09/11/2009

Un petit air de fado …

5 novembre 2009 … Voyage, voyage ! 4 h. du mat debout. 5 h. Aéroport de Genève. EasyJet recule notre vol pour Lisbonne d’une dizaine d’heures. Le premier qui me reparle du haut niveau des relations-clients des entreprises privées, je lui fais bouffer sa bible d’archéo-libéralisme.

 

Avec 10 heures de retard et une grosse quantité d’énervement, nous nous envolons pour Lisbonne. Petit apéro dans l’avion pour se calmer et pour prendre du plaisir – accompagné d’un rosé du Gard.

 

Nous arrivons dans la capitale portugaise avec la nuit. Nous descendons dans un hôtel agréable : l’Hôtel Aviz. Maria Callas, Ava Gardner, Catherine Deneuve et Frank Sinatra y sont descendus. Proche du centre-ville, ce lieu est raffiné, sans être snob.

 

Nous posons nos valises et repartons sans plus attendre à la rencontre d'une collègue d’Ariane, qui visite aussi Lisbonne en amoureuse avec son mari. Après un apéritif pris sur une terrasse de la vieille-ville, nous allons dîner dans un bistrot hyper typique « Adega de S.Roque ». Le resto est hyper kitch. Son plafond est couvert de drapeaux de clubs de foot. Les murs sont des patchworks mélangeant un grand nombre d’images de foot, avec des photos d’artistes, un masque africain, divers grigris, un cliché de Jésus, etc. La bouffe est correcte, mais très authentique. Comme le vin de la maison d’ailleurs. Je mange du veau au porto avec une tonne d’ail.

 

Noud nous baladons dans ces quartiers très vivants. Nous arpentons particulièrement le quartier de Bairro Alto, le Quartier du haut. Il est un mélange de commercial et de résidentiel, réputé pour être un centre névralgique du divertissement et de la fiesta. Malgré que l’on soit en novembre, le climat reste vachement clément. Il y a même un concert en plein air très sympa.

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Photo : Christian Brunier

 

Bélem, le quartier de l’art contemporain et des pâtisseries

 

Allongé au bord du Tage, Bélem est un quartier de Lisbonne célèbre pour ses musées, son bord de l’eau, ses bistrots et surtout … ses pâtisseries délicieuses.

 

Après la visite du Musée d’art contemporain, déjeuner au resto « Floresta de Bélem ». La cuisine est familiale, simple, de bonne qualité et très bon marché. Nous y dégustons un poulet, sentant bon les herbes et l’ail. La terrasse est toujours ouverte, malgré que l’on vive en novembre. Nous buvons un excellent vin « Vinha Grande », originaire de Douro. Très alcoolisé, nous sentons tout de même bien les fruits rouges, la fraise et les mûres, avec une pointe de poivre noir.

 

Arrêt obligatoire à Antigua Confeitaria de Bélem. C’est une institution lisboète. Une illustre pâtisserie, qui, depuis un siècle, te sert les pastéis de Bélem, petit gâteau en feuilles de brique, bourrée de crème brûlée, servi chaud et saupoudré de cannelle.

Un petit air de Buenos Aires

 

Au centre de Lisbonne, retrouvez un petit air de Buenos Aires à « El Ultimo Tango », Rua Diaro de Noticias 62. On se rend dans ce haut lieu du tango, pour savourer des bouts de bidoches succulents venant directement d’Argentine. Spécialiste des grillades et de la parillada, assortiment de viandes et de saucisses, ce resto a la réputation de combler les ogres.

 

Jazz au Hot club du Portugal

 

Le Hot Club du Portugal est le plus vieux et plus célèbre club de jazz du Portugal. Se trouvant dans une cave du quartier animé de Bairro Alto, sis Rua da Bica Duarte Belo 38, cette Mecque du jazz accueille, depuis 1948, autant des révélations locales que des stars internationales. Ce club a été fondé par Luis Villa Boas, la référence du jazz portugais. Depuis les années 90, ce lieu possède également une excellente école de jazz.

 

Nous allons écouter André Fernandes et son groupe. Du jazz assez moderne et de bonne qualité.

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Le vin portugais à découvrir

 

Le Portugal compte plus d’une trentaine de régions viticoles ayant une appellation d’origine. Durant l’Antiquité, la viticulture a été implantée au Portugal les Phéniciens, les Carthaginois, les Grecs et les Romains. Sympas !

 

Aux quatre coins du Portugal, on produit une gamme très variée de vins. Plusieurs nectars liquoreux sont très réputés tels que le Madère ou le Porto. N’oublions pas le Moscatel de Setúbal. Le vin vert « Vinho verde », pétillant, à faible teneur d’alcool, est à boire frais.

 

Les pinards sont regroupés dans 4 grandes catégories normées : D.O.C., I.P.R, Vinhos Regionais et Vinhos de Mesa. Les deux premières catégories répondent aux exigences de la Législation européenne V.Q.P.R.D., soit : Vin de Qualité Produit en Région Déterminée.

Les DOC désignent les vins portugais de haute qualité, démontrant des caractéristiques uniques liées à des terroirs déterminés.

 

Les grands crus DOC grandissent principalement dans les régions de Porto, Douro, Bucelas, Palmela, Alentejo, Dão, Bairrada, Algarve, Setúbal, Ribatejo, Madeira (Madère), Pico, Colares et Carcavelos.

Le porto descend bien

 

Comme dit mon ami Robert Cramer : « Le porto, ce n’est pas ce que je préfère. Mais, là-bas (au Portugal), ça descend bien. »

 

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Photo : Christian Brunier

 

Le fado peut aussi être joyeux et engagé

 

Dès que la nuit s’installe, les Portugais accordent les guitares, chauffent les voix pour entonner un fado. Chant et danse populaires portugais, souvent sensuels et dédiés principalement à l’amour. La musique de la Cour du Portugal, des rythmes syncopés africains, des airs maures et des harmonies arabo-andalouses ont été passés au shaker pour donner naissance au fado. Ce genre musical a été forgé dans les quartiers historiques de Lisbonne : Mouraria, Madragoa, Alfama et Bairro Alto.

 

En 1939, lors de la prise du pouvoir du dictateur Salazar, le fado fut interdit, jugé trop libre et subversif. Puis, réhabilité sous la pression populaire, il fut même manipulé pour promouvoir le régime fasciste en place. Mais, comme dit Mahado Soarés, chef de file de l’école de Coimbra (l’école de fado alliant la poésie au folk campagnard), le fado, hymne de liberté, « a préparé la Révolution d’avril 1974 » (la révolution socialiste et démocratique des Œillets). Chanté, te prenant aux tripes, il raconte fréquemment la vie des quartiers, les histoires de fête, les aventures de la vie nocturne et les amours tumultueux, scènes que José Malhoa, le peintre du fado, a immortalisées sur ses toiles.

Le Musée du fado

 

Nous visitons, dans le quartier populaire d’Alfama, le Musée du fado de la capitale portugaise. Une maison consacrée à l’histoire de cette musique née dans les rues de Lisbonne et appartenant à son peuple. Face à l’Eglise rigide, face à la dictature, face à la censure, face aux tueurs de plaisirs, le fado a été l’étendard de la liberté.

 

Le fado du Café Luso

 

A Lisbonne, on dit que si un touriste veut provoquer l’hilarité d’un-e Portugais-e, il lui suffit de demander conseil pour trouver un spectacle de fado peu touristique.

 

Nous nous engouffrons donc dans l’une de ces réserves à touristes pour un dîner-spectacle : le célèbre Café Luso. Se trouvant dans le Bairro Alto, nous entrons dans une ancienne cave et écurie d’un palais du XIIème siècle. La salle est dominée par de majestueuse voûte de pierre. La bouffe est très moyenne. Le vin – de l’Evel Douro – est honnête. Le spectacle est de bonne qualité, alternant plusieurs artistes très différents. Défilent un groupe folklorique, un trio de guitaristes de bon niveau, deux chanteurs et deux chanteuses.

 

Nous poursuivons la soirée dans un bar à jazz voisin.

 

Cervejaria Trinidade, une bonne étape des petits gastronomes

 

Au cœur de la haute-ville à Lisbonne, un lieu pour manger à ne pas louper, même si le pas de porte n’est pas des plus relisants. : Cervejaria Trinidade, Rua Nova da Trinidade 20C.

 

En entrée, nous dégustons deux excellents produits : le fromage de petites chèvres mariné dans une olivade et un jambon affiné durant deux ans, provenant de porcs élevés dans la nature et nourris avec des glands. Nous enchaînons avec une belle pièce de bœuf. Pour le dessert, nous sélectionnons une crème au chocolat Balthazar et un lait de poule du Cardinal (jaunes d’œufs et crémeux, bien sucrés, garnis d’amandes et de cannelle). Après le café, nous buvons une gingha, liqueur de cerise très réputée au Portugal.

 

Pour accompagner cette bonne pitance, nous buvons un vin rouge Marquès de Borba d’Alentejo et je goûte une bière rousse artisanale.

 

21:58 Publié dans Voyage | Tags : portugal | Lien permanent | Commentaires (1)

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Traductions de Fados http://jeancharles.rosa.over-blog.com/

Écrit par : Jean-Charles ROSA | 05/02/2010

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