05/11/2011

Assurance-maladie : Genève passe encore à la caisse !

En 2012, les primes des caisses-maladie des assuré-e-s genevois-es, déjà trop élevées, augmenteront encore de 4,7% pour les 19-25 ans (dont les cotisations avaient explosé de 8,1% l'an dernier) et de 2,9% pour les autres. Une nouvelle fois, Genève est sanctionnée au-dessus de la moyenne helvétique. Pourtant, notre belle République maîtrise ses coûts de la santé avec rigueur. Ces augmentations sont injustifiables et indécentes. Elles pèsent lourdement sur le pouvoir d'achat de la population. Pour contrer cette dérive, des moyens existent contre le fatalisme et la compromission de plusieurs politiciens, dont un grand nombre sont proches de SantéSuisse.

 

La loi doit interdire les augmentations de primes de caisses-maladie dépassant celles des coûts de la santé. A Genève, entre 2000 et 2008, les coûts de la santé ont progressé de 23%. Les primes de 32%. Rien que sur cette période, les assurances ont volé à la population 9%. Durant la même période, les réserves ont progressé scandaleusement de 250%. Non, ce chiffre n'est pas une faute de frappe, juste une vérité difficile à avaler.

 

La Confédération doit mettre fin au scandale des réserves. Elle recommande des réserves de 10 à 20%. Pour les Genevois-es, les caisses-maladie engrangent, en moyenne, plus de 40% du total des primes en réserve. Cette exagération, pesant lourdement sur nos cotisations, se situe donc entre 20 à 30%. La simple recommandation de Berne doit être introduite dans la loi comme un taux de réserve à ne pas dépasser. Et l'argent stocké de manière scandaleuse doit être rendu aux assuré-e-s.

 

Le contrôle des caisses-maladie doit être accru. L'ancien Conseiller d'Etat Guy-Olivier Segond s'amuse à dire qu'il y a davantage de contrôleurs de l'évolution des abeilles en Suisse que de contrôleurs des assurances-maladie. Il a malheureusement raison. Vu les abus de ces institutions, le contrôle devient salutaire. Dans la même dynamique, les cantons doivent être impliqués, comme l'exige Monsieur Unger, dans la fixation des primes.

 

Finalement, l'assurance de base est un service public, un bien premier des besoins de la population. La concurrence a totalement échoué dans ce domaine. Il est impératif de créer une caisse unique et publique, n'imputant pas à la population de colossaux budgets marketing et publicitaire, et des frais de structure abusifs.

 

Monsieur Claude Ruey, membre du PLR et patron de SantéSuisse, en découvrant que 2/3 des Suisse-esse-s sont favorables à une caisse-maladie unique a déclaré : « Les gens sont mal informés. » Il a raison ! S'ils étaient bien informés, ce sont plus de 90% de la population qui seraient favorables à cette initiative, un vaccin efficace contre les abus.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

Commentaires

L'arrogance du patron de SantéSuisse sera stoppée net lorsque le peuple approuvera la création d'une caisse unique.

Écrit par : Claude | 05/11/2011

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