30/06/2012

Emmanuel Bonne me répond au nom de François Hollande

Emmanuel Bonne, Conseiller Afrique du Nord, Moyen-Orient et Nations unies auprès de la Présidence de la République française répond à ma missive, envoyée à François Hollande, concernant l'autodétermination du peuple sahraoui. Cette prise de position est un témoignage sincère de recherche de paix. Elle illustre la volonté de rechercher le dialogue et d'assurer une politique humanitaire conforme aux droits humains.

 

Par contre, ces engagements sont bien éloignés des propositions claires du Parti socialiste français, qui a toujours milité pour l'autodétermination du Sahara occidental et la liberté de son peuple. Voici le texte de la lettre d'Emmanuel Bonne :

 

Monsieur le Député, (En France, député un jour, député toujours)

 

Vous avez bien voulu, par votre courrier du 12 mai, appeler l'attention du Président de la République sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui et je vous en remercie.

 

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté le 24 avril 2012 la résolution 2044, renouvelant pour un an le mandat de la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso). Ce texte, que la France a soutenu, a été adopté à l'unanimité par les membres du Conseil de sécurité.

 

La résolution comporte plusieurs messages essentiels, dont un portant spécifiquement sur les droits de l'Homme, que toutes les parties sont appelées à garantir, au Sahara occidental comme dans les camps de réfugiés de Tindouf (Algérie).

 

La France continuera à soutenir les efforts de négociation et de pourparlers informels sous l'égide des Nations Unies en faveur des droits des populations locales. Elle considère que seul le dialogue peut permettre de parvenir à une solution politique réaliste, juste, durable et mutuellement acceptable à la question du Sahara occidental.

 

La France considère que le plan marocain d'autonomie de 2007 constitue la base la plus crédible et sérieuse d'une solution juste et durable. Cette offre a déjà eu le mérite d'ouvrir la voie à des négociations politiques directes entre les parties. Elle prévoit en outre la consultation des populations des territoires à l'issue de ces négociations.

 

La France continuera de veiller attentivement à l'aide humanitaire apportée aux populations locales par les agences onusiennes (Haut-commissariat pour les réfugiés et Programme alimentaire mondial) auxquelles elle contribue.

 

Je vous prie, Monsieur le Député, de croire en l'expression de mes sentiments les meilleurs.

 

 

Voici ma lettre initiale :

 

Pour le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui

 

Lettre ouverte à François Hollande, Président de la République française :

 

Monsieur le Président, Cher François,

 

J'aimerais tout d'abord te féliciter pour ta magnifique élection et espère que tu redonneras de l'espoir tant à la France qu'à l'Europe. J'ai été très fier de pouvoir participer à la fête célébrant ta victoire, le 6 mai 2012, sur la Place de la Bastille.

 

En 1981, dans les 110 propositions électorales de François Mitterrand figurait  déjà le « droit à l'autodétermination du Sahara occidental ». En 1988, dans « La Lettre aux Français », le même engagement était pris par le leader du PS français. En 1998, j'avais abordé rapidement avec toi cette cause lors d'une session de l'Internationale socialiste, où tu représentais le PS français et moi le PS suisse. En tant qu'humaniste et démocrate, tu étais évidemment partisan de l'expression d'un tel droit.

 

Depuis, la défense des droits des sahraouis a toujours été soutenue par le Parti socialiste français et le mouvement socialiste international.

 

La France, quant à elle, pourtant Terre de la Déclaration universelle des droits de l'homme, soutient farouchement le régime marocain qui opprime le peuple sahraoui et fournit des armes à ce Royaume pour combattre militairement le Sahara occidental.  On en compte plus les actes de torture perpétrés contre cette population. Ces horreurs sont inacceptables.

 

Il est temps de faire évoluer la situation afin de respecter scrupuleusement le choix des populations, les droits humains et la paix. Le changement, c'est maintenant !

 

Selon le Premier ministre sahraoui Abdelkader Taleb Omar, ton élection pourrait  « opérer un véritable changement dans les positions de l'Etat français. »

 

Je ne peux qu'appuyer cette volonté de soutenir les droits d'un peuple tant bafoué et pourtant si pacifistes et riches culturellement.

 

En te remerciant d'avance de ton engagement pour cette cause humanitaire et juste, conforme à ton élan en faveur des libertés, je t'adresse, Monsieur le Président, Cher François, mes amicales salutations.

 

 

Christian Brunier

11:05 Publié dans Paix | Tags : sahara, paix, droits humains | Lien permanent | Commentaires (0)

20/06/2012

Vive les vacances : naissance des congés payés

20 juin 1936, il y a 76 ans, le texte de loi instaurant les congés payés était promulgué en France. La belle histoire d'une progression sociale majeure ...

 

Partir en vacances paraît normal actuellement. Comment vivre heureux sans ces moments privilégiés ? Même les gens de droite,  les patrons, les conservateurs en profitent un max et n'imaginent pas les remettre en question. Cette avancée sociale n'est pourtant pas si ancienne et est un beau cadeau gagné de hautes luttes par les forces syndicales et les milieux de gauche.

 

Dans les années 20, les mouvements socialistes et syndicaux ont commencé à revendiquer des périodes de congés payés. Idée totalement saugrenue pour la droite et les milieux patronaux. Durant les grèves et les conflits sociaux, les banderoles demandant ce nouveau droit des travailleuses et travailleurs firent leurs apparitions.

 

Quelques entreprises tentèrent l'expérience, se montrant précurseurs. Plusieurs Administrations publiques accordèrent quelques jours sans retenue de salaire aux fonctionnaires. Les collaboratrices et collaborateurs du commerce conquirent, en France, de petits congés. Le journal « L'information », sous l'impulsion de son directeur technique J.-J.Durand, issu du monde syndical, accorda ce droit à son personnel. Le socialiste Léon Blum, rédigeant des articles pour ce journal, suivit avec grande attention cette importante réforme.

 

Le Front populaire français, coalition réunissant principalement le Parti communiste, la SFIO (Section française de l'Internationale ouvrière) et le Parti radical-socialiste, gagna les élections en 1936. Cette victoire historique dopa le monde syndical, déposant une série de revendications. Les grèves et les occupations d'entreprises se multiplièrent. L'économie paralysée contraint le patronat à la négociation sous l'égide du nouveau gouvernement de gauche. L'aboutissement fut les Accords de Matignon, déclenchant la mise en œuvre notamment des congés payés. Deux semaines de vacances, le rêve ! La porte s'ouvrit à la société des loisirs.

 

Cet espace de temps libre était pour le Front national aussi un outil pour favoriser l'accès à la culture dans le monde ouvrier. En parallèle de la vie au travail, le gouvernement dirigé par Léon Blum voulait offrir une « vie de loisirs, c'est-à-dire de liberté, d'art, de culture ; une vie plus humaine et plus belle. »

 

Il fallut près de 20 ans, pour obtenir, en France, la troisième semaine de congés payés, à nouveau sous la pression des syndicats et des mouvements de gauche, se battant pour le bien-être. Cette durée passa à 4 semaines en 1969, résultat de Mai 68, puis à 5 en 1982, promesse tenue du nouveau gouvernement socialiste élu un an auparavant.

 

Bonne socialement, cette mesure solidaire s'avéra en outre un succès économique. Le meilleur équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée, s'avéra bonne pour la productivité. La création de cette vie de loisirs favorisa l'émergence d'une nouvelle économie, notamment celle de la culture, des loisirs et du tourisme.

 

La première année, près de 600'000 ouvriers français partirent en vacances. Ce chiffre fut multiplié par 3, l'an suivant, en 1937.

 

Cette réussite du gouvernement du Front populaire fit boule de neige à travers le monde. Cette réforme devint un symbole, heureusement contagieux. On dit merci qui ? Merci les socialistes !

19/06/2012

Un gouvernement monocolore en Ville de Genève ?

Pierre Maudet a été élu au Conseil d'Etat genevois. Sa place à l'Exécutif de la Ville de Genève va se libérer. A gauche, certains s'y voient déjà.

 

Squatter les 5 places du Conseil administratif serait une preuve d'arrogance, peu conforme à nos institutions de concordance.

 

La gauche a suffisamment hurlé contre le monocolorisme de droite au Conseil d'Etat de 1993 à 1997, pour ne pas renouveler cette expérience négative. Evidemment, dans plusieurs communes genevoises, le monopole de droite des postes gouvernementaux est la règle. Dans la grande majorité des municipalités genevoises, les partis bourgeois accaparent les trois sièges, alors qu'ils ne représentent parfois qu'une courte majorité de la population. La gauche ne pratique de la sorte qu'à Carouge. Si cette attitude de revanche peut éventuellement se comprendre dans des aréopages de trois personnes, ce mimétisme dans un Exécutif de cinq membres serait maladroit et peu respectueux du pluralisme politique.

 

La gauche affirmant fortement ses valeurs éthiques et prônant une démocratie vivante ne peut jouer un tel rôle. Soyons bon joueur et laissons, en cours de législature, cette place vacante à la droite, comme l'a voulu la population lors des dernières élections municipales.

 

Partager, n'est-ce pas la signature de la gauche ?

 

Christian Brunier, ancien Président des Socialistes genevois-es

11:50 Publié dans Politique | Tags : politique, genève, gauche | Lien permanent | Commentaires (0)

10/06/2012

Enfin, des salaires dignes et décents pour les patrons

« Je crois au patriotisme des dirigeants, qui peuvent comprendre

que la crise suppose l'exemplarité des élites politiques et économiques. »

Jean-Marc Ayrault, Premier ministre

 

François Hollande l'avait promis, durant sa campagne à la Présidentielle. Il passe rapidement à l'acte, respectant, comme d'habitude, ses engagements. Les rémunérations des patrons des entreprises publiques seront diminuées, afin que l'écart entre les plus petits salaires de ces sociétés et leur patron, soit au maximum de 1 à 20, ce qui est déjà pas mal. Les salaires de ces boss doivent devenir dignes et décents.

 

Concrètement, à titre d'illustration, le salaire d'Henri Proglio, le PDG d'EDF passera de 1,55 million d'euros à 496'800, alors que la rémunération moyenne de son entreprise est de 39'000 euros par an. Celui de Luc Orsel, dirigeant d'Areva, diminuera de 49%, soit de 679'000 euros à 335'000. Le Président Directeur Général de la Poste, Jean-Paul Bailly, atteindra 377'160 euros au lieu de 635'974. Gérard Mestallet, le patron de GDF Suez, avec ses 3,3 millions d'euros en 2010 verra chuter son revenu de 89%.

 

4,5 millions d'euros pour le PDG de Michelin en 2010, 2,6 millions d'euros pour le patron d'EADS ou 3,3 millions d'euros pour celui de GDF Suez la même année. Comment un patron peut-il justifier un salaire si conséquent ? Parallèlement, il faut se souvenir que le SMIC, est fixé, depuis le 1er janvier 2012, à 1'398,37 euros bruts mensuels, soit 9,22 euros bruts de l'heure. Ce salaire minimum n'a jamais été augmenté durant le quinquennat de Sarkozy, à l'exception des indexations légales automatiques. Une société  visant à être saine, équitable et durable ne peut digérer de telles distorsions.

 

Le pavé jeté dans la marre par François Hollande et son gouvernement ne changera évidemment pas l'état des finances publiques. C'est toutefois un acte symbolique d'importance. Un appel à l'exemplarité et à l'éthique pour les chefs des 52 entreprises, partiellement ou totalement, publiques. Le Président socialiste veut des dirigeants d'entreprises publiques irréprochables. Ce nouveau système salarial doit se profiler comme un exemple à suivre aussi par les grandes entreprises privées, dans lesquelles les écarts de rémunérations sont parfois colossaux.

 

Plusieurs postures à la tête des entreprises fortement étatiques se sont révélées scandaleuses. L'indemnité de 1,5 million d'euros  versée à  Anne Lauvergeon pour son départ d'Areva n'en est qu'un triste exemple.

 

Ces dernières années, pour résister à la crise, les salaires des employées et des employés ont tendanciellement stagnés ou peu progressés, alors que les gains des PDG et des actionnaires prenaient l'ascenseur. La fracture sociale, déstabilisante pour l'ensemble de la société, s'est encore accrue avec ces écarts de revenus inacceptables.

 

Avec des rapports de 1 à 6 ou 7 entre les plus petits salaires et les plus hauts, une entreprise peut déployer une courbe salariale motivante et attrayante pour garder et recruter des talents, à condition que les plus faibles rémunérations se situent à un niveau attractif. Sur la base d'une échelle de 1 à 20, on se rend bien compte de la sagesse de la mesure impulsée par François Hollande.

 

Dans cette cohérence, l'Etat français vient de s'opposer en tant qu'actionnaire important de plusieurs sociétés à des parachutes dorés offerts à des PDG ou à différentes primes injustifiables. L'indemnité de départ  du patron de l'équipementier aéronautique et de défense Safran a été notamment refusée par l'Assemblée générale des actionnaires.

 

Concilier responsabilité, compétence et motivation avec éthique et dignité est l'un des paris de François Hollande. Par ses premières mesures, il contribue à orienter l'économie vers davantage d'humanité et de durabilité ; dans l'espoir que cette vague d'éthique déferle sur les rives des grandes firmes privées ...

 

Christian Brunier, ancien Président du Parti socialiste genevois

08/06/2012

Clic-clac d’une douce France !

La photo officielle de François Hollande arrive dans chaque Mairie, signée Raymond Depardon, créateur de l'agence Gamma. 36'000 clichés distribués dans toutes les municipalités françaises. Cette photo étonne. Elle bouscule les habitudes. Au milieu de la nature, elle change des trop nombreux portraits des Présidents coincés dans des lieux clos. En plein air, cette photographie s'illustre comme un signe d'ouverture. Elle donne du souffle.

 

L'auteur a réalisé 200 photos en 30 minutes. En mouvement. Il a choisi celle qu'il préférait et l'a soumise à François Hollande. Celui-ci a confirmé la sélection effectuée.

 

Depardon ne se juge pas comme un portraitiste. Lors de la conférence de presse présentant l'œuvre, il a affirmé avoir pris ce cliché « comme un paysage, le paysage de la France ».

 

Au fond, on devine le drapeau de la République et celui de l'Europe. Ce clin d'œil s'affiche de manière originale. La France et l'Europe ne se résument plus à des étendards, omniprésents sur certaines photos des prédécesseurs de Hollande. La France est un panorama, un environnement plaisant. Le Président, lui aussi, n'occupe pas tout le territoire. Il laisse de la place pour les autres. La naturalité est la thématique centrale du tableau.

 

La mise en évidence de l'environnement rend l'humain libre. Après la présidence bling-bling de Sarkozy, nous retrouvons une simplicité, une éthique de l'exercice du pouvoir. Pas de frime inutile. De la sobriété et de la place pour l'action.

 

Le Président normal se retrouve sur une photo normale. La sérénité transpire. Dommage que les bras du leader socialiste restent trop tendus. Cette journée ensoleillée s'avère plaisante. Les couleurs apaisantes suggèrent la quiétude. Nos yeux contemplatifs ressentent la douceur de vivre, caractérisant si bien ce pays, l'un des plus beaux du monde.

 

Le portraitiste Gilles Favier confie, avec humour, à « Libération » : « Au final, le Président à l'air d'un Playmobil. » Heureusement, sans avoir pris la coiffure de ce jouet.

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17:51 Publié dans Politique | Tags : france | Lien permanent | Commentaires (0)