31/12/2008

Démission du Grand Conseil genevois

A Monsieur Eric Leyvraz, Président du Grand Conseil et aux député-e-s

Concerne : ma démission du Grand Conseil genevois

 

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu » Bertolt Brecht

Monsieur le Président, Cher Eric,

Mesdames et Messieurs les député-e-s, Chères amies, Chers amis,

Après 11 ans passés dans ce parlement, je démissionne avec l’impression d’avoir vécu une grande et belle décennie de passion.

Naturellement, il y a eu aussi des moments difficiles. Mais, par nature positive, j’ai envie de n’évoquer que les bons moments, nettement plus nombreux que les heures sombres.

Je souhaiterais tout d’abord féliciter la plupart d’entre vous. Car, au-delà de nos divergences politiques, j’ai rencontré dans ce parlement énormément de personnes – de personnages devrais-je dire – vivant une vraie passion pour Genève. Une foule d’élu-e-s donnent une quantité incommensurable d’heures pour soutenir notre République et une énergie débordante pour défendre les intérêts de la population.

Il est à la mode de vomir sur les politiques. Pourtant, dans ce monde politique, il y a de sacrés talents et un sens de l’engagement que l’on retrouve rarement ailleurs. A ceux qui salissent la politique dans les bistrots ou dans la presse, voire au sein de ce parlement, je leur demande simplement de s’interroger sur  ce qu’ils ont eux-mêmes entrepris pour changer les situations qu’ils condamnent. Pas grand chose souvent ! Bravo donc aux politiques de tous bords qui  font vivre notre démocratie !

Les politiques doivent aussi aimer les gens et les plaisirs de la vie. Comment promouvoir une société meilleure sans chérir les ravissements de l’existence ? L’épicurisme devrait nous unir, malgré nos différences d’idéaux. Alors qu’on nous parle de la crise à tous les coins de rues, on n’oublie trop souvent que celle-ci est en partie réelle, mais que le facteur psychologique est bien plus important. Cassons le scepticisme ambiant et redonnons confiance à la population en adoptant un ton plus positif. Affichons la confiance qui a permis très souvent à Genève de réaliser de grandes choses. La politique doit faire progresser le goût de la vie. Une expression dit qu’on rit pour un OUI ou pour un NON. Le OUI et le NON, n’est-ce pas la base de notre système démocratique ? Alors lâchons-nous !

Il y a quelques années, nous (plusieurs député-e-s de droite et de gauche) avions créé le Club de la bière blanche. Après des débats animés, nous nous retrouvions entre ami-e-s sans étiquette politique pour passer un bon moment, mais parfois pour trouver les compromis que nos partis n’avaient pas toujours su trouver. La puissance de l’amitié et la convivialité repoussent souvent les obstacles infranchissables.

Ma passion a été … naturellement politique. Cependant, la politique m’a aussi apporté le grand amour de ma vie, une fée verte pour un Développement durable. Mon, notre retrait, de ce Grand Conseil va nous permettre de vivre d’autres moments intenses et aussi riches que ceux que nous avons passés avec vous.

Pour tout ce que vous faites pour Genève et pour tout ce que le parlement m’a apporté, je  vous souhaite une overdose de bonheur pour 2009. Je tiens encore à remercier très chaleureusement le Service du Grand Conseil qui soutient avec brio et avec une énorme gentillesse le travail des parlementaires.

Vive Genève ! Vive la vie !  Avec mes amitiés.

 

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