08/05/2008

Unanimité sur l’avenir du Cycle d’orientation à Genève

Lu dans « Le Temps » du 8 mai 2008 sous la plume de Cynthia Gani

 

 

 

http://www.letemps.ch/template/regions.asp?page=7&article=231502

 

 

 

GENEVE. La Commission de l'enseignement du Grand Conseil a dessiné hier le futur Cycle.

 

 

 

A l'échelle genevoise, c'est un petit miracle. Traditionnel champion des batailles scolaires, le canton s'apprête à tourner une page, en réglant en douceur le sort de son Cycle d'orientation: comme l'a appris Le Temps, la Commission de l'enseignement du Grand Conseil a adopté hier à l'unanimité le contre-projet aux deux initiatives contradictoires qui visent à réformer le Cycle d'orientation. Au cœur de la future loi: la revalorisation de la filière professionnelle. La décision de la commission devra encore être avalisée par le plénum en juin, et le dernier mot reviendra au peuple en décembre.

 


Double épée de Damoclès

 


Pour Charles Beer, patron socialiste de l'Ecole, c'est un signal politique fort, qui vient clarifier une situation complexe. Car la réflexion des élus a été menée sous la pression d'une double épée de Damoclès: celle des deux initiatives qui proposent des solutions opposées pour l'avenir du secondaire obligatoire. L'une plaide pour l'instauration de multiples sections; l'autre réclame des classes hétérogènes composées d'élèves de tous les niveaux. Mais aucune ne remporte l'adhésion. Avec leur solide contre-projet, les élus espèrent convaincre les initiants des deux bords de retirer leurs textes.

 

 

 

La situation actuelle n'est pas davantage acceptable, de l'avis général de la classe politique: le Cycle est aujourd'hui découpé en deux regroupements: A pour les élèves qui se destinent à une formation gymnasiale, et B pour les autres. Le premier concentre 80% des effectifs. Un déséquilibre décrié, car de nombreux élèves échouent en première année du post-obligatoire. Quant à la filière B, elle se trouve dévalorisée.

 

 

 

Ce qui a été écarté

 

 

 

La commission aura travaillé six mois avant de parvenir à un compromis acceptable à toutes les sensibilités politiques. Avec un noyau dur: un accord initial passé par les partis socialiste, vert, PDC et radical sur les grands principes du Cycle. Au fil des séances, chacun a mis de l'eau dans son vin. Au chapitre des concessions: le PS a renoncé à la 7e année hétérogène qu'il appelait de ses vœux, admet Christian Brunier. Et les libéraux ont abandonné l'idée de créer une sorte de «voie express» réservée aux élèves particulièrement doués, souligne Janine Hagmann.

 

 

 

Ce qui va changer

 

 

 

Le contre-projet adoubé par la Commission de l'enseignement, que nous nous sommes procuré, prévoit une répartition des élèves en trois regroupements en 7e année, en fonction des notes obtenues à la fin de l'école primaire. Les mêmes disciplines leur sont enseignées, mais l'encadrement diffère: les classes d'élèves ayant des lacunes devraient compter un effectif réduit. «Dans chaque regroupement, l'élève approfondit et développe ses connaissances et compétences pour s'orienter dans l'une des trois sections des deux années suivantes», stipule la loi. Et en 7e, l'orientation devra faire l'objet d'«une information scolaire et professionnelle adéquate».

 

 

 

Car dès la 8e, on retrouve les sections, au nombre de trois. Particulièrement valorisée, celle que l'on a baptisée «Communication et technologie», qui prépare à la filière professionnelle. La section «Langues vivantes et communication» prépare notamment à l'Ecole de culture générale, à la maturité spécialisée, à la matu professionnelle et à la formation commerciale. Finalement, la section «Littéraire et scientifique» vise surtout à orienter les élèves vers la maturité gymnasiale. Elle laisse le choix entre le profil latin, langues vivantes ou sciences. La loi précise toutefois que cette section permet également de se diriger ensuite vers un apprentissage. Par ailleurs, la notion de «passerelles» entre les sections est inscrite dans la loi.

 

 

 

Ce qui reste à accomplir

 

 

 

«On revient enfin à un vrai Cycle d'orientation», se réjouit Christian Brunier. Pour le socialiste, particulièrement satisfait de voir la filière professionnelle valorisée, le défi sera désormais «de convaincre les patrons de jouer le jeu», en engageant plus facilement des jeunes de 15 ans. «Car ils ont tendance à privilégier ceux qui ont 18 ans.» Pour l'élu, il faut faire comprendre aux élèves du Cycle qu'«il n'y a pas que la matu dans la vie: on peut très bien gagner sa vie en étant plombier!»

 

 

 

 

 

11:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (5)

Commentaires

Que pensez vous de cette idée de l'UDC d'introduire le chant de l'hymne national à Genève ?

Écrit par : Victor DUMITRESCU | 08/05/2008

Concernant les dernières péripéties de l'école genevoise, sous la houlette de Charles Beer qui se prend pour un Charlemagne des temps modernes mais qui n'en a qu'une vue étriquée et partiale, sans vision politique digne de sa position. Non seulement, il se permet tout seul de sacrifier l'ascenseur social en n'octroyant pas les budgets promis aux structures d'appui et à une école de qualité à tous les échelons mais il affiche un souverain mépris à l'égard de la volonté populaire exprimée par un instrument constitutionnel, l'initiative 121, plébiscitée à 76% des citoyens le 24 septembre 2006.

Il demandait le retrait l'IN 121 aussi. Puis, au lendemain de sa défaite, il a réussi seulement à implorer la population de voter pour lui dans le but ... de changer de dpt! Honte au représentant d'une institution officielle!

Il devrait être sévèrement puni et personne ne bouge alors que l'école coule. Le traitement des dossiers scolaires est calamiteux.

La nomination des cadres du primaire ne compte aucun connaisseur du dossier de la réforme du primaire mais des petits copains "rénovation bis", idéologiquement orientés, sans aucun respect de la légitimité des compétences...

Comment pouvez-vous encore soutenir un hors-la-loi pareil, qui se fout de la volonté populaire exprimée par un instrument constitutionnel?

Écrit par : Micheline | 08/05/2008

Enfin un bon et vrai comprommis à la Suisse!


Mais je me demnade: vous allez faire comment pour faire passer ces sujets?

Les 3 le même jour?

Écrit par : Luner | 12/05/2008

Tout le monde est pour le Contre-Projet ! Belle unanimité ! Bravo ! On se congratule sous les travées, on se serre les mains, on hausse les coudes pour vider les verres. Mais il reste un détail, ô un petit rien, une bêtise : le peuple. C’est lui qui votera. Car il l’a déjà entendue la musique qui serine la même triste mélopée : « tout est joué, tout le monde est d’accord. Inclinez-vous devant tant de bonnes volontés conjuguées ! Vous n’avez qu’à dodeliner d’approbation devant le monde comme il va. » Possible, mais pas sûr. Pas sûr du tout, même. Quelles belles batailles en perspectives !

Écrit par : Jean Romain | 13/05/2008

Ce contre-projet a l'air bidon. On offre tout à tout le monde. Plus démago, pas possible
Il faut plus d'exigences au CO, pour sortir de la chienlit actuel et c'est tout.

Écrit par : Vektor | 18/05/2008

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