10/02/2010

Des rapaces chassent les pigeons du siège des Services Industriels

LE LIGNON | Pendant deux mois, un fauconnier a ciblé les indésirables pour assainir un dépôt des SIG.

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© P.FRAUTSCHI | Le fauconnier Umberto Nassisi. Le faucon sacre peut voler loin. Il porte donc un émetteur pour être localisé avec un GPS.


LAURENCE NAEF | Tribune de Genève

 

Ils étaient des dizaines de pigeons installés dans les superstructures métalliques d’un dépôt des Services Industriels, sur leur site du Lignon. «Ils nichaient, se reproduisaient et étalaient leurs fientes sur les stocks de tuyaux destinés à l’eau potable. A partir d’un certain stade, outre les dégâts, ce n’est plus très hygiénique», explique Christian Brunier, membre de la direction.

 

Dans notre canton, impossible de les tirer sans une dérogation très spéciale. «Et puis c’est une méthode qui ne s’inscrit pas du tout dans notre politique de développement durable.»

Ainsi, ce que le Stade de Genève avait fait avant l’arrivée de l’Euro, les SIG l’ont adopté cet hiver. Ils ont mandaté Umberto Nassisi, employé des SIS et fauconnier par passion, pour effaroucher les indésirables.

 

A l’assaut des pigeons

 

«A raison de deux mois, quelques jours par semaine, j’ai atteint le but», raconte-t-il. Deux buses de Harris volent en basse altitude, sous le toit du hangar, à l’assaut des pigeons. A l’extérieur, c’est le faucon sacre, oiseau d’altitude, qui les poursuit. Les vitesses atteintes par ces beaux oiseaux au regard pointu sont stupéfiantes.

 

«Les pigeons aussi sont rapides et leur gouvernail leur permet de changer souvent de direction.» Un coup d’aile des rapaces, un vol en plané, une pause pour évaluer la situation, un retour vers le maître qui accueille les buses avec un bout de viande. La routine est bien huilée. Et à la fin du travail, le faucon sacre a droit à un poussin décongelé.

 

Pour l’association Falco

 

«Ce mandat d’effarouchement ne se fait pas en un jour. Les pigeons reviennent dans leur habitat. Au bout de quelques jours, ils reconnaissent ma voiture, s’en vont pour réapparaître dès après mon départ. Il faut ruser, changer d’horaire, agir avec patience. Jusqu’à ce qu’ils en aient suffisamment marre pour ne plus revenir.» Hier, les quelques derniers récalcitrants ont reçu l’ultime visite des rapaces. Une opération à 2500francs qu’il remettra à son association Falco pour les soins aux rapaces.

 

Demain, Umberto Nassisi attaquera un nouveau mandat: vider le local de la Voirie de la Ville de ces indésirables. «Une autre affaire. Le local est immense et fermé, la population de pigeons impressionnante!»

 

L’effarouchement ne suffit pas. «Pour éviter que ça ne recommence, il faut maintenant prendre des mesures, poser des grillages autour des plates-formes sur lesquelles ils avaient construit leurs nids», promet Christian Brunier.

 

Tandis que les SIG se débarrassent des pigeons, ils attirent d’autres oiseaux, des papillons et des insectes en transformant leurs pelouses vertes, traitées et chères à l’entretien, en prairies fleuries, économiques en eau et agréables au regard. Rien de contradictoire. Les rapaces d’Umberto Nassisi ne sont pas au travail pendant les périodes de nidification.

 

18:42 Publié dans Ecologie | Tags : rapaces | Lien permanent | Commentaires (0)

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