29/04/2008

GENEVOISERIES !

1632452075.jpg
EMS : La volonté populaire bafouée

 

 

Le peuple de Genève a voté, il y quelques mois, en faveur d’une initiative qui devait renforcer les prestations au sein des EMS (établissements médicaux-sociaux) en accordant 60 MCHF supplémentaires à ces institutions, qui accueillent des personnes de plus en plus âgées, requérant des soins de plus en plus aigus. Malgré le score sans appel de ce vote, la majorité parlementaire de droite refuse d’accorder ces moyens en sus, s’étant limité à ne rallonger la subvention annuelle que de 5 MCHF, après une pression musclée menée par les syndicats et le Parti socialiste.

 

 

Lors de la dernière session du Grand Conseil genevois, le PS, par la voix d’Alain Charbonnier et de moi-même, est revenu à la charge pour augmenter le soutien de 15 MCHF.

 

 

Sans succès, la droite, l’extrême-droite, le MCG et les Verts ont balayé notre motion, au mépris totale du vote populaire.

 

 

Large soutien contre les caisses maladie

 

 

Les Genevoises et les Genevois sont volés par les assurances maladie depuis des années. Selon les calculs du Conseil d’Etat genevois, nos cotisations devraient baisser d’au moins 10 pourcents. A ceci s’ajoute une baisse des coûts de la santé à Genève de 2,2 %. Pourtant, les cotisations, au 1er janvier dernier, n’ont diminué que de 0,9 % pour les adultes, de 0,6 % pour les jeunes et de 4,9 % pour les enfants. On est bien loin des diminutions dont la population genevoise a droit. Ce scandale s’amplifie quand on sait que les caisses ont des réserves illégales, dépassant en moyenne de 69 % le seuil recommandé par l’Office fédéral de la santé. Pour fixer les cotisations, les caisses maladie surestiment les dépenses à venir. Le PS et les Verts ont déposé une résolution demandant une diminution d’au moins 5 %, des cotisations, tandis que le MCG proposait une motion contre les réserves excessives. Je suis intervenu, avec Brigitte Schneider-Bidaux et Alain Charbonnier, pour défendre le projet PS-Verts, mais aussi pour soutenir la motion du MCG. Malgré nos oppositions politiques, tout le monde politique doit s’unir pour soutenir les assuré-e-s genevois-es. La droite et l’UDC ont résisté, dans un premier temps, voulant renvoyer ces projets en commission, une belle façon de botter en touche. Finalement, après nos appels à l’unité, après un discours rassembleur du ministre Pierre-François Unger et après l’ouverture du Parti radical, un large consensus s’est dégagé. Le projet PS-Verts remporte 82 oui, 3 abstentions et aucun non. Tant mieux, Genève sera un peu plus forte pour lutter contre l’arrogance et la puissance de la majorité des caisses maladie.

 

 

L’Hospice général doit devenir un vrai service de l’Etat

 

 

Les député-e-s socialistes genevois-es - Anne Emery-Torracinta, Christian Brunier, Alain Etienne, Gabrielle Falquet, Laurence Fehlmann Rielle, Pablo Garcia, François Thion, Roger Deneys, Elisabeth Chatelain, Virginie Keller et Alain Charbonnier – déposent un projet de loi pour transformer l’Hospice général en un service de l’Etat.

 

 

Autant les établissements publics autonomes peuvent apporter de la valeur ajoutée dans une série de prestations et de domaines publics, autant les prestations offertes par l’Hospice général – soit l’assistance sociale de base – est un domaine inhérent à l’Etat. L’autonomisation de ces prestations n’apporte aucun avantage.

 

 

En 2004, puis 2005, la commission de contrôle de gestion du Grand Conseil genevois s’est intéressée à l’Hospice général (RD 531-I, puis RD 599), reconnaissant « la faiblesse de son autonomie de gestion » et demandant au département d’« étudier de manière approfondie non seulement l’option d’un renforcement de la gouvernance de l’institution, mais également l’option consistant à faire de l’HG un service intégré au DASS »

 

 

Passons à l’action !

 

 

15:25 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Il faut augmenter les allocations familiales à Genève

Les député-e-s socialistes genevois-es - Anne Emery-Torracinta, Virginie Keller, Mariane Grobet-Wellner, Gabrielle Falquet, Alain Etienne, Laurence Fehlmann Rielle, Roger Deneys, Christian Brunier, Pablo Garcia, Véronique Pürro, François Thion et Alain Charbonnier – déposent au Grand Conseil un projet de loi d’augmentation des allocations familiales.

 

 

Jusqu’à présent, les allocations familiales étaient essentiellement du ressort des cantons. Ainsi se juxtaposaient 26 législations cantonales, déterminant chacune le genre et le montant des allocations versées, le cercle des bénéficiaires et l’organisation du système.

 

 

Le 26 novembre 2006, le peuple suisse a accepté avec 68% de oui la loi fédérale sur les allocations familiales. Selon cette nouvelle loi, les allocations mensuelles suivantes devront au minimum être versées pour chaque enfant :

 

- une allocation pour enfant de 200 F pour les enfants jusqu’à 16 ans (actuellement à Genève : 200 F jusqu’à 15 ans révolus et 220 F de 16 à 18 ans) ;

 

- une allocation de formation professionnelle de 250 F pour les jeunes de 16 à 25 ans (actuellement à Genève : 0 F dès 18 ans ; toutefois, en fonction du revenu déterminant du groupe familial, une allocation d’encouragement à la formation d’au maximum 2640 F par an, soit 220 F par mois, peut être versée pour les jeunes de 18 à 25 ans).

 

 

Le montant des allocations peut donc être supérieur à ce que prévoit la loi fédérale. Ainsi, le gouvernement du canton du Jura a-t-il proposé qu’il soit de 240 francs pour les enfants et de 290 F pour les jeunes en formation. La nouvelle loi fédérale sur les allocations familiales sera applicable dès le 1er janvier 2009.

 

 

D’ici cette date, les cantons vont devoir adapter leur législation. Malgré l’adoption par le Grand Conseil le 14 décembre 2006 de la résolution 5191 demandant une entrée en vigueur au 1er janvier 2008, la législation cantonale n’a toujours pas été modifiée. En réponse à une

 

interpellation urgente écrite, le Conseil d’Etat a expliqué en juin 2007 que la mise en application de la loi fédérale suscitait un certain nombre de questions, notamment au regard du fonds cantonal de compensation, et de certains points à éclaircir. En conséquence, il comptait attendre l’adoption par le Conseil fédéral de l’ordonnance d’application pour déposer son projet de loi.

 

 

Les auteurs du présent projet estiment néanmoins qu’il faut profiter de cette nécessaire adaptation de la législation cantonale pour entamer une réflexion plus générale tant sur les objectifs que sur les montants des allocations familiales. L’objet du projet de loi qui vous est soumis aujourd’hui est de proposer des montants d’allocations supérieurs aux minimaux imposés par la Confédération.

 

 

En Suisse, le nombre d’enfants est insuffisant

 

 

Pour renouveler une population, le taux de fécondité (c’est-à-dire le nombre d’enfants par femme en âge de procréer) devrait être de 2,1. Ces dernières années, il était en Suisse3 comme à Genève de l’ordre de 1,4. Soit près de deux fois moins qu’au milieu des années 1960. Couplé à l’augmentation de l’espérance de vie, ce faible taux de fécondité induit un vieillissement de la population dont les conséquences multiples sont loin d’être négligeables. Une société qui vieillit saura-t-elle rester dynamique ?

 

 

Comment continuer à financer un Etat social de qualité avec toujours moins d’actifs ? Ces questions font régulièrement débat…

 

 

Les enfants en tant que risque de pauvreté

 

 

Résumer le choix que font les couples d’avoir des enfants, et combien, à des considérations purement financières serait bien évidemment très réducteur. Néanmoins, on sait que les considérations financières jouent un rôle certain dans les projets familiaux, notamment plus le nombre d’enfants augmente (surtout à partir du 3e enfant).

 

 

Ainsi, il faut bien admettre que le fait d’avoir des enfants augmente le risque de pauvreté. Plus le revenu d’un ménage est bas, plus grand est le risque de glisser vers la pauvreté avec la naissance d’un-des enfant-s. Dans ses analyses, l’Office fédéral de la statistique a montré à plusieurs reprises que les enfants et les adolescents sont surreprésentés parmi les bénéficiaires de l’aide sociale : plus le nombre d’enfants dans un ménage est élevé, plus le risque de dépendre de l’aide sociale est grand. A partir de 3 enfants, le risque de devoir recourir à l’aide sociale augmente significativement6. Ce risque est encore plus important lorsqu’il s’agit d’une famille monoparentale.

 

 

Une politique familiale insuffisante

 

 

Des constatations précédentes, tant sur le taux de fécondité que sur l’augmentation du risque de pauvreté lié au fait d’avoir des enfants, on peut aisément déduire que la politique familiale est insuffisante en Suisse.

 

 

Il est d’ailleurs intéressant à ce propos de mentionner un rapport de l’UNICEF de 2005 analysant la pauvreté des enfants dans les pays riches avant et après l’intervention de l’Etat (impôts et transferts sociaux). Ainsi, en Suisse, ce taux de pauvreté était de 7,8% avant l’intervention de l’Etat, mais il ne se réduisait que très peu après cette dernière, pour passer à 6,8%. Par comparaison, en France, ce taux passait de 27,7% à 7,5%. En d’autres termes, les effets de la politique familiale sur le taux de pauvreté (qui, il est vrai, est bas au départ) sont négligeables en Suisse alors que la France arrive à baisser de manière significative la pauvreté des enfants.

 

 

Alors que par le passé, être âgé signifiait bien souvent être pauvre, ce n’est que plus rarement le cas aujourd’hui, grâce aux assurances (AVS et 2e pilier) et aux prestations complémentaires. Le problème de la pauvreté s’est déplacé vers les jeunes et les familles. Il est donc temps que notre Etat social se dote d’une politique familiale digne de ce nom. Cela doit passer par des mesures complémentaires, dont les allocations familiales font partie.

 

 

Des coûts supportables pour les employeurs

 

 

On le sait, les allocations familiales sont financées par les employeurs : un taux de contribution est fixé par le canton.

 

 

Depuis 2006, ce taux est de 1,4%, c’est-à-dire l’un des plus bas de Suisse (seul Zurich est en dessous avec 1,3%), alors que certains cantons connaissent des taux bien supérieurs. A titre d’exemple, Neuchâtel est à 2%, Vaud à 2,15%, Fribourg à 2,45% et Jura à 2,8% !

 

 

De plus, ce taux a baissé ces dernières années :

 

        en 2004, il était de 1,7% ;

 

        il est passé à 1,5% au 1er janvier 2005 ;

 

        et à 1,4% dès le 1er janvier 2006.

 

 

En d’autres termes, l’économie pour les employeurs depuis 2005 est de 0,3% de la masse salariale.

 

 

De plus, avec l’introduction de l’assurance maternité fédérale, les employeurs ont également réalisé des économies :

 

– en 2004, l’assurance maternité cantonale était financée paritairement avec 0,3% de la masse salariale, soit à 0,15% par les employeurs ;

 

– depuis le 1er juillet 2005, les 14 semaines de congé maternité obligatoires sur le plan fédéral sont financées par l’assurance perte de gain militaire, sans cotisation supplémentaire;

 

– le supplément cantonal (15e et 16e semaines, maximum journalier plus élevé que dans le régime fédéral et adoption) est financé paritairement avec 0,04% de la masse salariale, soit, 0,02% pour les employeurs.

 

 

Ainsi, les employeurs ont réalisé par ce biais une économie de 0,13%. Additionnée aux 0,3% précédents, l’économie réalisée par les employeurs par rapport à 2004 est de 0,43% de la masse salariale.

 

 

Sachant que la masse salariale pour l’année 2007 a été de plus de 21 milliards de F, cela signifie que les employeurs ont économisé près de 92 millions de francs durant cette même année comparativement à ce qu’ils auraient dû payer en 2004. Si cette somme avait été distribuée équitablement aux jeunes de moins de 26 ans (ils sont environ 125 000 à Genève), chacun d’eux aurait reçu 736 F !

 

 

Si à Genève, le taux de contribution fixé par le canton avait été en 2007 comme celui du canton de Vaud, soit de 2,15%, les employeurs auraient dû débourser plus de 160 millions supplémentaires (160 395 000 F) qui auraient permis de verser environ 1280 F de plus à chaque jeune de moins de 26 ans, soit une centaine de francs par mois !

 

 

Il est vrai que la nouvelle loi fédérale sur les allocations familiales va de toute façon obliger les employeurs à couvrir des prestations plus importantes (notamment par le biais de l’allocation de formation professionnelle). Mais il faut savoir également que dès la modification de la loi cantonale, ils ne couvriront plus les allocations familiales pour non-actifs, conformément à un arrêt du Tribunal fédéral. Effectivement, dans un arrêt du 4 juillet 2003, le TF a admis l’inconstitutionnalité du financement des allocations familiales pour personnes non actives et personnes dans le besoin. Il a considéré que les allocations versées à ces personnes devaient relever de la politique sociale de l’Etat et de l’assistance, et qu’elles ne pouvaient pas être mises exclusivement à la charge d’un cercle déterminé de contribuables, sauf en violant le principe de la généralité de l’impôt. Le TF n’a alors pas annulé les dispositions légales en vigueur, mais il a rendu une décision incitative invitant le législateur cantonal à modifier rapidement sa loi (le Conseil d’Etat a alors proposé un projet de loi, le projet de loi 9559, projet qui a toutefois été suspendu, dans l’attente de l’application de la loi fédérale). Economie pour les employeurs : 19 millions de F si l’on en croit ce qui a été budgeté par l’Etat.

 

 

Une augmentation des allocations familiales ne serait donc aucunement insupportable pour les employeurs !

 

 

Et l’indexation au coût de la vie ? Enfin, rappelons que l’article 8 de l’actuelle loi cantonale sur les allocations familiales précise: « Après avoir consulté les milieux intéressés, le Conseil d’Etat propose au Grand Conseil, tous les deux ans, l’adaptation des montants prévus (…) » L’indice d’adaptation est fixé sur la base de l’évolution des prix et des salaires ». Cet alinéa, qui date de 2001, n’a jamais été appliqué… En décembre 2000, le Parlement avait effectivement modifié la loi cantonale datant de 1996. Depuis 1996, l’allocation de naissance était de 1000 F, celle pour les moins de 15 ans de 170 F et l’allocation pour les 15 à moins de 18 ans, de 220 F. On le voit, la loi acceptée en 2000 et entrée en vigueur en 2001 n’a donc augmenté le montant de l’allocation que pour les moins de 15 ans (200 F). Or, depuis 1996, le coût de la vie a augmenté. Il serait donc logique d’en tenir compte et de modifier le montant des allocations familiales !

 

 

Les auteurs de ce projet de loi souhaitent que le montant actuel des allocations familiales soit augmenté pour tous les enfants. Compte tenu tant des remarques précédentes sur le taux de fécondité, que du risque de pauvreté qui augmente avec le 3e enfant, les auteurs de ce projet estiment que l’allocation versée doit être plus importante à partir du 3e enfant.

 

Enfin, depuis 2001, la loi actuelle prévoit une procédure permettant l’indexation au coût de la vie tous les deux ans. Dans les faits, aucune indexation n’a été proposée au Grand Conseil. Il y a donc lieu de modifier cette loi Les auteurs du projet proposent que soit appliqué le même principe que celui qui prévaut pour l’AVS et les prestations complémentaires fédérales, pratique que le canton de Genève suit d’ailleurs pour plusieurs prestations sociales.

 

 

Notre proposition en francs :

 

L’allocation de naissance ou d’accueil est de 2500 F.

 

L’allocation pour enfant est de 300 F pour chacun des deux premiers enfants; à partir du 3e enfant, l’allocation versée est de 350 F.

 

L’allocation de formation professionnelle est de 350 F pour chacun des deux premiers enfants; à partir du 3e enfant, l’allocation versée est de 400 F.

 

14:42 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

25/04/2008

Lettre ouverte des député-e-s genevois-es aux Autorités fédérales helvétiques : Pour un soutien au peuple tibétain

904176443.jpg
Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux,

 

 

Les événements qui se déroulent actuellement au Tibet, à savoir une vague de répression de grande ampleur, à quelques mois de l’ouverture des JO de Pékin, nous inquiètent vivement.

 

 

 

Nous pensons que l’esprit des Jeux olympiques, tel que défini par leur fondateur, Pierre de Coubertin, doit exclusivement régner sur ces compétitions sportives de très haut niveau. Le drame de Munich (dont on se souvient mieux que les records du monde qui ont été battus lors de cette même édition) et plus près de nous, les menaces d’attentats qui régnaient sur les JO d’Atlanta, doivent nous rappeler dans ce contexte que le sport et la politique font parfois très mauvais ménage.

 

 

Nous estimons qu’il appartient au Conseil fédéral, plus haute autorité politique de notre pays, de s’exprimer en réaffirmant notre attachement aux valeurs démocratiques, aux libertés fondamentales et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ceci, à toute occasion permettant au Conseil fédéral de faire entendre ce message. Les JO de Pékin sont l’une de ces opportunités d’adresser un message de sympathie à l’attention du peuple tibétain

 

Les député-e-s soussigné-e-s s’associent aux 150 conseillers nationaux et 26 conseillers aux Etats  qui ont signé tout récemment une lettre ouverte au Conseil fédéral pour exiger de sa part une prise de position claire.

 

Comme eux, nous demandons au Conseil fédéral de :

 

  • Appeler sans détour le gouvernement chinois à mettre fin aux violences et à la répression au Tibet et l’inviter à entamer des négociations avec le gouvernement tibétain en exil. Il doit également le signifier à l’ambassadeur chinois à Berne.

     

·         Rester attentif en ce qui concerne les événements qui se déroulent au Tibet, et à réaffirmer, aussi souvent que nécessaire, l’attachement de notre pays aux valeurs démocratiques et aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes et à vivre démocratiquement dans le pays qui est le leur.

 

  • Exiger du Comité international olympique qu’il intervienne immédiatement pour que la Chine respecte ses engagements et fasse en sorte que les droits de l'Homme soient enfin respectés dans le pays hôte des JO 2008.

     

En espérant que vous saurez donner à notre lettre la suite qui convient dans les plus brefs délais, nous vous prions de croire, Mesdames et Messieurs les Conseillers fédéraux, à l'expression de notre plus haute considération.

 

 

Les député-e-s :

 

Laurence Fehlmann-Rielle, Emilie Flamand, Gabriel Barrillier, Guy Mettan, Ivan Slatkine, Frédéric Hohl, Anne-Marie von Arx-Vernon, Ariane Wisard-Blum, Brigitte Schneider-Bidaux, Jean Rossiaud, Anne Mahrer, Mathilde Captyn, Emilie Flamand, Sylvia Leuenberger, Michèle Künzler, Michel Ducret, Claudine Gachet, Michel Forni, Charles Selleger, Didier Bonny, Alain Etienne, Christian Brunier, François Thion, Elisabeth Chatelain, Anne Emery-Torracinta, François Gillet, Roger Deneys, Nelly Guichard, Françoise Schenk-Gottret, …

 

 

16:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)

24/04/2008

Débat au Grand Conseil genevois ouvrant un crédit de CHF 6'046'000 destiné à financer un système d'imagerie vidéo de la police

523971920.jpg
Mon intervention orale :

 

 

M. Christian Brunier (S). Mesdames et Messieurs les député-e-s, la vidéosurveillance et tout ce qui tourne autour sont des sujets éminemment délicats, qu'il faut traiter avec mesure. Je vais peut-être me mettre tout le monde à dos, mais, comme on est plus ou moins au milieu du débat, c'est peut-être l'heure de la synthèse.

 

 

Si je résume ce qui a été exprimé, j'ai entendu des gens dire que, si l'on ne votait pas tout de suite ce projet de loi, Genève se retrouverait dans une situation de totale insécurité. Le MCG a dit que c'était un projet qui pouvait sauver Genève de l'insécurité. J'ai aussi entendu, à gauche, des gens qui disaient que ce projet marquait le début d'un Etat policier. Cela m'a inquiété, car j'avais l'impression de m'être trompé de projet de loi ! J'ai donc sauté sur ce dernier pour contrôler son contenu. Mesdames et Messieurs les députés, nous sommes en train de débattre au sujet de huit sites qui seraient surveillés par des caméras: cela n'assurera pas la pleine sécurité de Genève et, inversement, cela ne signifiera pas que l'on instaure un Etat policier à Genève ! Donc, il faudrait peut-être raison garder le sens de la mesure !

 

 

On doit parler de principes, ils sont importants, mais ce n'est pas rendre service aux Genevois que d'exagérer, tant sur la sécurité qu'on pourra offrir, que sur l'Etat policier qu'on risque d'instaurer. Je dis que nous sommes dans un débat difficile, parce qu'il faut trouver le juste équilibre entre sécurité et liberté. Ce n'est pas évident, c'est un peu comme la notion d'efficacité. J'ai entendu des personnes dire que les caméras étaient efficaces à 100% et d'autres dire que ce n'était pas efficace...

 

 

Si l'on étudie le sujet et que l'on regarde ce qui s'est passé dans les villes ayant mis en place une surveillance vidéo, la situation n'est ni entièrement en blanc ni en noir, c'est gris foncé ou gris clair. Oui, la sécurité est assurée, mais on sait que dans certaines villes qui ont abusé de ce type de dispositifs, cela a plutôt contribué à instaurer un sentiment d'insécurité excessif. Dans certaines villes des Etats-Unis, on enlève maintenant les caméras, parce qu'on a constaté qu'en les installant partout on effraie les gens ! Qui en déduisent que l'insécurité doit être vraiment terrible, puisqu'il a des caméras partout. Là aussi, il faut trouver la juste mesure !

 

 

Ce qui me gêne dans tout ce débat, ce n'est pas de savoir si l'on va installer cinq, huit ou dix caméras, c'est surtout l'utilisation que l'on pourra faire des images, selon les emplacements surveillés ! Nous avons une promesse orale du Conseil d'Etat qui nous dit qu'une législation existe pour ce qui est de la protection des données et de la défense de la sphère privée. De plus, des lois complémentaires seront proposées. Néanmoins, les villes ayant installé des caméras et réussi à préserver les libertés sont allées bien plus loin. On n'a pas besoin de se rendre à des milliers de kilomètres pour avoir des exemples.

 

 

Prenons celui de Lyon - la loi française est assez stricte en matière de protection des données, de l'image et de la personnalité. Néanmoins, Lyon, qui a installé un certain nombre de caméras, de manière relativement modérée et réfléchie, a établi, en plus de toute la législation existante, un code éthique de huit pages. C'est un code éthique qui va beaucoup plus loin que la législation déjà en place et dont le but est d'assurer réellement les libertés ! Un travail colossal a été accompli pour envisager tous les cas de figures, un gros travail a notamment été réalisé en ce qui concerne le cryptage des images. A Lyon, ils ont également travaillé sur les possibilités de non-modification des images - on sait qu'il existe malheureusement des possibilités de truquer une image - et je ne suis pas sûr que cette question soit prise en compte dans la législation genevoise. Lyon a fait cet effort, et je pense qu'il faut partir dans cette dynamique.

 

 

Certains d'entre nous ont cité les TPG, exemple local de mise en place de la vidéosurveillance. Le conseil d'administration était composé de personnes de droite et de gauche, qui ont travaillé ensemble - à l'époque, je faisais partie de ce conseil d'administration - et qui sont allées plus loin que la législation existante. Nous avons aussi établi des règles éthiques sur la conservation des images : qui a le droit de les regarder, combien de temps on les conserve, etc. On a donc été bien plus loin que la législation !

 

 

Je vous rappelle aussi qu'à Montréal, ville qui a une longue expérience des caméras de surveillance, la commission d'accès à l'information vient de rendre un rapport affolant dans lequel des gros problèmes sont relevés. La ville a fait enlever des caméras et une vingtaine de règles ont été établies en urgence pour préserver la sphère privée, des caméras filmaient notamment chez les gens, ce qui était inacceptable ! Ils ont donc fait marche arrière. Ils avaient cru que ces caméras permettraient d'améliorer la sécurité, mais, finalement, cela dérange plutôt les citoyens ! Il faut donc trouver le sens de la mesure. L'exemple le plus inquiétant est celui de Sherwood, ville du Canada, qui vient de faire un essai. Au terme de ce dernier, Sherwood a complètement renoncé à installer des caméras de surveillance. La vidéosurveillance n'a eu aucun effet sur la sécurité et, en plus, elle pose de gros problèmes en termes de respect des libertés individuelles.

 

 

Tout n'est donc pas tout noir ou tout blanc, et il faut faire très attention ! Nous devons travailler sur les règles d'éthique, or on fait tout à l'envers. Le gouvernement nous a donné des engagements et on est quand même en train de placer les caméras, avant d'avoir défini les règles éthiques ! Malgré les promesses du gouvernement, cela ne nous paraît pas acceptable !

 

 

Finalement - et c'est pourquoi je voterai contre ce projet ce soir - l'ajournement aurait été une très sage décision. On aurait pu procéder très rapidement, afin de remettre la priorité sur la définition de règles éthiques, mais la majorité d'entre vous ne l'a pas voulu. Je vous rappelle quand même que nous allons engager 5 millions de francs. Peut-être obtiendrions-nous plus d'efficacité si ces 5 millions étaient affectés à la protection humaine du territoire, c'est-à-dire en procédant à l'engagement de policiers supplémentaires.

 

 

22:11 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2)

23/04/2008

Pour que les EMS gèrent en transparence leur taux d’absentéisme

Au parlement genevois, je dépose l’interpellation suivante :

 

 

Le Département de l’économie et de la santé a élaboré une note concernant la pétition 1600 « Pour des subventions garantissant les postes et les prestations, nos conditions de travail et de salaire ! ».

 

 

Dans ce document, le département précise : « La taux d’absentéisme annuel des EMS est inconnu. »

 

 

Il est étonnant qu’une institution gérant les horaires de ses collaboratrices et collaborateurs ne puisse être en mesure de communiquer le taux d’absentéisme de son personnel.

 

 

Ceci est particulièrement inquiétant lorsque nous apprenons que le dernier taux d’absentéisme connu, datant de 2001, était de 11 %, ce qui est considérable. On estime d’ailleurs qu’à plus de 6 %, une entreprise ou institution doit se soucier fortement d’un tel indicateur, révélateur bien souvent d’un état de crise.

 

 

Ma question est donc la suivante : Le Conseil d’Etat va-t-il exiger que chaque EMS gère sérieusement son absentéisme et le communique en toute transparence ? Merci d’avance de votre réponse.

 

18:38 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (3)

21/04/2008

La Chine peut-elle interdire la couleur orange ?

78616086.jpgCe message est une contribution au débat sur les Jeux Olympiques à Pékin. Joignez-vous à la campagne « TheColorOrange », dont j’ai signé l'appel ci-dessous.

 

 

L'idée fondamentale – initiée par le sculpteur danois Jens Galschiot - est d'utiliser la couleur orange comme un symbole accusatoire contre les violations des droits de l'homme en Chine.

 

 

Les traductions de l'appel en 17 langues se trouvent sur :

 

http://www.TheColorOrange.net/uk/page21_nl

 

 

APPEL :

 

 

Participez à la mise en échec du régime chinois dans une grande manifestation pour les droits de l'homme

 

 

Appel à tous ceux qui veulent se joindre au projet TheColorOrange.net pour montrer à la Chine , lors des Jeux olympiques, que nos yeux sont fixés sur la violation des droits de l'homme du régime.

 

 

L'idée est simple et raffinée.  En utilisant la couleur orange pendant les Jeux olympiques tant en Chine qu'à l'extérieur, on signale qu'il y a quelque chose qui ne va pas. Cela pourrait être un chapeau orange, une sacoche de caméra, une cravate, un stylo, du papier, une robe, un costume, un sac, ... Même le fait d'éplucher une orange pendant des moments bien choisis peut marquer l'action.

 

 

Aucun mouvement politique ou religieux peut revendiquer le projet. En y participant, on montre seulement son soutien au combat pour les droits de l'homme en Chine.

 

 

Le gouvernement souhaite le bon déroulement des Jeux, qui permettrait de promouvoir l'image d'une Chine moderne et fonctionnelle devant des milliards de téléspectateurs du monde entier. Son but est de prévenir toute critique ouverte. Mais l'utilisation de la couleur orange peut précisément forcer la censure sévère et mettre un peu de sable dans la machine de la propagande du régime. En même temps, des millions de Chinois opprimés ont la possibilité de faire entendre leur voix pendant les Jeux.

 

 

La Charte olympique nomme les principes fondamentaux, " le respect des principes universels, fondamentaux et éthiques " et " encourage le développement d'une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine ". Personne ne peut prétendre sérieusement que le régime chinois réalise ces idéaux.

 

 

La réussite du projet dépend du nombre de gens connaissant la signification de la couleur orange. Un budget publicitaire s'élèverait à des millions de dollars. Nous ne les avons pas, mais nous pouvons (peut-être) compter sur vous. Si, avec des millions d'autres, vous nous aidez à promouvoir l'idée, on pourra ensemble créer l'effet papillon en faisant souffler un vent de couleur orange sur la Chine.

 

 

* Distribuez ce courriel à tous vos contacts, allez sur le site www.TheColorOrange.net et inscrivez-vous sur la liste afin d'être mis à jour sur le projet. Rendez compte sur le site de vos activités ou idées de l'utilisation de la couleur orange, afin de répandre le message comme inspiration pour les autres.

 

 

  • Utilisez vous-même la couleur orange au moment des Jeux olympiques. Si vous êtes sportifs ou membres d'une association qui soutient les droits de l'homme, demandez-leur d'utiliser la couleur orange dans leur matériel et de soutenir officiellement la campagne.

     

 

  • L'équipe olympique de la Hollande est membre d'office du projet du fait de sa couleur nationale. Et vos héros olympiques nationaux, ne sont-ils des héros que quand il s'agit de sport ? Imaginons le détenteur de la première médaille d'or essuyant la sueur de son front avec un mouchoir orange...

     

  •  

C'est le sculpteur danois, Jens Galschiot, qui a pris l'initiative du projet " La couleur orange ". L'artiste est indépendant de tout intérêt politique ou religieux et a souvent organisé des événements artistiques pour la défense d'une vision humaniste, en collaborant, entre autres, avec le mouvement pour la démocratie en Chine.

 

 

La couleur orange est inspirée, entre autres, par les mots de Kandinsky, " la couleur orange est un rouge humanisée par le jaune ". La couleur de la Chine est précisément rouge, c'est pourquoi on pourrait aider les forces humanistes en introduisant la couleur orange. Mais la couleur orange est aussi inspirée par les habits des prisonniers de Guantanamo, des moines du Tibet et de Birmanie ...

 

 

Nous espérons le soutien de ce projet par de nombreux particuliers et de nombreuses organisations.

 

 

www.TheColorOrange.net

 

 

 

 

15/04/2008

Au sujet de ma future démission du Grand Conseil …

Tout d’abord, je tiens à remercier toutes celles et tous ceux, amis ou adversaires respectueux, qui m’ont envoyé des messages, des e-mails ou glissé un petit mot plein de sympathie et gentillesse suite à mon annonce de déposer, le 31 décembre prochain, ma démission au parlement genevois. Suite à ces messages amicaux, je tiens à préciser que :

  • Je ne suis pas du tout blessé, assumant bien les coups après plus de 20 ans de politique. Je quitte cette fonction juste pour protéger mon entreprise et ses 1700 collaboratrices et collaborateurs, et surtout mon équipe. Celle-ci travaille très efficacement et n’a donc pas à subir des coups bas émanant de quelques rares personnes qui ne respectent pas la frontière – qui devrait être infranchissable dans un régime de politique de milice – entre la vie politique et la vie professionnelle.
  • J’accepte tout à fait les attaques en politique (d’ailleurs je ne suis le plus en retard dans ce registre), mais lorsqu’elles portent sur les idées en respectant l’être humain qui les émet. Ce respect est la base de la démocratie et de la liberté, mes idéaux de base.
  • Je suis, par contre, inquiet de cette dérive populiste de quelques élus (violant les règles élémentaires de la déontologie, donnant des leçons de morale alors qu’ils accumulent les affaires scabreuses et utilisent parfois l’anonymat), soutenue trop souvent par des médias en recherche de scoops pour rattraper leur perte d’audience suite à l’arrivée des journaux gratuits.
  • Ma décision est irrévocable !
  • Ce retrait n’est (certainement) pas un adieu à tout jamais à une fonction politique.
  • Mis à part ces quelques adeptes de l’irrespect qui discréditent toute la politique, mes pensées et mon amitié vont à toutes les élues et tous les élus, et à toutes les militantes et tous les militants, dans tous les partis de droite comme de gauche, qui engagent une énergie folle et sacrifient un bon bout de vie pour tenter, à leur façon, d’améliorer l’existence des citoyennes et citoyens ! Bravo !

13:10 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

10/04/2008

Démission du Grand Conseil genevois … anticipée !

 « La politique est plus dangereuse que la guerre… A la guerre, vous ne pouvez être tué qu’une seule fois. En politique, plusieurs fois.

 

Winston Churchill »

 

 

La Suisse est basée sur un régime parlementaire de milice. Chaque élu-e politique dans les législatifs doit donc avoir, en principe, un emploi (si possible à responsabilité) ; donner beaucoup à la politique ; consacrer du temps à sa famille et à ses ami-e-s ; s’engager au niveau associatif ; être présent-e sur le terrain ; écouter la population ; communiquer régulièrement avec les médias ; maîtriser tous les dossiers de tous les domaines ; …

 

 

Illusoire, hypocrite, impossible, inefficace, ce fonctionnement atteint ses limites.

 

 

J’ai toujours bien séparé mes casquettes politique et professionnelle, le cloisonnement étant indispensable pour exercer les deux avec efficacité et surtout avec éthique. J’ai donné énormément aux deux, mais avec un plaisir énorme, tant ces expériences sont riches.

 

 

Depuis plusieurs mois, même si mes activités sont toujours aussi étanches pour moi, certains les mélangent sciemment. Quelques adversaires politiques – heureusement pouvant se compter sur les doigts d’une main - n’hésitent plus à m’attaquer dans mes activités professionnelles. Si ces coups ne touchaient que moi, je ne m’offusquerais pas, ayant la carapace suffisamment dure après plus de 20 ans de politique. Toutefois, ces polémiques touchent parfois mon entreprise et ses 1'700 collaboratrices et collaborateurs. Ceci n’est plus acceptable.

 

 

Pour calmer ce jeu irresponsable et m’engager encore davantage pour mon entreprise publique à l’heure de très grands défis, je déposerai ma démission sur le Bureau du parlement genevois le 31 décembre 2008.

 

 

Cet acte (cette parenthèse) n’est naturellement pas un adieu à mes idéaux … ni à la politique.

 

23:06 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (14)

07/04/2008

Solidarité avec le peuple Tibétain

597753114.jpgJe signe la pétition

 

 

Depuis des décennies de répression, les Tibétains réclament au monde un changement. Les leaders de la Chine sont en ce moment même en train de faire un choix crucial entre l'escalade de la brutalité ou le dialogue, ce qui pourrait déterminer le futur du Tibet et de la Chine.

 

 

Nous pouvons avoir un impact sur ce choix historique. La Chine tient à sa réputation internationale. Mais il faudra une avalanche de réactions au niveau mondial pour obtenir l'attention du gouvernement chinois. Le leader spirituel des Tibétains, le Dalai Lama, a appelé à la mesure et au dialogue: il a besoin que les peuples du monde le soutienne.

 

 

Signez donc la pétition :

 

http://www.avaaz.org/fr/tibet_end_the_violence/

 

 

Pétition au Président Hu Jintao :

 

 

En tant que citoyens du monde entier, nous vous demandons de montrer de la mesure et du respect pour les droits de l'Homme dans votre réponse aux protestations au Tibet, et de prendre en considération les préoccupations de tous les Tibétains en ouvrant un dialogue pertinent avec le Dalai Lama. Seul le dialogue et la réforme apporteront une stabilité durable. Le futur le plus lumineux de la Chine et ses relations les plus positives avec le monde sont liés à un développement harmonieux, au dialogue et au respect.

Liberté pour le Tibet occupé

 

 

Les municipalités de Vernier et Onex ont hissé, par solidarité, les couleurs du Tibet. Belle action ! Les symboles ont toujours orientés les esprits …

904176443.jpg

 

 

 

18:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

06/04/2008

Quelle belle semaine culturelle !

Concert de Lizz Wright, une grande voix

 

Elle est toute jeune, mais a une voix d’une maturité exceptionnelle. Nous allons l’applaudir au BFM de Genève. Originaire de Géorgie, son papa est pasteur et sa maman chanteuse de gospel. Ses origines familiales influencent grandement ses racines musicales, savant mixte de jazz, gospel et soul. Parfois trop perfectionniste, soucieuse à l’excès du détail, elle présente un numéro vocal digne des très grandes voix de l’histoire de la soul et un concert parfait. Dommage, elle ne laisse pas suffisamment de place au grain de folie et de liberté à ses excellents musiciens, comme si elle avait peur de l’accroc. L’expérience lui donnera la sérénité pour casser ce cadre trop bien rangé.

Trois albums et un grand spectacle en hommage à Billie Holiday à son actif, Lizz Wright a un sacré talent et va devenir une grande, une très grande chanteuse de la musique soul mondiale.

 

 321897040.jpg

Concert de Jean-Louis Aubert, une valeur sûre

Direction Thônex, avec les Junet (c’est pour l’amitié et non pas juste pour la rime), pour écouter Jean-Louis Aubert, en solo. L’ancien leader de Téléphone aligne les tubes, les siens naturellement, ceux de Téléphone, mais aussi des mélodies empruntées avec subtilité à d’autres comme Barbara. C’est le concert d’un musicien accompli, une valeur sûre.

Il manque une chose : l’orchestre. L’électronique ne remplacera, heureusement, jamais une belle bande de musiciens, la boîte à rythme ne nous fera pas oublier un bon batteur.

 

1811002138.jpg

Laurent Nicolet : Confédération Hermétique !!! Au dîner de Caritas, nous nous plions de rire, assez souvent, en écoutant Laurent Nicolet dans son spectacle inégal « Confédération Hermétique !!!! » et en voyant quelques coincées s’offusquer dès que le ton devient provocateur. Une bonne satyre de notre beau pays, résumée en une heure vingt. Jonglant avec les différents accents helvétiques, Nicolet est particulièrement brillant lorsqu’il se glisse dans le personnage d’Hans-Peter Zweifel – caricature comme les Romands les aiment du Suisse allemand – ou de Pedro Manuel Diego de la Vega Garcia Martinez, le bon concierge espagnol plus Suisse qu’un Suisse, et quand il imite Jean Ziegler Nicolet aborde aussi toutes les thématiques de la Suissitude  : Swissair, les banques, le fric, le cinéma suisse, les sugus, le vieillissement de la population, le couteau suisse, le rap au Locle, le comédien genevois, … Extrait du spectacle plus drôle dans le jeu de comédien et les attitudes que dans le texte : « Bientôt en Suisse, ce sera plus facile de trouver un sadique zoophile dans un pré qu'un bureau de poste en activité… Chez nous, les jeunes pour être marginaux, ils n'ont pas besoin d'être punk, grunge, gohtique ou yo, ils ont juste besoin d'être jeunes !

La Suisse est victime de son syndrome du " ou bien ", la peur de l'inconnu, le besoin d'être constamment rassuré. Et ça depuis sa création. Les trois cantons primitifs ont été touchés dès le début par ce fameux syndrome. (…) C'est d'ailleurs ce que les historiens de l'époque ont appelé le 1er doute, d'où la date de notre fête nationale ! »

 

909391457.jpg

La pensée du jour … d’un bel artiste

 2137376405.jpg

 

 

 

14:00 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)