19/12/2009

Réinventons le Parti socialiste genevois : Neuf idées pour un parti neuf !

A la sortie des élections cantonales genevoises, les socialistes ont le gueule de bois, non pas pour avoir fait la fête, simplement mis KO par les électrices et électeurs.

 

Evidemment, comme l’a mis en exergue Charles Beer, nous devons analyser en toute franchise ce cinglant échec, reposant sur six grands axes principaux :

·      la perte de vitesse contagieuse des socialistes européens environnants ;

·      l’absence d’une stratégie motivante de la gauche genevoise pour la conquête de majorités législative et exécutive ;

·      le manque de mobilisation du parti et nos lamentables bisbilles internes ;

·      la déliquescence de nos partenaires « à gauche » du PS et leur manque de soutien ;

·       notre communication peu offensive ;

·      et notre impuissance à représenter les milieux populaires.

 

Incontournable, ce bilan fait partie de notre thérapie. Mais, il faudra rapidement tourner la page et nous orienter vers l’avenir, au risque de nous embourber dans des querelles à l’image désastreuse des socialistes français.

 

9 remèdes pour réinventer le PSG et amorcer la machine à gagner

 

Modestement, je me permets de proposer quelques remèdes pour sortir du cataclysme vécu par les socialistes du bout du lac.

 

1.Revendiquer une majorité de gauche tant au niveau du Grand Conseil qu’au Conseil d’Etat genevois pour 2013.

Un des objectifs des socialistes est de gouverner pour mettre en œuvre leur programme axé sur un développement durable et solidaire. Le PS est fort, lorsque la gauche est unie et conquérante. Il faut, dès maintenant, revendiquer clairement une majorité cantonale, mettre les partis de gauche en mouvement pour atteindre cet objectif afin de sortir les Genevoises et Genevois de la morosité. Trop tôt ? Non ! Une forte ambition, fixée à un horizon raisonnable, donne de la vigueur à un mouvement, une raison d’agir.

2.Construire une union de la gauche riche de sa diversité.

Pour être majoritaire et donc pour ratisser le large spectre de l’électorat progressiste, du centre-gauche à l’extrême gauche, il est impératif de compter sur trois forces (les Verts, le PS, et une force ressoudée à la « gauche » du PS). La relance de rencontres régulières entre toutes les forces est impérative pour construire ensemble.

3.Tisser des liens forts de coopération avec les mouvements sociaux.

Quelle a été la fréquence des rencontres de la direction du PSG avec les syndicats, avec le Cartel de la fonction publique, avec l’Asloca ou le WWF ? Tout en respectant l’indépendance de chacun, le succès socialiste passe toujours par un travail en synergie avec les syndicats (publics et privés) et le monde associatif. Plusieurs fois par an, le PSG doit rencontrer les forces syndicales, les milieux de locataires, le monde culturel, les associations sociales, les mouvements environnementaux, etc. Nous devons échanger ensemble, débattre, construire des actions pour être leur bras politique sur des thématiques communes.

4.Elaborer 30 projets-clés (initiatives, projets de lois) pour changer Genève, 30 idées fortes pour mobiliser et redonner espoir à notre belle République sur les thèmes essentiels.

Cette manière d’agir (adoptée lors de notre conquête historique de la majorité au Grand Conseil genevois) est une façon crédible de concrétiser, aux yeux de la population, notre programme politique.

5.Revoir notre politique de communication et le fonctionnement de notre secrétariat

Nous ne sommes pas assez riches pour que nos professionnel-le-s passent un temps important à prendre des PV ou d’autres tâches bureaucratiques. Il faut transférer cette énergie positive à mieux promouvoir nos actions et à bien communiquer. Une bonne partie du boulot effectué par les élu-e-s socialistes n’est pas assez valorisé et reste mal connu du grand public. Pendant que les socialistes s’activent dans l’ombre, le MCG est inactif au parlement, résume la politique à des slogans populistes et finit par passer pour le défenseur des plus humbles de la société. C’est le monde à l’envers ! Notre communication doit contrer ce phénomène inquiétant.

6.Revoir nos statuts pour simplifier notre fonctionnement et accélérer les procédures

Pour présenter un projet de loi, un-e député-e socialiste doit consulter les commissions du parti, le soumettre pour approbation au comité directeur, puis au verdict du groupe parlementaire. Ce parcours d’obstacles est trop long et trop lourd, alors que les autres partis agissent dès que le groupe, voire une délégation du groupe, est OK. Ceci n’est qu’un exemple d’un fonctionnement trop bureaucratique et plus du tout conforme à une actualité où il faut souvent agir rapidement pour avoir de l’impact. Evidement, ce travail d’optimisation de notre action ne devra pas mettre en péril l’esprit de démocratie, socle des valeurs de notre parti.

7.Savoir utiliser les opportunités pour nous profiler, revendiquer notre histoire et promouvoir la justesse de nos idéaux

Depuis des lustres, les socialistes combattent le capitalisme sauvage et inhumain, et prônent un développement équilibré entre le social, l’environnement et l’économie pour assurer la durabilité de l’humanité.

Durant des lustres, la droite qualifie nos combats de ringards.

Aujourd’hui, le capitalisme est sorti de la route et la planète est en danger. Toutes nos prédictions s’avèrent exactes.

Pourtant, le PS n’utilise pas cet immense boulevard pour rappeler ses combats et l’urgence de concrétiser ses idéaux, seuls vaccins efficients contre la crise financière et le dérèglement climatique. Pire, le PS laisse la droite évoquer la moralisation du capitalisme ou le développement durable. La gauche doit aussi parfois être décomplexée !

8.Parler plus simplement

La société est complexe, change rapidement. Rien n’est simple. Pourtant, pour être compris et suivi par une majorité de la population, nous devons apprendre à communiquer plus simplement. Attention, simple ne veut pas dire simpliste. Nous devons être plus proches des citoyen-ne-s, être sur tous les terrains et développer des messages vulgarisés.

9.Renforcer la convivialité

Vouloir contribuer à améliorer le bonheur des gens est le but suprême d’une politique. Prôner le bonheur passe par l’exemplarité. Les socialistes doivent renforcer la convivialité, utiliser davantage l’humour et être plus souriants. Prendre du plaisir et en donner, aimer l’humain, n’est-ce pas un programme très socialiste ? Une équipe qui marche est un groupe partageant des bons moments, dégageant de la chaleur humaine. Ce travail de recherche de convivialité dans ce monde trop triste ne doit plus rester en jachère.

 

Christian Brunier, ancien député et président des socialistes genevois-es

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19:01 Publié dans Politique | Tags : ps, socialiste, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

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