30/07/2010

Petites piques sur les affaires du monde

Une visite au Mont-Blanc s’impose !

 

« Nous subissons la dictature de la religion verte » nous assène le vieillissant Claude Allègre, ne croyant pas aux effets dévastateurs du réchauffement climatique. Une visite au Mont-Blanc s’impose …

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Photo : Christian Brunier, 2010

 

L’Amour en danger !

 

Une étude estime, selon Onepoll, à 18 millions le nombre de Britanniques s’étant blessés au moins une fois durant leur vie en coïtant dans des lieux insolites. Le manque d’entraînement peut être fatal !

 

Signé Higelin

 

Lu avec délectation les confidences de Jacques Higelin dans « Charlie Hebdo ». Court extrait à méditer : « J’aime la révolte joyeuse des poètes qui n’embrigadaient personne. La scène, c’est comme organiser un gigantesque apéro où l’on chante à tue-tête. Ceux qui interdisent les apéros Facebook craignent l’ivresse du monde convivial. Coluche exprimait ce sentiment : porteur d’un vrai discours politique et amoureux, tout en étant un tireur d’élite. Mettre une plume dans son cul pour exprimer ses idées, c’est quand même classe. C’est pour cela que le fait que des comiques se font virer comme des malpropres d’une radio publique me fout hors de moi (allusion à l’épuration de Stéphane Guillon et Didier Porte de France Inter). Eux ne débarqueront jamais tel un tank de ta vie. Ils lancent un mot, tu prends ou pas. » J’ai croisé Higelin lors d’une soirée à la SIP, une boîte de Genève, où festoyaient les artistes, les organisateurs et les sponsors de la Fête de l’Espoir. Jacques Higelin m’a frappé par son humilité et sa révolte innée.

 

Le coût de l’ignorance à Sarkoland

 

En 2011, la France de Sarkozy va supprimer 16'000 postes à l’Education nationale. Ce massacre à la tronçonneuse s’ajoute aux 16'000 postes supprimés en 2010, aux 13'500 en 2009 et aux 11'200 en 2008. Si l’enseignement coûte trop cher, essaie l’ignorance !?!

 

Sortie de route de Borloo

 

Le régime Sarkozyste profile Jean-Louis Borloo comme le champion de l’écologie. Dans les chaleurs de l’été, oubliant les généreuses promesses du Grenelle de l’environnement, le fêtard du gouvernement français signe, dans une discrétion suspecte, pour la construction de trois nouvelles autoroutes (Castres-Toulouse, doublement de l’A9 à Montpellier, Dreux-Orléans). Une nouvelle sortie de route de la politique made in Sarkoland.

 

Santé !

 

Dès 2011, la Fête de la bière de Munich sera interdite à la fumée. Normal ! Les visiteurs de l’Oktoberfest font tellement attention à leur santé ! Santé !

 

Ordre et discipline

 

Les dirigeants des régions aux mains du Parti populaire de la droite espagnole refusent d’appliquer la loi sur la libéralisation de l’avortement votée par une forte majorité du parlement national. Des adeptes de l’ordre et de la discipline ne respectant pas une loi ne méritent que la  condamnation des tribunaux au nom de l’ordre et de la discipline.

 

Grève du cœur !

 

Les chirurgiens italiens font grève. Ils en ont marre des coupes budgétaires du gouvernement Berlusconi. Après avoir mal voté, les Ritals retrouvent la santé !

 

Vodka et eau : Mauvais mélange

 

En 2009, en Russie, sur 2733 noyades mortelles, 1903 étaient dues à l’excès d’alcool. J’ai toujours prétendu que mélanger de la vodka avec de l’eau était néfaste. Qui avait raison ?

 

La grande marche …

 

En mai dernier, 27 grèves ont eu lieu en Chine. Durant l’année écoulée, les conflits sociaux ont augmenté de 160% dans la région de Zhejiang et de 42% dans la province de Guangdong. Le communisme chinois est en marche …

 

Gabonais pas si absents …

 

« Direct-Soir », le quotidien français gratuit, vante régulièrement les soi-disant mérites du Gabon, pourtant pas une référence dans le domaine de la bonne gouvernance. Alors pourquoi tant de gratitude ? Le fait que Vincent Bolloré, le prêteur de yacht à Sarkozy, patron du journal, soit signataire de gros contrats industriels avec le régime de Bongo n’a certainement rien à voir …

 

Pas très catholique

 

Le Vatican a actualisé ses « normes et délits les plus graves ». Vu la triste actualité de l’Eglise catho, les règles contre la pédophilie ont été enfin durcies. Et la Papauté n’a pas pu s’empêcher, dans le même temps, de rappeler que l’ordination de femmes en tant que prêtres était « un délit grave contre la foi ».  Il y a vraiment du bon à être anticlérical.

 

Spirituel ?

 

Les intégristes ont de nombreux guides spirituels. Pourtant, ils ne sont pas très spirituels, même pas drôles du tout. L’enseignement est un art difficile.

 

 

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20/07/2010

Le sport pour promouvoir l’esprit d’équipe et la connivence au sein des entreprises

« Donner, recevoir, partager, ces vertus fondamentales du sportif

sont de toutes les modes, de  toutes les époques.

Elles sont le sport. »

Aimé Jacquet

 

Plusieurs entreprises prennent le sport comme modèle de management. Certaines promeuvent la compétition, la glorification de la victoire, l’écrasement des autres, le dépassement de soi à travers la souffrance et le culte de la performance extrême. Ces dogmes mènent à l’individualisme, à l’arrogance, à l’irrespect, bref à l’inhumain. Ce système produit des sociétés axées sur le profit à court-terme et provoque les dérives de la jungle économique, menant à la crise financière ou à des scandales multiformes. En sport, cet esprit égoïste conduit au doping, à la violence, à la tricherie et au sport-fric.

 

Une entreprise-citoyenne, responsable socialement, doit utiliser le sport bien différemment. Il permet de valoriser l’esprit d’équipe, la solidarité et l’importance de participer à un succès collectif. 

 

L’entreprise peut utiliser les activités sportives pour améliorer la santé physique et morale de ses collaboratrices et collaborateurs, en créant notamment des salles de sport ou en organisant des manifestations sportives. PSA Peugeot Citroën a construit, dans son immeuble Colisée à Saint-Ouen, une salle de sport, un squash et une piscine sur 700 m2. Dans le quartier de la Défense, à Paris, Oracle s’est offert un espace sportif de grande ampleur. Rothschild, Marionnaud, Carrefour, SFR, Procter & Gamble ou Orange possèdent eux aussi de belles salles de sport destinées à leur personnel.

 

Le sport peut s’avérer un outil intéressant de cohésion, plusieurs entreprises ayant créé des groupements sportifs ou organisant des joutes autant sportives que festives. Le World Corporate Games, les jeux olympiques des entreprises, démontre bien cette dynamique conviviale et constructive.

 

Il n’est pas rare de voir des équipes, dont des directions générales, accomplir une performance sportive en groupe. Ballade en montagne ou régate en bateau, initiation au tir à l’arc ou parcours  en rafting, journée de ski ou descente en luge, les idées d’actions ne manquent pas. Attention, tout de même à maintenir un haut niveau de sécurité et une recherche accrue de satisfaction, certaines entreprises jouant avec la santé de leurs employé-e-s obnubilées par la performance.

 

Le sport sert bien évidemment comme support de marques. Coca-Cola utilise positivement le sport : « Nous sommes convaincus qu’une entreprise comme la nôtre a la capacité de mobiliser et de rassembler les différents publics autour de valeurs extrêmement positives liées au sport et de messages porteurs de sens. » Marionnaud, spécialiste de la parfumerie et des produits de beauté, a soutenu des courses de chevaux pour valoriser les « réglages ultimes pour course sublime. »

Le sport inspire aussi les managers. Là encore, cette utilisation peut être constructive comme nuisible, finalement comme n’importe quel outil. Un marteau peut être utilisé pour construire une paroi en bois d’une maison. Il peut en outre servir à taper sur la tête de son voisin. L’outil n’est jamais nuisible. C’est son utilisation qui peut s’avérer perverse. Il faut donc s’inspirer des coachs transcendants les équipes et les individus, et non des autocrates ne cherchant qu’à abattre l’adversaire, voire l’arbitre.

 

Plusieurs entreprises font appel à des sportifs célèbres pour former leurs cadres. Daniel Herrero, que j’ai invité lors d’un séminaire, l’entraîneur de rugby, démontre à merveille les effets positifs de la motivation sur un groupe. Un collectif soudé peut être bien plus performant qu’une équipe formée de stars égocentriques. Le parcours catastrophique de l’équipe de France de foot lors de la Coupe du monde 2010 en est un exemple éloquent. Avec son humour caustique et son accent sentant la Provence, Herrero est un défenseur crédible de l’esprit d’équipe. Yannick Noah agit dans le même registre. Le tennisman est un brillant ambassadeur de l’enthousiasme et de l’esprit positif. Grâce à ses talents de motivateur, il a emmené l’équipe de France de tennis au sommet de la Coupe Davis.

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© AFP

 

La navigatrice Ellen Mac Arthur intervient souvent sur la thématique « solitaire mais pas seule », cherchant l’alliance entre l’engagement individuel et la coopération d’équipe. Bertrand Piccard, l’aventurier ayant réalisé le tour du monde en ballon, démontre la force de l’équipe de potes et valorise l’examen des erreurs pour trouver le chemin de la réussite. A titre d’anecdote, le patron de Virgin, Richard Branson, voulant lui aussi parcourir la planète en ballon, avait tenté de piquer l’un des membres phares de l’équipe de Piccard en lui offrant mensuellement son salaire annuel. La cohésion de l’équipe avait été plus forte que l’appât du gain. Il était resté !

 

Thierry Lardinoit, professeur de marketing, titulaire de la chaire européenne de marketing sportif soulignait : « Le sport peut indéniablement créer des liens forts dans l'entreprise. » Pour cet intellectuel, le sport est une école du droit à l’erreur : « Surtout, les sportifs de haut niveau savent dépasser l'échec, ils l'étudient pour progresser. Dans l'entreprise, il n'est pas très fréquent que l'on parle des échecs. Et que l'on tire toutes les conclusions. »

 

« La solidarité, si importante dans le sport, est absente de la vie de l'entreprise » poursuit Gilles Amado, professeur de management et en matière de ressources humaines à HEC. Même si son jugement est caricatural et excessif, il est certain que les activités sportives peuvent contribuer à renforcer la connivence entre le personnel.

 

Pour la RATP (Régie Autonome des Transports Parisiens) « le sport favorise la mixité et promeut le respect de l’autre. »  Dans un contexte de plus en plus concurrentiel, cette entreprise s’inspire du sport pour changer sa culture entrepreneuriale : « Dynamique collective, solidarité et respect sont non seulement des valeurs fortes du sport en général mais également des enjeux quotidiens défendus sur le terrain par les agents de la RATP. »

 

Il n’est pas étonnant de constater les similitudes entre le sport et l’entreprise. Les groupes humains ont tendance à agir et interagir de manière similaire qu’il s’active dans le sport, en politique, dans le monde économique ou la vie associative. « On peut aussi noter que les grands sports ont été codifiés dans les ­universités à l'époque victorienne en Angleterre, en complément de la formation pour les milieux d'affaires », explique François Leccia, Directeur de l'Institut sport et management à Grenoble.

 

Pour Pierre de Courbertin, l’important était de participer. Pour moi, la solidarité d’équipe et la notion de plaisir sont bien plus importantes, du moins pour les entreprises conciliant respect et efficience.

 

Pour en savoir davantage : http://brunier.canalblog.com/

 

Manager, prendre du plaisir et en donner

Un être humain passe énormément de temps sur son lieu de travail. Prendre du plaisir dans son boulot est un impératif pour l'épanouissement individuel, mais aussi une condition de succès pour les entreprises.

 

Découvrez le blog de Christian Brunier :

 

http://brunier.canalblog.com/

 

 

 

 

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18/07/2010

Défendons les libertés, boycottons Vérone !

Nous voulions nous rendre à Vérone, ville des amoureux, de Roméo et Juliette, pour vivre un opéra dans les arènes de cette belle cité italienne.

 

Malheureusement, le Maire de la ville, Flavio Tosi, de la Ligne du Nord, issu de l’organisation d’extrême-droite Movimento Giovani Padani, transforme sa municipalité en laboratoire pilote du néo-fascisme ou plutôt de l’archéo-fascisme, ce genre d’idéologie n’ayant rien de nouveau.

 

Prônant des idées de haine, les mouvements de l’extrême-droite européenne se retrouvent régulièrement dans cette ville.

 

En tant que défenseurs de la liberté, résistant à tout jamais contre les idées extrémistes, nous refusons de soutenir ces  tristes individus et renonçons à nous rendre dans ce terreau de haine.

 

Vérone symbolisait l’Art d’aimer. Résistons pour qu’elle ne devienne pas la capitale de l’Art d’haïr.

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En verve

Je lis « En verve » de Boris Vian, recueil des envolées lyriques et humoristiques de ce virtuose du langage.

 

Vous aimant, je vous ai sélectionné quelques passages dont vous me donnerez des nouvelles. Commençons par le sein : « Ne sachant pas à quel sein me vouer,  j’ai choisi le plus confortable, le sein gauche de Marilyn Monroe, le droit est un peu fatigué par la vie quotidienne qu’il mène. »

 

Vian est assurément un philosophe à étudier : « On se rappelle beaucoup mieux des bons moments ; alors , à quoi servent les mauvais ? » Ses grands questionnements touchent tous les aspects de la vie quotidienne : « Pourquoi est-ce qu’on a envie de pisser toutes les fois qu’on vient de trouver la bonne position pour dormir ? »

 

La violence militaire l’exaspérait : « Militaire : variété d’homme amoindri par le procédé de l’uniforme qui est une préparation à l’uniformité totale du cercueil. » Ou encore : « Le pluriel du général, c’est des générés. ». Bis stp : « Laisser la littérature aux mains des imbéciles, c’est laisser la science aux mains des militaires. »

 

Les cons, je les ai déjà évoqués, voici un extrait illustratif : « C’est drôle comme les gens qui se croient instruits éprouvent le besoin de faire chier le monde. » Si l’analyse des humains le passionnait, celle des animaux l’amennaient sur des pistes novatrices : « Il y a deux façons d’enculer les mouches : avec ou sans leur consentement. »

 

Il parlait de Q avec talent littéraire : « Les mots et les pets ont ceci de commun que ce sont des volumes d’air qui sortent aux extrémités, du tube digestif. S’exercer le Q pour parler. »

 

Conclusion Monsieur Vian : « Rions gaiement de la censure, des culs gelés et des pisse-froid. » Exécution !

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08:21 Publié dans Humour | Tags : verve, vian, humour, ecriture | Lien permanent | Commentaires (3)

17/07/2010

L’œuvre du jour : Double portrait au verre de vin

Hommage haut en couleurs de Marc Chagall aux ravissements de la vie. Témoignage d’amour à sa femme Bella, le peintre se retrouvant en lévitation sur sa dulcinée en robe blanche au large décolleté.

 

Traversant le fleuve Dvina à Vitebsk, unis, ensemble, dans une communion passionnelle, ces personnages respirent le bonheur. Le couple est goguenard dans ce panorama aux teintes gaies. Cette œuvre peinte en 1917-18 célèbre le vin. Faisant santé avec celles et ceux admirant la toile. Ce nectar vante la convivialité et ajoute une touche supplémentaire de plaisir dans cet océan de coloris.

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23:18 Publié dans Culture | Tags : peinture, chagall, vin, amour, plaisir | Lien permanent | Commentaires (0)

15/07/2010

Soutien à Stéphane Guillon et Didier Porte !

 

Je signe l’appel « Pour une Radio Publique indépendante » :

 

Nous, auditeurs-trices et salarié-e-s de Radio France (France INTER, France INFO, France BLEU et ses 42 locales, France CULTURE, France MUSIQUE, LE MOUV’, FIP) refusons la main mise du pouvoir en place sur les antennes de la radio publique.

 

Les suppressions injustifiées d’émissions, les licenciements sans ménagement de producteurs-trices et de chroniqueurs-euses dont ceux de Didier Porte et Stéphane Guillon sont les plus symboliques, mettent en évidence la mission confiée par Nicolas Sarkozy à la direction de Radio France : transformer les antennes de la Radio Publique en machine de guerre électorale à son profit.

 

Les antennes de la radio de service public sont celles de tous les citoyen-nes et non pas la propriété d’un clan.

 

Nous exigeons :

- Le respect et la garantie de la liberté d’expression, de l’indépendance des programmes et de l’information sur les radios de service public.
- Le respect du travail des rédactions de Radio France.
- Le droit à l’impertinence, à la différence.
- Des propositions professionnelles réelles et sérieuses pour les producteurs-trices écarté-e-s des antennes de Radio France.

 

Et demandons le retour sur l’antenne des chroniques de Didier Porte et Stéphane Guillon dans la matinale de France Inter et dans l’émission le Fou du roi. Nous, auditeurs-trices et salarié-es sommes attaché-e-s aux valeurs qui ont bâti la radio de service public.

 

Arrêtez de casser nos antennes !

 

www.pouruneradiopubliqueindependante.net

 

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22:25 Publié dans Liberté | Tags : humour, liberté | Lien permanent | Commentaires (1)

14/07/2010

L'Effaceur !

 Nuit de folie à la Lake Parade. Nuit de folie pour la voirie afin d’effacer toutes les traces des excès de la nuit. Le matin, Genève est déjà propre, conjuguant les plaisirs des fêtards nocturnes avec ceux de la population flânant le dimanche.

Et rebelote le lendemain pour la Fête espagnole de la Coupe du monde de foot …

Bravo à ses travailleurs de l’ombre améliorant discrètement, mais efficacement, notre confort urbain quotidien.

 

09/07/2010

Le Buster Keaton de la politique suisse quitte le Conseil fédéral

La politique suisse est souvent tristounette, l’humour étant mal vu. Comme si  le travail sérieux, en ne se prenant pas au sérieux, était une mission impossible. Dans cet univers de psychorigidité, un drôle de bonhomme espiègle, brillant intellectuellement, toujours à l’affût d’un jonglage de bons mots ou d’une anecdote hilarante, détonne. En ce jour de 9 juillet 2010, il a jeté l’éponge et pris la route de la sortie d’un Conseil fédéral éclaté et d’un autre temps. Moritz Leuenberger tire sa révérence après 15 ans d’exercice gouvernemental helvétique.

 

Souvent minoritaire, parfois en avance sur son temps, ce dandy fédéral a davantage construit un bilan de résistance, plutôt qu’une œuvre créatrice. Par manque de soutien, toujours. Par manque de détermination, régulièrement.

 

Homme de plume et de discours, il prétendait, avec un discernement incommensurable, avoir un « humour à la Buster Keaton et pas un humour à la Adolf Ogi. »

 

Toujours en verve, la plaisanterie aisée, ses discours sont des best-sellers. A chaque page, il amorce la pompe du rire. Commentant la politique de mobilité en Suisse, il allume ses collègues : « En matière de politique écologique des transports, le Conseil fédéral zigzague tellement qu'il faudrait soumettre certains de ses membres à un contrôle sanguin. »

 

Après avoir célébré 6 kilomètres d’autoroute en sus dans le Jura, alors Président de la Confédération helvétique, il pilote l’inauguration de la voie ferrée entre Delle en France et Boncourt dans le Jura suisse. Il se dit avec un brin d’ironie « très heureux de participer à la réouverture des 160'000 centimètres de voie ferrée. »

 

Commentant la réalisation de l’autoroute A5 entre le canton de Vaud et celui de Neuchâtel, il résume le projet comme « l’union définitive entre l’Oeil-de-perdrix et la saucisse aux choux. »

 

Sculptant les termes, lors de l’ouverture des portes du salon horloger Baselwolrd, il déclare :

« Le Salon de l'automobile de Genève possède l'Alpha et la foire horlogère l'Omega. »

 

Lorsqu’un citoyen souligne le bonheur de voir les Conseiller-ère-s fédéraux-ales se balader dans les rues sans gardes du corps, l’élu PS ricane : « Ceci ne cacherait-il pas en réalité chez certains le sourd regret que notre Suisse démocratique soit privée d’altesses royales ? »

 

Débarquant au Kenya, une centaine de gosses l’accueillent en chantant : « Bienvenue Président Moritz, nous sommes heureux de te voir. » Sa réaction malicieuse est instantanée : « Les enfants suisses devraient aussi apprendre cette chanson. »

 

Atypique, des interrogations philosophiques totalement décalées jonchent ses interventions oratoires : « Je me suis toujours demandé d’où venait ce nom, Val-de-Travers ? Y a-t-il un rapport avec la célèbre et… légale absinthe ? Il faudrait alors peut-être comprendre : « Vas de travers »  ou  « Avale de travers » ? Et pourquoi appelle-t-on aussi cette « fée verte » : « la bleue » ? Tous les sens sont chamboulés ! Il vaut pourtant mieux éviter les contresens … Surtout sur l’autoroute ! »

 

Cet esprit vivace dans un corps lent est, par essence, un grand rêveur : « Parfois je rêve de vivre dans une société sans « Röstigraben » entre la culture, la politique et l’intelligence, où chacun s’intéresserait à la politique. Je rêve que les créateurs s’intéressent à la Suisse au lieu de la fuir sous prétexte qu’ils s’y sentent trop à l’étroit. Je rêve aussi que les créateurs s’intéressent au monde, qu’ils attirent le monde en Suisse et qu’ils ne fuient pas dans un monde intérieur. Car je rêve d’une Suisse qui ressentirait la mondialisation non pas comme une menace, mais comme une tâche culturelle et politique. Je rêve que cette responsabilité ne soit pas ressentie comme un fardeau, mais qu’elle inspire la joie de vivre. Et, je rêve surtout que la joie et l’humour soient présents dans toutes nos activités. »

 

Il songe à une Suisse énergique, mais verte. Lui, il est bien vert, mais pas toujours énergique.

 

Il rêve aussi d’une Suisse sans extrémisme, ayant combattu souvent les dérives de l’UDC et de son gourou Christoph Blocher. Ces deux Zurichois se fréquentent depuis longtemps. Leur rivalité est ancrée dans leurs gènes, tant ces hommes représentent des opposés. Le poète intellectuel de gauche ne supporte pas l’affairiste populiste et démagogique. Et inversement.

 

Ce « Conseiller fédéral durable », comme il aime à se définir, enrichit son blog de galéjades. Un journaliste allemand compare les Suisses aux Indiens. Moritz n’hésite pas à publier sur son propre site une photo de chaque membre du gouvernement helvétique en Peaux-rouges. Un autre jour, il édite les membres du gouvernement dessinés en cartes à jouer.

 

L’humour décapant perd, aujourd’hui, davantage que le socialisme. Moritz saisira peut-être  l’opportunité de contribuer à la littérature avec son style grinçant et pourquoi pas de rédiger des sketchs pour l’imitateur Yann Lambiel ?

 

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti sociaiste genevois

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