27/12/2007

 Selon les propres chiffres du Conseil d’Etat, les cotisations des caisses-maladie devraient diminuer en moyenne de 10 % pour chaque Genevoise et Genevois, si celles-ci adaptaient leurs tarifs à la baisse des coûts médicaux (moins 2,2 % à Genève), ajustaient leurs réserves au niveau légal et évaluaient leurs projections pour l’an suivant avec impartialité.

 

 

Sur la base de ces chiffres, le Conseiller d’Etat Pierre-François Unger a demandé aux partis politiques de la discrétion, voulant négocier lui-même avec les caisses dans un esprit de sérénité et de confidentialité. Nous avons respecté ce souhait.

 

 

Le résultat est très médiocre : Alors que la population genevoise pouvait revendiquer une baisse de 10 %, le gouvernement genevois n’a demandé aux caisses que 3,5 % de diminution et a finalement obtenu comme lot de consolation -0,9 % pour les adultes, -0,6 % pour les jeunes et -4,9 % pour les enfants. Ces infimes baisses spolient les assurés et est une provocation des caisses-maladie par rapport aux assurés et aux Autorités.

 

 

Dans le rapport sur les comptes 2006 des caisses-maladie et la fixation des primes 2008, qui établit enfin un tout petit peu de transparence, nous découvrons des données aussi hallucinantes que consternantes.

 

 

Au niveau des réserves, certaines assurances (EGF et Concordia) les surestiment de plus de 69 % par rapport aux recommandations des Ordonnances fédérales, faussant ainsi complètement le calcul des cotisations de l’année suivante. Dans ce registre, plusieurs assurances violent totalement la loi, sous le silence complice des Autorités fédérales. En 2006, ces réserves ont encore évolué en moyenne de plus de 14 % au-dessus des prévisions.

 

 

Pour définir les cotisations de l’année suivante, plusieurs assurances « s’amusent » à exagérer les dépenses estimées par assuré. En 2005, les caisses estimaient que les dépenses 2006 par assuré s’élèveraient en moyenne à CHF 4'012.-. Ce montant erroné a servi à calculer les cotisations de la population genevoise. En vérité, les dépenses réelles se sont élevées à CHF 3'657.-, soit une surévaluation moyenne de près de 9 %. Année après année, ces erreurs cumulées provoquent des augmentations de cotisations conséquentes et injustifiées. En 2006, Helsana détenait le record, estimant ses dépenses par assuré à CHF 5'902.-, alors qu’en réalité le coût s’est avéré être de CHF 3'973.-, soit un différentiel de plus de 32%.

 

 

Les charges administratives sont aussi consternantes, passant de 1 à 3, d’une assurance à l’autre, par assuré. Alors que la CSS dépensait, en 2006, CHF 102.- pour gérer administrativement un assuré de base, la SUPRA engageait pour la même charge CHF 315.-. Que peut légitimer une telle différence ?

 

 

La situation est tout simplement scandaleuse, et ceci depuis plusieurs années. Les caisses-maladie, surpuissantes dans notre pays, se permettent de violer allégrement les lois et les règles éthiques, refusant le principe du juste prix. Ces abus s’expliquent facilement lorsque l’on voit qu’une bonne partie des politiciens engagés, aux Chambres fédérales, dans les dossiers de la santé sont eux-mêmes membres de conseils d’administration de caisses-maladie. Pendant ce temps, les citoyennes et citoyens de ce pays – et spécialement de Genève – sont littéralement volés.

 

 

Pour contrecarrer cette dérive, les Verts et les Socialistes genevois viennent de déposer une résolution demandant aux Autorités fédérales d’exiger des caisses-maladie une diminution d’au moins 5 % des cotisations des assurances de base des Genevoises et Genevois.

 

 

07:29 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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