05/07/2009

Logerais-je là-bas ?

La crise du logement à Genève est une dure réalité et les élections approchent. La foire aux bonnes mauvaises idées et aux promesses démagogiques est ouverte.

 

Les bonimenteurs nous promettent la création de 14'000 logements et de 20'000 emplois dans le secteur la Praille-Acacias-Vernets (PAV). Cette belle annonce paraît à première vue judicieuse afin de répondre aux besoins des locataires et de contrer le chômage.

 

En y regardant de plus près, l’idée est beaucoup moins belle.

 

14'000 logements, c’est équivalent de cinq fois la Cité des Avanchets. Imaginez le tableau ! Répondre au manque de logements ne doit pas signifier l’entassement de population dans un périmètre restreint. Rassembler trop d’humains dans un espace confiné ne crée que désordre et problèmes sociaux. Nous devrions tirer les leçons des exemples désastreux des banlieues des cités européennes pour ne pas les reproduire.

 

Les docteurs es urbanisme devraient se poser une question en élaborant leurs projets : logerais-je dans le concept que j’élabore ? Je suis sûr qu’aucun architecte ou qu’aucun politique vantant ce projet de concentration humaine n’accepterait d’y vivre.

 

Les 20'000 emplois supplémentaires s’apparentent à la même logique. Créer des emplois est impératif dans un canton connaissant trop de chômage. Un bon emploi est un job s’inscrivant dans une logique de développement durable.

 

Quand notre promotion économique attire une multinationale en l’alléchant avec des avantages fiscaux inéquitables par rapport aux autres entreprises genevoises ; qu’elle lui permet d’amener dans sa valise une bonne partie de ses collaborateurs à qui on facilite l’arrivée au détriment des habitants résidant déjà à Genève; que cet afflux oblige notre République à construire des logements, des écoles, des crèches, des routes, avec l’argent des contribuables ; que cette venue crée des dommages à l’environnement, notamment en générant d’importants trajets automobiles ; et qu’en finalité certaines de ces entreprises déménagent dès l’échéance de leurs petits avantages ; que gagnent Genève, ses citoyennes et ses citoyens ?

 

Le projet Praille-Acacias-Vernets, avec ses tours de 175 mètres, est démesuré et contraire à un développement équilibré et durable de notre belle République. Ce projet est à ranger dans les beaux délires électoraux. Passons maintenant à une urbanisation plus réaliste et surtout plus humaine.

12:27 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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