat en charge de la police, Laurent Moutinot. La police est hyperprésente sur les routes. Le contrôle et la volonté politique sont forts. Et je félicite la justice qui poursuit les chauffards pour meurtre ou tentative de meurtre.»

 

 

 

Dangers publics

 


Le socialiste reconnaît toutefois que le problème du quai de Cologny - dix morts en trois ans - n'a pas été résolu. «On est mal. Ça ne va pas assez vite. Faut-il installer plus de radars? Je viens sans problème avec une demande de crédit devant le Grand Conseil. Serai-je suivi? Ce n'est pas gagné.

 

 

 

Reste que les accidents mortels impliquent souvent des individus qui sont des dangers permanents. Sincèrement, ce n'est pas facile de les empêcher de faire des folies. A Perly, par exemple, trois jeunes sont morts suite à une course-poursuite. Qu'aurait-on pu faire?»

 

07:12 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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