27/11/2011

Le social, antidote des extrémismes !

Dans son ouvrage « Le Prophète de l'Islam et ses Califes », Khaled Ridha met en lumière le sens de la solidarité coulant dans les veines de la religion musulmane : « Son caractère social prononcé fait de lui (l'Islam) un vecteur d'espérance et de mobilisation pour  les opprimés et les laissés pour compte des politiques officielles. » Les plus intégristes exploitent ce filon au maximum pour recruter leurs fidèles parmi les « sans-espoir ».

 

En Israël, une étude sérieuse prouve qu'un Israélien sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté. Ce chiffre catastrophique s'aggrave chez les enfants, puisqu'un gosse sur trois est concerné par ce manque de ressources. Là aussi, les Juifs ultra-orthodoxe attirent ces personnes en rupture sociale. Lors du Shabbat  et des Fêtes juives, les mouvements religieux les plus durs offrent des repas aux pauvres et les intègrent, pour mieux les manipuler. Par leurs contacts, ils leur permettent de renouer des lieux sociaux. Mais, à quel prix ?

 

Les sectes, les mafias et les mouvements populistes agissent de la même façon ; « chassant » les « mal dans leur peau » et les fragilisés de l'existence pour soi-disant les soutenir.

 

Le désespoir social est le terreau de l'endoctrinement. Les extrémistes de tout poil, les fous de Dieu, l'ont bien compris.

 

Le terrain gigantesque laissé libre par l'Etat est conquis par les pires mouvements. Le libéralisme économique à tous crins, coincé dans l'engrenage du profit à court terme, a asphyxié le social. La solidarité est montrée du doigt comme un luxe inutile. On fustige les défavorisés. On les marginalise. On les culpabilise. On les stigmatise en les assimilant aux profiteurs, aux tricheurs et aux bons à rien. Quelle horreur ! Quelle erreur ! Cette politique de délabrement du tissu social se paie cache et fait le lit de la résurgence des extrémismes.

 

Reprendre le flambeau du social, retisser des liens humains, doit devenir une priorité des politiques. Cet engagement en faveur de la solidarité redonnera de la dignité et de l'espoir aux plus humbles. La rupture sociale n'est profitable à personne. Un meilleur investissement dans le social sera un antidote efficace contre les extrémismes religieux et politiques.

 

Christian Brunier, ancien député socialiste

Genève

09:43 Publié dans Solidarité | Tags : social | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Tout à fait d'accord avec vous, si vous exprimez un idéal. Dans la pratique, il est bien difficile, sinon impossible de trouver, parmi nos grandes sociétés modernes en tout cas, des organisations sociales ou régneraient avant tout la solidarité et l'égalité, et qui de plus laisseraient en même temps suffisamment de liberté aux hommes et aux femmes.

Écrit par : Mère-Grand | 27/11/2011

La liberté ne s'achète pas. Mais quand la liberté devient si lourde à porter que le vide se crée autour de vous, certaines personnes sont tentées par l'extrémisme religieux. Une communauté ne devrait jamais laisser tomber les plus faibles économiquement. C'est plus facile à dire qu'à réaliser. Les riches ne veulent plus payer d'impôts. la classe moyenne croule sous les charges, les pauvres sont stigmatisés. Avec une telle orientation de société, impossible de changer quoi que se soit. Le royaume des Cieux appartient à celles et ceux qui recherchent la paix, la solidarité, l'amour entre les peuples. On en est loin. Toucher le ciel n'est pas donné à tout le monde... Vivons sur Terre...sans oublier l'idéal.

Bonne journée à vous.

Écrit par : pachakmac | 27/11/2011

Les commentaires sont fermés.