31/01/2008

Sponsoring de la police genevoise : drôle de réponse du gouvernement

Le gouvernement genevois répond à ma question sur la politique de sponsoring de la Police genevoise de manière peu satisfaisante. Jugez par vous-même et réagissez sur mon blog !
En date du 24 mai 2007, le Grand Conseil a renvoyé au Conseil d’Etat une question écrite qui a la teneur suivante :
Depuis plusieurs années, la Police genevoise est l’un des sponsors du concert NRJ Music Tour à l’Arena de Genève.
La Police explique ce soutien par le fait qu’elle tient un stand afin de recruter des jeunes futurs policiers.
Bien, mais pourquoi ne soutient-elle pas un événement moins commercial, lié au monde associatif genevois ? Plusieurs festivals sont d’une ampleur comparable à l’événement organisé par NRJ et attirent une population plus locale, de ce fait, davantage susceptible d’être recrutée par la Police genevoise.
De plus, plusieurs grandes fêtes genevoises manquent de sponsors, plusieurs mécènes s’étant repliés sur des soutiens plus internationaux. Par exemple, une grande banque a lâché plusieurs partenariats locaux pour concentrer ses moyens financiers sur Alinghi.
Il paraît aussi normal qu’une institution publique telle que la police, par éthique, soutienne des événements non lucratifs, plutôt que des grands concerts de promotion en faveur d’une radio commerciale.
Ma question au Conseil d’Etat est la suivante :
La Police genevoise ne devrait-elle pas soutenir financièrement un événement associatif genevois (Fête de l’Espoir, Fête de la musique, …) plutôt qu’un concert d’une radio commerciale ?
Je remercie d’avance le gouvernement genevois de sa réponse.
RÉPONSE DU CONSEIL D'ETAT
La participation de la police genevoise au NJR Music Tour est fonction des avantages qu'elle estime en retirer, pour un coût très attractif, en terme d'impact auprès des jeunes de la tranche d'âge 15-25 ans, son public-cible s'agissant du recrutement.
Ces avantages se traduisent notamment par :
– une présence dans la campagne d'affichage faite dans l'ensemble des collèges, universités et écoles supérieures (1 500 affiches);
– la présence du logo Police dans les 33 salles Europlex, durant 1 mois avant l'évènement;
– la présence du logo Police sur les flyers « révélation » (17 000 flyers distribués dans les centres commerciaux, collèges, cycles, au centre-ville, etc.);
– une présence du logo Police dans la campagne presse (20 Minutes, Nightlife, Lausanne Cités, GHI, le Matin Dimanche, Mad Magazine,Migros Première, Avant-Première, TV8);
– la diffusion du film promotionnel « Police 117 » sur les écrans géants de
l'Arena;
– la présence de la caravane Police Recrutement, sur l'esplanade de l'Arena, animée par des policiers;
– la distribution de plaquettes et flyers recrutement Police;
– la présence d'hôtesses de la police à l'intérieur de l'Arena pour distribuer des flyers recrutement;
– un impact au-delà des frontières cantonales.
Une éventuelle participation aux évènements associatifs genevois auxquels Monsieur le député Christian Brunier fait référence ne présenterait pas d'avantages comparables pour la police, et cette dernière n'a pas vocation à les soutenir financièrement.
Au bénéfice de ces explications, le Conseil d’Etat vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à prendre acte de la présente réponse.

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Election à la présidence du Parti socialiste genevois

Retrouvez le reportage de la TSR (Télévision suisse romande) – signé François Egger - concernant l’élection à la présidence du Parti socialiste genevois opposant Alain Charbonnier, René Longet et Alberto Velasco.

 

 

 

Vous y verrez notamment les témoignages de Laurence Fehlmann-Rielle, d’Alain Etienne et de Christian Brunier.

 

 

 

Sur le Web :

 

 

 

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=212000#

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29/01/2008

Un p’tit jour de politique : 29 janvier 2008

Pesée d’intérêts

 

La manchette du Matin nous informe que le Conseiller d’Etat genevois a perdu 12 kilos. Alors que les conflits se multiplient dans le monde, que le dérèglement climatique se développe, que les droits humains sont trop souvent violés, l’info la plus importante pour « Le Matin » se résume aux nouvelles de la balance du magistrat PDC. Information futile, information inutile !

Genève : Pour des espaces publics sans fumée

Premier job
Les chômeuses et chômeurs français-es qui refuseront deux propositions d’emplois seront pénalisés. Je comprends mieux pourquoi Bernard Kouchner a accepté tout de suite le boulot de ministre que Sarko lui proposait.

 

18:47 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Traversée de la rade : la droite remet le projet dans le pipeline

Dans le Courrier sous la plume de Philippe Bach :

 

 

GRAND CONSEIL - Quelque 3,5 millions de francs ont été débloqués hier soir pour étudier le projet de grand traversée de la rade sous forme de pont.

 

 

Les députés ont payé pour voir. Douze ans après le vote négatif du peuple, la majorité bourgeoise du Grand Conseil genevois a remis le projet de traversée de la rade sur le tapis. Ceci en acceptant un crédit d'étude de 3,5 millions de francs destiné à un avant-projet de traversée lacustre.

 

 

Il s'agirait d'un pont, les députés ont d'ailleurs amendé en commission le projet de loi, en parlant explicitement de traversée lacustre, a rappelé David Amsler, auteur de la majorité. Exit donc le projet de tunnel sur le tracé de petite traversée de la rade (entre le Port-Noir et la Perle du lac) qui avait les faveurs jusqu'ici de la majorité. En cela, c'est l'option du Conseil d'Etat qui a reçu un appui hier soir.

 

 

La loi votée hier se refuse fort logiquement à fixer de manière trop précise les points d'ancrage du futur ouvrage. Sur la rive droite, celui-ci est prévu à la hauteur de l'échangeur du Vengeron et sur la rive gauche à la Bellotte. A partir de cet accrochage, un tunnel devra permettre le raccordement au réseau autoroutier français via un tunnel puis une tranchée couverte sous le plateau de la Gradelle. M. Amsler espérant une ouverture du chantier en 2015 et une mise en service en 2020.

 

 

Quid de l'environnement?

 

 

Les débats ont surtout porté sur trois questions de principe: ce projet de traversée de la rade répond-il à un besoin, est-il conforme aux impératifs du développement durable, le canton a-t-il les moyens de se payer ce genre d'équipement ?

 

 

On s'en doute, le clivage gauche-droite a joué à fond sur ces trois questions Pour les députés bourgeois, il convient de répondre à l'explosion de la mobilité, qui devrait progresser de 40% d'ici à 2020, comme l'a rappelé le radical Jacques Jeannerat. En face, on a expliqué que ce genre d'équipement a tendance non pas à décharger le reste du canton mais à générer un trafic supplémentaire. «On l'a vu avec l'autoroute de contournement», a souligné Lydia Schneider Hausser (PS).

 

 

Deuxième question qui a suscité des oppositions frontales: l'environnement. «Tout le monde a inscrit le développement durable à son programme, mais vous peinez à concrétiser ses principes», a lancé l'écologiste Morgane Gautier, «la concentration de CO2 continue d'augmenter dans l'atmosphère».

 

 

Enfin, quel sera le coût de l'ouvrage? Une question à 3 milliards de francs, selon le député socialiste Christian Brunier. Et d'interroger: qui paiera? La Confédération, espère David Amsler, ou alors le fonds d'infrastructure, ajoute Jacques Jeannerat. «Ou un péage.» «Vous êtes bien optimistes, les a tancés M. Brunier, «la Confédération a mis cent ans pour assumer seulement la moitié du projet CEVA (liaison ferroviaire la Praille-Eaux-Vives).

 

 

Genève, cinquième région d'Europe

 

 

Pour l'exécutif, c'est Mark Muller qui a défendu la position officielle, quand bien même le repêchage a été voulu par Robert Cramer. Pour lui, le projet s'inscrit bien dans le projet d'agglomération déposé par le Conseil d'Etat fin 2007. «Genève est la cinquième région d'Europe, il faut bien s'adapter.»

 

 

Et le magistrat de plaider pour la paix des transports, à l'instar de ce qui a été négocié sur le logement. En clair, mais cela avait déjà été tenté au début des années 1990, il s'agirait de laisser de l'espace aux trams sur le pont du Mont-Blanc en échange d'une traversée routière.

 

 

Le projet de loi a été accepté par 55 voix (libéraux, radicaux, démocrates-chrétiens et udécistes), contre 27 (socialistes et vert) et 2 abstentions sur les bancs du PS et des Verts. I

 

13:05 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

25/01/2008

Gate Gourmet évite la grève en attendant la conciliation

Paru dans « Le Courrier » sous la plume de Marc Menichini
GENÈVE - La grève du personnel de l'entreprise de restauration annoncée hier n'a pas eu lieu. La direction a demandé une conciliation, réduisant syndicat et personnel au silence.
Le torchon brûle entre la direction de Gate Gourmet Genève et son personnel. Les dirigeants de la société de restauration ont refusé les dernières propositions du Syndicat des services publics qui a annoncé, mercredi en début d'après midi, l'échec de la négociation et son soutien à la grève décidée par l'assemblée générale du personnel. Une grève étouffée quelques heures plus tard par Gate Gourmet. Saisie par la société, la Chambre des relations collectives de travail (CRCT), organe qui traite des conflits autour des conditions de travail, a en effet ouvert une procédure de conciliation. «C'est une manœuvre; les dirigeants suspendent ainsi la volonté de grève de ses employés», dénonce Christian Grobet, l'ancien député de l'Alliance de gauche, venu hier matin devant l'entreprise, accompagné de quatre personnalités de gauche, pour montrer sa solidarité envers le personnel et le syndicat «muselés».
Gate Gourmet Genève et ses employés ne s'entendent plus depuis bientôt une dizaine d'années. Aucune des négociations entre les deux partenaires n'a abouti. Les dernières en date portaient sur le renouvellement de la convention collective de travail (CCT). La société demandait un allongement du temps de travail, la suppression des pauses de quinze minutes et proposait une augmentation de salaires de 2 à 3%. «Inacceptable» pour le personnel qui, au début de cette année, est tombé dans un vide conventionnel. «La société se porte très bien», affirme Christian Brunier, député socialiste présent ce matin. «Chaque unité de Gate Gourmet doit faire 12% de bénéfices, alors que les multinationales fixent en général ce taux à 8% pour leurs succursales.» Et les politiciens «grévistes» de fustiger la participation forcée des employés à la réalisation de cet objectif. Comment? Par des contrats précaires ou encore la stagnation des salaires depuis près de dix ans pour certains.
Au début de cette semaine, le personnel a proposé un dernier compromis: la suppression des pauses en échange d'une hausse salariale de 4%, ce qui reviendrait à 0,8% en termes réels. Si la direction refuse, ce sera la grève, a décidé le personnel. Les deux parties devaient se rencontrer le 23 janvier. «Nos expériences de négociations passées nous ont incités à faire une demande de conciliation à la CRCT», explique Brigitt Trindler, attachée de presse de Gate Gourmet Suisse. Une requête envoyée avant même cette négociation. Selon le tract distribué par les politiciens, les dirigeants auraient ainsi programmé l'échec des négociations.
En effet, le 23 janvier, Gate Gourmet refuse la proposition du personnel. Alors que le syndicat prépare la grève, Gate Gourmet l'informe de la réponse de la CRCT. Les deux parties sont convoquées le 29 janvier à une séance de conciliation. «Nous avons envoyé les deux convocations en même temps, confirme Pierre Heyer, président de la CRCT. Aucune grève, aucun licenciement et aucune médiatisation ne sont autorisées», ajoute-t-il. «Comme le personnel n'a plus le droit de s'exprimer, on doit se mobiliser», s'exclame Monique Boget, la maire socialiste de Meyrin. «C'est inadmissible, s'emporte Pierre Vanek, ancien député de Solidarités. Il faut maintenant étendre ce mouvement de soutien.» Christian Brunier attend «une intervention forte du gouvernement.» Dans ce sens, il a déposé hier soir une proposition de motion devant le Grand Conseil.

21:56 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Fermez le camp de Guantanamo

Faites comme moi et plein d’autres défenseur-euse-s des droits humains, signez la pétition online d'Amnesty international pour demander la fermeture du camp de Guantanamo !!

 

 

www.tearitdown.org

 

 

 

Merci de votre soutien

 

 

"Je soutiens les recommandations d’Amnesty International en vue de mettre fin aux détentions illégales pratiquées par les États-Unis.  Ces recommandations demandent en premier lieu que le centre de Guantánamo soit fermé dans des conditions qui respectent les droits des détenus.

 

 

Les États-Unis doivent aussi cesser de recourir aux disparitions forcées, aux transferts secrets de détenus vers des lieux où ils risquent d’être victimes de torture et d’autres mauvais traitements, et aux détentions illimitées sans inculpation."

 

 

14:23 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

24/01/2008

Grève avortée chez Gate Gourmet

Brève sur le site de la Tribune de Genève
Le personnel de Gate Gourmet avait décidé de faire la grève depuis hier matin, pour protester contre ses conditions de travail jugées déplorables et le fait que certains salaires n'aient pas été augmentés depuis dix ans. La menace de licenciements en cas de grève les a fait renoncer. Des représentants de la gauche genevoise, tels que Pierre Vanek, Christian Grobet, Christian Brunier ou Alain Charbonnier, se sont donc rendus hier devant les locaux de Gate Gourmet pour se faire les porte-voix de leurs revendications. Ils vont interpeller le Conseil d'Etat ce soir à ce sujet.

18:44 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

23/01/2008

Les terrasses pourraient ouvrir toute l'année

Les terrasses genevoises ouvriraient l'hiver la journée seulement : les soirées resteraient calmes.
 «Y a plus de saisons, ouvrons les terrasses!» Face à un climat de plus en plus instable, des députés proposent d'assouplir la législation sur les dates d'ouverture et de fermeture des terrasses.
 
Par Irène Languin dans « Le Matin Bleu »
Moyennant une taxe, les bistrots peuvent en effet sortir leurs tables de mars à octobre. Ils ont aussi le droit de demander une terrasse d'hiver. Mais impossible d'ouvrir une journée ensoleillée de janvier sans s'acquitter du montant pour quatre mois: la loi ne permet pas le fractionnement des périodes.
A l'origine de la motion, le député genevois Christian Brunier souhaite plus de flexibilité dans la réglementation. Un bien pour tous, selon lui: «La population gagnerait en convivialité, les restaurateurs en chiffre d'affaires et l'Etat encaisserait plus de taxes!»
Les bistrotiers se réjouissent que le débat s'ouvre enfin. «Il faut trouver une solution pour les terrasses en hiver. D'autant plus qu'on ne pourra peut-être bientôt plus fumer à l'intérieur (les Genevois voteront en février sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics n.d.l.r.)», relève Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers genevois.

Si Zurich ou Montreux ont des règles similaires à Genève, Lausanne se montre plus originale. Elle propose aux exploitants deux solutions: des terrasses saisonnières ou annuelles. «Ceux qui ont l'autorisation pour l'année peuvent servir dehors n'importe quel jour. C'est pratique quand il fait beau», explique Pascal Besson, de la police du commerce lausannoise. Une solution que M. Brunier se verrait bien adopter à Genève.

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Droit de vote à 16 ans? Le débat est relancé à Genève

Dans le canton de Glaris, les jeunes peuvent voter dès 16 ans depuis le mois de mai 2007.

 

 

Les adolescents pourront-ils bientôt se rendre aux urnes? Une motion favorable au droit de vote à 16 ans devrait être débattue au Grand Conseil cette semaine

 

Par Sarah Pernet – Le Matin Bleu

 

 

«Il faut que les anciens cessent d'être les seuls à décider pour les jeunes!» s'exclame Anne-Marie von Arx-Vernon, députée PDC, signataire du texte. Pourtant, la motion déposée par son parti ne va pas jusqu'à demander ce droit. Elle réclame qu'une enquête soit menée auprès des élèves entre 16 et 18 ans pour savoir quel est leur intérêt pour la politique. «Faire une enquête, pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr que le vote à 16 ans apporte grand-chose, affirme le libéral Ivan Slatkine. La majorité est à 18 ans, c'est cohérent avec le droit de vote.» Un avis que partagent l'UDC et les radicaux.

 

 

Les socialistes, eux, y sont favorables: «Je trouve très bien que le débat soit relancé, dit Christian Brunier. Mon parti avait déposé un projet de loi en 2000 et il a été balayé. La démocratie est fragilisée et c'est une occasion pour la dynamiser.» Et de rappeler que les gens votent de moins en moins. «Il est intéressant de constater que les arguments pour ou contre le vote à 16 sont presque identiques à ceux du débat pour le droit de vote à 18 ans», analyse la professeure en sciences politiques Huyen Balmmer. Un droit qui date de 1980.

 

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21/01/2008

A l'heure de la succession, les socialistes genevois dans l'embarras

Dans « Le Temps », signé par Sandra Moro
GENEVE. Ils sont trois à briguer le mandat de Laurence Fehlmann Rielle à la tête du parti, mais aucun d'entre eux n'affiche un profil idéal à l'heure où le PS a besoin d'un porte-étendard capable de lui donner un nouveau souffle.
Trois candidats et aucun favori. Le 2 février prochain, le PS genevois élira son nouveau président, avec un certain embarras semble-t-il. En lice: René Longet, 57 ans, maire de la commune d'Onex, Alain Charbonnier, 47 ans, et Alberto Velasco, 60 ans, tous deux députés. Les socialistes auront donc le choix, mais l'affiche est loin de susciter l'enthousiasme dans les rangs du parti.
La nouvelle présidence constitue pourtant un enjeu de taille dans le contexte actuel. Le parti est en perte de vitesse pour aborder la préparation des élections cantonales: c'est à grand-peine qu'il a conservé ses trois sièges au Conseil national en octobre dernier. Au cours des derniers mois, il s'est montré incapable de se positionner clairement sur des sujets cruciaux, tels que les transferts d'actifs et la loi sur le chômage, renvoyant ainsi une image brouillée, propre à dérouter les électeurs, alors même qu'il doit faire face à la concurrence féroce des Verts. Un bilan qui reflète la présidence indolente et souvent brouillonne de Laurence Fehlmann Rielle, restée à la tête du parti durant quatre ans.
En perte de vitesse
Au sein du PS, rares sont ceux qui contestent la nécessité d'un changement de style à la direction. «On a perdu des électeurs ces dernières années parce qu'on a beaucoup hésité», constate le député Christian Brunier, lui-même ancien président du parti. Pourtant, aucun des postulants ne fait figure de candidat idéal, souffle-t-on dans les rangs socialistes. La liste a le double désavantage d'être exclusivement masculine, dans un parti qui fait grand cas de l'égalité, et de n'aligner que des anciens, certes au bénéfice d'une longue expérience, mais peu susceptibles d'incarner le renouveau.
Proche des soucis des gens
Les candidats en campagne insistent tous sur la nécessité d'adopter une ligne et un discours clairs au sein du parti. Reste à savoir lesquels. Des trois aspirants, René Longet affiche le parcours politique le plus riche. Ancien conseiller national, ancien député, il siège au conseil administratif (exécutif) d'Onex depuis huit ans. Une fonction qu'il fait valoir comme gage d'une présidence proche du terrain à ceux qui lui reprochent un profil trop marqué d'intellectuel et un certain éloignement de la politique cantonale, puisqu'il ne siège pas au Grand Conseil. Président d'Equiterre, grand défenseur de l'environnement, René Longet est perçu comme plus consensuel que ses deux adversaires et plus proche de l'aile réformatrice du parti. Le candidat entend «rassembler les forces du PS et affirmer ses valeurs» pour partir à la reconquête de l'électorat populaire. En conciliant la prise en compte «des soucis quotidiens des gens et des grands problèmes de la planète».
Alain Charbonnier siège au Grand Conseil depuis 1999, où il a remplacé René Longet. Physiothérapeute, il évoque la disponibilité que lui laisse son activité d'indépendant pour assumer la présidence. Le candidat affirme qu'«il faut mettre à profit toutes les forces du parti, y compris celles des militants qui n'assument aucun mandat électif». Alain Charbonnier entend ainsi «dynamiser l'activité des commissions internes, notamment sur les questions de santé». Quant à la ligne qu'il défend, elle est claire: «Je souhaite voir le parti se positionner plus à gauche, il ne faut pas se laisser ballotter vers le centre.» Il balaie les critiques sur son style trop «rentre-dedans» et son manque de diplomatie. «J'ai montré lorsque j'étais chef de groupe que je suis toujours ouvert à la discussion.»
Lancer des initiatives
Député depuis 1997, Alberto Velasco fait pour sa part figure d'outsider. Celui qui n'hésite pas à fustiger publiquement la politique menée par son parti lorsqu'elle ne lui convient pas n'a pas manqué d'irriter nombre de ses camarades au cours des dernières années. Ingénieur de formation, proche de l'association Attac, Alberto Velasco revendique son appartenance à «l'aile gauche du parti» et prône une réorientation de l'action du PS sur le terrain. «Nous devons retrouver notre capacité de mobilisation. Lorsque nos projets échouent au Grand Conseil, il faut lancer des initiatives.» Le député veut «créer le débat» au sein du parti et prévoit, s'il est élu, de quitter la présidence au bout de deux ans, «afin de passer le relais aux jeunes».
Des femmes pour le Conseil d'Etat
Grandes absentes de cette course à la présidence, les femmes du PS comptent pourtant dans leurs rangs les personnalités les plus à même d'incarner l'avenir du parti. Elles restent en retrait en vue de l'élection au Conseil d'Etat, explique-t-on dans les rangs socialistes. Curieuse stratégie, qui consiste à bouder le tremplin que peut constituer un mandat à la tête de la formation. Pour la députée Virginie Keller Lopez, l'absence des femmes tient avant tout à des questions de disponibilité: «La fonction est difficilement conciliable avec une vie professionnelle et familiale normale». Un avis partagé par Anne Emery-Torracinta, qui a pour sa part accepté de prendre la tête du groupe parlementaire au Grand Conseil. Christian Brunier avance une autre explication: «C'est peut-être un risque qu'elles ne veulent pas prendre à un moment où l'on sent que le PS a envie de bouger.»

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