03/06/2010

Mammuth écrase les bien-pensants

Gustave Kervern et Benoist Delépine nous livrent une fable prolétaire et décalée avec leur film « Mammuth », emmené par la prodigieuse Yolande Moreau, la Deschienne, et Gérard Depardieu, totalement déglingué. On y croise en outre Anne Mouglalia, Miss Ming, Benoît Poelvoorde, Siné ou Philippe Nahon. On y aperçoit même la mystérieuse Isabelle Adjani.

 

Depardieu joue le rôle de Serge Pilardos. Bourru et tendre, ce largué de la vie a trimé toute sa vie de besogneux dans une usine de porcs. L’âge de la retraite arrive pour ce bosseur, jamais absent, ni malade. Vivant dans la dèche, le désespoir frappe à nouveau à sa porte. Plusieurs documents de travail manquent. Il perd en conséquence plusieurs points de retraite. Sa femme, une caissière de supermarché, l’encourage à partir à la recherche des ses anciens employeurs pour dégoter les certifs de travail égarés. Pilardos enfourche sa vieille moto et part à l’aventure. Il accumule les échecs, hanté par son accident de bécane ayant tué l’amour de sa vie. Il rencontre plein de personnages en marge et bute sur d’anciens patrons peu scrupuleux. Dans cet univers impitoyable d’exploiteurs, nous retrouvons l’ambiance du film « Louise-Michel », des mêmes cinéastes.

 

L’humour noir atteint son apogée dans plusieurs scènes. Le peuple « d’en bas » est pour une fois sur l’avant-scène, lui qui est habituellement caché. Les auteurs décèlent dans chaque situation l’absurde et le saupoudre de pointes de provocation et de chaleur humaine.

 

Parfois poétique, toujours caustique, l’œuvre de Benoît Delépine et Gustave Kervern est un témoignage poignant des milieux populaires les plus humbles. Déprimant et drôle, belle perf de paradoxes.

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00:20 Publié dans Humour | Tags : humour, cinéma, mammuth | Lien permanent | Commentaires (0)

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