31/12/2008

Démission du Grand Conseil genevois

A Monsieur Eric Leyvraz, Président du Grand Conseil et aux député-e-s

Concerne : ma démission du Grand Conseil genevois

 

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu » Bertolt Brecht

Monsieur le Président, Cher Eric,

Mesdames et Messieurs les député-e-s, Chères amies, Chers amis,

Après 11 ans passés dans ce parlement, je démissionne avec l’impression d’avoir vécu une grande et belle décennie de passion.

Naturellement, il y a eu aussi des moments difficiles. Mais, par nature positive, j’ai envie de n’évoquer que les bons moments, nettement plus nombreux que les heures sombres.

Je souhaiterais tout d’abord féliciter la plupart d’entre vous. Car, au-delà de nos divergences politiques, j’ai rencontré dans ce parlement énormément de personnes – de personnages devrais-je dire – vivant une vraie passion pour Genève. Une foule d’élu-e-s donnent une quantité incommensurable d’heures pour soutenir notre République et une énergie débordante pour défendre les intérêts de la population.

Il est à la mode de vomir sur les politiques. Pourtant, dans ce monde politique, il y a de sacrés talents et un sens de l’engagement que l’on retrouve rarement ailleurs. A ceux qui salissent la politique dans les bistrots ou dans la presse, voire au sein de ce parlement, je leur demande simplement de s’interroger sur  ce qu’ils ont eux-mêmes entrepris pour changer les situations qu’ils condamnent. Pas grand chose souvent ! Bravo donc aux politiques de tous bords qui  font vivre notre démocratie !

Les politiques doivent aussi aimer les gens et les plaisirs de la vie. Comment promouvoir une société meilleure sans chérir les ravissements de l’existence ? L’épicurisme devrait nous unir, malgré nos différences d’idéaux. Alors qu’on nous parle de la crise à tous les coins de rues, on n’oublie trop souvent que celle-ci est en partie réelle, mais que le facteur psychologique est bien plus important. Cassons le scepticisme ambiant et redonnons confiance à la population en adoptant un ton plus positif. Affichons la confiance qui a permis très souvent à Genève de réaliser de grandes choses. La politique doit faire progresser le goût de la vie. Une expression dit qu’on rit pour un OUI ou pour un NON. Le OUI et le NON, n’est-ce pas la base de notre système démocratique ? Alors lâchons-nous !

Il y a quelques années, nous (plusieurs député-e-s de droite et de gauche) avions créé le Club de la bière blanche. Après des débats animés, nous nous retrouvions entre ami-e-s sans étiquette politique pour passer un bon moment, mais parfois pour trouver les compromis que nos partis n’avaient pas toujours su trouver. La puissance de l’amitié et la convivialité repoussent souvent les obstacles infranchissables.

Ma passion a été … naturellement politique. Cependant, la politique m’a aussi apporté le grand amour de ma vie, une fée verte pour un Développement durable. Mon, notre retrait, de ce Grand Conseil va nous permettre de vivre d’autres moments intenses et aussi riches que ceux que nous avons passés avec vous.

Pour tout ce que vous faites pour Genève et pour tout ce que le parlement m’a apporté, je  vous souhaite une overdose de bonheur pour 2009. Je tiens encore à remercier très chaleureusement le Service du Grand Conseil qui soutient avec brio et avec une énorme gentillesse le travail des parlementaires.

Vive Genève ! Vive la vie !  Avec mes amitiés.

 

Louis Ducor, une sacrée personnalité engagée pour Genève

Pour le journal « Grand Angle », je rends hommage à Louis Ducor qui nous a quittés il y quelques semaines. 

 « Vu la situation actuelle de l’entreprise, je vous propose 0% d’augmentation pour cette année. Au niveau de vos revendications, vous n’êtes pas raisonnables … ». Le PDG se lève et claque la porte. Les faits remontent à une vingtaine d’années et le scénario se répétait inlassablement, année après année. C’était l’un de mes premiers contacts avec Louis Ducor, à l’heure des négociations entre la direction des S.I. (SIG n’était pas encore à la mode) et la commission du personnel (C.P). J’étais le benjamin de la C.P . et la tradition voulait que le plus jeune soit envoyé au feu pour présenter la plate-forme de revendications salariales. Tous les 365 jours, M. Ducor arrivait en négociation avec « rien à donner » et la commission du personnel demandait la lune. Le clash était assuré et Louis Ducor sortait furieux de la première séance. Ensuite, avec son esprit joueur, avec sa passion de la négociation, mais surtout avec son goût de la justice sociale, Monsieur Ducor entamait la discussion qui durait, durait, durait … En fin de course la négociation tournait souvent en faveur du personnel et correspondait aux objectifs initiaux fixés par le PDG. Tout le monde sortait la tête haute, en criant victoire.

Quelques jours après cette négociation serrée, j’étais convoqué dans son bureau. Sur un ton très paternaliste, il me dit avoir apprécié cette bataille syndicale, et il m’avoua même avoir admiré mon courage et l’insolence de ma jeunesse. Le « vieux loup » de la politique et de l’industrie était parfois autoritaire, mais toujours respectueux de celles et ceux qui déployaient de la bravoure et de la passion pour l’entreprise.

Très vite, une complicité s’instaura entre nous. Au-delà de nos idées et de nos rôles différents, nous partagions le sens du service public, la volonté de préserver la paix sociale et une opiniâtreté absolue à défendre SIG et ses collaboratrices et collaborateurs.

Ainsi au fil du temps, j’ai appris à connaître la sacrée personnalité qu’était Louis Ducor. Il était assurément un homme d’Etat, soucieux du bien général et de l’avenir de notre République, pour laquelle il vouait une grande passion.

Durant sa présidence et sa direction, puisqu’à l’époque ces deux responsabilités étaient cumulées, notre entreprise a progressé énormément. A son bilan, nous comptabilisons notamment la construction de notre site du Lignon et un emménagement de grande ampleur, la reprise de la Société des Eaux d’Arve, la mise en œuvre d’une politique de communication, la modernisation du fonctionnement de l’entreprise ou le renforcement de SIG au sein de Gaznat, d’EOS et de la Société des Forces motrices de Chancy-Pougny.

Comme tous les passionnés, il était aussi un touche-à-tout. La liste de ses présidences est impressionnante : de l’Institut national genevois à l’Association des diabétiques, du Rotary au Parti radical genevois, en passant par celle de la Grande-Dixence et de la Société des Ports-Francs.

Dans son discours de départ de SIG, Louis Ducor lançait : « Le sentiment que je retiens, c’est la joie d’entreprendre, de construire, de consacrer mon activité à des ouvrages durables, utiles à l’ensemble de la collectivité genevoise. Je crains que l’ambiance n’ait changé aujourd’hui. Je ressens plutôt, la peur d’investir, la peur de déplaire, la peur des élections, la peur des risques techniques, la peur des erreurs. » Cet hymne au courage politique et cet itinéraire en faveur de la prospérité de Genève résument bien l’existence de cet homme qui laisse une trace positive et durable pour notre canton.

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21/12/2008

15 ans pour un jet de chaussures

Mountazer al Zaïdi, journaliste irakien, a tiré ses chaussures contre George W. Bush pour protester contre la politique menée par le gouvernement Bush en Irak.

Ce geste est peu élégant, mais tellement compréhensible. Le journaliste a présenté ensuite ses excuses.

Pour 2 chaussures balancées, il risque 15 ans de prison.

Bush, pour les milliers de morts générés par sa politique, ne risque qu’une belle retraite.

 

chaussure.jpg
Dessin tiré de Charlie Hebdo

 

 

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19/12/2008

Budget de l’Etat de Genève 2009 : en direct

Je passe l’une de mes dernières journées au Grand Conseil genevois, partant en janvier prochain. L’an passé, j’avais géré mon blog quasiment en direct durant les travaux budgétaires du parlement. Je vais tenter la même expérience aujourd’hui.

Début décembre, avec raison, le Président du Grand Conseil a expulsé de la séance parlementaire trois perturbateurs du MCG. Suite à ces incidents, le MCG a demandé la démission de la présidence, qui se distingue en portant toujours un nœud papillon. Par solidarité envers la présidence et par opposition à cette demande abusive de démission, j’ai siégé, comme plusieurs député-e-s, hier soir, symboliquement avec un nœud papillon. Un beau symbole de défense des institutions contre le populiste.

Le débat budgétaire commence. A ce stade, tous les partis - à l’exception des libéraux et de l’UDC - soutiennent le projet de budget, en soulignant qu’il est le fruit d’un consensus. Mais, la situation peut fortement bouger durant la journée, en fonction de votes d’amendements qui peuvent déséquilibrer ce budget dans un sens ou un autre.

Alors que le MCG n’avait pas présenté cet amendement en commission, de manière démagogique, ce parti populiste joue au « pro-fonctionnaires » et propose de changer le taux d’inflation, pourtant défini dans la loi. Le MCG propose d’augmenter le coût de la vie de 0,1 %, soit un coût supplémentaire de 28,6 MCHF.  Tous les partis refusent cette idée électoraliste.

La fumée est interdite dans les locaux de l’Etat. A la pause, plusieurs député-e-s ne respectent pas ce règlement, considérant vraisemblablement qu’ils surfent au-dessus des règles grâce à leur statut d’apparatchiks. Je fais une remarque à un député, qui me répond « appelle la police ! ». Les députés votent quasiment unanimement pour la campagne « Le Respect, ça change la vie ». Dans la pratique, certains ont davantage de peine.

Le Parti libéral propose de couper linéairement 47,3 MCHF dans le budget des ressources humaines, mettant en péril les négociations avec le personnel de l’Etat et la paix sociale. Le député libéral Cuendet propose de couper 172 postes et de diminuer, de plus, les charges de 25 millions. Lorsque les banques vont mal, les Libéraux veulent un Etat interventionniste, notamment avec des aides financières à la clé. Sinon, ils taillent dans le service public. Comme dit si bien mon pote Alain Charbonnier : « En cette période de tempête, il ne faut pas couper la voilure, mais plutôt renforcer la coque du bateau ».  Cette proposition dogmatique est clairement refusée par les Radicaux, le MCG, le PDC, les Verts et le PS.

Le député MCG Eric Stauffer attaque les Libéraux en leur disant qu’il faut avoir beaucoup d’argent pour être libéral. Pour une fois, Eric Stauffer sait de quoi il parle puisque ce monsieur a été membre et même élu municipal du Parti …libéral.

Toujours lui … Le député MCG Eric Stauffer souligne ironiquement que le groupe parlementaire de l’UDC ne compte pas de femme. Alzheimer ! L’UDC n’en dénombre certes qu’une seule, mais le MCG n’a, quant à lui, AUCUNE femme dans ses rangs parlementaires.

Nouvel assaut contre les charges de personnel. La droite majoritaire effectue une coupe de 7 millions malgré l’opposition des Socialistes, des Verts et du MCG.

Le Conseil d’Etat propose de rétablir 10 millions dans les dépenses générales. Les Verts, le PS et le MCG soutient cette proposition. La majorité de droite n’accepte que 7 millions supplémentaires.

Le ridicule ne tue vraiment pas ! La majorité de la commission des finances a coupé CHF 7'500.- à la Feuille d’Avis Officiels (sur un budget global de l’Etat de plus de CHF 7'000'000'000.-), pour se venger de la censure des discours de la Présidente du Grand Conseil de l’époque et du Procureur général lors de la prestation de serment du pouvoir judiciaire. Cette censure provenant de la FAO est scandaleuse. La coupe budgétaire vengeresse est tout aussi lamentable. Le parlement passe près d’un quart d’heure à débattre de cette somme insignifiante. Finalement, sous l’impulsion des Verts, du MCG, de quelques démocrates-chrétiens et des socialistes, ce petit montant est rétabli.

Pause de midi dans un resto thaï du coin.

14 heures, on redémarre. Charles Beer justifie, de long en large, le budget de l’Instruction publique. L’école n’est visiblement pas une priorité pour tous les députés.

Le PDC et les Libéraux demandent d’ajouter 4,32 MCHF pour l’Université alors que les autres subventionnés se serrent la ceinture. Est-ce que la priorité de Genève est de donner davantage de moyens à un organisme évidemment essentiel pour l’essor de notre canton, mais qui n’est de loin pas le parent pauvre de notre petite République ?

Le Conseil d’Etat propose de rétablir la totalité de la subvention des Mouettes genevoises, qui a été coupée partiellement par la commission des finances. Cette société connaît quelques problèmes de gestion et de manque de transparence. Une majorité, à laquelle j’appartiens, considère qu’il faut avant tout préserver le service offert au public.

Au mépris du vote populaire, 10 millions sont coupés aux Etablissements médico-sociaux (EMS).

Reprochant au CIPRET d’avoir fait campagne contre la fumée passive, ce qui est l’un des buts de cette association, une majorité confirme la coupe budgétaire de CH 60'000.-. La vendetta n’existe pas qu’en Italie.

Nous siégeons depuis 10 heures, les député-e-s fatiguent. Heureusement, l’ambiance reste encore sereine.

Au terme du deuxième débat (il y en a 3 au total), le résultat net est de 15 millions de boni.

Le PS redépose, au 3ème débat, un amendement pour redonner MCHF 5 aux EMS. La population a voté massivement une initiative réclamant 60 millions supplémentaires pour garantir la qualité et l’humanisation des soins. Pour l’instant, seuls 5 MCHF ont été ajoutés. Vote : 26 pour (PS + MCG), 21 abstentions et 37 oppositions.

Proposition d’ajout fort modeste de CHF 15'000.- à l’Association des familles monoparentales. Le PS, les Verts, le MCG et le PDC remportent le vote.

Au terme d’une journée marathon, le budget est approuvé quasiment à l’unanimité.

18:31 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Budget de l’Etat de Genève 2009 : en direct

Je passe l’une de mes dernières journées au Grand Conseil genevois, partant en janvier prochain. L’an passé, j’avais géré mon blog quasiment en direct durant les travaux budgétaires du parlement. Je vais tenter la même expérience aujourd’hui.

Début décembre, avec raison, le Président du Grand Conseil a expulsé de la séance parlementaire trois perturbateurs du MCG. Suite à ces incidents, le MCG a demandé la démission de la présidence, qui se distingue en portant toujours un nœud papillon. Par solidarité envers la présidence et par opposition à cette demande abusive de démission, j’ai siégé, comme plusieurs député-e-s, hier soir, symboliquement avec un nœud papillon. Un beau symbole de défense des institutions contre le populiste.

Le débat budgétaire commence. A ce stade, tous les partis - à l’exception des libéraux et de l’UDC - soutiennent le projet de budget, en soulignant qu’il est le fruit d’un consensus. Mais, la situation peut fortement bouger durant la journée, en fonction de votes d’amendements qui peuvent déséquilibrer ce budget dans un sens ou un autre.

Alors que le MCG n’avait pas présenté cet amendement en commission, de manière démagogique, ce parti populiste joue au « pro-fonctionnaires » et propose de changer le taux d’inflation, pourtant défini dans la loi. Le MCG propose d’augmenter le coût de la vie de 0,1 %, soit un coût supplémentaire de 28,6 MCHF.  Tous les partis refusent cette idée électoraliste.

La fumée est interdite dans les locaux de l’Etat. A la pause, plusieurs député-e-s ne respectent pas ce règlement, considérant vraisemblablement qu’ils surfent au-dessus des règles grâce à leur statut d’apparatchiks. Je fais une remarque à un député, qui me répond « appelle la police ! ». Les députés votent quasiment unanimement pour la campagne « Le Respect, ça change la vie ». Dans la pratique, certains ont davantage de peine.

Le Parti libéral propose de couper linéairement 47,3 MCHF dans le budget des ressources humaines, mettant en péril les négociations avec le personnel de l’Etat et la paix sociale. Le député libéral Cuendet propose de couper 172 postes et de diminuer, de plus, les charges de 25 millions. Lorsque les banques vont mal, les Libéraux veulent un Etat interventionniste, notamment avec des aides financières à la clé. Sinon, ils taillent dans le service public. Comme dit si bien mon pote Alain Charbonnier : « En cette période de tempête, il ne faut pas couper la voilure, mais plutôt renforcer la coque du bateau ».  Cette proposition dogmatique est clairement refusée par les Radicaux, le MCG, le PDC, les Verts et le PS.

Le député MCG Eric Stauffer attaque les Libéraux en leur disant qu’il faut avoir beaucoup d’argent pour être libéral. Pour une fois, Eric Stauffer sait de quoi il parle puisque ce monsieur a été membre et même élu municipal du Parti …libéral.

Toujours lui … Le député MCG Eric Stauffer souligne ironiquement que le groupe parlementaire de l’UDC ne compte pas de femme. Alzheimer ! L’UDC n’en dénombre certes qu’une seule, mais le MCG n’a, quant à lui, AUCUNE femme dans ses rangs parlementaires.

Nouvel assaut contre les charges de personnel. La droite majoritaire effectue une coupe de 7 millions malgré l’opposition des Socialistes, des Verts et du MCG.

Le Conseil d’Etat propose de rétablir 10 millions dans les dépenses générales. Les Verts, le PS et le MCG soutient cette proposition. La majorité de droite n’accepte que 7 millions supplémentaires.

Le ridicule ne tue vraiment pas ! La majorité de la commission des finances a coupé CHF 7'500.- à la Feuille d’Avis Officiels (sur un budget global de l’Etat de plus de CHF 7'000'000'000.-), pour se venger de la censure des discours de la Présidente du Grand Conseil de l’époque et du Procureur général lors de la prestation de serment du pouvoir judiciaire. Cette censure provenant de la FAO est scandaleuse. La coupe budgétaire vengeresse est tout aussi lamentable. Le parlement passe près d’un quart d’heure à débattre de cette somme insignifiante. Finalement, sous l’impulsion des Verts, du MCG, de quelques démocrates-chrétiens et des socialistes, ce petit montant est rétabli.

Pause de midi dans un resto thaï du coin.

14 heures, on redémarre. Charles Beer justifie, de long en large, le budget de l’Instruction publique. L’école n’est visiblement pas une priorité pour tous les députés.

Le PDC et les Libéraux demandent d’ajouter 4,32 MCHF pour l’Université alors que les autres subventionnés se serrent la ceinture. Est-ce que la priorité de Genève est de donner davantage de moyens à un organisme évidemment essentiel pour l’essor de notre canton, mais qui n’est de loin pas le parent pauvre de notre petite République ?

Le Conseil d’Etat propose de rétablir la totalité de la subvention des Mouettes genevoises, qui a été coupée partiellement par la commission des finances. Cette société connaît quelques problèmes de gestion et de manque de transparence. Une majorité, à laquelle j’appartiens, considère qu’il faut avant tout préserver le service offert au public.

Au mépris du vote populaire, 10 millions sont coupés aux Etablissements médico-sociaux (EMS).

Reprochant au CIPRET d’avoir fait campagne contre la fumée passive, ce qui est l’un des buts de cette association, une majorité confirme la coupe budgétaire de CH 60'000.-. La vendetta n’existe pas qu’en Italie.

18:04 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Un peu de bonheur en vrac ...

Renfort de Sézegnin : J’adhère à ses thèses épicuriennes

J’ai déjeuné, il y a quelques jours, au « Renfort de Sézegnin ». En plus, d’une cuisine soignée, ce restaurant dans la campagne de Genève prône des thèses épicuriennes sur ses murs : « La vie est belle à qui veut et qui sait bien la comprendre ! » ou « Veux-tu toujours être amoureux ? Garnis ta cave de vin au mieux. » C’est beau la philosophie de bistrot !

 

Espèces menacées

Vu en DVD : Espèces menacées … Pièce de théâtre hilarante de Ray Cooney. Ce sont Michel Blanc et Gérard Jugnot qui ont réalisé l’adaptation française de cette comédie qui a été jouée ensuite notamment par Gérard Jugnot et Martin Lamotte.

Le synopsis : Un petit comptable sans histoire échange sa valise avec celle d’un escroc dans laquelle se trouvent sept millions de francs. En découvrant le fric et craignant que le truand le retrouve, il planifie sa fuite en Argentine. C’est là que tout se gâte. De l’arrivée de la police en passant par celle d’amis venant fêter l’anniversaire de l’humble comptable, du refus de son épouse à partir à la volonté de plusieurs personnes de son entourage de le suivre et un peu de l’envahir dans sa fuite, les quiproquos pleuvent comme un jour d’été à Londres. Le rythme tonitruant de ce spectacle est un bon moment pour recharger ses batteries.

especes menacees.jpg

Grand méchant dictionnaire

Je relis le « Grand méchant dictionnaire », un vieux bouquin de ma bibliothèque. 450 pages de définitions insolentes, drôles et piquantes émanant d’esprits caustiques.

Jugez plutôt sur quelques noms de contributeurs à ce dico rassemblant près de 4000 bons mots : Woody Allen, Arletty, Antonin Artaud, Roland Bacri, André Breton, Professeur Choron, Winston Churchill, Salvador Dali, Frédéric Dard, Epicure, Charles Fourier, Sacha Guitry, Jean-Edern Hallier, Victor Hugo, Eugène Ionesco, Henri Jeanson, Jerry Lewis, François Mitterrand, Marcel Pagnol, Marquis de Sade, Jean-Paul Sartre, Siné, Peter Ustinov, Boris Vian …et bien d’autres encore.

Voici quelques définitions hilarantes, presque de A à Z : Alunissage : Procédé technique consistant à déposer des imbéciles sur un rêve enfantin. (Pierre Desproges) – Bigote : Elle couche avec Dieu le dimanche et le trompe toute la semaine. (Jules Renard) – Corse : la Corse , c’est le pays où, quand on avance, le travail recule (Tino Rossi) - Dieu : L’homme a créé Dieu. Le contraire reste à prouver. (Serge Gainsbourg) – Eternité : L’éternité, c’est long. Surtout vers la fin. (Franz Kafka) – Foi : La foi, Donnez-moi un aller simple pour Lourdes, dit le cul-de-jatte. Je reviendrai à pied. (François Cavanna) – Guerre : On croit mourir pour la patrie. On meurt pour des industriels. (Anatole France) – Homosexuel : Un homme qui s’amuse là où les autres s’emmerdent. (Edmond de Goncourt) – Imbécile : L’évidence est aux imbéciles, ce que le rouge est aux daltoniens. (Hervé Bazin) – Joconde : La Joconde sourit parce que tous ceux qui lui ont posé des moustaches sont morts. (André Malraux) – Langue française : Les Français croient qu’ils parlent bien le français parce qu’ils ne parlent pas de langue étrangère. (Tristan Bernard) – Masturbation : De temps en temps une femme est un substitut convenable à la masturbation. Mais bien sûr il faut beaucoup d’imagination. (Karl Kraus) – Nationalisme : Le nationalisme est une maladie infantile. C’est la rougeole de l’humanité. (Albert Einstein) – Ogino : Il faut reconnaître que sa méthode donne des résultats plutôt stériles. (Robert Scipion) – Publicité : Lavage de cerveau, mais souvent à l’eau sale. (Georges Elgozy) – Queue : Presque tous les lézards ont perdu leur queue quand ils atteignent le milieu de leur vie. Il en va de même pour la plupart des hommes. (Samuel Butler) – Réactionnaire : Un réactionnaire est un somnambule qui marche à reculons. (Franklin D. Roosevelt) -  Sacristie : La sacristie … c’est comme qui dirait les cabinets de la maison du Seigneur. On s’y relâche un peu. (Boris Vian) – Tentation : Dépêchons-nous de succomber à la tentation avant qu’elle s’éloigne. (Epicure) – Voiture : Moyen commode d’aller d’un garage à un autre garage. (Philippe Bouvard).

Pensée idiote …

Air Lingus est une compagnie d’aviation connaissant quelques problèmes financiers. Espérons qu’elle ne sera pas rachetée par l’agent de voyages Kuoni, parce que Kuoni-Lingus ne va pas être facilement vendable au niveau marketing.

 

08:44 Publié dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0)

18/12/2008

Un salut sincère à Madeleine Rossi

L'ancienne Maire de Genève Madeleine Rossi est décédée à l'âge de 73 ans. La libérale a dirigé le Département municipal des finances entre 1990 et 1995. Elle a aussi été Présidente de son parti cantonal de 1986 à 1988 et Conseillère municipale de la Ville de Genève de 1979 à 1990, législatif qu’elle a d’ailleurs présidé. Je suis triste que Madeleine soit partie si tôt.

Evidemment, je n’avais pas les mêmes idées quelle. Mais, j’admirais son bon sens qui venait de la terre, son franc-parler, son goût pour la déconne et sa chaleur humaine. Elle se battait pour le bien commun, même si, à plusieurs reprises, nous nous sommes affrontés, gentiment et toujours avec un grand respect, sur ce qu’était le bien-être des Genevoises et Genevois.

J’avais appris à la connaître au Conseil d’administration des TPG (Transports publics genevois). Nous étions assis à proximité.

Elle était toujours courtoise et très attentionnée. D’un naturel positif et bonne vivante, elle adorait jouer au jass. Nous nous sommes défiés plusieurs fois aux cartes, notamment lors de quelques voyages en train. Les parties étaient épiques, disputés et pleines de bonne humeur.

Le verdict se finissait toujours autour d’un verre dans un grand esprit de convivialité.

Salut Madeleine et merci pour ton engagement en faveur de Genève !

Rossi.jpg

 

 

En vrac ...

Socialistes, pas tous drôles ???

Martine Aubry dixit : « Riez encore quelques jours, car dès la semaine prochaine le PS est de retour et uni. » En fait, la nouvelle patronne des socialos français nous explique que l’on se marre bien lorsque le PSF est absent et désuni.

C’est vrai que certains socialistes ne sont pas très drôles, mais là, Martine exagère un peu le phénomène.

Sur le blog de Miguel Limpo : Le MCGe méprise les jeunes en politique

On le sait désormais la présence du MCGe anime souvent le parlement cantonal genevois. La semaine passée encore, le président Leyvraz a suspendu la séance de Grand Conseil et a exigé des excuses de la part d’Eric Stauffer et de Henry Rappaz après que ceux-ci aient attaqué Charles Beer et les députés Christian et Ariane (-Blum) Brunier. Ce mouvement n’en est pourtant pas à son premier coup d’essai.

Mercredi dernier, le 3 décembre, lors des Matinales sur Radio Cité, M. Stauffer s’en est pris à la députée Emilie Flamand, la benjamine du Grand Conseil, 26 ans, qui n’en est pas moins cheffe de groupe des Verts. On a de la peine à croire que le député MCGe voulait dire autre chose que ce qu’il a dit, comme vous pouvez vous en apercevoir dans l’extrait ci-dessous! En sachant que les jeunes en politique sont plus rares encore que les femmes, ce commentaire de sa part est insultant et dénigrant! Il n’y a pour moi que peu de différence avec un “Retournez à vos fourneaux!”.

Objectif innovation

Je relis l’ouvrage de Jean-Yves Prax, Bernard Buisson et Philippe Silberzahn « Objectif : Innovation », stratégies pour construire l’entreprise innovante. Vive l’innovation ! Faisons dérailler le train-train quotidien pour nous ouvrir de nouveaux et grands horizons.

06:09 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

12/12/2008

La Phallocratie humilie la Démocratie

Grand Conseil genevois, vendredi soir passé ...

 

Le débat d’idées est rude. Mais la confrontation de pensées, n’est-elle pas l’une des bases de la démocratie ? Tant que l’on s’attaque aux idéaux ou à la façon de faire de la politique, il n’y a pas de problème. La frontière est dépassée lorsque l’on s’en prend à la personne, à sa vie professionnelle ou à sa vie privée. Lorsque l’insulte prend le pas sur la pesée d’opinions. Lorsque l’humiliation devient l’arme de celui qui n’a pas ou plus d’arguments.

Dans ce registre, le MCG – Mouvement des Citoyens (sic !) Genevois – est champion. Depuis son arrivée au sein du parlement genevois, le respect est piétiné. Ceux qui ne cessent de répéter que les jeunes n’ont plus de civisme et plus de considération montre un drôle d’exemple à cette jeunesse, elle-aussi amalgamée et salie.

Le mensonge, l’insulte, l’antiparlementarisme et la démagogie sont  le carburant de ce mouvement qui confond l’hooliganisme politique avec l’expression démocratique.

Et voici le dérapage … Le député MCG Henry Rappaz interpelle la députée verte Ariane Blum Brunier. Non pas en l’appelant Madame la députée ou Madame Blum Brunier, comme veut l’usage et la bienséance, mais, en la qualifiant d’ « épouse à Brunier ». D’un seul coup, Ariane n’existe plus en tant que députée, en tant que personne. Dans la tête du phallocrate Rappaz, elle ne peut être incarnée qu’à travers un mec, son mari.

Il y a un bon siècle, certains considéraient que la femme n’avait pas d’âme. Il a quelques décennies, certains estimaient que la femme n’avait pas la capacité de voter. Je croyais, naïvement, que ces temps barbares étaient révolus. C’était sans compter sur l’arrivée de ce parti moyenâgeux qui propulse notre parlement dans l’arrière-boutique du passé le plus sombre.

Pourtant, cette attaque machiste ne s’arrête pas là. Elevant la gougeaterie au stade du programme politique, le MCGiste Rappaz déverse un second flot de misogynie en prétendant que le discours de la députée Blum Brunier a été écrit par son époux.

Suggérer que j’écris ses textes, c’est sous-entendre qu’une femme est incapable de réfléchir par elle-même, incompétente pour écrire. La femme est réduite à être un porte-voix de la masculinité. C ’est, de plus, mal connaître la femme de caractère et la députée travailleuse et talentueuse qu’est Ariane.

Les complexés et les frustrés de tout acabit ont souvent prôné la supériorité d’un sexe, d’un dogme, voire d’un peuple ou d’une race,  pour défendre leurs thèses souvent nauséabondes. Par de telles calomnies, nous tombons dans le même registre. Taquinant la haine, jouant avec les peurs de la population, le MCG reprend des manières d’agir que l’on souhaiterait révolues.

Ce phallocentrisme est la continuation du combat du MCG contre les femmes en général. Ce groupe parlementaire, qui ne compte aucune représentante de sexe féminin, a déposé plainte ou menacé de le faire contre plusieurs femmes du parlement et a fait vivre l’enfer, durant un an, à l’ancienne présidente du parlement Loly Bolay. Le cocktail de chantage, de pression, d’arrogance qu’ils lui ont offert s’apparente au mobbing. Sans parler des remarques insultantes utilisées par Eric Stauffer lors de la triste soirée, notamment  à l’encontre de l’excellente députée PDC Anne-Marie Von Arx-Vernon qu’il a traitée de « folle Arx ».

Le nouveau président du Grand Conseil genevois Eric Leyvrat, qui n’est pourtant pas un de mes proches politiques,  a agi pour la démocratie et les libertés qu’elle incarne. Il a sifflé la fin de la récréation et a expulsé trois des meneurs du MCG pour la fin de la séance.

A quelques jours de la fin de mon mandat, je quitte ce parlement avec le plaisir de ne plus vivre de tels moments, mais avec le regret de voir la politique – élément noble de la démocratie - être salie par la bande à Stauffer. Je rêve d’un parlement beaucoup plus féminin, car aucune femme n’est capable d’autant de haine et d’irrespect.

Triste spectacle vu par la TSR  :

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&chan...

 

DSCF9803.jpg

 

 

06:17 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Le MCG se pose en victime mais est dépeint en arroseur arrosé

Grand Conseil genevois – Vendredi, trois députés du Mouvement citoyens (MCG) ont été exclus de la fin de la séance. Il était temps, estiment leurs collègues.

Dans « Le Courrier » sous la plume de Philippe Bach.


«Qui sème le vent, récolte la tempête». Vendredi soir, trois députés du Mouvement citoyens genevois (MCG) – Eric Stauffer, Henry Rappaz et Roger Golay – ont été expulsés, pour le reste de la séance, de l'enceinte du parlement genevois (voir Le Courrier du samedi 6 décembre). En cause, leur comportement jugé insultant à l'égard d'autre députés ainsi que du conseiller d'Etat Charles Beer. Parmi les reproches faits aux représentants du MCG, le plus grave est sans doute l'attaque ad personam d'une députée verte – Ariane Blum Brunier – accusée de n'être qu'une marionnette entre les mains de son époux – Christian Brunier – qui siège sur les bancs du Parti socialiste. D'autres députés en ont pris pour leur grade, comme l'élue démocrate-chrétienne Anne-Marie von Arx-Vernon.
Après deux interruptions de séance, aux alentours de 22h30, le président du Grand Conseil Eric Leyvraz a annoncé l'expulsion des trois députés. De fait, c'est ensuite l'ensemble du groupe, moins un député, qui a quitté la salle.


«Ivre du pouvoir»


Depuis, les communiqués – genre dont le MCG est friand – se succèdent. Après avoir claironné que «le président viticulteur du Grand Conseil [est] ivre du pouvoir qu'il a reçu!», le président du MCG, Eric Stauffer, a poursuivi crescendo. Il a demandé la démission du président du Grand Conseil dans un communiqué qui fait le lien entre cette décision et l'Espagne fasciste, ainsi qu'avec des républiques bananières. Avec aussi la menace d'une saisine de l'ONU.


Tournée des partis faite, il apparaît qu'aucune formation politique ne s'inscrit en faux contre la décision de M. Leyvraz. En l'occurrence, ce dernier a agi conformément au règlement et, surtout, il s'est appuyé sur l'avis du bureau du Grand Conseil pour décider de l'expulsion. Cet organe directeur, où tous les partis sont représentés, a voté à l'unanimité –moins la voix du MCG – l'expulsion des droits députés contestés.


Surtout, la décision prise à chaud est assumée par tous les partis. Franchement à droite où, globalement, on estime que la coupe était pleine «et débordait déjà», selon Philippe Guénat, chef de groupe udéciste. Certains estiment même que le président du Grand Conseil aurait pu sévir plus rapidement.


Avec davantage de retenue à gauche. Anne Emery-Torracinta, cheffe de la fraction rose, ne minimise pas la portée de l'acte et conclut que la réponse était proportionnée. En tous les cas si l'on se place dans la durée. En effet, des divergences peuvent apparaître sur la simple soirée de vendredi. Pris isolément, l'incident ne méritait peut-être pas une éjection de l'enceinte du parlement. Mais toutes les personnes interrogées relèvent que, depuis trois ans, le MCG, et plus particulièrement son président Eric Stauffer, jouent la carte de la provocation systématique et testent les limites du système. «A un moment, c'est comme avec les enfants, c'est le dernier qui fait une bêtise qui est puni pour les autres qui ont fait bien pire», selon Frédérique Hohl, chef du groupe radical.


«Il devait s'imposer d'emblée»


M. Leyvaz n'avait guère le choix, estiment les chefs de groupes. Récemment élu, il devait mettre au pas M. Stauffer. «Ce dernier m'a fait vivre un enfer pendant un an», raconte la présidente sortante du Grand Conseil, la socialiste Loly Bolay: «Il n'a eu de cesse de me dénigrer, de me traiter de dictateur.»


Et plusieurs députés de relever que le MCG a le procès facile, ce qui ne facilite pas les rapports sereins. Plusieurs plaintes ont été initiées contre des députés. La dernière en date est celle déposée hier contre M. Guénat pour avoir estimé, dans une interview, que les députés du MCG s'étaient comportés «comme des voyous».
Sur tous les bancs, on relève que le MCG s'arroge le droit d'user de qualificatifs peu flatteurs, voire insultants, à l'égard des autres formations, mais se montre particulièrement chatouilleux sur son propre honneur.

06:10 Publié dans Politique | Tags : mcg, genève | Lien permanent | Commentaires (0)