01/05/2012

Le Tube des travailleuses et des travailleurs !

« C'est la lutte finale ; Groupons-nous, et demain ; L'Internationale ; Sera le genre humain ! » L'Internationale, l'hymne révolutionnaire, tout le monde le connaît. Quel-le militant-e de gauche n'a pas frémi, le poing levé, en entendant ce chant devenu un véritable patrimoine du monde du travail ? A travers toute la planète, cette partition est chantée. Cette mélodie est l'air de l'espoir, le tube des travailleuses et des travailleurs.

 

Mais au fait, quelle est l'histoire de ces portées musicales célèbres ? Les versions divergent. Certains prétendent que les paroles de cette chanson ont été écrites, le 4 septembre 1870, afin de célébrer la capitulation de Napoléon III à Sedan et la proclamation, dans la foulée, de la République. D'autres pensent que cet écrit date de mai ou juin 1871, au lendemain de la Commune. Une chose est sûre : l'homme qui a rédigé ce texte est Eugène Pottier, dessinateur sur étoffe, chansonnier et fervent communiste. Elu du 2ème arrondissement de Paris, représentant des Communards, le camarade Eugène avait participé activement à l'insurrection populaire contre le pouvoir autocratique. Il écrivit plusieurs poèmes ouvriers, dont les plus connus figurent dans son unique ouvrage, son cahier de chants révolutionnaires édité en 1887 par le poète Gustave Nadaud. Nadaud ne partageait pas les idéaux de gauche de Pottier, mais admirait ses qualités d'homme de plume. Le journaliste et militant républicain Henri Rochefort préfaça ce bouquin. «L'Internationale » occupait une belle place dans ce livre. Il dédia cet air militant à Gustave Lefrançais, instituteur, engagé dans la Commune de Paris et figure de l'anarchisme. Eugène Pottier mourut le 6 novembre 1887, à l'hôpital Lariboisière, sans avoir entendu les foules interpréter son œuvre. Son enterrement, au cimetière du Père-Lachaise, provoqua des affrontements violents entre les milieux syndicaux et les forces de police aux mains d'un pouvoir peu enclin aux revendications populaires.

 

En 1888, dans un bistrot de Lille, l'ouvrier socialiste Pierre Degeyter mit en musique « L'Internationale ». Le 23 juillet de la même année, ce chant de lutte fut interprété, pour la première fois, par la chorale du Parti ouvrier français, au cours d'une sortie du Syndicat des marchands de journaux. En 1904, cette mélodie résonna au Congrès d'Amsterdam de la IIème Internationale. Dès lors, l'Internationale remporta succès sur succès. En 1910, cette musique devint l'hymne international de la Gauche. De 1917 à 1944, elle a même été l'hymne officiel de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques. L'U.R.S.S. avait, quant à elle, demandé au poète Arkady Yakovlevitsch Kots de réviser les paroles, pour les adapter aux réalités russes.

 

Aujourd'hui, cette mélodie est un patrimoine de l'humanité, se baladant sur toutes les lèvres des militant-e-s socialistes, sociaux-démocrates, anarchistes, communistes, syndicalistes, indignés, révoltés, ... Même les étudiant-e-s manifestant sur la Place Tian'anmen contre la dictature chinoise, entonnent ce refrain. Cet air unit la grande famille de la gauche, dans la richesse de sa grande diversité. Ses paroles restent, elles aussi, encore d'actualité :  « Debout ! Les damnés de la terre ! Debout ! Les forçats de la faim ! La raison tonne en son cratère ; C'est l'éruption de la fin. Du passé faisons table rase ; Foule esclave, debout !  Debout ! Le monde va changer de base : Nous ne sommes rien, soyons tout ! »

1er Mai 2011 photo signée Alain Etienne.jpg

09:02 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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