19/12/2008

Budget de l’Etat de Genève 2009 : en direct

Je passe l’une de mes dernières journées au Grand Conseil genevois, partant en janvier prochain. L’an passé, j’avais géré mon blog quasiment en direct durant les travaux budgétaires du parlement. Je vais tenter la même expérience aujourd’hui.

Début décembre, avec raison, le Président du Grand Conseil a expulsé de la séance parlementaire trois perturbateurs du MCG. Suite à ces incidents, le MCG a demandé la démission de la présidence, qui se distingue en portant toujours un nœud papillon. Par solidarité envers la présidence et par opposition à cette demande abusive de démission, j’ai siégé, comme plusieurs député-e-s, hier soir, symboliquement avec un nœud papillon. Un beau symbole de défense des institutions contre le populiste.

Le débat budgétaire commence. A ce stade, tous les partis - à l’exception des libéraux et de l’UDC - soutiennent le projet de budget, en soulignant qu’il est le fruit d’un consensus. Mais, la situation peut fortement bouger durant la journée, en fonction de votes d’amendements qui peuvent déséquilibrer ce budget dans un sens ou un autre.

Alors que le MCG n’avait pas présenté cet amendement en commission, de manière démagogique, ce parti populiste joue au « pro-fonctionnaires » et propose de changer le taux d’inflation, pourtant défini dans la loi. Le MCG propose d’augmenter le coût de la vie de 0,1 %, soit un coût supplémentaire de 28,6 MCHF.  Tous les partis refusent cette idée électoraliste.

La fumée est interdite dans les locaux de l’Etat. A la pause, plusieurs député-e-s ne respectent pas ce règlement, considérant vraisemblablement qu’ils surfent au-dessus des règles grâce à leur statut d’apparatchiks. Je fais une remarque à un député, qui me répond « appelle la police ! ». Les députés votent quasiment unanimement pour la campagne « Le Respect, ça change la vie ». Dans la pratique, certains ont davantage de peine.

Le Parti libéral propose de couper linéairement 47,3 MCHF dans le budget des ressources humaines, mettant en péril les négociations avec le personnel de l’Etat et la paix sociale. Le député libéral Cuendet propose de couper 172 postes et de diminuer, de plus, les charges de 25 millions. Lorsque les banques vont mal, les Libéraux veulent un Etat interventionniste, notamment avec des aides financières à la clé. Sinon, ils taillent dans le service public. Comme dit si bien mon pote Alain Charbonnier : « En cette période de tempête, il ne faut pas couper la voilure, mais plutôt renforcer la coque du bateau ».  Cette proposition dogmatique est clairement refusée par les Radicaux, le MCG, le PDC, les Verts et le PS.

Le député MCG Eric Stauffer attaque les Libéraux en leur disant qu’il faut avoir beaucoup d’argent pour être libéral. Pour une fois, Eric Stauffer sait de quoi il parle puisque ce monsieur a été membre et même élu municipal du Parti …libéral.

Toujours lui … Le député MCG Eric Stauffer souligne ironiquement que le groupe parlementaire de l’UDC ne compte pas de femme. Alzheimer ! L’UDC n’en dénombre certes qu’une seule, mais le MCG n’a, quant à lui, AUCUNE femme dans ses rangs parlementaires.

Nouvel assaut contre les charges de personnel. La droite majoritaire effectue une coupe de 7 millions malgré l’opposition des Socialistes, des Verts et du MCG.

Le Conseil d’Etat propose de rétablir 10 millions dans les dépenses générales. Les Verts, le PS et le MCG soutient cette proposition. La majorité de droite n’accepte que 7 millions supplémentaires.

Le ridicule ne tue vraiment pas ! La majorité de la commission des finances a coupé CHF 7'500.- à la Feuille d’Avis Officiels (sur un budget global de l’Etat de plus de CHF 7'000'000'000.-), pour se venger de la censure des discours de la Présidente du Grand Conseil de l’époque et du Procureur général lors de la prestation de serment du pouvoir judiciaire. Cette censure provenant de la FAO est scandaleuse. La coupe budgétaire vengeresse est tout aussi lamentable. Le parlement passe près d’un quart d’heure à débattre de cette somme insignifiante. Finalement, sous l’impulsion des Verts, du MCG, de quelques démocrates-chrétiens et des socialistes, ce petit montant est rétabli.

Pause de midi dans un resto thaï du coin.

14 heures, on redémarre. Charles Beer justifie, de long en large, le budget de l’Instruction publique. L’école n’est visiblement pas une priorité pour tous les députés.

Le PDC et les Libéraux demandent d’ajouter 4,32 MCHF pour l’Université alors que les autres subventionnés se serrent la ceinture. Est-ce que la priorité de Genève est de donner davantage de moyens à un organisme évidemment essentiel pour l’essor de notre canton, mais qui n’est de loin pas le parent pauvre de notre petite République ?

Le Conseil d’Etat propose de rétablir la totalité de la subvention des Mouettes genevoises, qui a été coupée partiellement par la commission des finances. Cette société connaît quelques problèmes de gestion et de manque de transparence. Une majorité, à laquelle j’appartiens, considère qu’il faut avant tout préserver le service offert au public.

Au mépris du vote populaire, 10 millions sont coupés aux Etablissements médico-sociaux (EMS).

Reprochant au CIPRET d’avoir fait campagne contre la fumée passive, ce qui est l’un des buts de cette association, une majorité confirme la coupe budgétaire de CH 60'000.-. La vendetta n’existe pas qu’en Italie.

18:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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