28/04/2012

Abolissons définitivement l'esclavage !

Hier, un peu trop discrètement, nous avons fêté le 164ème anniversaire du deuxième décret de l'abolition des l'esclavage en France, signé le 27 avril 1848 par le gouvernement provisoire de la seconde République, sous l'impulsion de Victor Schoelcher.

 

En 1789, la Révolution française avait lancé le grand mouvement de l'abolition de  l'esclavage. Ensuite, durant les 18ème et 19ème siècles, toute une série de pays ont suivi ce mouvement abolitionniste. Cette volonté de rendre égaux les êtres humains a d'ailleurs vu son prolongement dans de nombreux écrits officiels, notamment dans la Convention internationale sur l'esclavage ou la Déclaration universelle des droits de l'homme qui affirme dans son article 4 : « Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude ; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes. » On se souvient particulièrement du décret sur l'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848 impulsé par le Français Victor Schoelcher et la fin de l'esclavage aux Etats-Unis proclamée, le 1er janvier 1863, par le Président Abraham Lincoln, entraînant l'émancipation de 3 millions d'esclaves noirs, devenant ainsi citoyens américains.


Mais, cette libération a souvent été déclenchée par la révolte des esclaves eux-mêmes. A de multiples reprises, les esclaves se sont soulevés et ont lutté avec un courage exceptionnel.

L'esclavage est l'un des points noirs de l'histoire de l'humanité. Acte de cruauté et de domination humainement inacceptable, l'esclavagisme a humilié, torturé et tué des millions d'enfants, de femmes et d'hommes. Privés de liberté, soumis à la tyrannie, les esclaves ont été utilisés comme de simples objets, achetés et vendus, pour accomplir des travaux forcés et subir des actes de violence ou des abus sexuels.


La forme moderne de l'esclavage


L'esclavage pourrait être un vieux mauvais souvenir de l'histoire. Malheureusement, dans une hypocrisie générale, ce fléau continue, s'adaptant aux désirs les plus pervers de la société moderne. L'UNICEF estime que près de 200 millions d'enfants sont exploités, actuellement, dans le monde. Ce chiffre affligeant s'additionne aux millions d'adultes qui vivent le même sort. Pour survivre, des personnes sont vendues, d'autres sont carrément enlevées pour servir de main-d'œuvre à bon marché ou pour devenir des esclaves sexuels.

De la jeune fille venant des pays de l'Europe de l'Est pour être utilisée comme un objet sexuel à l'enfant prostitué victime de la pédocriminalité, des enfants du sud fabriquant des chaussures de sport dans des conditions inhumaines aux clandestins travaillant 17 heures par jour, 7 jours sur 7, au fond d'une cave, l'esclavage est partout. La prostitution cache, dans bien des situations, des cas d'esclavage. Plus de cinq millions d'êtres humains se prostituent dans le monde, dont plus de deux millions de mineurs. Le travail clandestin et les fournisseurs d'emplois au noir favorisent aussi des cas d'esclavage. Les mafias et les réseaux d'immigration clandestine ont remplacé les vendeurs d'esclaves.


Le germe de l'horreur reste le même. Une petite partie de l'humanité continue à exploiter et à maltraiter d'autres êtres humains pour s'enrichir, se servant de la détresse des plus humbles. Parler aujourd'hui de l'abolition de l'esclavage, c'est surtout ouvrir les yeux sur les humiliations actuelles que vivent des millions de personnes à travers le monde, et parfois tout proche de nous. C'est apprendre de l'histoire pour corriger le présent ! La prise de conscience de l'opinion publique et sa mobilisation contre ce fléau sont garantes d'un changement profond de notre société. Alors utilisons ce pouvoir collectif pour dire NON à l'esclavage sous toutes ses formes.


A titre individuel, nous avons aussi des possibilités d'action. En tant que consommateur ou en tant que citoyen, nous avons une responsabilité et des moyens d'agir. Choisir un produit avec un label social démontrant qu'il a été fabriqué dans un contexte de respect des conditions de travail est, par exemple, une possibilité de s'engager contre une forme d'esclavage. Espérons que le 21ème siècle sera enfin celui de l'abolition véritable et définitive de l'esclavage !

Commentaires

L'esclavage a plusieurs visages. Le salariat moderne reesemble à plusieurs aspects au système instauré par les Romains. On l'oublie un peu facilement ...

Environ 5% de très riches de la société; les esclaves, outre la caractéristique de n'être point citoyen, de n'avoir pas la parole, présentaient des conditions assez différentes; certains occupaient de hautes fonctions de l'administration (mais n'avaient pas le droit de vote), d'autres pouvaient travailler utilement et bien gagner leur vie (mais n'avaent pas le droit de vote). Il y avait de tout comme dans notre système de salariés où que l'on soit très qualifié, avec des mérites, ou non, on est jetable à souhait et les postes attribués arbitrairement même si on jouit du droit de vote.

Cette constatation n'excuse évidemment rien. Mais elle pose l'éternelle question du meilleur modèle de société.

Notre condition humaine reste vraiment problématique.

Écrit par : Justine | 28/04/2012

On peut être son propre esclave aussi.Cependant puisqu'on parle esclavage ,il ne faut pas oublier les 30 000 hommes dévoués au gaz et qui travaillent en Sibérie pour notre confort à tous.Avec des hommes mêmes jeunes qui ont d'énormes responsabilités sur les épaules et travaillant 24 heures sur 24,c'est aussi une forme d'esclavage ,oh ils ne s'en plaignent pas,c'est toute la différence avec la mentalité de certains qui aujoud'hui répugnent même à envisager qu'une personne âgée puisse être digne d'être saluée.
Ceux-là sont sans doute esclaves de publicité vantant les mérites de la jeunesse éternelle qui elle très souvent est l'héritage d'anciens qui eux savaient ne pas peindre le diable sur la muraille inutilement!

Écrit par : lovsmeralda | 30/04/2012

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