21/11/2007

Le peuple ne nous a pas élus pour faire du cirque

Lu dans la Tribune de Genève, sous la plume de Frédéric Julliard

 

 

Le débat sur les SIG a tourné au désastre. La présidente du parlement est choquée.

 

 

 

Le cirque de Noël est en avance cette année: sa première représentation a eu lieu vendredi au Grand Conseil. Insultes, blocages, députés qui lisent le journal ou boivent l'apéritif en pleine séance: la soirée «a donné une image détestable de la politique», regrette Loly -Bolay, nouvelle présidente du Grand Conseil. Pour sa première séance au perchoir, la socialiste a longuement essayé de ramener le calme. En vain.

 

 

Interrompue à 23 h, la séance portait sur la gouvernance des Services Industriels (SIG), et notamment sur la nécessité ou non d'envoyer des députés au conseil d'administration des SIG. Après deux heures et demie de confrontation, le débat n'a pratiquement pas avancé d'un pouce. Coût pour le contribuable, à 160 francs par député: 16 000 francs, sans compter les frais divers.

 

 

 

«Je l'ai très mal vécu»

 

 

 

La présidente Loly Bolay avoue avoir «très mal vécu» la soirée. «Des députés ont usé et abusé des procédures, demandant de voter plusieurs fois sur le même objet. Je n'accepterai plus de tels comportements! Nous n'avons pas été élus pour faire du cirque.»

 

 

 

Pourquoi la séance a-t-elle si mal tourné? En pleine polémique sur les salaires aux SIG, le sujet était brûlant. La gauche, minoritaire, a voulu renvoyer le débat en commission. La droite s'y étant opposée, le PS et le Mouvement citoyens genevois ont multiplié les amendements et les interventions. «C'est le travail normal de l'opposition», se défend le socialiste Alberto Velasco. «C'est un déni démocratique», réplique le démocrate-chrétien Pascal Pétroz.

 

 

 

Le député MCG Eric Stauffer a demandé sept ou huit fois un vote sur la même question. «Une politique de la terre brûlée», selon le radical Gabriel Barrillier. «Un irrespect absolu du vote du parlement», renchérit le libéral Renaud Gautier. «Ils m'empêchaient de parler, réplique Eric Stauffer. Ils m'ont même coupé le courant deux fois! Les gens qui ont vu ça à la télévision sont scandalisés.»

 

 

 

Furieuse de voir le débat bloqué, la droite a répondu par le vacarme et l'indiscipline. Des députés, partis boire du champagne à la buvette du parlement, ont fini leur apéro en pleine salle du Grand Conseil, sous les caméras de Léman Bleu...

 

 

 

Selon le socialiste Christian Brunier, il ne s'agit pas seulement d'un dérapage ponctuel. «L'atmosphère du Grand Conseil s'est dégradée. Il y a quelques années, malgré des débats parfois très durs, on sentait un certain respect de l'adversaire. Chacun avait en tête d'améliorer la vie des Genevoises et des Genevois, même si on se disputait sur les moyens d'y parvenir. Aujourd'hui, certains députés veulent faire parler d'eux à tout prix. On entend de plus en plus d'attaques personnelles, au détriment du débat politique. Nous demandons aux jeunes de faire preuve de respect, mais quelle image nous donnons de nous-mêmes!»

 

 

 

La présidente Loly Bolay a déjà pris des contacts pour s'assurer que la prochaine séance se déroule mieux. «Si les chefs de groupe, les présidents de parti et le bureau du Grand Conseil établissent des règles, je pense que les députés les suivront, estime Christian Brunier. Il est temps de se ressaisir.»

 

 

 

Le débat sur les SIG reprendra le 29 novembre. Sans champagne, cette fois?

 

13:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Salut Christian. Mais pourquoi donc ne publies-tu plus les commentaires depuis plusieurs semaines, ces blogs sont une de mes lectures favorites dans la Julie depuis le Canada !!!

Écrit par : Liliane Vallotton (ex-SIG depuis 4 ans et des poussières) | 24/11/2007

Salut,

Je republie les commentaires.

Je les avais coupés pendant une période. J'en avais marre d'être insulté par des frustrés anonymes.

J'espère que tu vas bien.

Christian Brunier

Écrit par : Christian Brunier | 25/11/2007

Comme c'est étrange... Le libéral Michel Halpérin dans son bilan de présidence du GC, fin 2006, se félicitait de l'excellente ambiance de travail du parlement : sans l'Alliance de gauche, il était enfin possible de débattre de manière fructueuse. On voit ce qu'il en est. Les Genevois s'en souviendront-ils en 2009 ?

Écrit par : Olivier Baud | 26/11/2007

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