30/08/2009

Bordeaux, une inspiration pour Genève

Lettre ouverte aux politiques de tous bords,

 

Salut les ami-e-s,

 

Pendant 11 longues années, je vous ai bassinés, au parlement cantonal genevois, en prônant la fermeture de notre centre-ville à la circulation et en vous parlant d’exemples de plusieurs villes où ce concept s’avérait un succès total.

 

Eh oui, la quasi-totalité des grandes cités européennes, voire mondiales, ont choisi de libérer le centre des cités des voitures pour offrir ces espaces aux piétons, aux vélos et aux transports publics. Mais, aussi aux commerces qui ouvrent leurs boutiques sur l’extérieur et aux restos qui multiplient les terrasses. La convivialité s’installe, Les rues se mutent en lieux de vie et d’animation. La population se réapproprie les rues.

 

Dans notre système polarisé, où trop souvent les luttes idéologiques écrasent l’intérêt général, mon erreur a peut-être été d’évoquer trop souvent des exemples de réussite de cités gouvernées par la gauche. Peut-être parce que je les connaissais mieux et que généralement les grandes villes européennes sont dirigées par la gauche. Certainement, parce que je voulais valoriser mon camp politique.

 

Je reviens de Bordeaux, bastion historique de la droite française. Cette municipalité est gérée par l’ancien Premier Ministre français Alain Juppé, pour qui je n’ai habituellement aucune admiration politique, même si je reconnais son intelligence évidente. Mais là, je suis scié ! En cinq ans, il a fermé la ville à la circulation, développé les transports publics, et propagé les lieux d’amusement et de divertissement. Les commerces sont pleins. L’ambiance est chaleureuse et festive. L’humanité occupe l’espace public.

 

Terminée, la langue de bois ! Le message de la Mairie de Bordeaux est sans équivoque : « C’est bon pour la santé, parfait pour la ligne, excellent pour l’environnement et sans équivalent en terme de sécurité routière. Alors, n’hésitez plus : marchez ! Vous découvrirez un Bordeaux insolite au hasard d’une ruelle jamais empruntée, d’un magasin nouvellement installé ou d’une porte cochère exceptionnellement entrebâillée. La création du réseau de tramway-bus, le nouveau plan de circulation en ville – limitant très fortement l’accès des véhicules au cœur historique de Bordeaux – et l’aménagement des quais jouent en votre faveur en multipliant les voies piétonnes ou semi-piétonnes. » A Genève, Alain Juppé, le leader de droite, serait traité de dogmatique de gauche ou d’écolo extrémiste.

 

En cohérence avec ces aménagements, l’équipe à Juppé a en plus décrété chaque premier dimanche du mois « Dimanche sans voiture ». Ce jour-là, les piétons, les cyclistes et autres rollers s’en donnent à cœur joie.

 

Dans cette capitale du vin, le développement durable, souvent « tarte à la crème », devient réalité. Ses trois dimensions (environnement, social, économie) sont gagnantes ! L’environnement est plus sain. L’économie,  à travers le commerce et le tourisme, prospère. Et l’axe social y trouve son compte grâce à un urbanisme facilitant les contacts et les plaisirs de la vie.

 

Je vous invite donc à faire le déplacement à Bordeaux, à sortir de nos vieux dogmes et à construire ensemble une Genève plus sympathique et bienfaisante pour la qualité de vie.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

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12:33 Publié dans Ecologie | Tags : bordeaux, tram, genève | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Ha !
"La gauche n'a pas le monopole du coeur", ça on le savait.
"La gauche n'a pas le monopole de l'intelligence", ça on le savait aussi, mais personne ne le disait.
Je suis très heureux de constater qu'un homme de gauche comme vous admette franchement cette incontestable réalité.
Bordeaux est en effet une ville magnifique et les améliorations qu'Alain Juppé a apportées à la qualité de vie des habitants sont en tous points admirables.
A quand un Christian Brunier de droite qui fera passer de telles idées à Genève ?

:o)

Écrit par : Blondesen | 30/08/2009

Le problème, c'est que, à Bordeaux, on ne consulte pas le peuple.

La constitution genevoise, dans un article récemment adopté (2002) offre le libre choix du transport aux citoyens, y compris pour le centre-ville.

En outre, à Bordeaux, M. Juppé n'a pas seulement investi dans es transports publics. Il a élargi les pénétrantes (au lieu de les rétrécir comme à Genève), créé de grands parkings, sans lesquels il est inconcevable d'avoir un centre-ville piéton.

Écrit par : Henri Patry | 30/08/2009

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