23/12/2007

Socialistes et Verts font de la santé leur priorité pour 2008

Lu dans « Le Courrier » sous la plume de l’excellent Philippe Bach …
POLITIQUE - Le plan Victoria visant à réaliser des économies à l'Hôpital fait l'objet de vives critiques syndicales et, depuis hier, des partis de gauche.
 
L'année 2008 sera-t-elle l'année de la santé pour la gauche? Le Parti socialiste et les Verts annoncent qu'ils entendent construire un front de résistance face aux pratiques des caisses maladie. «Le poids des primes de l'assurance-maladie pèse de plus en plus lourdement sur les budgets des ménages», dénonce Ariane Wisard-Blum, députée verte. Et la gauche entend combattre le plan Victoria, qui vise à réaliser des économies à l'Hôpital cantonal, «un but louable en soi, mais malheureusement cela se fait sur le dos du personnel et des prestations», dixit Christian Brunier, député socialiste.
Pour ce qui est des pratiques des caisses maladie, celles-ci opèrent dans une opacité «qui fait penser à une certaine organisation née dans le sud de l'Italie», dénonce Mme Wisard-Blum.
Coudées franches
Les politiques avaient accepté de mettre la sourdine sur demande du gouvernement genevois d'Etat. «Pierre-François Unger (conseiller d'Etat en charge de la santé, ndlr) avait demandé de la retenue pour pouvoir négocier avec l'Office fédéral des assurances sociales (OFASE)», explique M. Brunier.
Ce dernier estime que la retenue adoptée par le législatif genevois a été inutile. La diminution des coûts de la santé par assuré a été de 2,2% l'an passé. Si l'on ajoute cette économie au fait que les caisses ont des réserves disproportionnées, le Département de l'économie et de la santé avait estimé que les primes auraient dû reculer de 10%. Dans le cadre du processus de négociations, il était prêt à accepter une baisse de 3,5%. A l'arrivée, le recul n'est que de 0,9%. La déception est donc grande.
Lobby puissant
D'où l'exigence d'une réelle transparence formulée via un projet de résolution à l'attention du Conseil d'Etat. Sans trop d'illusions. Le parlement fédéral est vendu au lobby des assureurs, dénonce Christian Brunier, «la proximité entre Santé suisse et la commission de santé du parlement est effarante». Le sentiment prédomine donc qu'il faudra peut-être revenir à la charge avec une initiative demandant une caisse unique. Pour l'heure, les grands assureurs «font ce qu'ils veulent».
Le ras-le-bol est également de mise sur le projet Victoria décidé dans le dos d'un monde politique mis devant le fait accompli. Les syndicats de l'hôpital ont d'ores et déjà lancé un processus de mobilisation du personnel contre ce projet visant à économiser 100 millions sur trois ans aux Hôpitaux cantonaux universitaires (HUG). Soit 30 millions par année. En 2007, 159 postes ont d'ores et déjà été supprimés. Avec notamment la liquidation du service d'alcoologie, le Petit-Beaulieu, passé dans celui de la psychiatrie, ou encore la suppression de prestations comme la préparation aux accouchements. «Ils ont été jusqu'à faire payer 25 francs aux femmes désirant visiter la maternité avant leur accouchement», dénonce écœurée devant tant de mesquinerie Ariane Wisard-Blum.
Pour Christian Brunier, si on veut réussir une réforme, il faut la faire avec le personnel. «Ce dernier est mis à l'écart, la direction des HUG court-circuite le conseil d'administration où il est représenté, ceci en mettant en place un comité bis occulte chargé de mener la réforme.» Une motion exige donc qu'il soit mis fin à ce fonctionnement opaque. Et qu'une véritable évaluation des effets de la réforme soit faite. «Cela n'avait même pas été envisagé par l'équipe de Bernard Gruson.» Cela serait d'autant plus utile que quelque 24 millions auraient d'ores et déjà flambé en audit externe pour mener à bien ce plan Victoria. I

15:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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