31/01/2010

L’absurdité du monde en devient comique

Luc Ferry dixit : « Jacques Chirac est le plus lamentable de la 5ème République, même s’il est très sympathique. » Être traité de « lamentable » par un copain politique, ce n’est pas très agréable. De surcroît, être considéré, par un pote, comme plus lamentable que Giscard, ça c’est vache.

 

Petitesse d’esprit ! Air France voulait faire payer un second siège aux obèses. Et les anorexiques vont-ils pouvoir ne payer qu’une demi-place ?

 

Vu au ciné : « Contes de l’Âge d’Or », une fresque sur  les délires des années Ceaucescu en Roumanie. L’absurdité en devient comique. Cocasse, ce film est une série de petites histoires rocambolesques, politiques ou sociétales, souvent un peu lentes – mais c’était un peu le rythme de ce pays à l’époque. Cristian Mungiu, l’un des cinéastes de ce long métrage, déclarait : « Une manière d'éviter le désespoir est de rire et de se moquer. Nous avons voulu capturer l'essence de cette période difficile à travers les légendes urbaines qui ont maintenu le moral des gens qui faisaient la queue pour acheter à manger. » Cette œuvre à l’accent surréaliste illustre bien ce régime écrasant la vivacité de son peuple, tout en qualifiant ce moment « d’Âge d’or ».

Contes de l age d or.jpg

Bode Miller, le skieur, démystifie de sport, valorisant habituellement l’effort, la souffrance et le sérieux. Dans la « Tribune de Genève », il parle de sa jeunesse hippie, de son côté « olé olé », de sa grande gueule et avoue même skier parfois bourré. Un peu d’humanité dans ce monde de brutes, ça fait du bien !

 

Patrice Mugny refuse de louer l’Alhambra pour accueillir le prochain one man show de Dieudonné. Le « spectacle » s’intitulant « Sandrine », est-ce un acte de répulsion par rapport à sa collègue Sandrine Salerno ? Non, juste une action de salubrité publique, barrant la route à cet individu qui falsifie l’humour et l’histoire pour propager ses idées antisémites et haineuses. Bravo Patrice pour ton courage, pas toujours présent au rendez-vous de la politique !

 

 

12:42 Publié dans Humour | Tags : humour | Lien permanent | Commentaires (0)

29/01/2010

Genève : Le PS étant malade, ils proposent deux types de remède

DÉBAT | L’ex-député parle fonctionnement, la cheffe de groupe positionnement.

PS.jpg

© OLIVIER VOGELSANG/PASCAL FRAUTSCHI | Anne Emery-Torracinta et Christian Brunier.


Par JÉRÔME FAAS | Tribune de Genève

 

Les deux sont des poids lourds du Parti socialiste. Les deux admettent sans fard son actuelle faillite. Et les deux proposent des remèdes, publiés dans Post Scriptum, l’organe du PS, en décembre puis en janvier. Mais là où Christian Brunier, ancien député et ex-président du parti, s’inquiète de son fonctionnement, la députée et cheffe de groupe Anne Emery-Torracinta se soucie du positionnement des Roses. Deux points de vue antinomiques? Pas du tout, «des approches complémentaires», assurent en chœur les deux politiciens.

 

Un même constat fonde leur analyse: la société a changé, mais pas le Parti socialiste. «Notre manière de fonctionner ne correspond plus à rien, assène Christian Brunier. Le PS devrait être un animateur de réseau, il ressemble plus au Politbüro. Venir voir comment fonctionne un comité directeur, cela ne dit plus rien aux jeunes.» L’homme propose donc de «réseauter», avec le WWF, l’Asloca, les syndicats, etc.

 

Trop de bureaucratie

 

Il tape surtout sur la bureaucratie socialiste et l’obligation de soumettre tout projet à l’aval d’une kyrielle d’instances. Ce souci exacerbé de démocratie éteint les bonnes volontés, juge-t-il. «Des qu’un projet est soumis à dix personnes, il suscite dix remarques. C’est décourageant. Un fonctionnement moins lourd libérera les idées.»

 

Pire, cette lourdeur prive le parti de réactivité. «A force de vouloir atteindre la perfection, on loupe des coups. Sur le problème des caisses maladie, nous voulions réagir très rapidement. Mais à force de fignoler ceci ou cela, nous avons laissé le MCG se profiler sur le sujet.»

 

Changer de discours

 

Anne Emery-Torracinta, elle, se concentre sur le discours socialiste. Si elle assure que «lutter contre le démantèlement social est essentiel», elle juge aussi que cela ne suffit pas. Le parti ne peut plus se contenter de réagir, il doit également proposer des solutions «acceptables non seulement sur les plans social et écologique, mais aussi économique».

 

L’élue rêve de réponses nouvelles «qui ne se traduisent pas automatiquement par des coûts supplémentaires pour l’Etat et/ou une augmentation d’impôts». Elle constate que «les coûts sociaux pèsent sur un petit groupe allant en diminuant: les actifs des classes moyennes». Elle anticipe le vieillissement de la population et calcule: pour éviter à la fois baisses de prestations et hausses d’impôts, «il faut augmenter la proportion d’actifs», donc «proposer des mesures favorisant l’emploi».

 

«Il ne s’agit pas d’effectuer un virage à droite, insiste-t-elle, mais d’être plus pragmatique.» Elle rejoint ici Christian Brunier, qui appelle de ses vœux l’élaboration de «trente projets clés (initiatives, projets de loi)». Une aspiration traduite par une formule choc: «Laissons tomber le programme, faisons plutôt des projets concrets.» Anne Emery-Torracinta formule la même idée autrement. «Lors de la dernière législature, le PS a sorti un seul petit projet de loi sur le logement. Il faut renverser les perspectives. Se demander où sont les besoins de la population, quelles sont ses attentes, plutôt que de nous demander quelle société idéale il faudrait construire.»

 

Un dernier point réunit les deux politiciens. «Nous avons des sujets tabous: la sécurité, l’argent», dénonce Christian Brunier. «Si nous ne proposons pas de solutions aux préoccupations de la population, nous sommes complètement à côté, renchérit la députée. Nous ne pouvons pas dire que tel ou tel thème ne nous intéresse pas.»

 

 

11:20 Publié dans Politique | Tags : politique, ps, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

24/01/2010

Non, je ne serai pas candidat au Conseil administratif de la Ville de Genève

 

« Un socialiste qui fait la gueule, ce n'est pas un socialiste optimiste. On ne suit pas les gens qui font la grimace. Le socialisme chiant, je suis contre. »

Michel Delebarre

 

« Le Courrier », « Léman bleu Télévision », une radio et plusieurs membres du PS  m’ont cité comme l’un des papables à la succession de Manuel Tornare au Conseil administratif de la Ville de Genève.

 

Bien qu’intéressé par un rôle exécutif en politique, je ne serai pas candidat à ce poste, principalement pour les trois raisons suivantes :

 

  1. Au niveau municipal, je me suis mobilisé, au début de mon parcours politique, à Vernier, où j’ai notamment été Président du Parti socialiste local et Conseiller municipal. Ensuite, je me suis investi énormément au niveau cantonal en assumant les fonctions de Président du PS cantonal, de député et de Chef du groupe socialiste au Grand Conseil. Je me suis donc peu impliqué au niveau municipal en Ville de Genève. Dans ce contexte, prétendre accéder à l’Exécutif ne me semble pas correct par rapport aux membres de la section socialiste de la Ville engagés, depuis des années, en faveur de cette municipalité.

 

  1. Occupant depuis 10 mois de nouvelles fonctions professionnelles, je me suis engagé auprès de mon employeur à ne pas briguer de fonctions politiques durant les premières années de l’exercice de ce nouveau poste. Je tiens à honorer pleinement ma parole.

 

  1. Après avoir consacré plus de deux décennies de ma vie à la politique et au militantisme associatif et syndical, j’ai envie de consacrer du temps à mon épouse, à mes enfants et à mes proches. Je bouffe la vie, m’amuse comme un fou, vais au spectacle, voyage, visite des expos, fais de bonnes bouffes, lis … bref profite des bienfaits de l’existence.

 

Vu la pléthore de talents se profilant au PS pour postuler au Conseil d’administration, je suis persuadé que nous présenterons une forte candidature aux côtés de Sandrine Salerno afin de dynamiser nos majorités de gauche tant au Conseil administratif de la Ville qu’au sein du Conseil municipal.

 

12:30 Publié dans Politique | Tags : politique, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

La succession de Manuel Tornare met la parité sur le gril

Par Rachad Armanios, Le Courrier 

 

SOCIALISTES - L'idée d'abolir la parité au PS Ville de Genève avant les élections de 2011 émerge. En l'état, aucune femme ne peut remplacer M. Tornare. Décryptage.


La parité inscrite dans les statuts de la section municipale du Parti socialiste (PS) empêche toute candidature féminine à la succession de Manuel Tornare lors des élections de 2011, puisque seul un homme pourra se placer sur le ticket formé avec Sandrine Salerno. Au sein du parti, les critiques pleuvent. Ce qui a accéléré le débat, c'est l'assouplissement de l'interdiction des doubles mandats que vient de voter la section, qui permet à Manuel Tornare d'achever sa législature au Conseil administratif tout en siégeant au Grand Conseil. «Il aurait été absurde de se priver d'un excellent candidat», commente René Longet, président du parti cantonal. Par comparaison, il juge dommage que «la règle de la parité élimine 50% des candidatures» à la succession de M. Tornare.


Selon ses statuts, la section doit présenter autant de candidats hommes que femmes sur ses listes électorales, tant au niveau législatif qu'exécutif. La mesure, introduite en 2005, «avait été un tremplin pour une candidature féminine au Conseil administratif», rappelle Grégoire Carasso, président de la section. La mesure avait été «taillée» pour assurer un siège à Sandrine Salerno, se souvient plutôt l'ancienne députée socialiste Véronique Pürro.


«Toute règle trop stricte finit par se retourner contre ses objectifs», estime René Longet. Car la parité, un outil contre la sous-représentation criante des femmes en politique, se retourne cette fois contre elles.


Une mesure transitoire?


La fronde pour modifier les statuts vient d'Alberto Velasco, membre du comité de la section municipale, qui, seul, déclare son intention de passer à l'as la parité à l'exécutif avant les élections. «En assemblée générale, on dira de voter pour n'importe quel candidat sauf une femme. La parité, c'est une façon de corseter l'esprit démocratique.»
Parmi les noms de papables que la rumeur fait circuler, on entend ceux de Gérard Deshusses, Jean-Charles Rielle, Thierry Piguet ou encore Christian Brunier. Et aussi, malgré le veto statutaire: Véronique Pürro, Nicole Valiquer, Laurence Fehlmann Rielle, Virginie Keller Lopez...


«Le PS compte autant de candidatures féminines potentielles que masculines, cela prouve que les femmes s'y sont émancipées, juge Véronique Pürro. Le quota doit être une mesure transitoire.» Ceci dit, «indépendamment de mes ambitions personnelles», précise la candidate malheureuse au Conseil d'Etat. Songe-t-elle au Conseil administratif? «Je ne veux pas répondre.»


«Délicat de changer des règles»


«Si les statuts sont modifiés, j'y réfléchirais, déclare Virginie Keller Lopez. Mais la section municipale a d'autres priorités: son programme et conserver la majorité à gauche.» Elle estime également qu'«avec les quotas, on arrive au bout du système, car il se retourne contre les femmes».


Mais elle-même ne demande aucun changement, car elle ne veut pas être accusée de carriérisme. «C'est délicat de changer des règles juste avant des élections.» «Ça donne l'impression qu'on a des principes 'à la carte', abonde Laurence Fehlmann Rielle. C'est pourquoi il faut repenser les statuts dans leur globalité. Soit très vite, soit après 2011.» Elle n'est «a priori pas intéressée» par un siège au Conseil administratif.


Conscient qu'une telle discussion pré-électorale ne peut qu'être polluée par les ambitions des un(e)s et des autres, Alberto Velasco retourne l'argument: «C'est la parité qui ouvre la porte aux marchandages. L'annuler permettrait à tout le monde d'être candidat.»
«On ne peut pas utiliser une règle quand ça nous arrange, puis l'annuler quand cela nous dérange, rétorque Virginie Studemann, vice-présidente de la section municipale et présidente du groupe 'égalité' du parti cantonal. La parité a joué en faveur d'une femme lors des dernières élections, il est important de la maintenir au moins jusqu'à la prochaine, au risque de discréditer la démarche.»  «Si M. Velasco demande formellement le débat, on le mènera», assure Grégoire Carasso.

12:28 Publié dans Politique | Tags : politique, genève | Lien permanent | Commentaires (0)

20/01/2010

Dernières salves

Des salves pour rire … non pour tuer, mais pour permettre de vivre. « Dernières salves » est le bébé littéraire du fort en gueule et en plume Jean-François Kahn. Cet extrait de dictionnaire propre au fondateur de « Marianne » est la suite de son « Dictionnaire incorrect » et de son « Abécédaire mal-pensant », trois traités encyclopédiques de subversion contre le politiquement correct.

 

Bien corrosif, cet ouvrage est un inventaire de pensées drôles, de courts portraits au vitriol, de bons mots, de souvenirs cocasses et de brèves de comptoir.

 

A plus de 70 berges, Kahn garde la forme et démonte, avec un humour sans concession, la nomenklatura trop bien assise dans ses pouvoirs et son conformisme. Il aime le verbe joueur et franc. Ses mots cognent, égratignent avec deux seuls objectifs : faire rire et réfléchir.

 

Le prêt-à-penser y est déchiqueté. La morosité jetée dans le caniveau.

 

Venant de créer le Centre de Réflexion et de Recherche pour l'Elaboration d'Alternatives, Kahn est un agitateur d’idées, parfois un peu trop obnubilé par les dérives des socialistes français, lui, le républicain de gauche, qui a été obligé de revêtir le costume centriste, mal taillé pour lui, afin de trouver une tribune politique.

 

Parcourons vite cet ouvrage. Visite chez le « A ». Abnégation : Payer sa cotisation au PS pendant vingt ans sans faire partie d’un courant. Absurde : Tout argument de l’adversaire auquel on ne parvient pas à répliquer immédiatement.

 

Irrévérencieux, le facétieux Kahn se lâche par moment totalement. Baiser : Et il y en a qui baisent des crucifix. C’est honteux. Olivier Besancenot : Facteur … de division. Burka : Cachot ambulant. Prison qui, en Iran, est à la femme ce que la coquille est à l’escargot en Bourgogne.

 

Baladons à travers le « C ». Chaise électrique : Terrible troisième voie : à ceux qui proclament qu’il vaut mieux mourir debout que vivre couché, on propose en effet de les tuer assis. 

 

Et du côté du « D ». Défaillir : Prendre connaissance, quand on est ministre des Finances français, de l’ampleur du déficit budgétaire. C’est pourquoi on dit alors que l’État est défaillant.

 

Le « E » n’est pas mal du tout. Empaler : Le contraire du bouche-à-bouche. Et contrairement à un petit verre de calva, ça ne fait aucun bien par où ça passe. 

 

Enchaînons avec un extrait du « F ». Fayot : Haricot qui déploie vis-à-vis des grosses légumes tellement d’excès de zèle qu’il les fait péter plus haut que leur cul. Fête : Toute réunion publique organisée par Jack Lang. Fusionner : Se dissoudre en faisant semblant de se renforcer.

 

Un point sur le « G » - le point G - : Goulu : (…) Le pauvre est donc goulu. Le riche est gourmet.

 

Un peu de « H » : Homélie : Genre oratoire qui est à la bienpensance ce que les marches militaires sont au nationalisme.

 

Au tour du « I ». Incommensurable : Qui ne peut être mesuré. Donc une richesse incommensurable peut toujours échapper au fisc puisqu’elle ne peut être mesurée. Inique : Désigne une injustice dont on ne profite pas. Intouchables : Caste la plus basse en Inde. Caste la plus haute en France.

 

Sautons au « P ». Pantalon : Paradoxalement, pour montrer qu’on a des couilles, il ne faut surtout pas baisser son pantalon. Plus-value : Ce que rapporte aux uns le travail des autres.

Poignard : Dans la main d’un socialiste, a remplacé la rose.

 

Prenons le « T ». Tombe : Trou de mémoire. Toutankhamon : Pharaon égyptien dont la célébrité ne doit rien à son apparition sur Terre, qui fut très courte, mais bien plutôt à sa disparition sous terre, qui fut très longue.

 

Pour le reste, il faut acheter le bouquin.

 

Le but de Jean-François Kahn est de « dire à chacun ce qu’on ne dit pas tout de suite. Je veux bousculer, montrer ce qui est vrai ou faux, poser des questions, revoir les interprétations. »

 

« Dernières salves » est un bon moyen de s’éduquer, de penser tout en se bidonnant.

dernières salves.jpg

18:26 Publié dans Humour | Tags : kahn, salves, humour | Lien permanent | Commentaires (0)