15/09/2008

Les conditions de travail à Telecom 1999 n’étaient pas respectées

En 1999, des députés de gauche (Rémy Pagani, Anita Cuénod, Elisabeth Reusse-Decrey, Pierre Vanek, Bernard Clerc, Gilles Godinat, Jeannine de Haller, Marie-Paule Blanchard- Queloz, Loly Bolay, Christian Grobet, Jean Spielmann, Chaïm Nissim, Luc Gilly, René Ecuyer, Myriam Sormanni, Fabienne Bugnon, Salika Wenger et Christian Brunier) s’étaient inquiétés des conditions de travail désastreuses de certains travailleurs étrangers employés au montage des imposants stands de Telecom 99, et avaient déposé une motion.

Dans le texte de ce projet parlementaire, le cas de travailleurs chinois avait été évoqué.

Neuf ans plus tard, le gouvernement genevois répond enfin à cette motion, alors que la loi laisse au Conseil d’Etat un délai de 6 mois pour répondre aux interrogations des député-e-s. Quel manque d’égard envers le pouvoir législatif !

Le rapport du Conseil d’Etat nie les faits et conclut de la façon suivante : « Il convient de retenir qu'il n'y a pas eu à Genève durant l'édition Telecom 99 de salaires misérables versés par l'entreprise Pico à ses travailleurs occupés au montage des stands. Il faut toutefois reconnaître que cette rumeur est tenace quand bien même elle repose sur des faits manifestement faux. Puisse cette réponse contribuer à l'éradiquer enfin. »

Certes l’attaque syndicale, relayée par la gauche, s’était trompée de cible, l’entreprise Pico s’étant conformée aux usages genevois et les travailleurs chinois étant mieux rétribués que ce qu’avançaient les syndicats.

Néanmoins, la réponse gouvernementale omet totalement de mentionner qu’une enquête tripartite (Etat, syndicats, patronat), pilotée par le Service de la main d’œuvre étrangère, a analysé la situation de plusieurs travailleurs de ce grand chantier. Cette investigation a démontré que quatre employés d’une entreprise slovène étaient payés CHF 5,52 de l’heure, tandis que quatre autres collaborateurs d’une entreprise turque touchaient entre CHF 6,09 et 7,11 de l’heure. Au total, l’enquête a prouvé qu’au moins 17 personnes avaient un salaire inférieur à CHF 2'500 pour le mois.

L’attaque contre l’entreprise Pico était injustifiée et les motionnaires doivent présenter leurs excuses à cet employeur. Mais, comme il y a rarement de fumée sans feu, le Conseil d’Etat n’a pas le droit de conclure que tout s’est bien passé. Nier ces dérapages est une manière de ne pas respecter les engagements pris lors des Bilatérales afin d’éviter tout dumping social, dangereux tant pour les travailleur-euse-s genevois-es que pour les entreprises. C’est dans cette dynamique de respect des règles communautaires et du droit du travail que le gouvernement doit inscrire son action.

17:19 Publié dans Politique | Tags : telecom | Lien permanent | Commentaires (0)

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