26/12/2007

Les grandes lignes de l'Ecole primaire genevoise de demain sont connues

ÉDUCATION Les directeurs plaisent aux députés. L'ARLE et le MCG sont isolés.
Lu dans la Tribune de Genève sous la plume de JÉRÔME FAAS
La réorganisation de l'école primaire avance à grands pas. Le Département de l'instruction publique (DIP) a transmis fin novembre aux députés un document de travail dessinant les contours de la rentrée 2008. Certes, rien n'est définitif. Mais la colonne vertébrale du projet existe: s'il varie, ce ne sera qu'à peine. D'autant plus que hormis l'Association Refaire l'école (ARLE), cette refonte du système emporte l'adhésion de presque tous.
En septembre prochain, les 164 écoles du canton, qui occupent 215 bâtiments, devraient constituer 94 établissements. Un directeur chapeautera chacun d'eux, à temps plein dans ceux regroupant seize classes et plus, à temps partiel dans les autres. Les directeurs des plus grandes structures devraient être secondés par des maîtres adjoints. La création de six à huit postes de ce type est envisagée. «Certains établissements accueillent 600 élèves dans plusieurs bâtiments. Il paraît souhaitable que le directeur y soit épaulé. De plus, la présence d'un responsable dans chaque bâtiment devrait permettre d'éviter un effet capitale-périphérie», détaille Charles Beer. Enfin, une dizaine de secrétaires compléteront sans doute ce système.
Des directeurs pour décider
Pour justifier ce qu'il a jadis nommé une révolution, le patron du DIP explique que «l'école est lieu de service public de très grande proximité». Pourtant, constate-t-il, au sein des établissements, «personne ne dirige, n'est apte à prendre de décision». Cette situation, il la juge désuète. A ses yeux, parents, élèves et enseignants ont besoin d'un responsable accessible et proche. Il en conclut que le système des vingt-cinq inspecteurs se partageant les écoles du canton «a vécu».
L'ARLE, elle, redoute la création d'une machine administrative parasite. N'ayant pas reçu les documents remis aux députés, elle s'estime snobée par le DIP. Elle exige surtout que la réforme passe par le Grand Conseil et fasse l'objet d'une loi. L'argument principal de son président, André Duval, tient en une phrase. «Au lieu d'encadrer les enseignants, il serait plus utile de créer des appuis supplémentaires pour encadrer les élèves.» S'étonnant de la généralisation du système des directeurs, déjà en place dans les écoles en REP (Réseau d'enseignement prioritaire), «sans qu'une seule évaluation n'en ait été diligentée», il dénonce «la politique du fait accompli. C'est la même tactique qui avait été employée pour la rénovation».
Députés séduits
Une fois n'est pas coutume, l'ARLE n'a pas obtenu l'oreille des partis de l'Entente. Légiférer ne les tente guère. «L'organisation des départements est de la compétence du Conseil d'Etat», balaie Pierre Weiss. Sur le fond, le libéral salue l'arrivée des directeurs, «une décision qui vise à renforcer l'autorité».
Les socialistes sont peu ou prou du même avis. «Les directeurs géreront les relations avec les parents, note Christian -Brunier. Il s'agit d'une bienvenue décentralisation du pouvoir.» Quant au financement de la mesure, il ne soulève pas d'objections. «Charles Beer a joué sur les doublons, sans rogner sur le personnel enseignant.» Le ministre relève qu'il a tenu ses deux promesses: procéder à une réforme «à zéro franc», et «maintenir le taux d'encadrement d'un adulte pour dix-sept élèves».
Le MCG est aujourd'hui le seul parti qui soutient l'opposition de l'ARLE. Il a déposé un projet de loi traitant de la question. Les autres formations n'ont pas daigné l'étudier en urgence. Charles Beer semble avoir gagné cette partie.

13:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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