29/12/2009

Vent de liberté sur Téhéran, orage de répression venant du gouvernement

Lettre ouverte à Micheline Calmy-Rey, Présidente du Département fédéral des Affaires étrangères de la Confédération helvétique

 

Chère Micheline,

 

Ali Moussavi, le  neveu de Mir Hossein Moussavi, chef de file des mouvements se battant pour la liberté en Iran, a été lâchement tué par les forces de l’ordre, comme plusieurs autres manifestant-e-s. Le corps d’Ali a, de plus, disparu de la morgue, selon sa famille.

 

Trois conseillers – dont Ali Riza Beheshti, son premier conseiller - et des proches de Hossein Moussavi ont été arrêtés.

 

L’ancien Ministre des Affaires étrangères Ebrahim Yazdi, leader du Mouvement de libération de l’Iran, parti d’opposition progressiste, a aussi été interpellé.

 

Le  militant en faveur des droits humains Emad Baghi et la sœur de la Prix Nobel de la Paix 2003 l’avocate Shirin Ebadi figurent aussi sur la liste des personnes embarquées par la police et l’armée.

 

300 manifestant-e-s seraient en garde à vue.

 

L’envoyé spécial de la  télévision « Dubaï Media » en Iran, le journaliste Reza al-Basha, un Syrien de 27 ans, a disparu.

 

Les forces de sécurité ont enfoncé les portes de la Fondation Bara pour le dialogue entre les civilisations, dirigée par  l’ancien Président réformateur Mohammad Khatami, et ont arrêté deux des responsables de cette institution pacifiste.

 

Internet est gravement perturbé, voire souvent coupé, pour empêcher les combattants de la liberté d’informer l’opinion internationale, la dictature de Mahmoud Ahmadinejad plaçant l’Iran sous une chape de plomb. Traitement identique pour les communications par téléphones portables, le sms et les photos étant des moyens d’information prohibés par le pouvoir autocratique en place.

 

La Suisse est symbole de liberté, détentrice de plusieurs conventions internationales en faveur du respect des droits humains, doit réagir avec détermination pour soutenir ce vent de liberté s’étendant sur la nation persane.

 

Je te demande donc, en tant que Ministre des Affaires étrangères de la Suisse, mais surtout en tant que personnalité s’étant toujours engagée aux côtés des défenseurs des libertés, de tout entreprendre pour soutenir l’ouverture de l’Iran vers davantage de respect et de démocratie.

 

Notre ami commun, Kazem Radjavi, socialiste genevois, leader de l’opposition iranienne en exil, assassiné par le régime totalitaire de  Téhéran, était un modèle d’action pour libérer son pays de l’autoritarisme. Sa mémoire doit dicter aujourd’hui la conduite de celles et ceux  prônant un monde plus solidaire et plus  libre.

 

L’expression d’un peuple ne serait souffrir de l’indifférence ou du silence de l’opinion internationale.

 

En te remerciant d’avance de ton action, je t’adresse, Chère Micheline, mes amicales salutations.

 

Christian Brunier

Ancien Président du Parti socialiste genevois et député

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