21/11/2010

Production de chanvre : le bal des faux-jetons

En 1971, 343 femmes courageuses signaient le « Manifeste des 343 salopes » affirmant s’être faites avortées clandestinement et demandant le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Par leur action de provocation, elles jetaient un pavé dans la marre de l’hypocrisie de l’époque et ouvraient la voie de la liberté ou non de procréer.

 

Aujourd’hui, une telle hypocrisie existe par rapport au chanvre en Suisse. Sa consommation à des fins personnelles est largement tolérée. On utilise cette substance pour élaborer des tisanes, des tissus naturels, des baumes de massage, des huiles ou des confitures.

 

Par ailleurs, les applications thérapeutiques du chanvre sont de plus en plus reconnues. Le monde médical calme des douleurs grâce à cette plante. Elle est prescrite dans bon nombre de cas de sida, d’anorexie, de traitement de chimiothérapie et de sclérose en plaques.

 

Si sur son utilisation, la Suisse est tolérante. Elle l’est beaucoup moins sur sa production.

 

Bernard Rappaz a écopé, en Valais, près de 6 ans de prison ferme principalement pour en avoir cultivé, une peine bien supérieure à celle infligée aux auteurs de violences conjugales, aux tueurs de la route, aux blanchisseurs d’argent sale ou aux violeurs.

 

La justice valaisanne sanctionne, dans l’excès, le marginal, le provocateur, celui qui dérange. Déjà son grand-père et son père, anticléricaux, bouffaient du curé dans ce canton si chrétien, et pourtant si peu dans la compassion. Aujourd’hui, l’establishment local tient sa vengeance.

 

Par rapport à cette peine démesurée, le monde des bien-pensants – les intellectuels, les journalistes, les religieux, les décideurs économiques, les politiques ou le monde juridique -  se tait ou se cache derrière la sacro-sainte justice intouchable. Pis, certains en rajoutent une couche contre Rappaz, le qualifiant même de grand trafiquant de drogue. Quelle hypocrisie !

 

J’ai vécu mon enfance et mon adolescence dans un quartier très populaire de Genève : Aïre-Le-Lignon. Ce n’est pas dans cette cité que j’ai été confronté le plus au cannabis. C’est bien dans ce monde des bien-pensants que j’ai vu le plus de fumeurs de marijuana. C’est parmi les politiciens, les dirigeants d’entreprise, les journalistes et les milieux juridiques que j’ai croisé le plus d’adeptes de la fumette. Certes souvent dans un contexte festif et sans abus gigantesque. Et je ne parle pas de l’alcool, de la cigarette, du cigare ou des médicaments.

 

Le monde s’offusquant de l’attitude de Bernard Rappaz, le poussant à l’auto-peine de mort, forme une belle équipe de faux-jetons.

Commentaires

Tout à fait d accord monsieur le rédacteur. Le chanvre est bel et bien interdit pour de l'argent (pétrochimie, labo pharma, cigaretiers, alcooliers, papeterie bois, BTP, et bien sur les politiques qui jouent les moralistes)
Les politiques savent bien que le chanvre remplacerai une bonne partie de nos industries polluantes et très rentables pour un poignée de nantis.
De plus le chanvre apporte une autre vision de la société (pas pour tout le monde bien sur) et les dirigeants ont extremement peur des citoyens rebelles qui pensent par eux même au lieu d'avoir une bande de moutons dirigés par la peur (suffit d'utiliser quelques mots magiques comme immigration par exemple).
En attendant les malades bouffent de la molécule chimique pas toujours bénéficaire en ratio bénéfice risque alors que l huile de cannabis indica à toujours été le couteau suisse des médecins d'avant la prohibition et ce depuis 4000 ans. Le medoc le plus sûr. La plante la plus utile à l'homme et à la planete. (biomasse inégalable et très peu d'intrant, débouché dans l'habillement la nourriture le textile l energie la construction le médical...)

Écrit par : Jimmy | 22/11/2010

Je vais juste dire la vérité dans cette situation:ce nest pas juste que ce soit la justice Valaisanne qui juge Monsieur Rappaz car après 10 ans de provocation,(guerre)impitoyable entre la justice Valaisanne et Bernard Rappaz c'est compréensible que la justice Valaisanne est touchée au plus profond d'elle même et vat être extrêmement sévère.Pour la demande de grâce de Monsieurs Rappaz cela est la preuve formel en regardant le résultat presque tout le Valais veus qu'il crève comme cela a été si bien dit et même devant les cameras de la tv, cela n'est pas juste à nouveau.C'est l'image aussi de la Suisse qui a été salie, par cette décision.C'est à des personnes ou institutions qui ne sont pas impliquées dans ce conflit, qui doivent décider de cette grâce pour être vraiment juste.Nous voulons un jujement équitable.Et une demande de grâce qui soit faite dans un climat sain, c'est à dire qu'aucune des personnes ne soie directement impliquée dans ce conflit (une justice)qui nous sortira encore meilleures.

Écrit par : Haldi | 22/11/2010

C'est quoi "l'auto peine de mort" la même chose que "l'auto-censure des gens pas d'accord" avec votre opinion.???? BR s'est mis lui même dans la situation ou il est. En somme les délits sont à la tête du client.....

Écrit par : grindesel | 22/11/2010

@grindesel

Mais oui Grindesel! La preuve! Pour un pédophile? 400 heures de travaux d'intéret général!!!
Pour un chanvrier? presque six ans de prison!!!

Mais c'est juste.... faut pas oublier ça.... BERNARD RAPPAZ DERANGE LES PRODUCTEURS DE PINARD!!!

C'est ça VOTRE JUSTICE?!

Écrit par : Marie | 23/11/2010

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