20/05/2012

Au revoir Kaboul, mais pas adieu

«  J'engagerai un retrait immédiat de nos troupes d'Afghanistan :

il n'y aura plus de troupes françaises dans ce pays à la fin de l'année 2012. »

François Hollande

 

Pour l'opinion publique, les forces internationales étaient parties motivées pour chasser les Talibans du pouvoir en Afghanistan et promulguer le respect des droits humains. C'était tentant, les Talibans maltraitaient leur population, humiliaient les femmes, violaient les règles démocratiques et interdisaient même la musique. L'Occident allait chasser les méchants intégristes islamiques. Qui pouvait être contre ?

 

Mais voilà, au-delà des sornettes racontées aux populations occidentales, la vérité n'est pas si simpliste.

 

Après plus de onze années de guerre, le bilan est catastrophique. Le quotidien des Afghans est toujours empoisonné par la guerre. Les attentats, les affrontements et les actes de violence s'égrainent en continue. La haine et la vengeance gangrènent ce pays, qui se sent occupé. Plus les armées étrangères restent, plus les Afghans se réfugient dans les bras dangereux des Talibans. Ils étaient le diable. L'Occident les a transformés en symbole de résistance contre les armées étrangères envahisseuses.

 

Les actes barbares impulsés par les Talibans restent la règle. Les violences conjugales, les lapidations, le port de burqas et autres pratiques néfastes à l'épanouissement des femmes perdurent malgré la volonté de changement du Président Hamid Karsai.

 

Les forces internationales, qui voulaient substituer ces usages par des traditions bien occidentales, ont choqué. Impossible d'instaurer nos us en remplacement de ces coutumes arriérées, par l'obligation. Le changement doit passer par l'éducation et l'ouverture sur le monde, non par les armes et l'invasion. Ceci d'autant plus que ces traditions bien ancrées proviennent du passé tribal de cette région, consolidées par des préceptes délirants provenant de pseudo-religieux ayant lu quelque peu rapidement le Coran.

 

L'occupation étrangère devient insupportable pour le peuple afghan, même pour celles et ceux qui combattent les délires des Talibans depuis longtemps. Cette présence militaire doit, par contre, être compensée par de forts soutiens afin que ce pays ait les moyens de promouvoir l'instruction publique, de mener une politique sociale efficace et de stimuler l'économie locale. Les moyens gigantesques dépensés pour financer l'omniprésence militaire peuvent être consacrés à soutenir directement la population afghane.

 

A titre d'exemple, la France engloutit, chaque année, entre 450 et 500 millions d'euros pour maintenir son armée en Afghanistan. Une somme de cette ampleur, destinée directement à la population de cette nation, apporterait bien plus de bien et de progrès que cette mainmise militaire.

 

Selon le « Courrier international » de mai 2012, les Etats-Unis ont, quant à eux, déjà grillé 1'300 milliards (ceci n'est pas une faute de frappe, il s'agit bien de milliards) de dollars pour mener les guerres en Irak et en Afghanistan. Imaginez ce qui est possible de réaliser avec plus de 1'000 milliards.

 

François Hollande a compris l'importance de démilitariser cette zone et a promis d'anticiper le retrait des 3'600 soldats français de deux ans par rapport au planning fixé par l'OTAN. D'ci la fin 2012, la France devrait avoir fini son évacuation de combattants.

 

Ce conflit, dont l'efficacité est bien faible, a déjà coûté à la France la mort de 83 jeunes soldats. A ce triste bilan, s'ajoutent plus de 500 blessés graves. Le jeu n'en vaut pas la chandelle. Ajoutons les morts des autres armées et des civils et nous plongerons dans le dégoût.

 

La France, comme les autres pays des forces internationales, doivent partir et donner le support suffisant à l'Afghanistan pour construire son propre avenir et voguer vers les libertés.

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