30/01/2012

Les Islamistes marocains vont-ils libéraliser l’avortement ?

Surprenant ! Deux mois après sa victoire électorale au Maroc, le Parti Justice et Développement, mouvement islamique modéré, se déclare prêt, par la voix de son Premier Ministre, Abdelilah Benkirane, à légaliser partiellement l'avortement.

 

Le Parti marocain du Progrès et du Socialisme avait préalablement soutenu cette idée progressiste. Sa leader féministe, Nouzha Skalli, avait été la première Ministre à prendre ouvertement position en faveur de cette liberté de conscience. Elle estimait que l'avortement « permettrait à la mère de mettre un terme à sa grossesse dans certaines conditions, dont la malformation avérée du fœtus, le déséquilibre mental de la mère ou encore sa précarité. »

 

Il faut dire qu'il y a urgence, puisque, selon une étude de 2008, 600 avortements clandestins sont réalisés chaque jour dans ce pays. L'Association marocaine de lutte contre l'avortement clandestin estime, quant à elle, ce chiffre à 900.

 

Les risques de ces interventions sont terribles. 13% des décès de mères sont causés par les conditions précaires de ces avortements, selon l'Organisation Mondiale de la Santé.

 

Le droit à l'avortement est un droit humain essentiel. Les mères doivent avoir le choix de leur maternité.

 

D'ailleurs l'avortement est un droit reconnu par les Hadiths, interprétations évolutives du Coran. Selon ces écrits, Mahomet prétendait que l'âme était insufflée dans le fœtus au terme du quatrième mois. Durant ces 120 jours, le droit à l'interruption volontaire de grossesse est donc accepté. D'autres courants musulmans fixent cette limite à 40 jours.

 

Si le Maroc veut tendre vers la démocratie, ce débat thématique doit être amorcé et déboucher rapidement sur une décision donnant un vrai droit aux femmes.

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