12/11/2010

Sauvons le nouveau Farinet

Le Valais célèbre Farinet. Malgré la dévotion à cet insoumis, on incarcère son héritier : Bernard Rappaz. Son crime : avoir planté du cannabis, vieille plante servant à la fumette, mais aussi à produire tissus, confiture, tisane ou baumes médicinaux.

 

Bien sûr, son excès de consommation est dangereux, comme le tabac ou l’alcool. Pourtant, est-ce normal de condamner ce provocateur à près de 6 ans de prison ?

 

En Suisse, on a trop de complaisance par rapport aux maris violents et aux voyous du volant. Par contre, la justice valaisanne montre les dents face à l’indocilité. Au Royaume de la démocratie chrétienne rigide, la marginalité est condamnable et dérange l’establishment traditionaliste.

 

Pour non respect de la loi, Rappaz est condamné. On rajoute une couche parce qu’il n’entre pas dans le moule du prêt-à-penser. Au regard de ses infractions, sa condamnation est disproportionnée et injustifiable du point de vue des droits humains.

 

Dans ce règne de l’arbitraire, les défenseur-euse-s des libertés doivent se mobiliser pour obtenir sa grâce ou la réduction de sa peine afin de la rendre proportionnelle aux infractions commises.

Commentaires

Je suis déconcertée par la réaction de nos autorités par rapport à la situation de monsieur Rappaz. En effet je trouve inadmissible qu'au nom de la justice,l'on puisse laisser mourir une personne. Sa condamnation est disproportionnée par rapport aux délits commis.Rappaz demande une peine proportionnelle à ses infractions et non pas de mourir.Un pays civilisé n'a pas le droit de baffouer les valeurs humaines et surtout pas le droit à la vie.
Sauvons monsieur Rappaz.

Écrit par : nasri marisa | 13/11/2010

Bien sûr, c'est déjà à la base un scandale de condamner un homme à six ans de prison pour culture de chanvre et éventuel encouragement à la consommation de cannabis, et ensuite de s'arroger le droit de décider s'il faut le laisser ou non mourir parce qu'il résiste et veut faire remettre en question le bien-fondé de la peine à laquelle il a été condamné. Comme vous le dites si bien, la justice considère avec une coupable indulgence des méfaits bien pires. De toute évidence, c'est sa non-conformité et son état de rebelle qui dérangent à tel point. Bien plus grave, les débats sur l'opportunité ou non de le laisser mourir, la mise en balance de la responsabilité des médecins face à celle de la justice valaisanne. On suppose que M. Rappaz cherchait à amener une prise de conscience - un réveil des esprits sur ce qui est réellement important et ce qui ne l'est pas. Belle illusion. Rares sont ceux que la gravité des faits a amenés à aborder le problème de front. Cela ouvre des horizons inquiétants sur l'état d'esprit qui règne en Suisse.

Écrit par : Marantz | 13/11/2010

Pour un ancien député socialiste crédule à la "fumée passive létale" du camarade Rielle,, voici donc un beau morceau d'anthologie libertaire !

Du libertarisme collectif sélectif ?

Ce n'est plus au PS qu'il faut chercher des défenseurs du progrès et des libertés.

Jaurès est bien mort. Et Tschudi aussi.

Pfoui !

Écrit par : Jean Blot-Amstein | 13/11/2010

J'habite en Valais, et dans mon jardin,(quand on ne me le vole pas) je récolte du cannabis indica que je donne gracieusement à des amis myopathes, spasmophiles, insomniaques et comme détente. J'utilise la variété sativa pour ses graines qui ont une teneur en protéines supérieure à celle du soya. Je ne vois pas ou est le problème tant que cette plante est consommée avec sagesse et modération.

Il est vrai que Bernard Rappaz ne s'est pas pris de la meilleure manière pour promouvoir le chanvre, et son agonie ou peut-être sa mort contribuera à faire réfléchir notre société qui devient de plus en plus policière et rigide. Réhabilitons la responsabilité individuelle qui disparaît en même temps qu'apparaissent des lois qui n'arrangent que ceux qui sont au pouvoir. Mais les institutions deviendront de plus en plus rigides avant de s'effondrer et voir enfin arriver la Conscience, la vraie...
Quand la mort rôde, comment ne pas se souvenir que nous sommes tous des frères et soeurs ayant à apprendre sur cette terre des choses essentielles...
P.S. Je ne fume pas...

Écrit par : angora | 13/11/2010

Cas dramatique au niveau de la conscience humaine : d'une part, un justiciable est condamné pour avoir d'évidence contrevenu aux lois et règlements de son pays ; condamnation lourde certes, à laquelle la Justice a clairement voulu donner une valeur exemplaire au vu des ravages considérables causés par les drogues les plus diverses sur un bien trop grand nombre de personnes, et et qui aura certainement été combattue par tous les moyens d'appel possibles. Et un condamné qui rejette catégoriquement sa condamnation et sa peine, poursuivant "au finish" et désormais au péril de sa vie une grève de la faim pour obtenir sa libération. Le choix des décideurs de tout niveau est cornélien : contraindre le condamné à accomplir sa peine en l'alimentant de force et contre son gré, ou céder à son action en le relaxant - mais alors en avalisant ce qui est un coup de force et en annihilant une décision de justice prise en bonne et due forme. Mais le laisser mourir n'est pas une option humainement acceptable.

Écrit par : Michel Smet | 14/11/2010

Pouvons-nous, avons-nous le droit, est-il envisageable que nous (grand public) ayons un jour (aujourd’hui?) accès à:
-Des documents précis et vérifiables relatives aux cas particulier BR?
-Des documents précis et vérifiables qui nous permettent de connaître d’autres cas sensés êtres similaires?
-Des opinions diverses résumées, fondées sur la connaissance et les compétences de ses auteurs ? (économistes et politiciens, juristes, médecins, spécialistes de l’éthique).
Est-ce que c’est important de bousculer toutes ces individualités?
Non, ce n’est pas pour Bernard Rappaz, mais pour mon égoïsme personnel.
Cela n’a rien à avoir non plus avec le bien-être de la société où je vis avec ma famille proche et très chère.

Ce n’est pas méprisable de déclarer une sorte de état urgence, dans la mesure où les enjeux relatifs à une cohésion sociale, économique … sont énormes!!

Écrit par : Júlio | 14/11/2010

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