20/02/2009

Voyage vers le futur

Un clin d’œil du destin. L’Aéroport de Genève fait une campagne en faveur des bisous. De grands panneaux montrent d’adorables scènes d’amour avec une citation d’Alfred de Musset : « Le seul vrai langage au monde est le baiser. » Nous sommes d’accord !

 

En montant dans l’avion qui nous mène d’abord à Madrid, avant d’en reprendre un second qui nous transportera à Buenos Aires, j’ai une petite pensée pour Jacques Toubon. En 1988, il a gagné le Prix de bonne conduite du Prix de l’humour politique français avec sa citation : « Même en avion, nous serons tous dans le même bateau. » Vu l’amerrissage de l’Airbus A320, le 15 janvier dernier, dans l’Hudson River, Toubon était un sacré visionnaire.

 

1ère étape de notre voyage. C’est le prologue Genève-Madrid. Une formalité.

 

Arrivée dans la capitale espagnole, nous avons deux heures pour changer d’aéroplane, temps utile aux adeptes du déambulateur pour réussir brillamment ce défi.

 

Il est l’heure, mon Seigneur, de l’embarquement. Bordel total ! L’organisation, ou plutôt la désorganisation, ressemble à la mise en œuvre d’un cours de la Protection civile ou à la préparation par Madame (ceci n’est pas une attaque contre la mienne, sachant qu’elles sont toutes pareilles) de sa valise avant de partir en vacances : beaucoup d’agitation, peu d’effet.

 

Nous décollons avec une plombe de retard, ce qui nous plonge immédiatement, sans passer par le start, dans l’ambiance latino.

 

Le repas est du même acabit. Nous attendons longtemps, torturés par la faim. Puis, à peine servis, alors que nous venons juste d’attaquer la salade, l’équipage nous amène le thé et le café. Le déjeuner n’est pas fameux. Ce qui permet à un petit vin rouge espagnol sans prétention de ressortir du lot.

 

Nous volons au large de la Mauritanie, ce qui n’est pas rassurant. Si nous tombons et que nous survivons, les eaux sont infestées de requins et surtout de pirates. Mais, rassurons-nous car Micheline Calmy-Rey enverra la Marine militaire suisse pour nous protéger des Capitaines Crochet locaux.

 

Le Commandant de l’avion affiche la température extérieure. Il fait – 50 degrés. Comme quoi, il ne fait pas toujours chaud en Afrique.

 

Ballade à travers la presse

 

Pour écumer les 12 heures de vol, nous lisons beaucoup. Parcours rapide à travers la presse.

 

Dans « La Tribune de Genève », nous découvrons de magnifiques photos de Sandrine Salerno et Charles Beer tout sourire. Ça fait plaisir. Il y a longtemps que je n’avais pas vu autant de socialistes genevois hilares au mètre carré.

 

Je vois une annonce de la Revue genevoise des député-e-s qui aura lieu du 2 au 7 mars prochains. Il faut aller la voir. Teasing : Il y a, paraît-il, un beau et très drôle sketch sur notre couple et notre amour. Nous irons voir ce spectacle dès notre retour d’Amérique du Sud.

 

Très bel et intelligent article de Jean-Noël Cuénod dans la « Julie » genevoise. Il fustige avec brio le populisme et la xénophobie sous le titre évocateur : « De Blocher à le Pen, le crépuscule des vieux ».

 

J’apprends dans la revue « ekwo » qu’au Népal, les tigres de Shuklaphanta sont passés de 27 à 7 individus. Ils sont désormais aussi rares que nos 7 Conseillers fédéraux helvétiques, même si dans ce cas, il y en a parfois de trop.

 

Ségolène Royal vante les talents de bonimenteur de Nicolas Sarkozy : « Il vendrait des Frigidaires aux Esquimaux. » Avec le réchauffement climatique, ils risquent fort d’en avoir besoin.

 

La Belgique empêche des parents – la famille Carolos – d’appeler leur fille Clitorine ou Vagina. Tant pis, ils la baptiseront Marie-Salope. Pendant ce temps, j’efface malencontreusement mon carnet d’adresses et mon agenda électroniques. Mes parents auraient dû me prénommer Ducon.

 

Le slogan du Mac Do est « Venez comme vous êtes ». Frédéric Neidhardt, un activiste de la provoc, s’est donc rendu dans ce fast-food tout nu. Résultat : condamnation pour exhibitionnisme. Encore un slogan trompeur pour les consommateur-trice-s.

 

Un groupe de désobéissants de gauche – Pléonasme ! – ayant choisi comme nom « Les Manifs de droite » organise des manifs, dans les quartiers bourgeois de France, vers 5 heures du mat, en habits guindés et snobs, en hurlant des slogans du style « Allez debout fainéants », faisant référence aux appels de Sarkozy à « Une France qui se lève tôt ». C’est l’arroseur arrosé !

 

La Brigade activiste des clowns (BAC), équipe de joyeux lurons déguisés bien évidemment en clowns, ont passé au Karcher  la Mairie de Neuilly et ont donné plein de bisous aux policiers. Il faut se souvenir que le Maire de cette municipalité a été durant des lustres Nicolas Sarkozy et que le Leader minimo avait annoncé son intention de passer au Karcher les banlieues de la douce France. C’est encore l’arroseur arrosé ou plutôt le karchériseur karchérisé.

 

La Municipalité de Warrington en Angleterre interdit les baisers devant la gare de la ville et place des panneaux de prohibition de bisous. Quelle honte ! Censurer les roulages de pelles est un crime contre l’humidité. Ce délire politique ne mérite qu’un seul égard : la non-réélection.

 

Décodeur médiatique

 

Je lis le « Décodeur médiatique du XXIe siècle » de Christophe Alévêque. Ce livre est une sorte de dico répondant à la difficulté de s’y retrouver dans le langage obscur et incompréhensible des politiques et des journalistes. Le pitre Alévêque donne sa propre traduction d’une foule de noms. A rire aux larmes. Quelques exemples… Alcoolique : Personne qui boit plus que vous. / Banque : Société à laquelle vous donnez votre argent pour qu’elle vous le prête. / Gauchiste : Révolutionnaire partisan de l’action radicale et immédiate, celle-ci consistant dans l’élimination des gauchistes concurrents plutôt que dans la lutte contre l’ennemi de classe. / Légalisation des drogues douces : Vieille idée de gauche qui permettrait aux parents  de fumer des pétards devant leurs enfants sans se cacher. / Liberté : Dans une démocratie, possibilité de choisir son opérateur téléphonique / ONU : Chose qui met des caques bleus à ses soldats parce que le nez rouge et la plume dans le cul, c’est déjà pris. / Test ADN : Moyen de savoir si on est le fils ou la fille d’Yves Montand / Virginité : Etat d’innocence morale d’une personne qui n’a jamais eu de rapport sexuel avec défloration. Cette définition ne lui interdit pas la pipe à l’écume, la cravate de notaire, le feuille de rose, le petit salé ou la roulette centriste. Mais ces pratiques décadentes n’ont pas lieu de nous inquiéter, puisque totalement étrangères à l’innocence morale.

 

Buenos Aires nous voilà

 

Nous arrivons à Buenos Aires, les paroles de Serge Reggiani raisonnent dans ma tête : A Buenos Aires ; Près d'un calvaire ; Où Dieu n'a pas sa chance ; Des jeunes filles ; Sous leurs mantilles ; Etouffent des rires aux éclats ; Sans trop savoir ; Que leurs yeux noirs ; Me recommencent ; Et me rallument ; Un peu comme une ; Musique d'Astor Piazzola ; Argentine ; Argentine.

 

Nous logeons dans le quartier de San Telmo.  Il est considéré comme le Quartier latin de Buenos Aires. San Telmo, construit dans un style colonial, est le cœur de la vie nocturne de la capitale argentine réunissant clubs de musique, boîtes de nuit, bistrots, lieux culturels, … Bref, il est l’endroit où l’on s’amuse et on passe de bons moments de plaisirs. Ce quartier se situe au nord de l’avenida de Mayo. C’est dans ses bars et bordels, que le tango naquit à la fin du 19ème siècle. On trouve aussi dans ce lieu bohème, très fréquenté par les intellectuels, des puciers et antiquaires, ainsi que le Musée d’art moderne, malheureusement en rénovation actuellement.

 

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Nous descendons à l’Hôtel Gurda Tango & Boutique, sis Defensa 1521.

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A peine après avoir déposé les bagages à l’hôtel, nous rejoignons Jérôme et Sandro à la Place de Mai, là où les Mères des disparus, victimes de la dictature, manifestent pour ne pas oublier. Puis, nous nous rendons dans un bistrot mythique de la ville le Café Tortoni.

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Debout à 5 heures (heure de Genève). Il est 1 heure du matin ici, soit 4 heures à Genève. Il est le moment de rentrer à l’hôtel.

13:26 Publié dans Voyage | Lien permanent | Commentaires (0)

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