21/01/2008

A l'heure de la succession, les socialistes genevois dans l'embarras

Dans « Le Temps », signé par Sandra Moro
GENEVE. Ils sont trois à briguer le mandat de Laurence Fehlmann Rielle à la tête du parti, mais aucun d'entre eux n'affiche un profil idéal à l'heure où le PS a besoin d'un porte-étendard capable de lui donner un nouveau souffle.
Trois candidats et aucun favori. Le 2 février prochain, le PS genevois élira son nouveau président, avec un certain embarras semble-t-il. En lice: René Longet, 57 ans, maire de la commune d'Onex, Alain Charbonnier, 47 ans, et Alberto Velasco, 60 ans, tous deux députés. Les socialistes auront donc le choix, mais l'affiche est loin de susciter l'enthousiasme dans les rangs du parti.
La nouvelle présidence constitue pourtant un enjeu de taille dans le contexte actuel. Le parti est en perte de vitesse pour aborder la préparation des élections cantonales: c'est à grand-peine qu'il a conservé ses trois sièges au Conseil national en octobre dernier. Au cours des derniers mois, il s'est montré incapable de se positionner clairement sur des sujets cruciaux, tels que les transferts d'actifs et la loi sur le chômage, renvoyant ainsi une image brouillée, propre à dérouter les électeurs, alors même qu'il doit faire face à la concurrence féroce des Verts. Un bilan qui reflète la présidence indolente et souvent brouillonne de Laurence Fehlmann Rielle, restée à la tête du parti durant quatre ans.
En perte de vitesse
Au sein du PS, rares sont ceux qui contestent la nécessité d'un changement de style à la direction. «On a perdu des électeurs ces dernières années parce qu'on a beaucoup hésité», constate le député Christian Brunier, lui-même ancien président du parti. Pourtant, aucun des postulants ne fait figure de candidat idéal, souffle-t-on dans les rangs socialistes. La liste a le double désavantage d'être exclusivement masculine, dans un parti qui fait grand cas de l'égalité, et de n'aligner que des anciens, certes au bénéfice d'une longue expérience, mais peu susceptibles d'incarner le renouveau.
Proche des soucis des gens
Les candidats en campagne insistent tous sur la nécessité d'adopter une ligne et un discours clairs au sein du parti. Reste à savoir lesquels. Des trois aspirants, René Longet affiche le parcours politique le plus riche. Ancien conseiller national, ancien député, il siège au conseil administratif (exécutif) d'Onex depuis huit ans. Une fonction qu'il fait valoir comme gage d'une présidence proche du terrain à ceux qui lui reprochent un profil trop marqué d'intellectuel et un certain éloignement de la politique cantonale, puisqu'il ne siège pas au Grand Conseil. Président d'Equiterre, grand défenseur de l'environnement, René Longet est perçu comme plus consensuel que ses deux adversaires et plus proche de l'aile réformatrice du parti. Le candidat entend «rassembler les forces du PS et affirmer ses valeurs» pour partir à la reconquête de l'électorat populaire. En conciliant la prise en compte «des soucis quotidiens des gens et des grands problèmes de la planète».
Alain Charbonnier siège au Grand Conseil depuis 1999, où il a remplacé René Longet. Physiothérapeute, il évoque la disponibilité que lui laisse son activité d'indépendant pour assumer la présidence. Le candidat affirme qu'«il faut mettre à profit toutes les forces du parti, y compris celles des militants qui n'assument aucun mandat électif». Alain Charbonnier entend ainsi «dynamiser l'activité des commissions internes, notamment sur les questions de santé». Quant à la ligne qu'il défend, elle est claire: «Je souhaite voir le parti se positionner plus à gauche, il ne faut pas se laisser ballotter vers le centre.» Il balaie les critiques sur son style trop «rentre-dedans» et son manque de diplomatie. «J'ai montré lorsque j'étais chef de groupe que je suis toujours ouvert à la discussion.»
Lancer des initiatives
Député depuis 1997, Alberto Velasco fait pour sa part figure d'outsider. Celui qui n'hésite pas à fustiger publiquement la politique menée par son parti lorsqu'elle ne lui convient pas n'a pas manqué d'irriter nombre de ses camarades au cours des dernières années. Ingénieur de formation, proche de l'association Attac, Alberto Velasco revendique son appartenance à «l'aile gauche du parti» et prône une réorientation de l'action du PS sur le terrain. «Nous devons retrouver notre capacité de mobilisation. Lorsque nos projets échouent au Grand Conseil, il faut lancer des initiatives.» Le député veut «créer le débat» au sein du parti et prévoit, s'il est élu, de quitter la présidence au bout de deux ans, «afin de passer le relais aux jeunes».
Des femmes pour le Conseil d'Etat
Grandes absentes de cette course à la présidence, les femmes du PS comptent pourtant dans leurs rangs les personnalités les plus à même d'incarner l'avenir du parti. Elles restent en retrait en vue de l'élection au Conseil d'Etat, explique-t-on dans les rangs socialistes. Curieuse stratégie, qui consiste à bouder le tremplin que peut constituer un mandat à la tête de la formation. Pour la députée Virginie Keller Lopez, l'absence des femmes tient avant tout à des questions de disponibilité: «La fonction est difficilement conciliable avec une vie professionnelle et familiale normale». Un avis partagé par Anne Emery-Torracinta, qui a pour sa part accepté de prendre la tête du groupe parlementaire au Grand Conseil. Christian Brunier avance une autre explication: «C'est peut-être un risque qu'elles ne veulent pas prendre à un moment où l'on sent que le PS a envie de bouger.»

20:48 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Cette manière de faire du couper-coller d'articles publiés ailleurs sur votre blog est inappropriée. N'avez-vous tellement rien à dire (vous et vos actions paraissaient pourtant des sujets inépuisables) que vous soyez obligé de pomper les écrits des autres? Si au moins vous nous proposiez les oeuvres complètes de Staline, Lénine ou Castro...

Écrit par : N. Chauvet | 22/01/2008

Plus de socialistes svp

Écrit par : tortue | 30/01/2008

Plus de socialistes svp. Oui, beaucoup plus !

Écrit par : BRUNIER Christian | 31/01/2008

Les commentaires sont fermés.