25/07/2009

Courant d’art

Melingo, le tango déjanté

Admiré au Théâtre antique d’Arles, le grand Melingo, un Bohème de Buenos Aires, trempé dans le Tango, la dérision, la déraison et le rock contestataire de l’Underground. Le révolté argentin qui avait quitté courageusement son pays pour échapper à la dictature militaire, chante en Lunfardo, l’argot populaire de la Capitale argentine. Il aligne les chants canailles, accumule les pitreries et s’amuse avec son invitée, la chanteuse française Juliette. Avec elle, il partage le talent musical et une overdose d’humour. Dandy déjanté, ses éclats de rire et sa voix roque font mouche. Il nous administre une bonne tangothérapie, mélange savant de joie et de mélancolie, de sensualité et de rébellion. Virtuose de la clarinette et du chant, un peu moins de la guitare, Daniel Melingo déploie avec charisme ses péripéties personnelles et se mute devant nous en un héro romanesque. Certains le disent fou. Il est tout simplement un artiste complet, sorte de clown blanc, rendant la poésie follement drôle et le tango tellement actuel.

 

 

Esther Nourri et Jean-Marie Averseng à contre-temps

Les estivants s’entassent dans les réserves à touristes. Nous, nous nous précipitons à la Cave poésie de Toulouse pour écouter la chanteuse de jazz Esther Nourri, accompagnée par le pianiste Jean-Marie Averseng. Ce petit lieu en pierres rouges est mignon comme tout. Il est décoré par des peintures modernes d’Annie Becco, qui est assise à côté de nous. Il est aussi mythique puisqu’il a hébergé le siège du Parti socialiste ouvrier espagnol en exil durant la guerre d’Espagne contre le poison franquiste. C’est là encore que Juliette a débuté sa carrière. Le public est rassemblé autour de tables rondes de bistrot et déguste un verre. Nous buvons un muscat local tout à fait correct et servi très généreusement jusqu’au bord du verre. Les standards de jazz résonnent, revisités par des arrangements et interprétations très libres. Cole Porter et les chansons d’Ella Fitzgerald forment la colonne vertébrale de ce beau concert. A chaque morceau, nous sautons d’un sentiment de satisfaction à un autre. La sensualité à travers une ballade très langoureuse, où je plonge mon regard amoureux dans les yeux magnifiques et émus de ma chérie. La joie, lorsque le groupe entame des airs légers et rapides du répertoire jazzistique. La liberté, lorsque l’improvisation prend le dessus sur la rigueur des notes écrites par le compositeur. Ce duo fonctionne à merveille grâce à une connivence indispensable pour former une telle osmose. Au terme de ce concert, nous buvons un pot avec les deux musiciens pour les féliciter et les remercier de la dose de ravissement transmise généreusement.

 

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Photo : Christian Brunier

 

11:25 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

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