04/11/2007

Trop riche, Genthod ratiboise les impôts

Lu dans la Tribune de Genève sous la plume de Jérôme Faas et Dominique von Burg
Opulence. En quatre ans, la commune a accumulé 30 millions de francs. Elle baisse sa fiscalité de 17 %.
C’est du jamais vu. Des impôts si ténus, le Service de surveillance des communes n’en a pas souvenir. Genthod détenait déjà, avec Collonge-Bellerive, le record de la fiscalité la plus basse du canton. En décidant mardi d’abaisser son taux de centime additionnel de 30 à 25, la commune de la Rive droite ferait presque passer Cologny, Vandoeuvres et consorts pour des municipalités souffreteuses.
Depuis 2003, la déjà riche Genthod donne dans l’opulence. Elle a accumulé en quatre ans plus de 30 millions d’excédents de recettes. Et ne sait pas qu’en faire. Investir dans les infrastructures ? « Nous sommes dans une zone aéroportuaire où l’on ne peut pas construire », explique la maire Yvonne Humbert.
Du coup, la commune envisage de raboter un peu plus ses impôts. « On va y réfléchir », dit la magistrate. Car même avec un centime additionnel à 25, elle prévoit d’engranger 4 millions « de trop » en 2008.
Hiler : « Une situation clairement inacceptable »
La félicité de Genthod tombe plutôt bien pour David Hiler, le grand argentier du canton. « Cette situation prouve que la réflexion entreprise autour de la péréquation est nécessaire. » La péréquation, c’est ce système de redistribution partielle des ressources entre les communes riches et pauvres.
Malgré cette correction, les communes les plus démunies, comme Vernier et Onex, sont obligées de pratiquer une fiscalité deux fois plus lourde que celle de Genthod. « Nous avons atteint une situation clairement inacceptable », juge David Hiler.
Ces colossaux écarts de capital entre les communes le confortent dans l’idée que le modèle actuel « ne joue plus ». Et la fortune de Genthod lui permet d’avancer que les municipalités aisées pourraient participer davantage au système solidarité intercommunal sans pour autant monter leurs impôts.
Le député socialiste Christian Brunier, auteur en février d’une motion proposant que les municipalités baissant leurs impôts versent une contribution de solidarité au canton, déplore une situation « indécente ».

Il ne jette pas la pierre aux communes riches. « Si j’étais maire de Genthod, je ferais la même chose. » Mais il s’indigne que des impôts si disparates existent dans un territoire aussi exigu que Genève. « J’ai résidé à Chêne-Bougeries. Si j’avais déménagé d’une allée, j’aurais habité à Chêne-Bourg et payé 1000 francs de plus par an. » Il attend donc de pied ferme les propositions du Conseil d’Etat, « qui a promis des réponses début 2008 ». Même la maire du nouveau paradis fiscal genevois se dit « consciente qu’il faudra revoir le système ».

 

13:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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