18/07/2010

En verve

Je lis « En verve » de Boris Vian, recueil des envolées lyriques et humoristiques de ce virtuose du langage.

 

Vous aimant, je vous ai sélectionné quelques passages dont vous me donnerez des nouvelles. Commençons par le sein : « Ne sachant pas à quel sein me vouer,  j’ai choisi le plus confortable, le sein gauche de Marilyn Monroe, le droit est un peu fatigué par la vie quotidienne qu’il mène. »

 

Vian est assurément un philosophe à étudier : « On se rappelle beaucoup mieux des bons moments ; alors , à quoi servent les mauvais ? » Ses grands questionnements touchent tous les aspects de la vie quotidienne : « Pourquoi est-ce qu’on a envie de pisser toutes les fois qu’on vient de trouver la bonne position pour dormir ? »

 

La violence militaire l’exaspérait : « Militaire : variété d’homme amoindri par le procédé de l’uniforme qui est une préparation à l’uniformité totale du cercueil. » Ou encore : « Le pluriel du général, c’est des générés. ». Bis stp : « Laisser la littérature aux mains des imbéciles, c’est laisser la science aux mains des militaires. »

 

Les cons, je les ai déjà évoqués, voici un extrait illustratif : « C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde. » Si l’analyse des humains le passionnait, celle des animaux l’amennaient sur des pistes novatrices : « Il y a deux façons d’enculer les mouches : avec ou sans leur consentement. »

 

Il parlait de Q avec talent littéraire : « Les mots et les pets ont ceci de commun que ce sont des volumes d’air qui sortent aux extrémités, du tube digestif. S’exercer le Q pour parler. »

 

Conclusion Monsieur Vian : « Rions gaiement de la censure, des culs gelés et des pisse-froid. » Exécution !

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08:21 Publié dans Humour | Tags : verve, vian, humour, ecriture | Lien permanent | Commentaires (3)

Commentaires

Oh, oh, quel excellent début de journée, merci!

Écrit par : colette | 18/07/2010

J'adore. Vian pourfend les bien-pensants et une société où tout se doit de paraître dans un langage correct. Il joue avec les mots avec virtuosité comme les doigts d'un pianiste fait des arpèges. Merci Christian, tu me donnes envie de m'y replonger. Bien à toi.

Écrit par : Thierry Piguet | 18/07/2010

Tous ces conflits présentent des traits communs. Bien qu’ils aient à faire face à un syndicat unique de structure stalinienne, fait plus pour protéger les emplois et la production, ces derniers sont désormais très déterminés.

Écrit par : cheap ed hardy clothes | 26/07/2010

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