11/06/2008

Genève montre la voie de l’enseignement prioritaire

Le projet pilote lancé en 2006 s'étend désormais à 14 établissements sur 91.

 

 

Lu dans « Le Temps » sous la plume de Mathilde Fenestraz

 

 

Charles Beer, le patron socialiste de l'Instruction publique genevoise, l'a annoncé la semaine dernière: le programme du réseau d'enseignement prioritaire (REP) s'étendra à la rentrée 2008 à huit établissements supplémentaires, soit 14 sur un total de 91 dans le canton.

 

 

C'est le constat d'un fossé socioculturel croissant entre les classes de l'école publique qui a poussé le canton à introduire cette réforme. Celle-ci remet en question le principe de l'égalité de traitement entre établissements qui prévalait jusqu'alors. Tout a commencé en 2006 avec une expérience pilote à l'école des Tattes, sur la commune d'Onex, un établissement réputé difficile et marqué par une mauvaise ambiance.

 

 

L'efficacité de ce programme avait bien suscité quelques doutes. Olivier Baud, président de la Société pédagogique genevoise, avait peur que l'«on déshabille Paul pour habiller Jean». Autrement dit, il redoutait que les moyens supplémentaires alloués à ces REP ne lèsent les autres écoles, qui ne vivent pas dans l'opulence.

 

 

De la ZEP au REP

 

 

Le projet s'inspire de la zone d'éducation prioritaire (ZEP) française, qui existe depuis 1981. Christian Brunier, député socialiste genevois, qualifie de «prodigieux» les résultats atteints par les ZEP en banlieue française, à Lyon par exemple. Sur place, il avait recueilli des témoignages d'enseignants ayant perdu la peur d'aller au travail.

 

 

Mais à Genève, la dénomination même de ces écoles avait fait débat. Le canton a préféré le terme de réseau, non seulement parce que les moyens supplémentaires sont mis en commun, mais aussi pour éviter le caractère stigmatisant du terme «zone». Jean-François Steiert, président des secrétaires généraux de l'Instruction publique en Suisse romande et collaborateur d'Anne-Catherine Lyon, avait exprimé des réserves sur la mise en exergue, par publication, de la liste des établissements à problèmes.

 

 

Aujourd'hui, aucune évaluation n'a encore été faite sur les résultats du REP genevois, mais les réticences de départ se sont dissipées. Ce dont témoigne l'intérêt des établissements à rejoindre, sur une base volontaire, le réseau.

 

 

Sur le plan politique, c'est également le consensus. «Ce système nous donne grande satisfaction», souligne la députée libérale Janine Hagmann.

 

 

Comment ça marche

 

 

Deux conditions sont nécessaires pour entrer dans le programme: plus de la moitié des enfants doivent être issus de catégories socioprofessionnelles défavorisées; l'engagement des enseignements, pour une période de trois ans, doit être volontaire.

 

 

En échange de cet engagement, le Département de l'instruction publique agit de trois manières. L'augmentation des ressources permet aux écoles de diminuer le nombre d'élèves par classe de 20,5 à 18. Le taux d'encadrement passe à un enseignant pour 14,5 élèves, contre 17 ailleurs. Les établissements REP disposent d'une plus grande autonomie et les enseignants recherchent une implication plus importante des élèves dans la vie scolaire.

 

 

L'accent est mis sur les familles qui ne parlent pas le français. Des postes d'éducateurs spécialisés ont fait leur apparition, réduisant la distance entre l'institution et la famille.

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16:54 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (4)

Commentaires

Aucune évaluation n'a encore été faite ! Vous y croyez, vous, à une évaluation sérieuse à Genève ? Depuis 30 j'observe ce DIP avec toutes ses réformes, nouveautés, idées "Geni@l"! Toute nouveauté est toujours excellente à Genève, on teste, puis on dit qu'on va évaluer puis cela devient une règle et l'évaluation est oubliée ou alors évidemment positive.
Et puis, au bout de quelques années on s'aperçoit que nos élèves obtiennent des résultats catastrophiques en comparaison avec ceux des autres cantons où il n'y avait pas de réformes. Mais alors consolons-nous: Genève a fait des réformes et c'est tout ce qui compte !
Mais entendons-nous bien, je n'ai rien contre les REP en soi, mais faites une évaluation sérieuse et vite !

Écrit par : Marion Garcia | 11/06/2008

Le titre "Genève montre la voie de l’enseignement prioritaire" me semble un peu déplacé. Si je lis bien l'article, "Le projet s'inspire de la zone d'éducation prioritaire (ZEP) française".

On en déduit facilement que Genève a eu le génie de se mettre dans les mêmes problèmes que les "zones" françaises, mais au contraire de ces derniers sans y être vraiment obligé par des raisons historiques. Et maintenant on peut se vanter d’appliquer les expériences acquises par nos amis gaulois.

Il reste plus qu’à appliquer le projet socialiste d’augmentation des allocations familiales pour remplir nos banlieues de familles d’assistés avec 7 ou 8 enfants et on n’aura vraiment plus rien à envier à nos voisins…

AF

Écrit par : Alain Fernal | 11/06/2008

Bravo Alain Fernal! La plupart des élèves en difficulté vont en privé pour des cours d'appui! Les REP, c'est de la poudre aux yeux, pour recopier le grand frère. Pire: ceux qui ont gravi les échelons là, se voient propulsés dans des postes d cadres du primaire! Cela fait bien de faire croire que... Un est même député dans une classe qui ne le permet pas et un autre est sélectionneur pour les postes des 100 dirlos, se voyant encore promu! Tous ces opportunistes sont dans les bons papiers de Beer, sans raisons, et ont signé le Manifeste contre l'Initiative 121, votée à 76% de la population! Est-ce républicain?

Écrit par : Micheline | 11/06/2008

Bonjour. Je suis totalement d'accord avec Alain Feral. Je suis francais et j'ai ete scolarise en ZEP a la fin de mes etudes.
Je vous confirme bien que ce systeme n'est que de la poudre aux yeux et ne resout aucun probleme. Ce n'est pas avec de nouvelles TV ou des sieges tout neufs dans les salles de classe que l'on fait des eleves plus disciplines et plus savants.

La suisse doit faire tres attention aux etranges idees de gauche si ils ne veulent pas se retrouver dans la meme situation que la france.

Juste pour infomation je vous invite a lire ceci :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_d'éducation_prioritaire

Écrit par : Francois Roussel | 12/06/2008

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