22/05/2009

Faut-il retirer l’initiative pour un Cycle d’orientation hétérogène ?

Dans « Le Courrier », sous la plume de Rachad Armanios :

 

ECOLE - Vu le plébiscite enregistré dimanche par le contre-projet instaurant un système à trois sections, certains partisans de l'IN 138 songent à la retirer. Le comité d'initiative tranchera le 8 juin.

 

Revotera-t-on en automne sur le Cycle d'orientation? Dimanche, le contre-projet instaurant un système à trois sections a remporté la première bataille, renvoyant dans les cordes le Cycle très sélectif qu'imaginait le Réseau école et laïcité (RÉEL). La seconde manche devrait opposer le gagnant à l'Initiative 138 de la Coordination enseignement, en faveur d'un Cycle hétérogène. Mais le conditionnel est de mise. Car le plébiscite pour le contre-projet (74,5%) a divisé les initiants sur l'opportunité de maintenir leur texte. Lundi soir, la Coordination enseignement – regroupement de syndicats enseignants et de partis de gauche – a décidé... de ne pas décider. «La tendance générale était au maintien, mais il a été jugé prématuré de trancher, explique Olivier Baud, président de la Société pédagogique genevoise. L'association professionnelle des enseignants du primaire mais aussi celle des maîtres du Cycle (FAMCO) veulent consulter leurs bases, qui se positionneront lors de leurs assemblées générales respectives, le 26 mai et le 4 juin. Fort de quinze personnes, le comité d'initiative est seul habilité à retirer le texte. Il réserve son verdict pour le 8 juin.

 

Olivier Baud dit ne pas vouloir influencer les débats. Mais sa présentation des enjeux laisse paraître ses doutes: «L'hétérogénéité est le meilleur moyen pour augmenter le niveau scolaire général. Ce principe demeure, mais un vote en septembre est-il la meilleure stratégie pour y parvenir, vu le fort score du contre-projet et le contexte électoral? Ce risque doit être évalué.»

 

Dans le mur?

 

Une gifle similaire à celle reçue par RÉEL repousserait très loin l'idéal de l'hétérogénéité, assure le socialiste Christian Brunier. Membre du comité d'initiative, il doute que les voix stratégiquement données au contre-projet pour couler RÉEL empêchent l'IN 138 d'aller dans le mur: «Mieux vaut revenir à la charge dans quelques années.»

 

Sa collègue de parti Véronique Pürro ajoute que l'IN 138 «a joué son rôle» en permettant d'intégrer au contre-projet – texte de compromis qu'elle soutient – des préoccupations de l'initiative. La maintenir serait rallumer la guerre scolaire, alors que le Cycle a besoin de sérénité, clament les deux socialistes. Si l'IN 138 est maintenue, le PS décidera le 17 juin en assemblée générale s'il abandonnera le contre-projet pour son adversaire, mais Véronique Pürro en doute.

 

 «Il n'y a rien à attendre du PS, incapable de se mobiliser», raille Olivier Baud. Il est rejoint par le permanent de Solidarité Pierre Vanek. «L'IN 138 n'est pas un simple épouvantail, elle est porteuse d'un vrai projet, commente-t-il. On ne récolte pas 12 000 signatures pour les jeter à la poubelle et si on a peur de l'échec, on ne mène pas de batailles.»

 

Lundi, Bilal Ramadan, membre du comité, insistait sur l'incapacité du contre-projet à lutter contre l'échec scolaire, point focal de l'IN 138. «La question n'est pas de savoir si on va prendre une baffe ou non, mais s'il est important d'apporter quelque chose aux niveaux pédagogique et philosophique.» Pour faire progresser une idée, ajoutait-il, une seule votation ne suffira pas.

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