27/07/2011

Non Hani Ramadan, la religion musulmane ne limite pas le plaisir …

Hani Ramadan, Directeur du Centre islamique de Genève, écrit sur son blog : « Notre ego aime le désir et la passion. Sans frein, livré à ses pulsions et ses instincts, il nous entraîne vers l'animalité, vers des plaisirs qui une fois assouvis réclament d'autres plaisirs. Une insatisfaction perpétuelle que perpétuent les sociétés de consommation. Pour éviter cette dérive, il n'existe qu'une seule voie : lui imposer les limites que nous dicte la loi divine. Nous écarter de ce qui est illicite, et éviter les excès. Refuser cette prétendue libération des mœurs qui fait de la femme un objet, et retrouver notre liberté par la pleine maîtrise de nous-mêmes. »

 

En voulant limiter nos plaisirs, Hani Ramadan renie les origines de la religion musulmane.


Au 14ème siècle déjà, le philosophe arabe et théologien islamique Ibn Qayyim al-Jawziyya dans son ouvrage « Zâd al-Maâd », décrivait les préliminaires de l'amour : « Il est bon d'user avant la copulation d'attouchements envers la femme, de l'embrasser. » Pour renforcer ses conseils, il ajoutait : « De plus, le Prophète usait de caresses envers son épouse et l'embrassait. »

 

Ce savant musulman allait même jusqu'à donner des conseils sur les positions de l'amour : « La meilleure position durant la copulation est quand l'homme se place au-dessus de la femme, couché sur elle après avoir usé de caresses envers elle et de baisers. » Chacun ses goûts, pourrait-on ajouter.

 

La lecture des textes bâtisseurs de l'Islam n'ont rien à voir avec la vision occidentale de la sexualité des peuples musulmans, ni avec certaines interprétations données sur cette thématique par quelques intégristes de cette philosophie.

 

En parallèle des courants de pensée indous, la religion musulmane a libéré la sexualité. Le désir et le plaisir charnel y trouvent une place importante. Ils sont des ingrédients importants au développement d'une vie harmonieuse et équilibrée. Au contraire des autres courants religieux, la chasteté et l'abstinence sexuelle n'existent pas. Comme l'affirme l'écrivain musulman Malek Chebel « L'invention des formes les plus appropriées à la sexualité fait partie du génie de la culture arabo-islamique. (...) Le désir amoureux est un préalable indispensable à la foi et un passeport pour l'éternité. »

 

Le Coran, les hadiths (communication orale du prophète Mahomet) et leurs interprétations ne sont évidemment pas le Kâma-Sûtra. Mais, par rapport aux autres religions, l'Islam est permissif sexuellement. La sexualité orale, le coït dans toutes les positions, la masturbation, le préservatif, la pilule contraceptive sont acceptés et parfois recommandés. Certains courants musulmans acceptent même l'avortement.

 

A la différence de la plupart des autres religions, la sexualité ne rime pas forcément avec la procréation. La notion de plaisir est très présente. Le coït sert à se reproduire et aussi à l'orgasme et aux délices variés. Là où le Christianisme culpabilise et châtie, la religion musulmane encourage l'extase.

 

Ce qui est frappant dans les recommandations de la religion musulmane par rapport à la sexualité, c'est la primordialité donnée au plaisir réciproque de la femme et de l'homme. On est bien loin de la vision machiste collée à l'Islam. Le site internet de Sajidine, porte-voix des thèses musulmanes, illustre fort bien ce partage des délices du sexe :

 

La femme a besoin d'un temps plus long pour atteindre l'orgasme. C'est une chose plus difficile chez la femme que chez l'homme. C'est pourquoi quand le mari accorde une attention particulière et une grande importance à satisfaire sexuellement son épouse, il lui offre en réalité l'occasion de jouir à travers la pratique sexuelle, dont le fruit se répercute sur eux et sur leur union conjugale. L'homme doit donc faire attention à plusieurs choses dans ce domaine afin de préserver la chaleur qui existe entre eux dans leur union, il ne doit pas la corrompre avec sa stupidité et son égoïsme. Par exemple, la femme ne considère pas le stade des attouchements sexuels comme une phase « d'échauffement », comme croient la plupart des hommes, mais bien comme une partie importante du rapport charnel lui-même. Aussi, les maris ne doivent pas se précipiter dans cette phase, poussés par la fougue du désir. Au contraire, il doit respecter les différentes phases par lesquelles passe la femme dans sa pratique sexuelle. Il pourra à chaque étape prendre la main de sa femme pour passer à la suivante. L'homme est le premier responsable de la réussite de cette phase d'introduction, nécessaire dans la réussite du rapport sexuel. Ainsi, le vécu confirme que la femme réussit à jouer son rôle en fonction de la réussite de son époux à pousser la femme à lui répondre favorablement et à exprimer ses sentiments les plus profonds.

 

La pratique sexuelle est, comme nous pouvons nous en rendre compte, très libre dans le monde islamique. Le fait que la femme et l'homme trouvent tous les deux du plaisir est la seule chose essentielle.

 

Autrefois, les Juifs prétendaient que la pénétration d'une femme par derrière dans son vagin pouvait provoquer la naissance d'un enfant loucheur. Allah leur répondit : « Allez à votre champ comme vous le voulez. » La liberté d'esprit était impulsée. Alors, musulmanes et musulmans de tous pays, profitez-en ! Les autres aussi.

 

 

Christian Brunier, athée, ancien député PS, et épicurien convaincu

Commentaires

"Autrefois, les Juifs prétendaient que la pénétration d'une femme par derrière dans son vagin pouvait provoquer la naissance d'un enfant loucheur. Allah leur répondit : « Allez à votre champ comme vous le voulez. » La liberté d'esprit était impulsée. Alors, musulmanes et musulmans de tous pays, profitez-en ! Les autres aussi."



Tiens-donc! Voilà qu'Allah a parlé aux Juifs?! MDR MDRRRRRRRRRRR C'est de vous ça? Ou bien....... Un conseil, lisez les versets du Coran!

Hani Ramadan puise sa jouissance dans sa poursuite haineuse des Juifs et d'Israël!

Écrit par : Patoucha | 27/07/2011

Bonjour,

Article intéressant qui sort des sentiers battus...

Merci à vous,

JF Jacobs

Écrit par : Jacobs | 27/07/2011

patoucha est sorti(e) de la mikva. En parfaite et docile sioniste elle poursuit sa campagne haineuse envers tout ce qui n'est pas juif.

Écrit par : A.Laleuf | 27/07/2011

Chaque années des milliers de femmes se baignant en quasi-burka se noient, on se demande si elle n'en ont pas mare et préfèrent mourir ?

Quand à ramadan, très bon business, et Genève et ses banques, très pratique, c'est beau la foi !

Écrit par : Corto | 27/07/2011

Très content de lire un texte comme celui-là. A force d’écrire et de tourner en rond, on finit par tomber sur ses pieds. Bravo!

Écrit par : Ferch | 27/07/2011

On attend avec impatience une réponse.

Écrit par : Mère-Grand | 28/07/2011

Merci de parler avec connaissance et sans haine.

La masturbation en islam est interdite par le coran, la souna, les 4 écoles et les savants.

Dans ce que vous cite de hani ramadan il n'y a rien de choquant ou qui amène a votre argumentation. Il ne parle pas ici de restrictions dans la sexualité de chacun.

Voilà ce que j'en dis.

Écrit par : Henry byu | 28/07/2011

Bonjour à tous.
En guise de réponse, voyez ce que j'ai écrit dans le livre "Islam, source de liberté" :
"L’éthique musulmane considère que la raison elle-même nous oriente vers la nécessité de la maîtrise de nos instincts, sans pour autant nier nos besoins naturels. Historiquement, les nations sont tombées dans la décadence à partir du moment où elles furent incapables de canaliser le désir et la passion des individus qui les composaient. A titre d’exemple, l’institution du mariage est là pour permettre l’épanouissement tant spirituel que sexuel du ménage, mais elle signifie également qu’en dehors de ce cadre légitime, les relations extraconjugales et hors normes conduisent les êtres humains à perdre de vue le sens réel du couple. Il en va de même de tout désir excessif, comme l’amour exagéré de l’or et du pouvoir, qui sont autant de formes d’asservissements. Là encore, l’homme n’est libre - ce qu’enseignent toutes les sagesses universellement - que dans la mesure où il se détache affectivement des biens. Cela ne signifie pas toutefois qu’il y renonce matériellement. Au contraire, il est demandé au croyant de bâtir, ici-bas déjà, son avenir par le travail et l’effort. Son engagement social le conduit également à être solidaire de tous. Mais son cœur ne doit pas s’attacher de manière démesurée aux choses de la vie. Il y a une différence notable entre le fait de posséder un bien, d’en être le maître, et le fait d’être possédé par lui, d’en être l’esclave."
Cordialement
Hani Ramadan

Écrit par : Hani Ramadan | 28/07/2011

Henry Byu,

Merci de me montrer le verset dans le coran qui parle de la masturbation? Je suis musulmane et je lis le coran assez souvent, maisje ne me rappelle pas en avoir vu.

Écrit par : Fatima | 28/07/2011

Merci pour votre billet. Je trouve dommage que vous n'ayez pas mis le lien vers le blog de Monsieur Ramadan afin d’avoir une idée globale.

Il me semble que Monsieur Ramadan en parlant de l’excès, ne faisait nullement allusion à la sexualité en Islam. Nous savons tous que le prophète Mohammed que la prière de Dieu soit sur lui, a encouragé les préliminaires et il a été jusqu’à recommander aux hommes de s’assurer de la satisfaction de leurs épouses.
Le désir et la passion dont il parle peuvent correspondre à l’amour de soi-même, l’égoïsme par exemple. Certaines personnes tout en sachant que d’autres crèvent de faim, pensent à leur confort et dépensent des sommes énormes sur des futilités (pays de Golf ). Pour les personnes qui risquent de mal interpréter mon propos, je n’interdis nullement au gens de vivre dans le luxe et jouir de leur richesse.
Ou, les pédophiles qui n’arrivent pas à contrôler leur passion et désir et détruisent la vie d’innocents gamins.
Le sujet est long et vague et j’espère que Monsieur Ramadan vous donnera une explication plus claire et satisfaisante

Écrit par : Fatima | 28/07/2011

Je pense que Henry Byu a ici raison, et il faut se souvenir du sens réel du Kama-Sutra lui-même, qui dit que l'homme qui est en mesure de satisfaire une femme sexuellement est justement celui qui ne se laisse pas submerger par son désir propre, et est attentif à ceux de la femme, car contrairement à ce que certains hommes non civilisés pensent, la satisfaction sexuelle de l'homme ne dit rien de celle de la femme. L'homme civilisé, ou "urbain", pour l'Inde antique, c'est aussi celui dont l'âme est en lien avec le ciel des dieux. Donc, ici, même dans un sens sexuel, il s'agit de se restreindre et de condamner les excès, d'ailleurs, le Kama-Sutra hiérarchise lui aussi les positions en amour, disant les unes plus normales que les autres. Il s'agit de savoir si, au sein de l'acte sexuel, soudain tout est permis, puisqu'on est dans la sphère privée, ou si même ce qu'on fait en privé doit être soumis à la raison éclairée par la sagesse céleste, ou bien celle des anciens philosophes et prophètes. En fait, l'Occident tend, dans les relations sexuelles, à suivre non pas les nobles philosophes arabes, ni même, comme il le fait souvent croire, la sagesse de l'Inde antique, mais la tradition issue des anciens Romains, qu'on peut appréhender en lisant Ovide, qui dit, par exemple, que la position de l'homme par rapport à la femme, en amour, doit mettre en valeur les parties du corps de la femme que l'homme regarde pendant l'acte, selon ce qu'elle a de plus ou moins beau sur le plan formel. Cela renvoie bien à l'idée de la femme comme bel objet destiné au plaisir de l'homme. Saint Paul, de son côté, en disant que dans l'acte, l'homme doit regarder le corps de la femme comme étant le sien propre, suggère que les sensations propres à la femme soivent être saisies par l'homme, car il ne s'agit pas seulement d'enveloppe extérieure, pour saint Paul, le corps est aussi ce qui nerveusement l'anime. En étant clairement dans la lignée des anciens Romains, l'érotisme occidental s'oppose en réalité à l'érotisme oriental, et il ne s'agit pas d'un simple débat entre les religions coercitives et libertés de moeurs, il ne s'agit pas de répéter tels quels les termes du débat qui a jadis opposé les prêtres catholiques aux libertins, cela n'aurait pas de sens et serait inadapté.

Écrit par : RM | 29/07/2011

Bonjour,
La passion, les désirs, les plaisirs, cela se contrôle avec la raison. Nul besoin de loi divines, écrites par des humains, qui eux ne savaient pas contrôler leur soif de pouvoir et de prestige. Pour cela que toutes les religions ont a cœur de faire régner l'obscurantisme, la désinformation, la peur des punitions divines bref l’ignorance pour le petit peuple qui n'a qu'a obéir.
Tous des charlatans a mon avis.

Écrit par : ollec | 29/07/2011

semble-t-il les laïcards aiment votre dernier billet sur la religion musulmane. déjà ça, ça doit nous interpeller.

quant au fait que vous résumiez la tirade que vous citez de Ramandan à la simple question de la sexualité... c'est non seulement réducteur, mais surtout on s'attend à ce que vous critiquiez autre chose. à savoir l'idéologie derrière les religions, qui est l’obéissance à une loi divine, alors que cette loi peut sans autre être recherchée dans le réel - ou au fond de chaque être humain.

critiquer cette injonction commune aux religions du Livre de voir dans la passion, les sentiments, un côté mauvais, dangereux, négatif en soi.

encore que dans ce passage, Ramadan nous dit pas que les appétits en soi sont mauvais, mais qu'ils ont besoin de limites. et il critique la société de consommation qui pousse à vouloir toujours davantage et à n'être jamais satisfait. là aussi, on aurait pu attendre que vous souligniez le côté positif de cette remarque. idem pour la "femme objet" qui en effet dans nos sociétés dites "égalitaires", continue d'être utilisée pour faire vendre.

en effet sans doute la sexualité en islam est quelque chose de beau et de mis en avant. mais en cherchant bien aussi dans l'occident chrétien, on trouvera des textes de l'Eglise qui parlent de manière tout aussi sereine et ne vouant pas le plaisir charnel aux gémonies.

l'exercice que vous entreprenez donc est intéressant (même si le point de départ, lié à cette citation de Ramadan, est biaisé) en cela qu'il permet de sortir d'une vision essentiellement restrictive de l'islam, comme on l'entend partout. Mais le fait de l'opposer à un occident chrétien qui s’acharnerait lui fondamentalement contre le plaisir, vous fait tomber dans le même piège de ceux que vous vouliez dénoncer, en essentialisant l'occident chrétien. Dommage.

Écrit par : Julien Cart | 31/07/2011

Eve subit de terribles pressions. Que ne lui a-t-on pas raconté pour qu'un sentiment de culpabilité l'envahisse au point de refouler sa sexualité. Les religieux ont déclaré Eve et toutes ses soeurs: Chaste épouse.
Ils ont placé sur leur tête l'auréole de béatification leur faisant l'insigne honneur d'être acceptées dans le monde des hommes.
C'était pour mieux les emprisonner. Pour les faire taire à jamais. Les religieux de toutes les religions ont tenté de les baillonner. Ils ont manipulé leur esprit, maltraité leur corps.
Eve et ses soeurs se sont révoltées. La sexualité leur appartient. Elles ne sont pas cette chose inférieure que voulaient leur faire croire les religieux, mais une personne libre, une source vive.
Alors elles laissèrent les Religieux dans leur médiocrité et elles se sont offert un voyage fabuleux au pays de l'érotisme. Naturellement douées, elles explorèrent toutes les zones de plaisir.
Désormais, elles dirigent leur vie sexuelle, amoureuse, gère leurs contradictions et ne laissent à personne le droit de s'immiscer dans leur vie intime. Et après avoir tutoyé l'extase, elles allèrent se reposer dans le jardin d'Eden avec un sentiment d'éternité.Libérées des complexes que les Religieux leur ont infligés, elles se sentent invincibles. Dès lors, elles capturent le temps perdu.

Écrit par : Noëlle Ribordy | 31/07/2011

Monsieur Brunier,
Vous me faites penser aux scientifiques des XVème et XVIème siècles qui croyaient que la terre était le centre de l'Univers. Ils étaient contemporains de Copernic et ne connaissaient pas ses théories, ou les tenaient pour fausses.
Vous êtes le contemporain d'un scientifique extraodinaire, l'anthropologue français René Girard, qui a révolutionné la compréhension du désir humain et de sa relation avec la religion et la violence. Et, 50 ans après la publication de "Mensonge romantique et vérité romanesque" (paru en 1961, avant même votre naissance) tout ce que vous réussissez à publier sur le désir et la religion, c'est la mauvaise caricature que voici. Alors que René Girard publie en français!
En voyant cette attitude, je comprends mieux comment on a pu condamner Galilée - et, de grâce, n'allez surtout pas vous imaginer que vous auriez fait partie des esprits éclairés qui l'ont défendu, sous prétexte que vous vous croyez moderne. Non, vous êtes très largement en retard, scientifiquement, sur ce qui se fait de mieux dans la recherche sur le désir, la religion et la violence. La position d'Hani Ramadan est anthropologiquement bien plus juste que la vôtre, aussi surprenant que cela puisse vous sembler.
Vous devriez lire "Mensonge romantique et vérité romanesque" et "Je vois Satan tomber comme l'éclair", qui sont sans doute les meilleurs ouvrages de René Girard. Vous verrez. C'est un tournant copernicien.

Écrit par : Raphaël Baeriswyl | 05/08/2011

Les commentaires sont fermés.