07/03/2012

La femme est l’avenir de l’homme …

Malgré mes 30 ans de politique (ne cherchez pas à me vieillir avec ma crinière grise, j'ai juste adhéré au Parti socialiste à 18 ans), je reste bercé par l'idéalisme et des valeurs fortes. Naïveté ? Idéalisme ? Un peu des deux. Envie surtout de redonner, modestement, les lettres de noblesse à la politique, salie par le mensonge, les magouilles, les numéros de langue de bois, les retournements de veste et les trahisons.

 

Le mouvement socialiste a écrit une partie des pages de son illustre histoire avec l'encre trempée dans les combats de l'égalité des sexes. Le PS a été de tous les combats pour donner les mêmes droits aux femmes qu'aux hommes. Droit de vote pour toutes et tous, égalité des salaires, droit à l'avortement, congé maternité, construction d'espaces pour la petite enfance, lutte contre les violences conjugales, ... Le courant socialiste a été à la pointe des avancées de l'émancipation des femmes. Même si le chemin à parcourir reste encore long, celui déjà parcouru a été énorme.

 

Les femmes le rendent bien au Parti socialiste. Une étude récente, en Suisse, a démontré la corrélation entre la mobilisation des femmes et les bons scores du PS.

 

Dans cette cohérence, le PS a inscrit l'égalité des sexes dans ses gènes, a énoncé de nombreuses revendications dans ce domaine au sein de son programme et a mis en place la parité au niveau de ses listes électorales.

 

Dans ses statuts, le Parti socialiste genevois a inscrit à l'article 2bis : «  Dans la désignation de ses candidat-e-s et la composition de ses organes, le PSG tend à réaliser le principe de la parité entre les hommes et les femmes. »

 

Au sein du Conseil d'Etat genevois, le PS genevois n'a plus qu'un seul siège ; occupé par un homme ; Charles Beer. Auparavant, deux hommes, Laurent Moutinot et Charles Beer ont conquis les deux places gagnées par les socialistes. Depuis le départ de Micheline Calmy-Rey au Conseil fédéral, le PS n'a plus eu de femme au gouvernement genevois.

 

Vu nos valeurs, vu nos engagements, vu nos statuts, il est normal qu'une femme socialiste soit candidate à l'élection partielle du Conseil d'Etat genevois suite au départ de Mark Müller au milieu du gué. C'est un devoir d'honnêteté envers nos électrices et électeurs !

 

Ceci devient encore plus évident lorsque nous connaissons le haut niveau de compétences des femmes intéressées à relever ce défi : Anne Emery-Torracinta, Carole-Anne Kast, voire d'autres.

 

Naturellement, des hommes tout aussi compétents sont intéressés. La précipitation de certains n'est pas acceptable au regard des valeurs prônées par les socialistes depuis des décennies.

 

Je fais appel à ces impatients pour qu'ils renoncent à leur ambition exacerbée par leur frénésie de pouvoir.  « La femme est l'avenir de l'homme » chantait le poète Ferrat. Que les socialistes reprennent en chœur et en cœur cette belle maxime.

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois et ancien député

 

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Commentaires

Les Verts font mieux : parité statutaire, ça règle la question et évite de miser sur le "devoir d'honnêteté envers nos électrices et électeurs" jamais très évident dans le vote d'une Assemblée générale, vous en conviendrez...

Écrit par : Julien Cart | 07/03/2012

Cher Christian, Cher Camarade,

J'ai toujours plaisir à te lire et partage la plupart du temps tes prises de positions, cette fois-ci hélas, Cher Christian, je ne partage pas ton point vue.

Le travail de sape de l'Entente ces dernières années sur les prestations sociales, les aides aux demandeurs d'emplois, suppression de prestations pour les chômeurs en fin de droits, les personnes handicapées et personnes âgées, et l'inaction en matière de politique du logement, font que la situation actuelle, ne permet pas à notre parti de s'offrir le luxe d'un débat stérile sur le fait de mettre un homme ou une femme au gouvernement.

Nous avons la responsabilité de présenter la bonne personne, capable de décrocher le 2e siège, et qui se mette a bosser tout de suite sans période d'apprentissage.

La question du sexe ne doit pas occulter le débat politique que nous devons avoir pour savoir qu'elles propositions nous avons à faire à la population et aux genevois pour leur offrir une alternative crédible à la droite.

Les Genevois sont déçus et attentent des résultats de notre part et autre chose que cette sempiternelle question de savoir si nous allons présenter un homme ou une femme qui pour la plupart n'intéresse personne mais seulement quelques unes.

Bien à toi

Jean-Louis Fazio

Écrit par : Jean-Louis Fazio | 09/03/2012

J'ai lu votre billet avec un grand intérêt, j'attends d'en lire plus, merci

Écrit par : faire part | 15/03/2012

Cher M. Fazio,

Votre point de vue, derrière de bonnes intentions, paraît trahir une piètre opinion de vos collègues féminines. Ne seraient-elles donc pas capables de retrousser leurs manches pour l'obtenir, ce siège ? L'ancien maire de Genève que vous évoquez entre les lignes ne ferait-il pas mieux de se consacrer au mandat qu'il vient d'obtenir au National ? Je crois que c'est ce jeu de chaises musicales que les électeurs et électrices de votre parti ne comprendraient pas.

Quant à savoir si les Genevoises et les Genevois attendent ou n'attendent pas de voir une femme nommée par le parti, cela ne compte pas tant que d'en voir une effectivement être candidate, et ainsi participer à un changement des mentalités de tout le monde. A force de dire "seul tel homme peut y arriver", on en oublie que certaines femmes attendent leur tour.

C'est fou comme l'idéal paritaire s'estompe vite derrière des considérations partisanes. Ou des amitiés opportunistes ?

Bref, bravo M. Brunier pour votre propos sensé. On verra s'il est aussi facile à vos mâles collègues de parti de renoncer à leurs espoirs.

Seb Rabiaud

Écrit par : Seb Rabiaud | 21/03/2012

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