22/02/2008

Le Grand Conseil genevois lâche les travailleurs de la construction

La droite et la gauche vantent les mérites des accords paritaires et glorifient parfois la paix du travail. Depuis 1940, la branche de la construction bénéficiait, en Suisse, d’une convention collective. Cet accord paritaire concerne 90'000 travailleurs, dont 4'700 à Genève. Cette convention est l’une des plus importantes de la Suisse. En mai 2007, la Société suisse des entrepreneurs, sous l’impulsion de sa section zurichoise, très proche de l’UDC blochérienne, a décidé de shooter cette convention, sans discussion avec les syndicats. Cette cassure de l’équilibre social est évidemment néfaste pour les travailleurs de la branche, mais aussi pour les entreprises elles-mêmes. Le désordre social est épouvantable pour tout le monde. Cette rupture du contrat social met en danger les relations entre la Suisse et l’Union européenne. Les syndicats avaient soutenu les accords bilatéraux avec l’UE avec des garde-fous contre le dumping social. Sans convention collective, les portes s’ouvrent à tous les abus. Quelle sera la réaction syndicale à l’orée du vote, en 2009, pour le maintien de la libre circulation des personnes ? Le catalogue des effets négatifs possibles est rude contre les travailleurs. Au programme, nous retrouvons comme risques potentiels : la déréglementation du temps de travail, la suspension du salaire minimal, l’arrêt du 13ème salaire, la restriction des vacances, la diminution des prestations pour les maladies de longue durée, la restriction de la protection contre les licenciements abusifs, la fin des compensations du travail du week-end ou le frein à la retraite anticipée. Pour soutenir la conclusion d’une nouvelle convention collective, nous avons déposé une motion au Grand Conseil genevois. Le Conseiller d’Etat radical genevois, en charge de l’emploi, avait déclaré, à juste titre, au journal « Le Temps » : «Plus d'un mois sans convention nationale, ce n’est pas possible. Si les parties n'arrivent pas à un accord national, je ferai mon possible pour qu’une solution cantonale pallie ce vide. II est regrettable que cette convention, lourde de symboles, ait été dénoncée. II est plus vite fait de rompre la confiance que de la construire.» Je lui demande, lors de mon intervention, de confirmer ses propos en soutenant notre motion, ce qu’il décline immédiatement.

 

Les patrons genevois avaient comme slogan : « Quand le bâtiment va, tout va ! ». Ils avaient raison. Nous encourageons la droite et les représentants des syndicats patronaux au parlement à soutenir notre motion, eux qui affirment militer activement pour la conclusion d’une convention collective, du moins à Genève. Sans succès malheureusement !

Toute la droite balaye notre projet !

 

21:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Mais à Genève, il n'y a pas déjaà l'application d'une CCT? Avec le soutient de l'Etat?

Écrit par : Luner | 23/02/2008

Quelle étrange conception de la communication.
Vous oubliez de mentionner qu'à Genève, l'ancienne convention est toujours en vigueur, du fait de l'intervention du-dit Conseiller d'Etat radical et de votre collègue radical Gabriel Barrillier qui ont fait en sorte que les travailleurs genevois de la construction ne restent pas sans protection.
Quand à votre fameuse motion, vous ne la citez pas. Ce qui aurait pourtant permis de comprendre pourquoi ils ont refusé de la signer. Mais j'oubliais, vous ne faites pas de l'information, vous faites de la propagande.

Écrit par : Philippe Souaille | 23/02/2008

Même à Genève, la signature d’une convention collective n’est pas encore gagnée. Il est vrai que Gabriel Barrillier, plusieurs syndicalistes et François Longchamp s’activent pour trouver un accord. Notre motion voulait appuyer cette démarche, mais était également un acte de solidarité envers les autres cantons suisses.

Je ne comprends, de ce fait, pas pourquoi Gabriel Barrillier et François Longchamp n’ont pas soutenu cette motion (que vous pouvez voir dans son intégralité sur mon blog publié le 21 février dernier). Celle-ci prévoyait notamment que l’Etat de Genève ne travaille plus avec les entreprises de la construction n’appliquant pas la convention collective, ce qui aurait été une sacrée incitation à la signature d’un tel accord.

Écrit par : Christian Brunier | 23/02/2008

Les commentaires sont fermés.